. "Generated by Triplify V0.3 (http://Triplify.org)" . . "un~abstract" . "http:/www.unabstract.net" . "lingvo:fr" . . "Aimer" . "Je m'aime beaucoup... et réciproquement." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Dieu" . "On tue un homme, on est un assasin. On en tue des millions, on est un conquérant. On les tue tous, on est un Dieu." . "Jean Rostand - Pensées d'un biologiste" . "2004-11-05T23:11:13"^^ . . "Agir" . "Le meilleur moyen d'agir à temps, c'est d'agir avant." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Sous-entendu" . "Les choses qui vont sans dire vont mieux en les disant." . "2004-11-05T23:11:42"^^ . . "Angoisse" . "Les constipés chroniques et les écrivains ont un point commun : l'angoisse de la feuille blanche" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Ah ?" . "Ah ? Question à laquelle il est impossible de répondre." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Amis" . "La difficulté n'est pas d'être avec ses amis quand ils ont raison, mais quand ils ont tort." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Adieu" . "On passe sa vie à dire adieu à ceux qui partent, jusqu'au jour où l'on dit adieu à ceux qui restent." . "Comtesse Véra de Talleyrand" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Argent" . "Partout où l'on va, l'argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des questions financières." . "Woody Allen" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Age" . "L'age mûr, par définition, c'est la période de la vie qui précède l'âge pourri." . "Pierre Desproges" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Anthropophagie" . "Passion dévorante." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Dire" . "Refuser de ne pas vouloir ne rien dire, c'est bien, si ce qu'il y a à dire est le contraire de ce qui ne doit pas être dit." . "Le Chat" . "2004-11-05T23:11:08"^^ . . "Autres" . "Quand je regarde les autres, je ne suis pas mécontent d'être moi." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Américains" . "Quelques 3,7 millions d'américains prétendent avoir été enlevés par des extra-terrestres. La plupart ont trouvé que c'était une expérience positive. La triste conclusion de cette statistique est : faut-il avoir peur des extra-terrestres ou des américains ?" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Adultes" . "La seule différence entre les enfants et les adultes, c'est le prix de leurs jouets." . "Friedrich Wilhem Nietzsche" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Apprentissage" . "Tout ce que je sais, c'est à mon ignorance que je le dois." . "Sacha Guitry" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Amour" . "L'amour, il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. Après quoi il m'apparaît urgent de me taire." . "Pierre Desproges" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Petite Annonce" . "Pur-esprit cherche femme-objet." . "Marcel Mariën" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Alligators 427" . "Alligators 427
aux ailes de cachemire safran
je grille ma dernière cigarette
je vous attends
sur cette autoroute hystérique
qui nous conduit chez les mutants
j'ai troqué mon cœur contre une trique
je vous attends
je sais que vous avez la beauté destructive
et le sourire vainqueur jusqu'au dernier soupir
je sais que vos machoires distillent l'agonie
moi je vous dis : bravo et vive la mort !" . "Hubert-Félix Thiefaine" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Année" . "Période de temps d'une longueur de 365 déceptions." . "Ambrose Bierce" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Après-midi" . "Partie de la journée que l'on passe à regretter la façon dont on a gâcher sa matinée." . "Ambrose Bierce" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Administration" . "Ceux qui savent : faites-le. Ceux qui ne savent pas : enseignez-le. Ceux qui ne savent pas enseigner : supervisez-le." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Amour" . "En amour, on est toujours deux : un qui s'emmerde et un qui est malheureux." . "Pierre Desproges" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Avenir" . "Pfff. Même l'avenir n'est plus ce qu'il était." . "Paul Valery" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Avenir" . "Notre passé est sinistre, notre présent est invivable, heureusement que nous n'avons pas d'avenir." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Amour" . "L'amour, c'est donner à quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose que l'on n'a pas." . "Jacques Lacan" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Auto-Critique" . "Heureux soit celui qui sait rire de soi-même, car il n'a pas fini de se fendre la gueule." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Arche" . "A une lettre près, Noé était noyé." . "Victor Hugo" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Avenir" . "Les portes de l'avenir sont ouvertes à ceux qui savent les pousser." . "Coluche" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Ambition" . "Visez toujours la lune. Même si vous la manquez vous arriverez dans les étoiles." . "Les Brown" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Aboutissement" . "On tuera la presse comme on tue un peuple, en lui donnant sa liberté." . "Balzac" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Action" . "La connaissance tue l'action, parce que l'action exige qu'on se voile dans l'illusion." . "Friedrich Wilhem Nietzsche" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Avis" . "Je ne me permets pas de juger. Je me contente en effet de condamner." . "Jules Renard" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Ambition" . "Toute ma vie j'ai voulu être quelqu'un. Maintenant je sais que j'aurais dû être plus précis." . "Jane Wagner" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Administrateur système" . "Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur." . "Jean Cocteau" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bien" . "Si vous faites le bien, évitez de le faire savoir. Si vous faites le mal, évitez de le savoir." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bossu" . "Le bossu ne voit pas sa bosse." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bateau" . "Carlos et Demis Roussos sont dans un bateau. Le bateau coule." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bien" . "Il faut croire au Bien, car il n'est pas." . "Alain" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Boudin" . "On parle de non-voyants à propos des aveugles. Pourquoi ne pas parler, à propos des boudins, de non-bandantes ?" . "Pierre Desproges" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bill Gates (diktat de ~)" . "It's not a bug, it's a feature !" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Beau" . "T'es largement assez beau par rapport à ce que t'es intelligent. T'as même encore de la marge !" . "Coluche" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bonheur" . "Le bonheur ça n'est pas grand'chose / c'est du chagrin qui se repose" . "Léo Ferré (cité par H-F Thiefaine)" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Beauté" . "Mais la vraie beauté n'est-elle pas celle qui vient de l'intérieur ?...\r\nMon cul, ouais, c'est les moches qui disent ça !" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bonheur" . "Sentiment de joie profonde qui provient de la contemplation du malheur d'autrui." . "Ambrose Bierce" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bonheur" . "Le plaisir est le bonheur des fous. Le bonheur est le plaisir des sages." . "Barbey d'Aurevilly" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "George W. Bush" . "Je ne sais pas pourquoi l'économie fonctionne, mais je suis certain que ce n'est pas parce que des gens intelligents la dirigent." . "Scott Adams" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Doute" . "Il m'arrive de douter de tout, et je ne suis même pas toujours certain d'être sûr de douter." . "Le Chat" . "2004-11-05T23:11:47"^^ . . "Bonheur" . "C'est bien joli d'être heureux, encore faut-il que les autres soient malheureux." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "But" . "C'est dans l'incompréhension que je suscite que je trouve ma raison d'être." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bêtise" . "Il est dit, dans la sagesse des sages, que pour chaque maladie il y a un remède, sauf pour la bêtise, car elle a rendu malade celui qui essayait de la guérir." . "Proverbe arabe" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bonheur" . "Le bonheur est le silence du malheur." . "Jules Renard" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Business" . "Il y a 2 stratégies de base pour réussir en affaires :\r\n
  1. Ne jamais dire tout ce que l'on sait.
" . "Mark Twain" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Bêtise" . "L'intelligence a beaucoup moins d'applications pratiques que vous ne le pensez." . "Scott Adams" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Cerveau" . "Il paraît que notre cerveau ne marche qu'à 50%. Hmmm… je ne le crois qu'à moitié." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Croire" . "Me croirez-vous si je vous dis qu'il ne faut pas croire tout ce que je dis ?" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Culture" . "La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Cadre" . "Comment avoir l'air d'un cadre ?\r\n
    \r\n
  • Habillez-vous plus cher que vos collègues\r\n
  • Dissimulez toutes traces de compétences techniques\r\n
  • Employez le mot \"paradigme\" (ou \"périmètre fonctionnel\") plusieurs fois par jour\r\n
  • Dites à tout le monde que vous préparez une réunion avec le PDG\r\n
  • Faites références aux articles du Financial Times\r\n
