<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="0.91"><channel><title>Unabstract.net</title><link>http://www.unabstract.net</link><description></description><language>fr-fr</language><item><title>Impossible de me rappeler le prénom de Gainsbourg</title><link>http://www.unabstract.net/concept.php?id=10713</link><date>2010-01-26 22:03:39</date><description>&lt;p&gt;Il m'est revenu brutalement, le soir, sans m&amp;ecirc;me que j'y pense, mais, de toute cette journ&amp;eacute;e, je n'avais pas pu me rappeler le pr&amp;eacute;nom de Gainsbourg.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;C'&amp;eacute;tait &amp;agrave; l'&amp;eacute;poque o&amp;ugrave; un d&amp;eacute;miurge cin&amp;eacute;matophile avait d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de le ressusciter dans un film, dont les affiches en 4x3 &amp;eacute;talaient impudiquement dans le m&amp;eacute;tro son nom en lettres grasses et rouges sur fond noir : GAINSBOURG. Son nom et seulement son nom; son pr&amp;eacute;nom n'y figurait pas, en vertu sans doute d'une loi marketing selon laquelle cela aurait nuit &amp;agrave; la bonne m&amp;eacute;morisation par le potentiel-futur(-esp&amp;eacute;rons-le) spectateur.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;Mon emploi du temps avait justement d&amp;eacute;cid&amp;eacute; pour moi que, ce jour-l&amp;agrave;, je devais prendre le m&amp;eacute;tro. Je n'&amp;eacute;tais pas bien r&amp;eacute;veill&amp;eacute;, g&amp;eacute;n&amp;eacute; sans doute par l'incubation d'un virus de grippe, qui, quelques jours apr&amp;egrave;s, devait s'&amp;eacute;clater en vacances de mes bronches jusqu'&amp;agrave; mes sinus. En &amp;eacute;tat de semi-l&amp;eacute;thargie reniflante, mon cerveau avait donc du temps disponible (qu'aucun directeur de chaine de t&amp;eacute;l&amp;eacute;vision n'avait m&amp;ecirc;me eu besoin de fabriquer) pour capter les messages publicitaires que la RATP relaie vers les tonnes de viande qu'elle transporte chaque jour, du lit au travail puis du travail au lit. A un arr&amp;ecirc;t quelconque du m&amp;eacute;tro, je levais mollement l'oeil, cherchant d'un regard vide un d&amp;eacute;tail qui aurait tranch&amp;eacute; avec la d&amp;eacute;sesp&amp;eacute;rance du paysage sous-terrain. Je tombais alors sur les lettres grasses et rouges sur fond noir :&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;span style="background-color: #000000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #ff0000;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; GAINSBOURG&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: left;"&gt;Tiens, me dis-je alors candidement, mais quel &amp;eacute;tait donc son pr&amp;eacute;nom, &amp;agrave; Gainsbourg ? Je ne me doutais pas dans quels abysses de pens&amp;eacute;es cette question allait me plonger, ni quelles gigantesques fouilles arch&amp;eacute;ologiques elle allait induire dans ma m&amp;eacute;moire d&amp;eacute;faillante, tout le jour durant.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: left;"&gt;D'abord, l'&amp;eacute;tonnement. Apr&amp;egrave;s les quelques secondes pendant lesquelles je balayais &amp;agrave; grand coup de projecteur mn&amp;eacute;monique les zones superficielles de ma m&amp;eacute;moire, je ne pu qu'&amp;ecirc;tre surpris face &amp;agrave; ce constat : impossible de me rappeler du pr&amp;eacute;nom de Gainsbourg. Merde alors. A la place, un blanc. Je visualisais tr&amp;egrave;s bien, avant son nom, la position de &lt;span style="text-decoration: underline;"&gt;quelque chose&lt;/span&gt;, qui devait &amp;ecirc;tre l&amp;agrave; mais qui pour moi n'y &amp;eacute;tait plus, comme si on me l'avait arrach&amp;eacute;, comme si ma m&amp;eacute;moire &amp;eacute;tait d&amp;eacute;chir&amp;eacute;e. Je rempla&amp;ccedil;ais ce vide par un espace blanc sur ma page mentale :&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Gainsbourg, ou par un "hmm" dans la version parl&amp;eacute;e : Hmmmmm Gainsbourg.