Hooooooooooooo Fuuuuuuuuuck.
C'est un cri du coeur. Croyez-le, je ne jure que quand je me sens bien ou content. Je ne veux offenser personne. Mais c'était histoire de marquer le coup.
C'est un cri du coeur. Croyez-le, je ne jure que quand je me sens bien ou content. Je ne veux offenser personne. Mais c'était histoire de marquer le coup.
Voilà donc qu'Unabstract.net s'enrichi de pages "medias", des pages sur des livres, des pages sur des disques, des pages sur des DVDs, etc. C'est bien. C'est d'autant mieux que c'est fait à partir des données d'Amazon; c'est à dire que les informations sur chaque page d'un livre ou d'un disque sur Unabstract.net proviennent du site web Amazon.fr. Elles ne proviennent pas d'Unabstract.net - sauf le mini-texte qui accompagne chaque page, bien sûr.
Et voilà une parfaite illustration du glissement en train de s'opérer sous nos yeux : ce sont des entités privées et économiques qui nous fournissent de l'information, de la donnée, de la connaissance. Le même service aurait pu être proposé par un organisme public, type BNF ou SACEM, parce qu'après tout la culture n'est pas une marchandise. Elle doit être accessible à tous, par tous, pour tous, partout. Comme l'air que l'on respire. Alors se baser sur une entité privée pour de la fourniture de données culturelles, cela pose problème.
Car ne vous y trompez pas : Amazon n'a pas mis en place ce service par pur altruisme. C'est du business, un business dont la règle est : "Utilise mon catalogue pour promouvoir les produits que je vends, et en échange tu touches une commission sur les ventes".
Et tout le monde a marché. Tous les petits webmasters avides d'argents et de réussite se sont mis à monter des "franchises" Amazon, des sites dont tout le contenu vient d'Amazon, où toutes les commandes vont à Amazon, et où tout le pognon va à Amazon - moins les quelques misérables miettes que le site à nom de forêt vierge veut bien laisser derrière lui pour prix de sa contamination marchande de la toile mondiale. Amazon est un agent bactériologique marchand à fort taux de reproduction et de transmission.
Et cette prolifération marchande a des conséquences aussi bien sur la toile que dans les esprits. Voyez-vous, pour utiliser ce service, il faut s'enregistrer comme "partenaire" auprès d'Amazon (autant dire "charognard" ou "ramasse-miette"). Cela permet de comptabiliser qui a vendu quoi pour combien. J'ai récupéré plusieurs scripts d'exemples d'appels à ce service Amazon, pour les réutiliser ou m'en inspirer. Je pourrais vous en citer au moins deux qui contiennent le numéro partenaire de leur programmeur : cela veut dire que chaque appel à Amazon fait en utilisant ces scripts fait gagner de l'argent à celui qui a écrit le script - et pas à celui qui a écrit le site qui se sert du script. Ils se croient les plus forts du monde, les petits malins (je sais ce qu'ils ressentent pour avoir moi-même pratiquer la chose par le passé). Amazon gagne de l'argent en contaminant les sites internet; ces scribouillards essaient de gagner de l'argent en contaminant les utilisateurs du service Amazon. On a l'impression d'assister à une sorte de chaîne alimentaire, de pyramide de la prédation libérale.
Alors retournons le système. Ou plutôt revenons-en à la culture qui se cache derrière l'économie - car il ne faut pas oublier qu'un livre a du SENS avant d'avoir un PRIX ou que le but de la musique est de créer de l'EMOTION et pas de la VALEUR AJOUTEE. Amazon me donne accès à son catalogue. Amazon a envie que je l'utilise pour générer du profit. Hé bien ici, on va simplement se servir du catalogue, mais dans un simple but informatif, et pas marchand. Ainsi on rompt le cercle vicieux de la prédation économique. Ainsi le livre ou le disque redevient ce qu'il est, ce qu'il devrait toujours être : un sens, une émotion, un objet culturel, et il n'est plus un objet marchand. C'est la (petite) revanche du culturel sur l'économique.