" . "Scott Adams" . "2004-11-05T23:11:21"^^ . . "Fondamental" . "Repérer ce qui mène au fondamental... Délaisser délibérement toute cette multitude de choses disparates qui encombrent d'habitude notre esprit et le détourne de l'essentiel." . "Albert Einstein" . "2004-11-06T15:11:13"^^ . . "Connaissance" . "Tout jugement oscille sur la pointe de l'erreur. La connaissance est une perpétuelle aventure à la lisière de l'incertitude." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Créativité" . "La seule règle qui gouverne la créativité est l'acte de création lui-même." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Capacités" . "Vos capacités peuvent vous conduire bien plus loin que vous ne l'imaginez. Par conséquent, inutile d'imaginer - franchissez la limite." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Coué (méthode ~)" . "\"Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux.\"\r\n(à répéter 20 fois le matin au réveil et 20 fois le soir avant de s'endormir, à haute et intelligible voie)" . "Emile Coué" . "2004-11-05T22:11:20"^^ . . "Cheval" . "Le premier imbécile venu sait qu'il y a toujours un cheval qui court plus vite que l'autre." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Connaissance" . "En dernière analyse, toute chose n'est connue que parce qu'on veut croire qu'on la connaît." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Compétence" . "On ne parle bien de la stupidité de l'homme qu'en étant un peu con soi-même..." . "2004-11-05T22:11:45"^^ . . "Copain" . "Si j'avais été quelqu'un d'autre, je serais devenu mon copain." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Créativité" . "Le secret de la créativité, c'est de savoir cacher ses sources." . "Albert Einstein" . "2004-11-05T22:11:04"^^ . . "Cheval" . "La meilleure façon d'arrêter un cheval, c'est de parier sur lui." . "2004-11-05T22:11:03"^^ . . "Couple" . "Etre en couple c'est régler à deux des problèmes qu'on n'aurait pas tout seul." . "2004-11-05T22:11:14"^^ . . "Célibataire" . "Les célibataires devraient payer de lourds impôts. Il n'est pas juste qu'ils soient plus heureux que les autres." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Cuillère (petite ~)" . "Pince à sucre à une branche pour sucre en poudre." . "2004-11-05T22:11:56"^^ . . "Conseil" . "Dites-nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer." . "Coluche" . "2004-11-05T22:11:32"^^ . . "Contraire" . "Il y a des gens qui pensent le contraire de ce qu'ils ne disent pas. D'autres disent le contraire de ce qu'ils ne pensent pas. Moi je ne pense pas le contraire de ce que je dis. Au contraire !" . "Le Chat" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Invention collective" . "L'intelligence a été inventée il y a très longtemps par un type vachement malin. La connerie, c'est autre chose : c'est une invention collective." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Cœur (battement de ~)" . "Le cœur d'un homme a battu 5 milliards de fois a 60 ans." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Fait divers" . "Il tue sa femme le lendemain de son mariage, après la nuit de noce. Moralité : la nuit porte conseil." . "A. Pothey" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Cimetière" . "Les cimetières sont beaucoup plus petits que les villes. Ainsi le Père-Lachaise est plus petit que Paris. Cela prouve que seuls une minorité de parisiens meurent." . "R. Pividal" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Fait divers" . "Le chasseur humilié ne voulait pas rentrer bredouille, il se tue." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Chanteur" . "Un chanteur (ou une autre profession d'ailleurs) qui ferme sa gueule ne peut pas être tout à fait mauvais." . "Pierre Desproges" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Alternative" . "De deux choses l'une : soit tout le monde est con, et ça m'étonnerait quand même un peu, soit personne n'est con, et là ça m'étonnerait tout de même beaucoup." . "Pierre Desproges" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Chatte" . "Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chat, plus je connais les femmes, moins j'aime ma chatte." . "Pierre Desproges" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Chef d'état" . "Le plus embêtant avec les crétins, c'est qu'on ne peut même par leur faire comprendre qu'ils sont crétins." . "Charles de Gaulle" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Célébrité" . "La célébrité, c'est le ridicule moins la honte." . "Gustave Parking" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Augmentation annuelle" . "Y'a de plus en plus de cons chaque année, mais cette année j'ai l'impression que les cons de l'année prochaine sont déjà là." . "Patrick Timsit" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Constante" . "[Beauté] x [Intelligence] = constante" . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Constante" . "La somme de toute l'intelligence répartie sur la planète est constante.\r\nLa population augmente." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Chat" . "J'aime beaucoup les chats. Ca a exactement le même goût que les enfants." . "2004-10-25T00:00:00"^^ . . "Décapité" . "Tué sur le cou." . "2004-11-05T23:11:29"^^ . . "Doute" . "Le Christ, lorsqu'il a racheté tous les péchés du monde, se serait-il fait grugé ?" . "Gottlieb" . "2004-11-05T23:11:36"^^ . . "Déclenchement" . "C'est la goutte d'eau qui a mis le feu aux poudres." . "2004-11-05T23:11:50"^^ . . "Mondialisation" . "Refusons les yeux ouverts ce que les autres acceptent les yeux fermés." . "2004-11-05T23:11:34"^^ . . "Décadence" . "De la part de philosophes et de moralistes, c'est s'abuser que de croire échapper à la décadence du seul fait que l'on prend parti contre elle." . "Nietzsche" . "2004-11-05T23:11:24"^^ . . "Défauts" . "Un ami est quelqu'un qui vous connaît parfaitement mais qui vous apprécie quand même." . "2004-11-05T23:11:59"^^ . . "Mathématiques" . "2+2 = 5 pour des valeurs suffisamment larges de 2." . "2004-11-05T23:11:33"^^ . . "Déception" . "A force d'être déçu par les autres, je finirai bien par croire en moi." . "Frédéric Dard" . "2004-11-05T23:11:53"^^ . . "Enerve" . "Si j'énerve les gens autant qu'ils m'énervent, je comprends qu'ils soient nerveux." . "Le Chat" . "2004-11-05T23:11:39"^^ . . "Eternité" . "L'éternité c'est long, surtout vers la fin." . "Kafka" . "2004-11-05T23:11:19"^^ . . "Epitaphes" . "
    \r\n
  • Je reviens dans 5 minutes\r\n
  • Ne marchez pas sur l'herbe\r\n
  • Au secours !\r\n
  • Paix à mes cendres, prière de ne pas éternuer\r\n
  • Il y est passé comme les autres\r\n
  • Je n'ai plus d'insomnies\r\n
  • Je me regrette\r\n
  • Absent pour cause de décès\r\n
  • Ma mère m'a porté, la vie m'a supporté, la mort m'a emporté\r\n
  • Ici gît suit, ici gît reste\r\n
  • Je meurs d'envie de vous connaître\r\n
  • Retour franco à l'expéditeur\r\n
  • To be or not to be, telle n'est plus la question\r\n
  • A bientôt !\r\n
  • Je vous l'avais bien dit, que j'étais malade !\r\n
" . "Citées dans le Grand Livre de l'Humour Noir" . "2004-11-05T23:11:12"^^ . . "Eventration" . "Tripes-tease" . "2004-11-05T23:11:47"^^ . . "Etre" . "Je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensait, fasse quelque chose. Et remarquant que cette vérité : je pense donc je suis, était si ferme et si assurée, que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n’étaient pas capables de l’ébranler, je jugeais que je pouvais la recevoir, sans scrupule, pour le premier principe de la philosophie que je cherchais." . "Descartes - discours de la méthode" . "2004-11-05T23:11:04"^^ . . "Etrangers" . "Les chiffres sont accablants, chaque année il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde." . "Pierre Desproges et Luis Rego" . "2004-11-05T23:11:44"^^ . . "Embauche" . "Pas d'embauche sans expérience, pas d'expérience sans embauche." . "Matt Groening" . "2004-11-05T23:11:32"^^ . . "Esprit de contradiction" . "Comment ça j'ai l'esprit de contradiction ?! Mais pas du tout !" . "2004-11-05T23:11:18"^^ . . "Eloignement" . "L'éloignement est à l'amour\r\nCe qu'au feu est le vent\r\nIl éteint le petit, il allume le grand" . "Bussy-Rabutin" . "2004-11-05T23:11:08"^^ . . "Espoir" . "Rien ne définit mieux l'être humain que sa disposition à faire des choses absurdes pour obtenir des résultats totalement improbables. C'est le principe qui anime les loteries, la religion, et les rendez-vous galants." . "Scott Adams" . "2004-11-05T23:11:57"^^ . . "Sweat Shops" . "Ce qui est classe avec les produits fabriqués en Asie par des esclaves, c'est qu'au moins on est sûr que ceux fabriqués le vendredi après-midi n'ont pas été bâclés." . "2004-11-05T23:11:04"^^ . . "L'égout" . "Chacun ses mauvais goûts." . "2004-11-05T23:11:39"^^ . . "Existence" . "Si vous aviez à choisir, admettant que vous puissiez être le pire ennemi de Dieu ou rien du tout, que préféreriez-vous ?" . "Chuck Palahniuk - Fight Club" . "2004-11-05T23:11:06"^^ . . "Erection" . "Pourquoi les femmes baissent-elles les yeux quand on leur dit qu'on les aime ?\r\n\r\nPour voir si c'est vrai." . "Regis Hauser" . "2004-11-05T23:11:43"^^ . . "Egrabilture Holutée" . "Espèce voisine du Zabaltore Brazuré, mais en un peu moins grand." . "2004-11-05T23:11:27"^^ . . "Fin" . "Tout est bien qui finit." . "2004-11-06T15:11:37"^^ . . "Faim" . "Mon Dieu, donnez du pain à ceux qui ont faim, et donnez faim à ceux qui ont du pain." . "L'abbé Pierre" . "2004-11-06T15:11:13"^^ . . "Fou" . "- Docteur, je ne suis pas fou !