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: left;"&gt;Ensuite, bien s&amp;ucirc;r, je suis parti &amp;agrave; la recherche de son pr&amp;eacute;nom. Je mobilisais d'abord des souvenirs. Je n'ai jamais &amp;eacute;t&amp;eacute; connaisseur de Gainsbourg (sinon cette amn&amp;eacute;sie momentan&amp;eacute;e n'aurait jamais eu lieu), mais je me rappelle avec beaucoup de clart&amp;eacute; le moment de sa mort en 91 : j'&amp;eacute;tais en voiture, avec mes parents et mon fr&amp;egrave;re; une BX la voiture, d'ailleurs; j'&amp;eacute;tais assis derri&amp;egrave;re le si&amp;egrave;ge conducteur, pas assez plong&amp;eacute; dans mes jeux de gamin pour ne pas pr&amp;ecirc;ter une oreille &amp;agrave; l'autoradio qui a annonc&amp;eacute; la nouvelle pendant le flash de midi.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: left;"&gt;A ce moment pr&amp;eacute;cis de ma vie, la clart&amp;eacute; du souvenir le prouvait de fa&amp;ccedil;on formelle, j'avais du entendre le pr&amp;eacute;nom de Gainsbourg... J'essayais donc de r&amp;eacute;p&amp;eacute;ter pour moi les phrases que les journalistes n'avaient pas pu ne pas prononcer alors : "Nous venons d'apprendre le d&amp;eacute;c&amp;egrave;s de hmmmmm Gainsbourg", "_____ Gainsbourg est donc mort d'une crise cardiaque &amp;agrave; l'&amp;acirc;ge de 63 ans". Rien, &amp;ccedil;a ne venait pas. Ou alors le lancement d'un disque par un animateur : "Restez avec nous, apr&amp;egrave;s la pub, on &amp;eacute;coute Didier Barbelavie et&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Gainsbourg !". Toujours pas. A la t&amp;eacute;l&amp;eacute; peut-&amp;ecirc;tre, en essayant d'imaginer la t&amp;ecirc;te enfarin&amp;eacute;e d'un pr&amp;eacute;sentateur de JT - qui &amp;eacute;tait-ce &amp;agrave; l'&amp;eacute;poque, Mourousi, PPDA ? - en train d'annoncer la nouvelle : "______ Gainsbourg est d&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute; aujourd'hui". Non plus. Et la fameuse sc&amp;egrave;ne du billet de 500 balles qui brulait aux trois quarts ne m'aidait pas beaucoup.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: left;"&gt;Non, non, je n'arrivais pas &amp;agrave; mettre la langue sur ce putain de bordel de vache de pr&amp;eacute;nom &amp;agrave; la con. J'&amp;eacute;tais un rien frustr&amp;eacute;.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: left;"&gt;Tout le long de la journ&amp;eacute;e je lui inventais des pr&amp;eacute;noms, des tas de pr&amp;eacute;noms, que j'essayais successivement en les accolant &amp;agrave; son nom, comme on essaie des chapeaux dans un magasin, en se regardant dans la glace. Jacques Gainsbourg - trop strict. Henri Gainsbourg - beurk. Michel Gainsbourg - sonne faux. Patrick Gainsbourg - ringard. Edouard Gainsbourg - trop vieux. Je divaguais un instant dans un crochet par les pr&amp;eacute;noms anglais : John Gainsbourg - marrant. Martin Gainsbourg (prononc&amp;eacute; &amp;agrave; l'anglaise, "Marteen") - tr&amp;egrave;s joli, j'aimais beaucoup. William Gainsbourg - tr&amp;egrave;s shakespearien. Kevin Gainsbourg - pour un jeune de 12 ans, &amp;agrave; la rigueur. Oliver Gainsbourg - me faisait penser &amp;agrave; un joueur de foot. Je revenais aux pr&amp;eacute;noms fran&amp;ccedil;ais : Marc Gainsbourg - colle pas. Matthias Gainsbourg - me dit rien. Christophe Gainsbourg - non. Charles Gainsbourg - ... je m'arretais un instant sur Charles... Charles Gainsbourg... celui-l&amp;agrave; avait quelque chose qui semblait retenir mon attention; je me disais que c'&amp;eacute;tait peut-&amp;ecirc;tre la proximit&amp;eacute; avec le pr&amp;eacute;nom de sa fille - qui par ailleurs ne s'&amp;eacute;tait pas enfui de ma t&amp;ecirc;te, lui. Mais enfin il n'aurait pas appel&amp;eacute; sa fille Charlotte si lui-m&amp;ecirc;me s'appelait Charles... mais quand m&amp;ecirc;me, le... rythme &amp;eacute;tait bon, le... phras&amp;eacute; semblait correspondre, la fa&amp;ccedil;on de... m&amp;acirc;cher le mot me plaisait... Charles Gainsbourg. Je me repassais des annonces radios fictives, tentais de visualiser des pochettes d'albums estampill&amp;eacute;es "Charles Gainsbourg". La sonorit&amp;eacute; passait bien, mais &amp;ccedil;a ne faisait pas ni tilter mon flipper, ni m'&amp;eacute;crier Eureka! avec soulagement; je restais frustr&amp;eacute;... Ca ne devait pas &amp;ecirc;tre &amp;ccedil;a.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: left;"&gt;Plus tard j'essayais de me prendre moi-m&amp;ecirc;me par surprise. Se surprendre soi-m&amp;ecirc;me est difficile, mais qui ne tente rien n'a rien, et puis, si son pr&amp;eacute;nom &amp;eacute;tait parti alors que je ne m'y attendais pas, il pouvait tr&amp;egrave;s bien revenir tout aussi brutalement pendant que j'avais le dos de la m&amp;eacute;moire tourn&amp;eacute;; peut-&amp;ecirc;tre se sentait-il observ&amp;eacute; et peut-&amp;ecirc;tre aurait-il profit&amp;eacute; d'un moment d'inattention du projecteur de mes id&amp;eacute;es qui le cherchait partout pour venir se remettre &amp;agrave; sa place, feignant l'innocence, regardant ses pieds, faisant celui qui n'avait rien vu. Je fermais donc les yeux et laissais mes pens&amp;eacute;es divaguer sur d'autres sujets qui ne manquaient pas de venir m'embuer l'esprit de leur mille petites volutes de fum&amp;eacute;e. Je me d&amp;eacute;tendais et faisais celui qui n'a pas de probl&amp;egrave;mes - d'ailleurs pour les autres autour de moi, je n'en avais pas, nul n'avait cure de mon trouble, tout int&amp;eacute;rieur. Et soudain PAF!, je repensais &amp;agrave; Gainsbourg, brusquement, pour voir si son pr&amp;eacute;nom &amp;eacute;tait revenu...? Non, il n'&amp;eacute;tait pas l&amp;agrave;. Je r&amp;eacute;it&amp;eacute;rais l'exp&amp;eacute;rience plusieurs fois, sans succ&amp;egrave;s.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: left;"&gt;Je commen&amp;ccedil;ais &amp;agrave; &amp;ecirc;tre si d&amp;eacute;sorient&amp;eacute; par ce trou de m&amp;eacute;moire que je me pris &amp;agrave; croire que Gainsbourg n'avait pas eu de pr&amp;eacute;nom. Ma certitude de tout &amp;agrave; l'heure, qu'il en eut n&amp;eacute;cessairement un, s'effilochait. Je renon&amp;ccedil;ais &amp;agrave; essayer de m'adapter &amp;agrave; la r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, jugeant qu'il &amp;eacute;tait plus commode que la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; s'adapte &amp;agrave; mes repr&amp;eacute;sentations. Je n'arrivais pas &amp;agrave; lui trouver un pr&amp;eacute;nom ? h&amp;eacute; bien, c'est qu'il n'en avait pas ! Gainsbourg, ca devait &amp;ecirc;tre son nom de sc&amp;egrave;ne. Tout le monde l'appelait juste "Gainsbourg", tout court. Ind&amp;eacute;niablement un tas de phrases dans mes souvenirs venaient confirmer cette hypoth&amp;egrave;se, "Gainsbourg ceci... Gainsbourg cela", on n'employait jamais de pr&amp;eacute;nom. Oui mais cela n'expliquait pas alors le sentiment de perte que je ressentais : j'avais perdu un mot ! il &amp;eacute;tait parti, il avait fugu&amp;eacute; de mon esprit, et &amp;agrave; la place, je &lt;em&gt;sentais&lt;/em&gt; un vide.