Un dernier mot : la mise à disposition par Amazon de l'intégralité de son catalogue de vente pourrait avoir de quoi surprendre. On pourrait se dire que ces informations sont quelque peu "sensibles". Je pense qu'il n'en est rien : le vrai métier d'Amazon n'est pas (ou n'est plus depuis longtemps) de vendre des livres ou des DVDs; le vrai métier d'Amazon est de faire du "user profiling", d'enregistrer toutes les informations possibles sur les utilisateurs de leur site, qu'ils soient acheteurs ou internautes de passage, de manière à les orienter vers des produits susceptibles de les intéresser, ou à les fidéliser. C'est là qu'est leur "savoir-faire".
Bienvenue dans la culture.com.
Et voilà une parfaite illustration du glissement en train de s'opérer sous nos yeux : ce sont des entités privées et économiques qui nous fournissent de l'information, de la donnée, de la connaissance. Le même service aurait pu être proposé par un organisme public, type BNF ou SACEM, parce qu'après tout la culture n'est pas une marchandise. Elle doit être accessible à tous, par tous, pour tous, partout. Comme l'air que l'on respire. Alors se baser sur une entité privée pour de la fourniture de données culturelles, cela pose problème.
Car ne vous y trompez pas : Amazon n'a pas mis en place ce service par pur altruisme. C'est du business, un business dont la règle est : "Utilise mon catalogue pour promouvoir les produits que je vends, et en échange tu touches une commission sur les ventes".
Et tout le monde a marché. Tous les petits webmasters avides d'argents et de réussite se sont mis à monter des "franchises" Amazon, des sites dont tout le contenu vient d'Amazon, où toutes les commandes vont à Amazon, et où tout le pognon va à Amazon - moins les quelques misérables miettes que le site à nom de forêt vierge veut bien laisser derrière lui pour prix de sa contamination marchande de la toile mondiale. Amazon est un agent bactériologique marchand à fort taux de reproduction et de transmission.
Et cette prolifération marchande a des conséquences aussi bien sur la toile que dans les esprits. Voyez-vous, pour utiliser ce service, il faut s'enregistrer comme "partenaire" auprès d'Amazon (autant dire "charognard" ou "ramasse-miette"). Cela permet de comptabiliser qui a vendu quoi pour combien. J'ai récupéré plusieurs scripts d'exemples d'appels à ce service Amazon, pour les réutiliser ou m'en inspirer. Je pourrais vous en citer au moins deux qui contiennent le numéro partenaire de leur programmeur : cela veut dire que chaque appel à Amazon fait en utilisant ces scripts fait gagner de l'argent à celui qui a écrit le script - et pas à celui qui a écrit le site qui se sert du script. Ils se croient les plus forts du monde, les petits malins (je sais ce qu'ils ressentent pour avoir moi-même pratiquer la chose par le passé). Amazon gagne de l'argent en contaminant les sites internet; ces scribouillards essaient de gagner de l'argent en contaminant les utilisateurs du service Amazon. On a l'impression d'assister à une sorte de chaîne alimentaire, de pyramide de la prédation libérale.
Alors retournons le système. Ou plutôt revenons-en à la culture qui se cache derrière l'économie - car il ne faut pas oublier qu'un livre a du SENS avant d'avoir un PRIX ou que le but de la musique est de créer de l'EMOTION et pas de la VALEUR AJOUTEE. Amazon me donne accès à son catalogue. Amazon a envie que je l'utilise pour générer du profit. Hé bien ici, on va simplement se servir du catalogue, mais dans un simple but informatif, et pas marchand. Ainsi on rompt le cercle vicieux de la prédation économique. Ainsi le livre ou le disque redevient ce qu'il est, ce qu'il devrait toujours être : un sens, une émotion, un objet culturel, et il n'est plus un objet marchand. C'est la (petite) revanche du culturel sur l'économique.
Un dernier mot : la mise à disposition par Amazon de l'intégralité de son catalogue de vente pourrait avoir de quoi surprendre. On pourrait se dire que ces informations sont quelque peu "sensibles". Je pense qu'il n'en est rien : le vrai métier d'Amazon n'est pas (ou n'est plus depuis longtemps) de vendre des livres ou des DVDs; le vrai métier d'Amazon est de faire du "user profiling", d'enregistrer toutes les informations possibles sur les utilisateurs de leur site, qu'ils soient acheteurs ou internautes de passage, de manière à les orienter vers des produits susceptibles de les intéresser, ou à les fidéliser. C'est là qu'est leur "savoir-faire".
Bienvenue dans la culture.com.

Ô sombre compagnon
Culture
La revanche du culturel sur l'économique
Petit traité sur l'immensité d...
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