\r\n- Ca tombe bien, je ne suis pas docteur." . "Voutch" . "2004-11-06T15:11:40"^^ . . "Femme" . "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant\r\nD'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,\r\nEt qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même\r\nNi tout à fait une autre, et m'aime et me comprend" . "Paul Verlaine - Poêmes Saturniens" . "2004-11-06T15:11:21"^^ . . "Félé" . "Heureux soient les félés, car ils laisseront passer la lumière." . "Michel Audiard" . "2004-11-06T15:11:51"^^ . . "Futur" . "Le visage du futur ? une bouche écrasée par une botte." . "Georges Orwell" . "2004-11-06T15:11:23"^^ . . "Fantasme" . "J'ai rencontré une fille merveilleuse. Elle est imaginaire, mais que voulez-vous, personne n'est parfait." . "2004-11-06T15:11:56"^^ . . "Et Newton ?" . "Pendant que Galilée regarde les étoiles, Copernic." . "2004-11-06T15:11:07"^^ . . "Génie génétique" . "L'homosexualité est-elle un gène héréditaire ?" . "2004-11-06T15:11:39"^^ . . "Détail" . "\"Regardez bien, car un jour il y aura des gens pour dire que ça n'existait pas.\"" . "Eisenhower à ses soldats en libérant un camp de concentration Allemand" . "2004-11-06T15:11:56"^^ . . "Gratuit" . "Offre non-cumulable\r\nréservée aux particuliers\r\nsoumise à conditions\r\ndans la limite des stocks disponibles\r\nsous réserve d'acceptation du dossier\r\nlimitée à 1 par foyer" . "2004-11-06T15:11:11"^^ . . "Guerre" . "La guerre, c'est des gens qui se massacrent mais qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais qui ne se massacrent pas." . "Paul Valery" . "2004-11-06T16:11:20"^^ . . "Seconde Guerre Mondiale" . "Depuis plus d'un siècle et demi maintenant, l'Amérique et le Japon forment l'une des alliances les plus parfaites et les plus sûres des temps modernes." . "Georges W. Bush, Tokyo, 18/02/2002" . "2004-11-06T16:11:40"^^ . . "Guise" . "Plutôt être un fou à ma guise qu'un sage au goût d'autrui." . "2004-11-06T16:11:23"^^ . . "Horoscope - Taureau" . "Taureau : vraisemblablement, votre décès ne se produira pas avant la fin de vos jours et la date de votre inhumation concordera probablement avec celle de vos obsèques." . "Pierre Dac" . "2004-11-06T16:11:03"^^ . . "Hasard" . "Le hasard est le pseudonyme de Dieu quand il ne voulait pas signer." . "Anatole France" . "2004-11-06T16:11:35"^^ . . "Humour" . "L'humour est une chose beaucoup trop importante pour la confier à des rigolos." . "2004-11-06T16:11:50"^^ . . "Horoscope - Lion" . "Lion : vendredi prochain ne sera pas votre jour de chance. C'est normal, vous n'aurez pas de jour de chance dans les 10 prochaines années." . "2004-11-06T16:11:53"^^ . . "Homme" . "L'homme n'est rien d'autre que la série de ses actes." . "Hegel" . "2004-11-06T16:11:07"^^ . . "Humanité" . "Le sort de l'humanité ne sera que celui qu'elle méritera." . "Albert Einstein" . "2004-11-06T16:11:32"^^ . . "Humilité" . "Vous me regardez et vous vous dites : ce mec-là, il a de la chance... vous n'avez pas tort." . "2004-11-06T16:11:23"^^ . . "Horoscope - Cancer" . "Aujourd'hui, vous allez lire votre horoscope et, pour une fois, celui-ci ne se trompera pas." . "2004-11-06T16:11:18"^^ . . "Humour" . "Le sens de l'humour a été donné aux hommes pour les consoler de ce qu'ils sont." . "2004-11-06T16:11:13"^^ . . "Horloge" . "Si le temps passait plus vite, les horloges serviraient de ventilateurs." . "Le Chat" . "2004-11-06T16:11:44"^^ . . "Homo Festivus" . "Homme des temps modernes, dernier homme. Egalement appelé Homo Touristus." . "Philippe Muray" . "2004-11-06T16:11:13"^^ . . "Homme" . "Je respecte trop l'idée de Dieu pour la rendre responsable d'un monde aussi absurde." . "Georges Duhamel" . "2004-11-06T16:11:43"^^ . . "Intelligent" . "Le plus intelligent est celui qui sait qu'il ne sait pas." . "2004-11-06T16:11:45"^^ . . "Prose" . "La différence entre le mot juste et le mot presque juste est la même qu'entre l'éclair et la luciole." . "2004-11-06T16:11:30"^^ . . "Intelligent" . "Il y a deux catégories de personnes : les gens imbéciles qui savent qu'ils le sont, et les gens intelligents qui savent qu'ils ne le sont pas." . "2004-11-06T16:11:17"^^ . . "Jour" . "J'ai pensé à mettre fin à mes jours, mais je n'ai pas su par lequel commencer." . "Jacques Prévert" . "2004-11-06T16:11:27"^^ . . "Inquiétant" . "Sur les 80 milliards d'individus qui ont fréquenté la Terre au cours des siècles, aucun n'a survécu." . "J. Sternberg" . "2004-11-06T16:11:19"^^ . . "Infini" . "Il y a deux choses infinies : l'univers et la bêtise humaine. Mais pour l'univers, on n'a encore aucune confirmation." . "Albert Einstein" . "2004-11-06T16:11:03"^^ . . "Insatisfaites" . "Sondage : 69 % des femmes se déclarent insatisfaites en amour. Je ne peux pas être partout !" . "2004-11-06T16:11:03"^^ . . "Immuable" . "Les 3 lois immuables de la nature humaine :\r\n
    \r\n
  • Stupidité\r\n
  • Egocentrisme\r\n
  • Lubricité\r\n
" . "Scott Adams" . "2004-11-06T16:11:36"^^ . . "JFK" . "Il ne faut pas se laisser abattre." . "JFK" . "2004-11-06T16:11:48"^^ . . "Jurer" . "On n'apprend pas vraiment à jurer avant d'apprendre à conduire." . "2004-11-06T16:11:25"^^ . . "Nuit torride" . "Dans la nuit tu es venu...\r\nTu t'es collé à moi...\r\nTu m'as sucé...\r\nTu as pris du plaisir...\r\nPuis tu es parti en me laissant souffrir...\r\n\r\nPutain de moustique !" . "2004-11-06T16:11:49"^^ . . "Jour" . "Every morning you are handled 24 golden hours. They are one of the few things in this world that you get free of charge. If you had all the money in the world, you couldn't buy an extra hour. What will you do with this priceless treasure ? Remember, you must use it, as it is given only once. Once wasted you cannot get it back." . "2004-11-06T16:11:53"^^ . . "Isocèle" . "J'ai rencontré Isocèle. Il a une idée pour un nouveau triangle." . "Woody Allen" . "2004-11-06T16:11:26"^^ . . "Instant" . "Le Temps pèse peu de choses face à l'éternité d'un instant." . "Maurice Dantec" . "2004-11-06T16:11:08"^^ . . "Jouvence" . "On a suffisamment de Jouvence; ce qu'il faut à ce monde c'est une fontaine d'Intelligence" . "2004-11-06T16:11:46"^^ . . "Intégrité" . "Il est curieux que le courage physique soit si répandu en ce monde et le courage moral si rare." . "Mark Twain" . "2004-11-06T16:11:48"^^ . . "Judas" . "Il ne faut pas juger un homme sur ses fréquentations. Ne perdons pas de vue que Judas avait des amis irréprochables." . "Ernest Hemingway" . "2004-11-06T16:11:38"^^ . . "King" . "A man can't ride your back unless it's bent." . "Martin Luther King Jr." . "2004-11-06T16:11:08"^^ . . "Longtemps" . "Jesus est mort\r\nDepuis 2000 ans\r\nMoralité\r\nQuand on est mort\r\nC'est pour longtemps" . "E. Chavette" . "2004-11-06T16:11:45"^^ . . "Lune" . "Tout homme est une lune et possède une face cachée qu'il ne découvre jamais à personne." . "Mark Twain" . "2004-11-06T16:11:25"^^ . . "Le Pen" . "On peu rire de tout, mais pas avec tout le monde." . "Pierre Desproges" . "2004-11-06T16:11:45"^^ . . "Lucide" . "Je refuserais de faire parti d'un club qui m'accepterait comme membre." . "Groucho Marx" . "2004-11-06T16:11:27"^^ . . "Laisse" . "Corde qui permet à un chien de conduire son maître." . "Jules Moy" . "2004-11-06T16:11:54"^^ . . "Racisme" . "Le racisme, c'est comme les nègres, ça ne devrait pas exister." . "Coluche" . "2004-11-06T16:11:24"^^ . . "Télévision" . "Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues." . "Adolf Hitler" . "2004-11-06T16:11:11"^^ . . "Le Pen" . "De son vrai nom Jean-Marie Le Penovitchstein." . "Pierre Desproges" . "2004-11-06T16:11:48"^^ . . "Limite" . "Mais jusqu'où s'arretera-t-il ?" . "2004-11-06T16:11:24"^^ . . "Léonard" . "C'est en sciant que Léonard De Vinci." . "2004-11-06T16:11:45"^^ . . "Loi" . "Dura lex, sed lex." . "Maxime Romaine" . "2004-11-06T16:11:07"^^ . . "Liberté" . "La liberté n'est rien si on est uniquement libre de ne rien en faire." . "Maurice Dantec" . "2004-11-06T16:11:44"^^ . . "Prévoyant" . "On devrait mourir une heure par jour plutôt que tout à la fin." . "2004-11-06T16:11:20"^^ . . "Lire" . "Les 10 droits du lecteur :\r\n
    \r\n
  1. Le droit de ne pas lire\r\n
  2. Le droit de sauter des pages\r\n
  3. Le droit de ne pas finir un livre\r\n
  4. Le droit de relire\r\n
  5. Le droit de lire n'importe quoi\r\n
  6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)\r\n
  7. Le droit de lire n'importe où\r\n
  8. Le droit de grapiller\r\n
  9. Le droit de lire à voix haute\r\n
  10. Le droit de nous taire\r\n
" . "Daniel Pennac" . "2004-11-06T16:11:01"^^ . . "Liberté" . "Recherchez la liberté et devenez esclave de vos désirs.\r\nRecherchez la discipline et trouvez votre liberté." . "lu dans Dune, de Frank Herbert" . "2004-11-06T19:52:19"^^ . . "Main" . "Si tu tapes des mains, quel est le bruit produit par une seule main ?" . "2004-11-06T19:53:36"^^ . . "Mort" . "La mort ne nous concerne pas, car tant que nous existons, la mort n'est pas là. Et quand vient la mort, nous n'existons plus." . "2004-11-06T19:54:46"^^ . . "Condamné à mort en 2 lettres ?" . "né" . "2004-11-06T19:55:20"^^ . . "Mouche" . "Quand on est une mouche, on a souvent des amis dans le besoin." . "Le Chat" . "2004-11-06T19:55:51"^^ . . "Mélancolie" . "Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter." . "2004-11-06T19:56:27"^^ . . "Mort" . "Et si l'on condamnait la mort pour faux et usage de faux ?" . "2004-11-06T19:57:06"^^ . . "Murphy" . "Si quelque chose peut mal tourner, le phénomène se produira." . "2004-11-06T19:57:53"^^ . . "Décontraction" . "Tant que l'homme sera mortel, il ne pourra pas être tout à fait décontracté." . "Woody Allen" . "2004-11-06T19:58:59"^^ . . "Métabolisme" . "Le métabolisme de base chez l'homme (température, systèmes cardio-vasculaire, respiratoire, digestif, nerveux) représente 70 à 75 % de l'activité nerveuse." . "2004-11-06T20:00:00"^^ . . "Computing" . "43ème loi de l'informatique : \"Si quelque chose peut mal tourn\r\n
Access Violation. Core dumped.