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: left;"&gt;Je m'avouais presque vaincu, mais, le soir arrivant, je tentais une derni&amp;egrave;re approche, en abordant ce vide sous un angle syst&amp;eacute;matique. Je scannais mentalement toutes les lettres de l'alphabet, de A &amp;agrave; Z, et pour chacune j'essayais de savoir si elle &amp;eacute;tait la premi&amp;egrave;re de ce fameux mot manquant. L'un d'elle, forc&amp;eacute;ment, devait &amp;ecirc;tre &lt;em&gt;la&lt;/em&gt; bonne lettre, et me rapprocher un peu de l'heureux Eureka!... Peine perdue, aucune d'elle ne me fit fr&amp;eacute;mir ni ne mit ma m&amp;eacute;moire en marche.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: center;"&gt;-- Epilogue --&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: left;"&gt;Serge est revenu, bien s&amp;ucirc;r. Compl&amp;egrave;tement &amp;agrave; l'improviste, alors que je n'y pensais plus; j'ai ouvert la porte de sa chambre dans la soir&amp;eacute;e, et il &amp;eacute;tait l&amp;agrave;, en train de jouer sur son lit. J'ai &amp;eacute;t&amp;eacute; surpris, autant que quand j'avais d&amp;eacute;couvert sa brusque disparition. Il m'a regard&amp;eacute; d'un sourire malicieux, l'air de dire "je t'ai manqu&amp;eacute;, hein ?!". Tu m'&amp;eacute;tonnes, esp&amp;egrave;ce de sale mot-me ! ne me refait jamais une fugue pareille !&lt;/p&gt;</description><author>Symbol</author></item><item><title>Pierre RABHI - Manifeste pour la Terre et l'Humanisme</title><link>http://www.unabstract.net/concept.php?id=10712</link><date>2010-01-09 14:09:27</date><description>Manifeste pour la Terre et l'humanisme : Pour une insurrection des consciences

&lt;p&gt;El&amp;eacute;ments de lecture partials et partiels :&lt;/p&gt;&#13;
&lt;h2&gt;I. L'Homme fait partie de la Nature mais n'en est pas le ma&amp;icirc;tre&lt;/h2&gt;&#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li&gt;"La plan&amp;egrave;te ne nous appartient pas";&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;"L'Homme fait partie de la Nature mais n'en est pas le maitre";&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;"L'Univers ne va pas s'adapter &amp;agrave; l'Homme, c'est l'inverse qui doit se produire";&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;L'Homme doit &amp;ecirc;tre &lt;span style="text-decoration: underline;"&gt;dans&lt;/span&gt; la nature, et non pas &lt;span style="text-decoration: underline;"&gt;contre&lt;/span&gt; la Nature; (p 64)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;Si l'Homme doit se trouver une place dans l'Univers, alors ce pourrait &amp;ecirc;tre celle d'une "semence de conscience dont l'Univers a besoin pour &amp;ecirc;tre conscient de lui-m&amp;ecirc;me (gardons-nous&amp;nbsp; d'en tirer une quelconque suffisance)";&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;&#13;
&lt;h2&gt;II. L'&amp;eacute;cologie comme une vision unitaire de la Nature&lt;/h2&gt;&#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li&gt;"L'&amp;eacute;cologie n'est pas un param&amp;egrave;tre de la r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, elle &lt;span style="text-decoration: underline;"&gt;est&lt;/span&gt; la r&amp;eacute;alit&amp;eacute;";&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;"Tout est dans tout et rien n'est s&amp;eacute;par&amp;eacute; de rien". (p 55)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;C'est l'esprit de l'Homme qui a une vision fragmentaire du r&amp;eacute;el, et qui lui impose une fragmentation : nations, croyances, id&amp;eacute;ologies, etc... (p 