Eléments de lecture partials et partiels :
I. L'Homme fait partie de la Nature mais n'en est pas le maître
- "La planète ne nous appartient pas";
- "L'Homme fait partie de la Nature mais n'en est pas le maitre";
- "L'Univers ne va pas s'adapter à l'Homme, c'est l'inverse qui doit se produire";
- L'Homme doit être dans la nature, et non pas contre la Nature; (p 64)
- Si l'Homme doit se trouver une place dans l'Univers, alors ce pourrait être celle d'une "semence de conscience dont l'Univers a besoin pour être conscient de lui-même (gardons-nous d'en tirer une quelconque suffisance)";
II. L'écologie comme une vision unitaire de la Nature
- "L'écologie n'est pas un paramètre de la réalité, elle est la réalité";
- "Tout est dans tout et rien n'est séparé de rien". (p 55)
- C'est l'esprit de l'Homme qui a une vision fragmentaire du réel, et qui lui impose une fragmentation : nations, croyances, idéologies, etc... (p 80)
- La Raison de l'Homme est forcément fragmentaire, et s'oppose à "uné réalité de nature unitaire" (p 47)
- Conséquence de cette unité de la Nature : il n'y a pas de dualisme entre les hommes (toi contre moi), mais une unité; aujourd'hui "la dualité est quasiment considérée comme le fondement du vivre ensemble" (p 87), alors qu'une vision opposée (nous sommes tous semblables, tous des consciences, nous faisons tous partie de la même Nature) est possible;
III. Un sentiment du sacré face à la Nature
On sent chez Pierre Rabhi un respect de la Nature qui touche presque au mystique.
- "... une organisation si bien élaborée qu'elle ne peut être l'effet du hasard" (p 42)
- Il faut "réenchanter le monde" et "réhabiliter l'enchantement perdu" pour "échapper à l'incarcération de l'esprit" (p 58)
- Par opposition à ce sentiment du sacré, Pierre Rabhi dit, à propos de la naissance de l'ère industrielle, que "la foi en la Raison comme principe libérateur venait de naître"; cela demande à être explicité; la Raison nous libère-t-elle ou aide-t-elle à nous libérer ? en quoi la révolution industrielle était-elle une "foi en la Raison comme principe libérateur" ?
IV. Une critique radicale de la modernité
A partir de ces constats, Pierre Rabhi nous invite à "remettre de la cohérence dans notre vie", pour "mettre plus de cohérence dans cette société" (p88) :
- L'idée maitresse - qui a guidé ses expériences au Sahel - est celle d'un retour de l'autonomie des communautés et des personnes, et en particulier de l'autonomie alimentaire;
- Cette autonomie implique de "relocaliser les cycles production > transformation > distribution > consommation"; elle permet également de "sortir de la dictature économique" (p 68);
- Le modèle actuel, basé sur le développement (y compris sur le "développement durable") n'est pas possible, il faut changer radicalement de paradigme; de simples ajustements du système actuels ne suffiront pas (p 88);
- Cette notion de communautés autonomes s'accompagne d'une idée de "sobriété volontaire et heureuse" (p 90), "qui est en même temps une gageure éthique, politique, écologique et stratégique" :
- "Elle est éthique parce qu'elle contribue à une répartition plus équitable des biens légitimes";
- "Elle est politique parce qu'elle instaure une organisation sociale fondée sur un labeur et une créativité humaine au service de la nécessité et non pour accumuler des biens capitalisables à merci"
- "Elle est écologique parce qu'elle contribue à épargner les ressources naturelles en réduisant les prélèvements";
- "Elle est stratégique parce qu'elle annule le 'toujours plus' sur lequel se fondent les dictatures économiques et marchandes";

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