" . "2004-11-06T20:02:36"^^ . . "Métaphysique" . "Tout ça pour dire comment il ne savent pas pourquoi." . "Jacques Prévert - Choses et Autres" . "2004-11-06T20:07:43"^^ . . "Maitres du monde" . "Le savoir c'est le pouvoir ! Un jour viendra où ceux qui savent se servir d'un ordinateur contrôleront ceux qui ne savent pas ! Même qu'on leur donnera un nom... : Secrétaires." . "2004-11-06T20:09:13"^^ . . "Marketing" . "Donner envie à des gens qui n'en ont pas les moyens d'acheter une nouvelle chose dont ils n'avaient pas besoin 10 minutes auparavant." . "Frédéric Beigbeder - 99 Francs" . "2004-11-06T20:10:56"^^ . . "Meilleur" . "Celui qui renonce à être meilleur cesse déjà d'être bon." . "2004-11-06T20:11:21"^^ . . "Mass-médias" . "Les optimistes sont des gens mal informés." . "2004-11-06T20:11:39"^^ . . "Real-TV" . "Aujourd'hui, tout le monde peut être une star pendant 15 minutes." . "Andy Warhol" . "2004-11-06T20:12:15"^^ . . "Médiocrité" . "Nous pensons que la conscience participe d'un acte réflexe, comme la respiration, c'est faux, elle demande un effort, comme la nage, si nous cessons, nous coulons." . "Colin Wilson cité par Maurice Dantec" . "2004-11-06T20:13:34"^^ . . "Internet" . "Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.com" . "Maurice Dantec" . "2004-11-06T20:14:05"^^ . . "Médiologue" . "Spécialiste de la moyenne." . "Maurice Dantec" . "2004-11-06T20:14:28"^^ . . "Musique" . "La musique, c'est le bruit qui pense." . "Victor Hugo" . "2004-11-06T20:15:16"^^ . . "Mass-medias" . "Life does not imitate art. It imitates bad television." . "Woody Allen" . "2004-11-06T20:15:58"^^ . . "Matérialisme" . "Tout ce qui a son prix est de peu de valeur." . "Nietzsche" . "2004-11-06T20:16:24"^^ . . "Marchandage" . "J'aimerais vous transmettre un message d'espoir. Je n'en ai pas. En échange, est-ce que 2 messages de désespoir vous iraient ?" . "2004-11-06T20:17:15"^^ . . "Infirme" . "Au pays des muets, les aveugles sont sourds." . "Louis Scutenaire" . "2004-11-06T20:17:54"^^ . . "Nature" . "La nature, dans sa prévoyance, a mis beaucoup de pommiers en Normandie, sachant que c'est dans cette région que l'on boit le plus de cidre." . "2004-11-06T20:20:12"^^ . . "Ombre" . "J'y ai dit toi tu m'fous les glandes\r\npis t'as rien à foutre dans mon monde\r\n'rache toi d'là t'es pas d'ma bande\r\ncasse-toi tu pues, et marche à l'ombre" . "Renaud" . "2004-11-06T20:22:39"^^ . . "Optimisme" . "Souriez, demain ce sera pire !" . "2004-11-06T20:22:53"^^ . . "Optimisme" . "Il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions !" . "2004-11-06T20:23:17"^^ . . "Mode" . "Le charme d'un objet à la mode vient beaucoup de ce qu'il est à la mode." . "Louis Scutenaire" . "2004-11-06T20:23:45"^^ . . "Obstination" . "A force d'essayer, on finit toujours par y arriver. Donc plus on rate, plus on a de chances de résussir." . "Devise Shadok" . "2004-11-06T20:24:47"^^ . . "Objectif" . "Quand on ne sait pas où on va, on se retrouve souvent ailleurs." . "2004-11-06T20:25:42"^^ . . "Côté obscur" . "Tout le monde a un jardin secret plein de mauvaises herbes." . "2004-11-06T20:32:31"^^ . . "Optimisme" . "La réponse est oui. Mais quelle était la question ?" . "2004-11-06T20:32:56"^^ . . "Possible" . "Pour un homme tout est possible, du moment que ce n'est pas lui qui le fait." . "2004-11-06T20:34:52"^^ . . "Peur" . "Celui qui éprouve de la peur sans motif est fou. Celui qui n'en éprouve pas là où il y en aurait matière est deux fois plus fou." . "2004-11-06T20:36:42"^^ . . "Paradoxe" . "Cette phrase est fausse." . "2004-11-06T20:36:55"^^ . . "Penser" . "Rien ne sert de penser, il faut réfléchir avant." . "2004-11-06T20:37:16"^^ . . "Partir" . "Partir, c'est mourir un peu.\r\nMais mourir, c'est partir beaucoup." . "Alphonse Allais" . "2004-11-06T20:37:54"^^ . . "Parano" . "C'est pas parce que je suis parano qu'ils ne sont pas tous après moi !" . "Pierre Desproges" . "2004-11-06T20:38:56"^^ . . "Pensée" . "Citer les pensées des autres, c'est souvent regretter de ne pas les avoir eues soi-même, et c'est en prendre un peu la responsabilité." . "Sacha Guitry" . "2004-11-06T20:39:50"^^ . . "Penser" . "Aujourd'hui, quand on voit ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend, et ben on a raison de penser ce qu'on pense !" . "Coluche" . "2004-11-06T20:40:28"^^ . . "Perfection" . "La perfection n'est pas le but, elle est la voie." . "Proverbe Japonais" . "2004-11-06T20:40:57"^^ . . "Piscipodologue" . "Médecin des pieds spécialisé dans la thérapie des poissons." . "2004-11-06T20:41:31"^^ . . "Religion" . "Dieu a créé l'homme et ensuite, pour le remercier, l'homme a créé Dieu." . "2004-11-06T20:42:10"^^ . . "Pessimisme" . "Le mauvais sort s'abat généralement quand on ne l'attend pas, mais il peut aussi arriver par surprise." . "Gottlieb" . "2004-11-06T20:49:08"^^ . . "Peur" . "J'ai tellement peur de la mort que j'en arrive à espérer mourir vite rien que pour avoir peur moins longtemps." . "2004-11-06T20:50:46"^^ . . "Pauvre" . "Mieux vaut se chauffer au caviar que de manger du charbon." . "2004-11-06T20:51:11"^^ . . "Personnalité" . "Ne vous préoccupez pas de ce que les autres pensent de vous. Ils sont bien trop occupés à essayer de savoir ce que vous pensez d'eux." . "2004-11-06T20:52:27"^^ . . "Pluie" . "Il vaut mieux qu'il pleuve aujourd\"hui qu'un jour où il fera beau !" . "2004-11-06T20:53:07"^^ . . "Publicité" . "
    \r\n
  • \"Ce que nous recherchons, ce n'est pas la vérite, c'est l'effet produit\"\r\n
  • \"La propagande cesse d'être efficace à l'instant où sa présence devient visible\"\r\n
  • \"Plus un mensonge est gros, plus il passe\"\r\n
      " . "Joseph Goebbels" . "2004-11-06T20:54:42"^^ . . "Perfection" . "Perfection is our goal. Excellence will be tolerated." . "motto for International Association of Business Communications" . "2004-11-06T20:55:48"^^ . . "Pêcheur" . "Saint Pierre,\r\nAccorde-moi d'enfin prendre des poissons si grands\r\nQue l'envie de mentir en les décrivant\r\nMe sera épargnée à tout jamais." . "Prière du pêcheur" . "2004-11-06T20:57:02"^^ . . "Poupée" . "J'ai de la chance d'avoir un ami comme Ken." . "Barbie" . "2004-11-06T20:57:34"^^ . . "Philosophie" . "A chaque solution son problème." . "2004-11-06T20:57:59"^^ . . "Question" . "La réponse importe moins que la question." . "Confucius" . "2004-11-06T20:58:48"^^ . . "Raison" . "La raison brutale est beaucoup plus insupportable que la force brutale. Il est déloyal d'y recourir. Cela revient à frapper un individu en-dessous de l'intellect." . "2004-11-06T21:00:25"^^ . . "Réponse" . "Il n'y a pas de questions indiscrètes, il n'y a que des réponses indiscrètes." . "2004-11-06T21:00:54"^^ . . "Rancune" . "\"Je me définirai avant tout comme quelqu'un qui, au cours de sa vie, a essuyé 7391 énormes déceptions.\"" . "Voutch" . "2004-11-06T21:02:09"^^ . . "Renvoyé" . "
        \r\n
      • 1980 : \"Vous êtes renvoyé\"\r\n
      • 1985 : \"Vous êtes licencié\"\r\n
      • 1990 : \"Vous êtes compressé\"\r\n
      • 1995 : \"Vous êtes restructuré\"\r\n
      • 2000 : \"Vous êtes ré-enginiéré\"\r\n
      • 2005 : ?\r\n
      " . "2004-11-06T21:04:43"^^ . . "Raison" . "J'ai toujours raison. Et je n'en veux pour preuve que ceux qui diraient le contraire auraient tort." . "2004-11-06T21:05:45"^^ . . "Recette pour sortir d'une déception amoureuse" . "Répétez souvent ces 3 phrases :\r\n
        \r\n
      • Le bonheur n'existe pas.\r\n
      • L'amour est impossible.\r\n
      • Rien n'est grave.\r\n
      " . "Frédéric Beigbeder (l'amour dure trois ans)" . "2004-11-06T21:07:15"^^ . . "Répétition" . "Il n'existe que deux types de comique : le comique de répétition et le comique de répétition." . "2004-11-06T21:08:08"^^ . . "Reflet" . "Qu'est-ce que c'est beau un miroir, quand même !" . "2004-11-06T21:08:34"^^ . . "Rêves" . "Si vous voulez que vos rêves se réalisent, ne dormez pas." . "Proverbe Juif" . "2004-11-06T21:09:03"^^ . . "Rire" . "La plus perdue des journées est celle où l'on n'a pas ri." . "Sébastien Roch Nicolas de Chamfort" . "2004-11-06T21:09:45"^^ . . "Risque" . "Et ceux qui ne font rien ne se trompent jamais !" . "Théodore de Bainville" . "2004-11-06T21:10:28"^^ . . "Ruse" . "Dieu n'a pas fait le Diable pour piéger l'homme, mais l'homme pour piéger le Diable !" . "2004-11-06T21:10:58"^^ . . "Silence" . "Le silence est souvent la meilleure chose à dire." . "2004-11-06T21:11:34"^^ . . "Silence" . "Si ce que tu as à dire est moins beau que le silence, tais-toi." . "2004-11-06T21:12:06"^^ . . "Surpris" . "Le premier homme qui est mort a dû êre vachement surpris." . "G. Wolinski" . "2004-11-06T21:30:54"^^ . . "Soupir" . "Il poussa son dernier soupir.\r\nMais comme il n'avait jamais été sûr de lui, il en poussa un autre." . "2004-11-06T21:31:26"^^ . . "Science" . "Si vous connaissez une science de manière forte, vous ne remettez pas en question cette connaissance. Si vous ne la remettez pas en question, vous vivez avec une foi, et non une science." . "Ian Stewart" . "2004-11-06T21:33:18"^^ . . "Savoir" . "Celui qui sait ne parle pas. Celui qui parle ne sait pas." . "Lao-Tseu" . "2004-11-06T21:33:48"^^ . . "Sondage" . "A la question : \"Faites-vous encore confiance aux instituts de sondage ?\", 64 % des français répondent NON et 59 % OUI." . "2004-11-06T21:34:44"^^ . . "Sans-opinion" . "Je ne dis rien, mais je n'en pense pas plus." . "Le Chat" . "2004-11-06T21:35:41"^^ . . "Solitude" . "J'sais plus si c'est moi qui suis seul\r\nOu les aut' qui sont trop nombreux" . "Hubert-Felix Thiefaine" . "2004-11-06T21:36:17"^^ . . "Gang Bang" . "- \"Alors, heureuses ?