80)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;La Raison de l'Homme est forc&amp;eacute;ment fragmentaire, et s'oppose &amp;agrave; "un&amp;eacute; r&amp;eacute;alit&amp;eacute; de nature unitaire" (p 47)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;Cons&amp;eacute;quence de cette unit&amp;eacute; de la Nature : il n'y a pas de dualisme entre les hommes (toi contre moi), mais une unit&amp;eacute;; aujourd'hui "la dualit&amp;eacute; est quasiment consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e comme le fondement du vivre ensemble" (p 87), alors qu'une vision oppos&amp;eacute;e (nous sommes tous semblables, tous des consciences, nous faisons tous partie de la m&amp;ecirc;me Nature) est possible;&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;&#13;
&lt;h2&gt;III. Un sentiment du sacr&amp;eacute; face &amp;agrave; la Nature&lt;/h2&gt;&#13;
&lt;p&gt;On sent chez Pierre Rabhi un respect de la Nature qui touche presque au mystique.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li&gt;"... une organisation si bien &amp;eacute;labor&amp;eacute;e qu'elle ne peut &amp;ecirc;tre l'effet du hasard" (p 42)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;Il faut "r&amp;eacute;enchanter le monde" et "r&amp;eacute;habiliter l'enchantement perdu" pour "&amp;eacute;chapper &amp;agrave; l'incarc&amp;eacute;ration de l'esprit" (p 58)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;Par opposition &amp;agrave; ce sentiment du sacr&amp;eacute;, Pierre Rabhi dit, &amp;agrave; propos de la naissance de l'&amp;egrave;re industrielle, que "la foi en la Raison comme principe lib&amp;eacute;rateur venait de na&amp;icirc;tre"; cela demande &amp;agrave; &amp;ecirc;tre explicit&amp;eacute;; la Raison nous lib&amp;egrave;re-t-elle ou aide-t-elle &amp;agrave; nous lib&amp;eacute;rer ? en quoi la r&amp;eacute;volution industrielle &amp;eacute;tait-elle une "foi en la Raison comme principe lib&amp;eacute;rateur" ?&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;&#13;
&lt;h2&gt;IV. Une critique radicale de la modernit&amp;eacute;&lt;/h2&gt;&#13;
&lt;p&gt;A partir de ces constats, Pierre Rabhi nous invite &amp;agrave; "remettre de la coh&amp;eacute;rence dans notre vie", pour "mettre plus de coh&amp;eacute;rence dans cette soci&amp;eacute;t&amp;eacute;" (p88) :&lt;/p&gt;&#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li&gt;L'id&amp;eacute;e maitresse - qui a guid&amp;eacute; ses exp&amp;eacute;riences au Sahel - est celle d'un retour de l'autonomie des communaut&amp;eacute;s et des personnes, et en particulier de l'autonomie alimentaire;&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;Cette autonomie implique de "relocaliser les cycles production &amp;gt; transformation &amp;gt; distribution &amp;gt; consommation"; elle permet &amp;eacute;galement de "sortir de la dictature &amp;eacute;conomique" (p 68);&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;Le mod&amp;egrave;le actuel, bas&amp;eacute; sur le d&amp;eacute;veloppement (y compris sur le "d&amp;eacute;veloppement durable") n'est pas possible, il faut changer radicalement de paradigme; de simples ajustements du syst&amp;egrave;me actuels ne suffiront pas (p 88);&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;Cette notion de communaut&amp;eacute;s autonomes s'accompagne d'une id&amp;eacute;e de "sobri&amp;eacute;t&amp;eacute; volontaire et heureuse" (p 90), "qui est en m&amp;ecirc;me temps une gageure &amp;eacute;thique, politique, &amp;eacute;cologique et strat&amp;eacute;gique" :  &#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li&gt;"Elle est &amp;eacute;thique parce qu'elle contribue &amp;agrave; une r&amp;eacute;partition plus &amp;eacute;quitable des biens l&amp;eacute;gitimes";&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;"Elle est politique parce qu'elle instaure une organisation sociale fond&amp;eacute;e sur un labeur et une cr&amp;eacute;ativit&amp;eacute; humaine au service de la n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; et non pour accumuler des biens capitalisables &amp;agrave; merci"&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;"Elle est &amp;eacute;cologique parce qu'elle contribue &amp;agrave; &amp;eacute;pargner les ressources naturelles en r&amp;eacute;duisant les pr&amp;eacute;l&amp;egrave;vements";&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;"Elle est strat&amp;eacute;gique parce qu'elle annule le 'toujours plus' sur lequel se fondent les dictatures &amp;eacute;conomiques et marchandes";&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;&#13;
&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;&#13;
&lt;p&gt;Il en va de la survie de l'esp&amp;egrave;ce humaine.&lt;/p&gt;</description><author>Symbol</author></item><item><title>Dyslagnosniaque</title><link>http://www.unabstract.net/concept.php?id=10711</link><date>2009-12-23 18:33:23</date><description>&lt;p&gt;Q : que fait un agnostique insomniaque dyslexique la nuit ?&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;R : il reste &amp;eacute;veill&amp;eacute; en se demandant si un Pieu existe.&lt;/p&gt;</description><author>Symbol</author></item><item><title>Luigi Pirandello : Un, personne, et cent mille</title><link>http://www.unabstract.net/concept.php?id=10710</link><date>2009-12-20 18:13:10</date><description>Un, personne et cent mille

</description><author>Symbol</author></item><item><title>Surmené</title><link>http://www.unabstract.net/concept.php?id=10708</link><date>2009-12-12 16:30:54</date><description>&lt;p&gt;- Allo ? ... une fuite radioactive au r&amp;eacute;acteur nucl&amp;eacute;aire B12 ? Bien, ne vous inqui&amp;eacute;tez pas, je me suis fait un post-it.&lt;/p&gt;
 (Voutch)</description><author>Symbol</author></item><item><title>Célestin Jean-Baptiste</title><link>http://www.unabstract.net/concept.php?id=10706</link><date>2009-12-14 23:33:25</date><description>&lt;p&gt;C&amp;eacute;lestin Jean-Baptiste, c'est Ray Charles en jogging rouge.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;Comme Ray Charles, C&amp;eacute;lestin est noir. Il doit avoir 65 ans, et comme Ray Charles, C&amp;eacute;lestin a des cheveux boucl&amp;eacute;s cr&amp;eacute;pus, grisonnants; une barbiche poivre et sel mal entretenue entoure sa bouche. Et comme Ray Charles, C&amp;eacute;lestin est aveugle. Il s'habille avec un vieux jogging rouge trou&amp;eacute;, des vieilles baskets et une pelisse bleue marine que l'on dirait sortie droit d'une poubelle qui aurait travers&amp;eacute; le temps depuis les ann&amp;eacute;es 70. Il pousse devant lui sa canne blanche, et la garde entre ses jambes lorsqu'il s'assoit, en la balan&amp;ccedil;ant alors de droite et de gauche entre ses mains - mais prudemment, pour ne pas la faire tomber.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;Lorsqu'il parle, ses mains rid&amp;eacute;es s'agitent, font des gestes ou tapent sur ses cuisses pour ponctuer les "ha oui" qu'il lance pendant la conversation. En dessous de ses lunettes noires, au milieu de ces quelques poils qui lui font office de barbiche, sa bouche de vieil homme s'ouvre sur quelques dents jaunies, de travers, ou cass&amp;eacute;es. C&amp;eacute;lestin est martiniquais, et vous le devineriez &amp;agrave; son accent lorsqu'il vous raconte ses voyages en province et qu'il vous dit qu'il a &amp;eacute;t&amp;eacute; "&amp;agrave; Wouen, au Hawre, &amp;agrave; Stwasbouw...".