\"" . "2004-11-06T21:36:35"^^ . . "Superstition" . "Art de se mettre en règle avec les coïncidences." . "Jean Cocteau" . "2004-11-06T21:37:05"^^ . . "Stratégie" . " \r\n- \"Nos ventes de jeux vidéos stagnent ! Aujourd'hui les enfants jouent de plus en plus à l'extérieur. Il ne nous reste qu'une seule solution.\"\r\n- \"Diversifier ?\"\r\n- \"Non. Polluer.\"" . "D'après Scott Adams" . "2004-11-06T21:38:35"^^ . . "Silence" . "It's not the words from our ennemies that we remember, but the silence of our friends." . "2004-11-06T21:39:46"^^ . . "Sagesse" . "Donnez-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux changer, et la sagesse de distinguer les premières des secondes." . "Marc Aurèle" . "2004-11-06T21:40:57"^^ . . "Sommeil" . "Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue." . "Alphonse Allais" . "2004-11-06T21:42:13"^^ . . "Drague" . "Où ? Quand ? Comment ? ... Ici, maintenant, vite." . "Tatiana de Rosnay" . "2004-11-06T21:42:57"^^ . . "Téléphone" . "40 % de la population mondiale n'a jamais passé un coup de téléphone.\r\nPas de nouvelles, bonnes nouvelles..." . "2004-11-06T22:09:20"^^ . . "Tact" . "Le tact, dans l'audace, c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin." . "2004-11-06T22:09:59"^^ . . "Tentation" . "Je peux résister à tout, sauf à la tentation." . "Oscar Wilde" . "2004-11-06T22:10:43"^^ . . "Torché" . "\"Je sortais tranquillement du bar quand quelqu'un m'a marché sur la main...\"" . "2004-11-06T22:11:50"^^ . . "Théorie" . "Après mûre réflexion, j'ai élaboré une savante théorie justifiant l'existence des étranges comportements que l'on rencontre dans le monde de l'entreprise :\r\nles gens sont idiots." . "Scott Adams" . "2004-11-06T22:12:54"^^ . . "Tac au Tac" . "Donnez-moi 5 minutes et je lui répond du tac au tac." . "2004-11-06T22:13:19"^^ . . "Tristesse" . "Apprend donc à tenir ta laisse\r\nT'es pas tout seul en manque de secours\r\nLa tristesse est la seule promesse\r\nQue la vie tiens toujours" . "Hubert-Félix Thiefaine" . "2004-11-06T22:14:14"^^ . . "Citation" . "La faculté de citer est un substitut commode à l'intelligence." . "2004-11-06T22:14:47"^^ . . "Tolérance" . "I will permit no man to narrow and degrade my soul by making me hate him." . "Booker T. Washington" . "2004-11-06T22:15:26"^^ . . "Triskaïdékaphobie" . "Peur du chiffre 13. Touche 21 % des Français." . "2004-11-06T22:16:04"^^ . . "Traduction" . "\"The problem with the French is that they don't have a word for 'entrepreneur'.\"" . "Georges W. Bush à Tony Blair 10/07/2002" . "2004-11-06T22:17:04"^^ . . "Vie" . "La mesure d'une vie ne se fait pas à sa durée, mais à la trace qu'elle laisse derrière elle." . "2004-11-06T22:18:30"^^ . . "Vivre" . "Veux-tu apprendre à bien vivre ?\r\nApprend d'abord à bien mourir." . "Confucius" . "2004-11-06T22:19:27"^^ . . "Vie privée" . "Moi j'ai une vie privée. Privée de tout, c'est vrai, mais privée quand même !" . "Murielle Robin" . "2004-11-06T22:20:05"^^ . . "Vie" . "La vie est dangeureuse, la preuve, tout le monde en meurt." . "2004-11-06T22:20:32"^^ . . "Violon" . "Depuis l'antiquité, l'homme a su produire de la musique en frottant des boyaux de chats convenablement tendus. Mais c'est le grand Stradivarius (1664-1746), qui eu le premier l'idée d'enfermer le chat dans une boite en ne laissant dépasser que les boyaux afin de ne pas se faire griffer. Le violon était né." . "Cavanna" . "2004-11-06T22:23:14"^^ . . "Vomir" . "Drink with moderation beats vomiting in excess." . "Publicité J&B" . "2004-11-06T22:24:36"^^ . . "Vie" . "MST" . "Jacques Dutronc" . "2004-11-06T22:24:53"^^ . . "Vérité" . "La vérité n'est pas déterminée par un vote majoritaire." . "2004-11-06T22:25:17"^^ . . "Vengeance" . "A force de jouer à oeil-pour-oeil, on finira tous aveugles." . "Gandhi" . "2004-11-06T22:25:50"^^ . . "Végétarien" . "Je ne suis pas végétarien parce que j'aime les animaux. Je suis végétarien parce que je hais les plantes." . "2004-11-06T22:26:36"^^ . . "Vivre" . "Vivre ce n'est pas se trouver, c'est se créer." . "G. Bernard Shaw" . "2004-11-06T22:27:12"^^ . . "Windows" . "In Gates we trust." . "2004-11-06T22:27:30"^^ . . "Zoo" . "Quand on voit les ravages que font les pigeons, on remercie Dieu de ne pas avoir donné d'ailes aux éléphants." . "2004-11-06T22:28:08"^^ . . "Phobologie" . "Etude de la peur et de l'art de la maitriser." . "2004-11-07T20:18:01"^^ . . "Paranoïaque" . "Je suis paranoïaque, mais le suis-je suffisament ?" . "2004-11-07T20:19:02"^^ . . "Marteau" . "Quand on a un marteau dans la tête, on voit tous les problèmes en forme de clou." . "2004-12-20T09:07:00"^^ . . "Bourse" . "Il vaut mieux avoir tort avec la foule que raison contre elle." . "Keynes - à propos de la bourse et de son mécanisme de prophéties auto-réalisatrices." . "2004-12-21T19:49:11"^^ . . "Réflexion" . "Think apart, resist together." . "2005-01-18T22:13:41"^^ . . "Tactique" . "Quand l'ennemi se disperse, il perd de la force; quand l'ennemi se rassemble, il perd du terrain." . "2005-02-06T20:04:56"^^ . . "Solution" . "Un problème sans solution est un problème mal posé." . "Albert Einstein" . "2005-02-13T20:17:51"^^ . . "Trop" . "La perfection est atteinte non quand il ne reste rien à ajouter, mais quand il ne reste rien à enlever." . "Antoine de Saint-Exupery" . "2005-02-13T20:19:12"^^ . . "Panurgie" . "Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton.\r\n" . "2005-02-13T20:20:36"^^ . . "Philosophons (en attendant la mort)" . "« La durée de la vie humaine ? Un point. Sa substance ? Fuyante. Les sensations ? Obscures. Le composé corporel dans son ensemble ? Prompt à pourrir. L'âme ? Un tourbillon. Le sort ? Difficile à deviner. La réputation ? Incertaine. Pour résumer, au total les choses du corps s'écoulent comme un fleuve; les choses de l'âme ne sont que songe et fumée, la vie est une guerre et un séjour en terre étrangère; la renommée qu'on laisse, un oubli. Qu'est-ce qui peut nous guider ? Une seule chose, la philosophie. »\r\n\r\n« Et la philosophie consiste en ceci : à veiller à ce que le génie qui est en nous reste sans outrage et sans peines ; à ce qu'il ne fasse rien au hasard, ni par mensonge ni par faux-semblant ; à ce qu'il ne s'attache point à ce que les autres font ou ne font pas. Et, en outre, à accepter ce qui arrive et ce qui lui est dévolu, comme venant de là même d'où lui-même est venu. Et surtout, à attendre la mort avec une âme sereine sans y voir autre chose que la dissolution des éléments dont est composé chaque être vivant. Si donc pour ces éléments eux-mêmes, il n'y a rien de redoutable à ce que chacun se transforme continuellement en un autre, pourquoi craindrait-on la transformation de leur ensemble et sa dissolution ? C'est selon la nature ; et rien n'est mal de ce qui se fait selon la nature. »" . "Marc-Aurele" . "2005-02-21T09:27:25"^^ . . "Inégalité des sexes" . "Whatever women must do they must do twice as well as men to be thought half as good. Luckily, this is not difficult." . "Charlotte Whitton" . "2005-02-21T22:10:50"^^ . . "Lumière" . "Au commencement, il n'y avait rien.\r\n\r\nPuis Dieu dit : \"Que la lumière soit !\".\r\n\r\nEt la lumière fût.\r\n\r\nEt il n'y avait toujours rien, mais au moins, on pouvait le voir." . "d'après Thomas Dave" . "2005-02-21T22:13:05"^^ . . "Prenez un chewing-gum, Emile..." . "Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps... Vous pouvez même tromper quelques personnes tout le temps... Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps. " . "Abraham Lincoln" . "2005-03-06T19:12:04"^^ . . "Epinards" . "Heureusement que je n'aime pas les épinards, parce que si j'aimais ça, j'en mangerais, et les épinards, je déteste ça !" . "D'après Nino Ferrer" . "2005-03-10T20:01:06"^^ . . "Nécromancie" . "Je jure qu'un jour je deviendrai immortel... dusse-je en mourir !" . "2005-03-24T19:57:57"^^ . . "Humanisme" . "N'ayez pas peur." . "Karol Wojtyla, le pape Jean-Paul II, lors de son premier discours" . "2005-04-15T23:43:51"^^ . . "Miroir, mon beau miroir..." . "- \"Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ?\"\r\n- ...\r\n- \"Ha ouais !? et elle vis où, cette petite pute ?!\"" . "Julie Ferrier" . "2005-04-30T23:32:07"^^ . . "Ecrivain" . "Le véritable écrivain écrit sur les êtres, les choses et les événements, il n'écrit pas sur l'écrire, il se sert de mots mais ne s'attarde pas aux mots, n'en fait pas l'objet de ses ruminations. Il sera tout, sauf un anatomiste du Verbe. La dissection du langage est la marotte de ceux qui n'ayant rien à dire se confinent dans le dire." . "Cioran" . "2005-05-21T12:07:23"^^ . . "Tueur" . "Ma mission est de tuer le temps et la sienne de me tuer à son tour. On est tout à fait à l'aise entre assassins." . "Cioran" . "2005-05-21T12:08:31"^^ . . "But" . "Les vagues se mettraient-elles à réfléchir, elles croiraient qu'elles avancent, qu'elles ont un but, qu'elles progressent, qu'elles travaillent pour le bien de la Mer, et elles ne manqueraient pas d'élaborer une philosophie aussi niaise que leur zèle." . "Cioran" . "2005-05-21T12:12:34"^^ . . "Vocabulaire" . "C'est une belle chose, la destruction des mots. Naturellement, c'est dans les verbes et les adjectifs qu'il y a le plus de déchets, mais il y a des centaines de noms dont on peut aussi se débarrasser. Pas seulement les synonymes, il y a aussi les antonymes. Après tout, quelle raison d'exister y a-t-il pour un mot qui dit le contraire d'un autre ? Les mots portent eux-mêmes leur contraire. Prenez \"bon\", par exemple. Si vous avez un mot comme \"bon\" quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme \"mauvais\" ? \"Inbon\" fera tout aussi bien, même mieux, parce qu'il est l'opposé exact de bon, ce n'est pas un autre mot. Et si l'on désire un mot plus fort que \"bon\", quel sens y a-t-il à avoir toute une chaîne de mots vagues et inutiles comme \"excellent\", \"splendide\" et tout le reste ? \"Plusbon\" englobe le sens de tout ces mots, et, si l'on veut un mot encore plus fort, il y a \"doubleplusbon\". Naturellement, nous employons déjà ces formes, mais dans la version définitive du novlangue, il n'y aura plus rien d'autre. En résumé, la notion complète du bon et du mauvais sera recouverte par six mots seulement, en réalité par un seul mot. Voyez-vous, Winston, l'originalité de cela ? Naturellement, ajouta-t-il après coup, l'idée vient de Big Brother.\r\n\r\n[...]\r\n\r\nNe voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n'y aura plus de mots pour l'exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliés. Déjà, dans la onzième édition, nous ne sommes plus loin de ce résultat, mais le processus continuera encore longtemps après que vous et moi nous seront morts. Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. Il n'y a plus, dès maintenant, c'est certain, d'excuse ou de raison au crime par la pensée. C'est simplement une question de discipline personnelle, de maîtrise de soi-même. Mais même cette discipline sera inutile en fin de compte. La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. [...] Vous est-il jamais arrivé de penser, Winston, qu'en 2050, au plus tard, il n'y aura plus un seul être humain vivant capable de comprendre une conversation comme celle que nous tenons maintenant ? " . "Georges Orwell, 1984" . "2005-06-15T22:34:16"^^ . . "Retrouver un lieu d'enfance qui paraissait bien plus grand" . "Durée : instantanée\r\nMatériel : un lieu d'enfance\r\nEffet : déboîtant\r\n\r\nCa nous est arrivé à tous. Dans le souvenir, souvent précis jusqu'au détail, c'était démesuré. Vaste champ de course, esplanade sans fin, cour immense, terrain d'escapade, lieu de cavalcade, de cachette, d'embuscade, pampa, steppe, forêt vierge. S'exposer à découvert, en plaine, exigeait du courage. Tout traverser d'un bout à l'autre demandait de la patience, et pas mal de force.\r\nOn n'a pas grandi là. Jamais ne se présenta l'occasion de revenir, de se mesurer peu à peu au lieu. Voilà soudain qu'on y retourne, adulte. C'est un espace tout petit. Restreint, rétréci, rabougri, peaudechagriné. Tout est pourtant identique : le volume d'ensemble et les détails, cette fenêtre dans le coin, ce petit pan de mur à peine jaune. Mais c'est une maquette, un modèle réduit, un monument en miniature.\r\nExpérimentez cette qualité particulière de surprise et d'étrange malaise. Vous vous prenez comme référence, mais vous n'avez pas de perception immédiate de votre changement de taille. Vous considérez donc spontanément que les choses, elles, ont changé, se sont tassées, rétrécies. C'est pourquoi vous avez l'air, tout à coup ici, d'être un géant.\r\nVous avez beau savoir qu'il n'en va pas ainsi, le malaise persiste. Votre souvenir et la perception présente ne s'ajustent pas. Les deux sont vifs. Les deux sont incompatibles. Vous vous sentez comme en porte-à-faux, comme si vous étiez de trop, entre votre mémoire qui a raison et votre présent aussi. Ce qui vous encombre, c'est l'idée d'une continuité de vous-même." . "Roger-Pol Droit - 101 expériences de philosophie quotidienne" . "2005-07-10T11:22:00"^^ . . "Ouverture" . "Il est bon d'avoir l'esprit ouvert\r\nmais pas au point\r\nque le cerveau tombe par terre" . "Lawrence Ferlinghetti (cité dans Globalia)" . "2005-07-31T21:11:52"^^ . . "Travail" . "Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes." . "Devise Shadok" . "2005-08-07T23:26:33"^^ . . "Immortalité" . "Pour rechercher l’immortalité, il faut faire trois choses : planter un arbre, écrire un livre et faire un enfant." . "Proverbe Chinois" . "2005-08-07T23:29:22"^^ . . "Entretenir la peur" . "As we know,there are known knowns. There are things we know we know. We also know there are known unknowns. That is to say we know there are some things we do not know. But there are also unknown unknowns, the ones we don't know we don't know. There is another way to phrase that, and that is that the absence of evidence is not an evidence of absence.\r\n\r\n(Il y a des choses que nous savons que nous connaissons. Et il y en a d'autres que nous savons ne pas connaître. C'est-à-dire qu'il y a des choses dont nous savons que, pour l'instant, nous ne les connaissons pas. Mais il y a aussi des choses inconnues que nous ne connaissons pas. Il y a des choses dont nous ne savons pas que nous ne les connaissons pas. En résumé, l'abscence de preuve n'est pas la preuve d'une abscence)" . "Donald Rumsfeld à propos de la menace terroriste, tentant de justifier la guerre contre l'Irak devant les ministres de l'OTAN." . "2005-08-14T23:08:02"^^ . . "Combat" . "Il faut choisir : être libre ou se reposer." . "Cornélius Castoriadis" . "2005-09-10T15:44:05"^^ . . "La science en tant que préjugé" . "(...)\r\nQu'on se garde, avant tout, de vouloir débarrasser l'existence de son caractère ambigu : c'est ce qu'exige le bon goût, Messieurs (note : les scientifiques), le goût du respect avant tout, - ce qui dépasse votre horizon. Que seule soit vraie une interprétation du monde où vous soyez dans le vrai, où l'on puisse faire des recherches scientifiques (vous voulez en réalité dire mécanique ?) et continuer à travailler selon vos principes, une interprétation qui admet que l'on compte, que l'on calcule, que l'on pèse, que l'on regarde, que l'on touche et pas autre chose, c'est là une balourdise et une naïveté, si ce n'est de la démence et de l'idiotie. N'est-il pas, au contraire, très probable que c'est ce qu'il y a de plus superficiel et de plus extérieur à l'existence, - ce qu'il y a de plus apparent, sa croûte et sa matérialisation - qu'on saisit en premier ? Peut-être même exclusivement ? Une interprétation \"scientifique\" du monde, comme vous l'entendez, serait par conséquent encore une des interprétations du monde les plus stupides, c'est-à-dire les plus pauvres de sens : cela dit à l'oreille de messieurs les mécanistes, et mis sur leur conscience, eux qui aujourd'hui aiment à se mêler aux philosophes et qui s'imaginent absolument que la mécanique est la science des lois premières et dernières, sur lesquelles, comme sur un fondement, toute existence doit être édifiée. Cependant, un monde essentiellement mécanique serait essentiellement dépourvu de sens ! si l'on jugeait de la valeur d'une musique d'après ce qu'on est capable d'en compter, d'en calculer, d'en mettre en formules - combien absurde serait une telle évaluation \"scientifique\" de la musique ! qu’aurait-on saisi, compris, reconnu ? Rien, strictement rien de ce qui est \"musique\" !..." . "Nietzsche - Le gai savoir" . "2005-09-10T18:13:20"^^ . . "Expérience" . "Vis comme si tu allais mourir demain, apprends comme si tu allais vivre pour toujours." . "2005-09-13T22:07:50"^^ . . "Action" . "Il faut prier comme si tout ne tenait qu'à Dieu, et agir comme si tout ne tenait qu'à nous." . "Bossuet" . "2005-09-22T22:56:39"^^ . . "M.A.R.L.B.O.R.O." . "le Monde\r\nde l'Aventure\r\ndu Rêve\r\nde la Liberté\r\ndu Bonheur\r\nde l'Opulence\r\net du Règne de l'Occident" . "dicton africain" . "2005-10-01T00:08:37"^^ . . "Liberté" . "La liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre." . "Camus (les Justes)" . "2005-10-20T21:13:50"^^ . . "Histoire" . "Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire." . "Friedrich Nietzsche" . "2005-10-29T14:29:16"^^ . . "Blasé" . "Il n’y a guère plus que le sublime qui me transcende." . "2005-11-02T15:23:08"^^ . . "Croissance" . "Celui qui croit qu'une croissance infinie est possible dans un monde limité est un fou... ou un économiste !" . "Nicholas Georgescu-Roegen" . "2005-11-02T23:08:58"^^ . . "Patience" . "La patience est un arbre aux longues racines amères mais aux fruits délicieux." . "proverbe africain" . "2005-11-09T16:38:23"^^ . . "Paresse" . "Si le travail peut être aliénant, l'oisiveté est avilissante." . "2005-11-09T16:41:05"^^ . . "Comme l'oiseau" . "N'enferme pas l'oiseau dans une cage ; car il n'est rien de plus beau que de le voir s'envoler puis revenir, libre." . "2005-11-21T17:19:53"^^ . . "Drinking on the moon" . "Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'ébriété." . "Java" . "2005-11-24T21:14:10"^^ . . "Petite annonce 2" . "Ejaculateur précoce cherche femme frigide." . "2005-12-06T21:50:18"^^ . . "Petite Annonce 3" . "JH 25 cel ch JF pr bez & + si aff" . "anonyme" . "2005-12-06T22:58:42"^^ . . "Petite Annonce 4" . "Femme lessivée cherche sèche-linge" . "2005-12-10T13:45:03"^^ . . "Auschwitz" . "Comme vous et moi, les responsables d'Auschwitz avaient des narines, des bouches, une voix, une raison humaine. Ils pouvaient s'unir, avoir des enfants : comme les pyramides ou l'Acropole, Auschwitz est le fait, est le signe, de l'homme. L'image de l'homme est inséparable, désormais, d'une chambre à gaz." . "Georges Bataille" . "2005-12-18T23:18:43"^^ . . "Sens" . "Je ne parle pas des choses, je parle du sens des choses. Là, je sais que je suis vivant." . "Ray Bradbury, in Fahrenheit 451" . "2006-01-02T16:08:40"^^ . . "Censure" . "Il y a plus d'une façon de brûler un livre." . "Ray Bradbury" . "2006-01-02T16:12:33"^^ . . "Immortalité" . "La différence entre l'homme qui ne fait que tondre le gazon et un vrai jardinier réside dans le toucher. L'homme qui tond pourrait tout aussi bien n'avoir jamais existé; le jardinier, lui, existera toute la vie dans son oeuvre." . "Ray Bradbury, in Fahrenheit 451" . "2006-01-02T16:16:14"^^ . . "Astuce du jour: comment pénétrer le monde de l'édition" . "Un éditeur qui entre dans son bureau préfère y trouver un cambrioleur qu’un poète." . "Jean Cocteau" . "2006-01-09T19:02:50"^^ . . "Théorie de l'évolution relative" . "J’ignore la nature des armes qu’on utilisera pour la prochaine guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres." . "Albert Einstein" . "2006-01-11T15:01:54"^^ . . "Testament" . "Attendu qu'il n'est rien de plus certain que la Mort, et rien de plus incertain que l'heure d'icelle, ..." . "Ancienne formule d'introduction des testaments" . "2006-01-18T23:22:12"^^ . . "Rester simple" . "L'avantage des dettes, c'est que même si l'on gagne de l'argent on ne court pas le risque de s'embourgeoiser." . "2006-02-22T07:48:27"^^ . . "Subjectivité" . "Plus on pense\r\nde façon objective\r\nmoins on existe" . "Kierkegaard" . "2006-02-25T11:35:45"^^ . . "Lumière" . "L'homme qui ne médite pas vit dans l'aveuglement, l'homme qui médite vit dans l'obscurité.