&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;Il est vieux, pauvre, noir, aveugle, et pourtant C&amp;eacute;lestin semble heureux; la vie pour lui se passe sans images, mais n'empeche pas sa bouche de sourire, ni de rire. D'ailleurs Ray Charles non plus, ca ne l'empechait pas d'avoir de l'humour : &amp;agrave; une journaliste qui venait l'interviewer dans sa loge apr&amp;egrave;s un concert (c'est Desproges qui raconte cette anecdote), et qui lui demande, boulevers&amp;eacute;e &amp;agrave; la fois par tant de g&amp;eacute;nie et par la mise en pr&amp;eacute;sence de ce handicap : "mais comment faite-vous pour &amp;ecirc;tre heureux dans ce noir total ?", Ray Charles r&amp;eacute;pond "Vous savez, il y a toujours plus malheureux que soi; tenez, moi qui vous parle, par exemple, j'aurais pu &amp;ecirc;tre n&amp;egrave;gre...". Non, C&amp;eacute;lestin, ca ne l'emp&amp;egrave;che pas d'&amp;ecirc;tre heureux, et il acquiescera de toute sa personne si vous lui dites que le bonheur n'est qu'int&amp;eacute;rieur et ne d&amp;eacute;pend ni des richesses, ni de la sant&amp;eacute;. Il vous racontera d'ailleurs comment lui, aveugle, arrive parfois &amp;agrave; r&amp;eacute;conforter les bien-portants.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;Il vous racontera aussi tous ses voyages, C&amp;eacute;lestin Jean-Baptiste; vous dira qu'il a &amp;eacute;t&amp;eacute; 6 fois &amp;agrave; Londres, 3 fois &amp;agrave; Bruxelles, une fois au Venezuela, une fois au Luxembourg, une fois &amp;agrave; la Dominique, 2 fois au Canada, 2 fois en Italie. Sans compter, &amp;eacute;videmment, ni ses retours &amp;agrave; la Martinique, ni ses voyages en province, "&amp;agrave; Wouen, au Hawre, &amp;agrave; Stwasbouw...". "- Seul ?" ne pourrez-vous vous empechez de lui demander; "- Oui, oui, tout seul." vous r&amp;eacute;pondra-t-il simplement; et de vous raconter dans quel pays on respecte plus les personnes handicap&amp;eacute;es que dans d'autres. Il ne sera pas non plus avare d'histoires sur son &amp;icirc;le, et vous racontera &amp;eacute;videmment l'&amp;eacute;ruption de la montagne Pel&amp;eacute;e, le 7 mai 1902 ("- ou non, plut&amp;ocirc;t le 8 mai"), tuant tous les habitants de Saint-Pierre, sauf un seul prisonnier, Sanson, prot&amp;eacute;g&amp;eacute; par les murs de son cachot ("- Alows, les gens l'ont appel&amp;eacute; Dieu-donn&amp;eacute;").&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;C&amp;eacute;lestin Jean-Baptiste semble avoir la sagesse de celui &amp;agrave; qui la vie n'a pas souri, et l'humilit&amp;eacute; de celui qui a su en tirer de grandes le&amp;ccedil;ons (et non la pr&amp;eacute;tention de l'inverse). Il prend le RER parisien, seul, d'Evry &amp;agrave; Saint-Denis, pour faire vous-ne-savez-quoi. Un vieux sac en plastique &amp;agrave; l'&amp;eacute;paule, et la canne blanche &amp;agrave; la main, il acceptera volontiers de l'aide pour monter et descendre de la rame; en &amp;eacute;change, c'est lui qui vous donnera de l'aide. De l'aide pour apprendre &amp;agrave; &amp;ecirc;tre heureux.&lt;/p&gt;</description><author>Symbol</author></item><item><title>Dictionnaire de l'informatique 1986</title><link>http://www.unabstract.net/concept.php?id=10704</link><date>2009-12-06 19:26:00</date><description>Dictionnaire informatique