\r\nNous n'avons que le choix du noir." . "Victor Hugo (cité par H-F Thiefaine)" . "2006-03-05T19:45:22"^^ . . "La recette du génie, les proportions" . "Le génie c'est 5% d'inspiration et 95% de travail." . "adage populaire" . "2006-03-26T00:12:44"^^ . . "Je les ai compris" . "Si les policiers n'étaient pas bêtes, ils ne seraient pas des policiers." . "De Gaulle" . "2006-05-05T11:50:28"^^ . . "Droit des prisonniers" . "Le travail, c'est le goulag plus la clim." . "2006-07-12T14:56:28"^^ . . "Agathe" . "The blues is not about trying to feel better. It is about trying to make the others feel worse." . "Agathe de blues" . "2006-08-02T23:06:19"^^ . . "Accident" . "L'accident intelligent reste à inventer." . "2006-08-03T03:00:53"^^ . . "Guérison" . "Avant, j'étais schizophrène.\r\nMaintenant, nous allons beaucoup mieux." . "2006-08-08T00:35:44"^^ . . "Jugement dernier" . "Jésus est de retour !\r\n(ayez l'air occupé...)" . "2006-08-08T00:38:30"^^ . . "Agitation" . "Le but de l'homme moderne est à l'évidence de s'agiter sans réfléchir dans tous les sens, afin de pouvoir dire fièrement, à l'heure de sa mort: \"Je n'ai pas perdu mon temps.\"" . "Pierre Desproges" . "2006-08-08T00:42:35"^^ . . "Revendication" . "Marilise Legajuana !" . "2006-10-08T23:21:46"^^ . . "Dynamite" . "Les idées ne sont pas faites pour être pensées mais vécues." . "André Malraux" . "2006-10-11T23:00:32"^^ . . "Souvenirs d'amnésie" . "J'ai des amnésies et des impressions de déjà-vu en même temps... du coup... il y a certaines choses que j'ai l'impression d'avoir déjà oubliées avant..." . "2006-10-12T12:50:15"^^ . . "Ecrire" . "Ce n'est pas parce que écrire est une chose difficile que nous n'osons pas le faire, c'est parce que nous n'osons pas écrire que c'en est si difficile." . "Sénèque" . "2006-10-15T12:42:29"^^ . . "Liberté" . "La liberté n'est pas un droit. C'est un devoir." . "2006-10-15T12:45:46"^^ . . "Ergonomie" . "
      \r\nError : keyboard not detected.\r\nPress any key to continue...\r\n
      " . "2006-10-31T22:35:51"^^ . . "Un bon moyen d'arrêter" . "La cigarette tue\r\nLa pipe détend" . "2006-12-11T23:55:15"^^ . . "Nécessité de l'illogique" . "Au nombre des choses qui peuvent porter un penseur au désespoir se trouve d'avoir reconnu que l'illogique est nécessaire à l'homme, et qu'il en naît beaucoup de bien. L'illogique tient si solidement au fond des passions, du langage, de l'art, de la religion, et généralement de tout ce qui confère quelque valeur à la vie, que l'on ne saurait l'en arracher sans par la même gâter ces belles choses irréparablement. Ce sont les hommes par trop naïfs qui peuvent seuls croire à la possibilité de transformer la nature humaine en nature purement logique; mais s'il devait y avoir des degrés pour approcher ce but, que ne faudrait-il pas laisser perdre chemin faisant ! Même l'être le plus raisonnable a de temps en temps besoin de retrouver sa nature, c'est-à-dire le fond illogique de sa relation avec toutes choses." . "Nietzsche" . "2006-12-13T00:39:42"^^ . . "Horoscope - Bélier" . "Aujourd'hui, c'est la déprime. Allez donc faire un tour à la FNAC pour vous détendre, et si ça ne va toujours pas, dirigez-vous vers le salon de massages thaï de madame Thaïpéï (21 rue Charonne, tel 0123456789). Si après ça, vous ne vous sentez pas mieux, achetez un Coca-Cola™, et regardez TF1 !" . "2006-12-19T21:50:33"^^ . . "Le métier de TF1" . "\"Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective business, soyons réaliste: à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit.\r\n\r\nOr pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible: c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. (...)\"" . "Patrick Le Lay, PDG de TF1, in Les dirigeants face au changement, paru en 2004" . "2006-12-19T21:59:41"^^ . . "Astuce du jour : comment faire de la politique" . "Il n'y a pas un problème qu'une abscence de solution ne finisse par résoudre." . "2007-02-11T11:56:21"^^ . . "Onychophagie" . "Manie de se ronger les ongles (du préfixe onych dérivé du grec onux, l'ongle)" . "2007-03-15T16:38:43"^^ . . "Rhinotillexomania" . "Manie de se curer le nez avec les doigts." . "2007-03-15T16:40:48"^^ . . "Géométrie" . "Carressez un cercle, il deviendra vicieux." . "E. Ionesco - La cantatrice chauve" . "2007-04-06T19:08:31"^^ . . "Pragmatisme" . "Aujourd'hui, il y a de moins en moins de philosophes et de plus en plus de professeurs de philosophie." . "2007-05-16T21:57:19"^^ . . "Hétérotopie" . "Il y a d'abord les utopies. Les utopies, ce sont les emplacements sans lieu réel. Ce sont les emplacements qui entretiennent avec l'espace réel de la société un rapport général d'analogie directe ou inversée. C'est la société elle-même perfectionnée ou c'est l'envers de la société, mais, de toutes façons, ces utopies sont des espaces qui sont fondamentalement essentiellement irréels.\r\n\r\nIl y a également, et ceci probablement dans toute culture, dans toute civilisation, des lieux réels, des lieux effectifs, des lieux qui ont dessiné dans l'institution même de la société, et qui sont des sortes de contre-emplacements, sortes d'utopies effectivement réalisées dans lesquelles les emplacements réels, tous les autres emplacements réels que l'on peut trouver à l'intérieur de la culture sont à la fois représentés, contestés et inversés, des sortes de lieux qui sont hors de tous les lieux, bien que pourtant ils soient effectivement localisables. Ces lieux, parce qu'ils sont absolument autres que tous les emplacements qu'ils reflètent et dont ils parlent, je les appellerai, par opposition aux utopies, les hétérotopies." . "Michel Foucault - Dits et écrits - 1984 - conférence" . "2007-05-19T02:41:51"^^ . . "Polytripeux" . "Capable de s'enthousiasmer pour plusieurs choses à la fois." . "2007-06-01T23:37:18"^^ . . "Innovation" . "Tout a déjà été pensé. Il faut essayer seulement de le penser encore une fois." . "Goethe" . "2007-07-17T21:00:26"^^ . . "Rêves" . "Il est important d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit." . "Oscar Wilde" . "2007-07-17T21:02:20"^^ . . "Serial Gamer" . "Les jeux vidéos ont foutu ma vie en l'air.\r\nHeureusement, j'ai deux extra lifes supplémentaires." . "2007-07-19T22:27:59"^^ . . "Vivons modernes" . "Pour vivre moderne, il ne suffit plus d'acheter aujourd'hui et de jeter demain.\r\nPour vivre moderne, il faut acheter aujourd'hui et jeter aujourd'hui." . "John Brunner, Tous à Zanzibar" . "2007-09-02T12:17:03"^^ . . "Don / Contre-don" . "La monnaie est l'outil qui permet de na pas regarder dans les yeux celui avec qui l'on échange." . "cité par Bernard Maris dans Antimanuel d'économie vol. 2" . "2007-09-02T12:18:39"^^ . . "Mais après ?" . "Dans un petit village côtier mexicain, un Américain avise un pêcheur en train de faire la sieste et lui demande:\r\n - Pourquoi ne restez-vous pas en mer plus longtemps ?\r\nLe Mexicain répond que sa pêche quotidienne suffit à subvenir aux besoins de sa famille.\r\nL'Américain demande alors:\r\n - Que faites-vous le reste du temps ?\r\n - Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme, le soir je vais voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J'ai une vie bien remplie.\r\nL'Américain l'interrompt:\r\n - Suivez mon conseil: commencez par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices, vous achèterez un gros bateau, vous ouvrirez votre propre usine. Vous quitterez votre village pour Mexico, puis New York, d'où vous dirigerez toutes vos affaires.\r\n - Et après ? interroge le Mexicain.\r\n - Après, dit l'Américain, vous introduirez votre société en Bourse et vous gagnerez des millions.\r\n - Des millions ! Mais après ? réplique le pêcheur.\r\n - Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme, passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis." . "Alain Gras : fragilité de la puissance, se libérer de l'emprise technologique, cité par Bernard Maris, Antimanuel d'économie vol" . "2007-09-02T12:23:17"^^ . . "La sieste de l'informaticien" . " \r\nwhile(true) {\r\nsleep();\r\n}" . "2007-09-13T09:13:51"^^ . . "Vieillissement" . "Je ne voudrais pas devenir vieux trop jeune." . "2007-09-24T22:58:53"^^ . . "Liberté ?" . "Il n'y a, bien entendu, aucune raison pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens. Le gouvernement au moyen de triques et de pelotons d'exécutions, de famines artificielles, d'emprisonnements et de déportations en masse, est non seulement inhumain (cela, personne ne s'en soucie fort de nos jours); il est - on peut le démontrer - inefficace : et, dans une ère de technologie avancée, l'inefficacité est le péché contre le Saint-Esprit. Un État totalitaire vraiment \"efficient\" serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d'esclaves qu'il serait inutile de contraindre, parce qu'ils auraient l'amour de leur servitude. La leur faire aimer - telle est la tâche assignée dans les États totalitaires d'aujourd'hui aux ministères de la propagande, aux rédacteurs en chef de journaux et aux maitres d'école." . "Aldous Huxley - nouvelle préface au Meilleur des mondes - 1946" . "2007-09-28T23:56:11"^^ . . "Valeurs actuelles" . "La seule forme de constance que l'on est en droit d'attendre de la part de nos contemporains, c'est la constance dans le calcul." . "Maurice Dantec" . "2007-09-29T17:27:11"^^ . . "Créativité" . "Comme ce serait amusant si l'on n'était pas obligé de songer au bonheur..." . "Aldous Huxley - le meilleur des mondes" . "2007-10-01T22:41:13"^^ . . "Arbre" . "Un saule hêtre vous manque, et tout est des peupliers." . "Alphronce de Lamartine" . "2007-10-02T23:18:17"^^ . . "Phobophobie" . "Peur d'avoir peur." . "2007-10-03T23:00:37"^^ . . "Extension du domaine de l'argent" . "C'est seulement lorsque le dernier arbre aura été coupé, lorsque la dernière rivière aura été empoisonnée, lorsque le dernier poisson aura été péché, que l'homme blanc réalisera que l'argent ne se mange pas." . "Un indien anonyme (19eme siècle)" . "2007-10-20T21:46:08"^^ . . "Après tout..." . "Ca ne sert à rien que je gagne ma vie, je l'ai déjà..." . "2007-10-24T00:20:53"^^ . . "C'est comme au boulot" . "La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.