&lt;p&gt;Extrait d'une petite perle :&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bureautique&lt;/strong&gt; n. f. (ang. &lt;em&gt;office automation&lt;/em&gt;). Application de l'informatique aux travaux du bureau, afin, notamment, de traiter les messages formels et les textes d'une mani&amp;egrave;re automatis&amp;eacute;e.(...)&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;Aucune technologie n'est a priori exclue de la bureautique. Une solution bureautique &amp;agrave; un probl&amp;egrave;me de traitement de l'information pourra faire appel aussi bien &amp;agrave; des moyens informatiques, petits ou grands, qu'&amp;agrave; la micrographie, au traitement de textes, &amp;agrave; la t&amp;eacute;l&amp;eacute;copie ou au vid&amp;eacute;odisque; de plus en plus, c'est une combinaison de ces moyens qu'il faudra mettre en &amp;oelig;uvre, sans aucune exclusive. (...)&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;La bureautique pr&amp;eacute;sente d&amp;egrave;s aujourd'hui (&lt;em&gt;note : en 1986&lt;/em&gt;) un extraordinaire potentiel de moyens permettant aux entreprises, et surtout aux salari&amp;eacute;s qui y travaillent, de changer le contenu, la nature et la forme de leurs activit&amp;eacute;s. rares, tr&amp;egrave;s rares, sont les entreprises qui ont pris conscience des mutations qui vont se produire. Peut-on imaginer ce que sera le bureau de demain, dans vingt ou trente ans (&lt;em&gt;note : entre 2006 et 2016&lt;/em&gt;) ? les entreprises qui seront alors bien engag&amp;eacute;s dans la voie bureautique auront sans doute les caract&amp;eacute;ristiques suivantes :&lt;/p&gt;&#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li&gt;un terminal sera &amp;agrave; la disposition de chaque salari&amp;eacute;, du pr&amp;eacute;sident-directeur-g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral au plus jeune employ&amp;eacute;; (&lt;em&gt;sic&lt;/em&gt;)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;une partie significative des travaux sera r&amp;eacute;alis&amp;eacute;e &lt;em&gt;&amp;agrave; domicile&lt;/em&gt;, &amp;agrave; n'importe quelle heure du jour ou de la nuit;&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;le papier aura perdu son r&amp;ocirc;le de principal support de l'information au profit des m&amp;eacute;moires &amp;eacute;lectroniques;&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;un ensemble de moyens de communication (audio, vid&amp;eacute;oconf&amp;eacute;rences,...) permettra non de supprimer, mais de limiter le temps pass&amp;eacute; en r&amp;eacute;unions et en d&amp;eacute;placements li&amp;eacute;s &amp;agrave; ces r&amp;eacute;unions.&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;&#13;
&lt;p&gt;De tels changements ne se feront pas en quelques jours, mais l'on peut penser que la r&amp;eacute;volution bureautique des ann&amp;eacute;es 1980 aura, tant sur le plan de la vie des entreprises que sur celui des industriels fournisseurs, un impact aussi consid&amp;eacute;rable que celui de la r&amp;eacute;volution informatique des ann&amp;eacute;es 1960-1970.&lt;/p&gt;</description><author>Symbol</author></item><item><title>Pierre Hadot - La philosophie comme manière de vivre</title><link>http://www.unabstract.net/concept.php?id=10703</link><date>2009-11-06 17:00:25</date><description>La Philosophie comme manière de vivre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description><author>Symbol</author></item><item><title>Cormac McCarthy : La Route</title><link>http://www.unabstract.net/concept.php?id=10702</link><date>2009-11-06 16:59:12</date><description>La route&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description><author>Symbol</author></item><item><title>Une vie</title><link>http://www.unabstract.net/concept.php?id=10701</link><date>2009-10-25 21:18:49</date><description>Une vie qui ne se met pas elle-même à l'épreuve ne mérite pas d'être vécue.&lt;br /&gt; (Socrate)</description><author>Symbol</author></item></channel></rss>