\r\nLa pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.\r\nIci, nous avons réuni théorie et pratique : rien ne fonctionne... et personne ne sait pourquoi ! " . "Albert Einstein" . "2007-10-25T21:45:31"^^ . . "Géopolitique de la réalité" . "Il m'a dit que les gens comme moi faisaient partie de ces types \"appartenant à ce que nous appelons la communauté réalité\" [the reality-based community] : \"Vous croyez que les solutions émergent de votre judicieuse analyse de la réalité observable\" J'ai acquiescé et murmuré quelque chose sur les principes des Lumières et l'empirisme. Il me coupa : \"Ce n'est plus de cette manière que le monde marche réellement. Nous sommes un empire maintenant, poursuivit-il, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité, judicieusement, comme vous le souhaitez, nous agissons à nouveau et nous créons d'autres réalités nouvelles, que vous pouvez étudier également, et c'est ainsi que les choses se passent. Nous sommes les acteurs de l'histoire. (...) et vous, vous tous, il ne vous reste qu'à étudier ce que nous faisons.\"" . "Un conseiller anonyme du président Georges W. Bush (Karl Rove ?) au journaliste Ron Suskind, New York Times, 17 octobre 2004" . "2007-11-30T21:01:25"^^ . . "Stallone" . "Avant de vouloir être fort comme un chêne,\r\nil faut déjà être con comme un gland." . "2007-12-13T00:35:05"^^ . . "Entre les mots" . "L'affaire du poète, ce n'est pas de dire ce qui est simple de manière importante et significative, mais de dire ce qui est important de manière simple." . "Hermann Hesse" . "2008-01-03T21:25:58"^^ . . "Meilleurs voeux" . "Que le meilleur de ton passé soit le pire de ton avenir." . "2008-01-19T15:06:05"^^ . . "Gavage" . "Les gens qui n'ont rien aimeraient tout avoir\r\nCeux qui ont tout ont l'habitude de tout vouloir\r\nDans ces conditions..." . "2008-01-19T15:09:18"^^ . . "Israël ou Berlin" . "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts." . "Newton" . "2008-03-31T23:25:56"^^ . . "Horreur économique" . "\"La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ?\"" . "Laurence Parisot - Présidente du MEDEF, citée par Gérard Filloche" . "2008-04-01T22:26:42"^^ . . "Las Vegas" . "Wanted :\r\nLove and Money" . "Graffiti sur les murs de Las Vegas" . "2008-05-10T14:04:41"^^ . . "Rouge révolution" . "Dans un monde en noir et blanc, seules les étoiles sont en couleur." . "2008-05-11T15:32:12"^^ . . "Principe de non-reproductibilité du plaisir de la solitude" . "J'aime assez être seul. Mais mon plaisir est parfois plus grand en fonction de qui n'est pas là." . "Le Chat" . "2008-05-18T13:58:37"^^ . . "Téléphone maison" . "La meilleure preuve qu'il existe des êtres intelligents dans l'univers, est qu'ils n'ont jamais cherché à nous contacter." . "2008-05-24T12:36:40"^^ . . "Recherche projectionniste" . "rech proj pr proj priv, self-def dem, brt poss. S’adrr à l’hôt Mart." . "La cité de la peur, le film de les Nuls, 46ème min, 56ème sec." . "2008-06-02T00:47:34"^^ . . "Anarchie en utopie" . "To live outside the law you must be honest." . "Bob Dylan" . "2008-06-07T21:06:28"^^ . . "Foirce" . "Foi dans la Force des Farces de Foire." . "2008-06-27T23:34:01"^^ . . "Peu importe le flacon" . "Les trois ivresses : se sentir homme sur une femme, plante sous le ciel, néant dans la musique. \r\n" . "Claude AVELINE" . "2008-07-03T20:32:54"^^ . . "The blues are what you know" . "Any way you take them, the blues are sure not dying. They're a steady roller; but you can't study up on them to sing them. You got to study up on people. I can be laying on the bed and something will come to me of what I've seen. I'll get up, get my guitar, and I'll make a blues telling what I feel. The blues are what you know." . "John Lee Hooker" . "2008-07-26T21:18:22"^^ . . "Un voyage..." . "Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait." . "Nicolas Bouvier, in l'usage du monde" . "2008-08-31T21:17:36"^^ . . "Créativité" . "La rationalité n'épuise qu'une mince partie du réel." . "H. Reeves" . "2008-09-10T18:57:12"^^ . . "Le militant" . "Le militant, par définition, ne peut se remettre en questioin ni avoir tort; c'est le plus haut degré de la malhonnêteté intellectuelle." . "Lu dans \"Le combat ordinaire\", de Manu Larcenet" . "2008-09-28T00:12:04"^^ . . "Humani[sme | taire]" . "C'est parce qu'on manque d'humanisme qu'on a besoin d'humanitaire." . "2008-10-07T21:51:41"^^ . . "Le jugement et l'abstraction" . "Et cependant, que ce soit en un sens philosophique (le sens kantien) ou en un sens empirique et évolutionniste, le jugement est notre faculté la plus importante. L'animal et l'homme peuvent très bien fonctionner sans \"attitude abstraite\" (1), mais périront rapidement s'ils sont privés de leur jugement. La jugement est sans doute la première faculté du cerveau ou de la vie supérieure - même si la neurologie classique, dont les modèles ressemblent à ceux de l'informatique, l'ignore ou l'interprète mal. Et, si nous nous demandons comment on peut en arriver à une telle absurdité, nous trouvons la réponse dans les postulats et l'évolution de la neurologie elle-même. Car la neurologie classique (comme la physique classique) a toujours été mécaniste - depuis les analogies mécanistes d'Hughlings Jackson jusqu'aux analogies informatiques actuelles.\r\n\r\nBien sûr, le cerveau est une machine et un ordinateur - tout est correct dans la neurologie classique. Mais les processus mentaux qui constituent notre être et notre vie ne sont pas seulement abstraits et mécaniques, ils sont aussi personnels - et, en tant que tels, n'impliquent pas seulement l'action de classer et de catégoriser, mais aussi celle, incessante, de juger et d'éprouver. Si cela fait défaut, nous devenons comme le docteur P., pareils à des ordinateurs. Et, de la même façon, si nous supprimons des sciences cognitives tout ce qui est de l'ordre du personnel, nous les réduisons à quelque chose d'aussi anormal que le cas du docteur P. - et nous réduisons par là-même notre appréhension du concret et du réel." . "Oliver Sacks - L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau" . "2009-03-10T00:23:26"^^ . . "Quand vous aimez quelqu'un" . "Quand vous aimez quelqu'un, vous ne pouvez espérer qu'il fasse ce qui vous plait; cela reviendrait à vous aimer vous-même." . "Swâmi Prajnanpad" . "2009-05-16T23:44:26"^^ . . "Les tourments de l'amour" . "C'est le désir d'être aimé, quand on aime, qui fait les grands tourments.\r\nUne âme qui serait assez pure et assez dévouée pour ne rien demander, que d'aimer, serait heureuse; car aimer, c'est déjà le bonheur." . "Abrantes Laure Permon, Mme Junot, duchesse d'~, 1784-1838" . "2009-05-16T23:49:27"^^ . . "Et les Rolex !" . "L'argent, l'argent, toujours l'argent ! mais morbleu, il n'y a pas que ça dans la vie ! il y a aussi le polo, le ball-trap, les ferrari, monte-carlo, le clos-vougeot 58... même le simple cri d'une mouette, en hiver, au-dessus des seychelles !" . "(illustration de G. Mathieu)" . "2009-07-15T10:17:36"^^ . . "Le seul problème" . "(...)\r\nLe seul problème qu'on se pose\r\nC'est de séparer en deux portions\r\nCinquante-cinq kilos de chair rose\r\nDe cinquante-cinq grammes de nylon\r\nC'est pas toujours un jeu d'enfant\r\nPour un donjuju, pour un don Juan.\r\n(...)" . "Claude Nougaro - extrait des paroles de la chanson \"Les don Juan\"" . "2009-08-18T10:16:35"^^ . . "Et plus vieux" . "Celui qui ne boit pas, qui ne fume pas, et qui ne baise pas mourra en bonne santé." . "Proverbe grec" . "2009-09-25T21:59:11"^^ . . "La civilisation occidentale ?" . "Oui... je crois que ce serait une bonne idée." . "Gandhi" . "2009-09-26T20:51:17"^^ . . "No stress" . "S’il y a une solution, il n’est pas nécessaire de s’inquiéter, et s’il n’y a pas de solution, il est inutile de s’inquiéter." . "Le Dalaï-Lama" . "2009-09-27T13:12:43"^^ . . "Une vie" . "Une vie qui ne se met pas elle-même à l'épreuve ne mérite pas d'être vécue." . "Socrate" . "2009-10-25T21:18:49"^^ . . "Surmené" . "

      - Allo ? ... une fuite radioactive au réacteur nucléaire B12 ? Bien, ne vous inquiétez pas, je me suis fait un post-it.

      " . "Voutch" . "2009-12-12T16:27:30"^^ . . "Dyslagnosniaque" . "

      Q : que fait un agnostique insomniaque dyslexique la nuit ?

      \r\n

      R : il reste éveillé en se demandant si un Pieu existe.

      " . "2009-12-23T18:33:23"^^ . "Une journée sous le signe du M" . "J'aurais dû le voir. Déjà le matin, la façade de la gare déformée par le vent et l'obscurité formait un grand \"M\", surplombant l'entrée. Les tags sur les murs du TER, \"Mort aux cons\", \"Malik Nike ta Mère\". Dans le métro, \"Marre de la Pub\". J'aurais dû soupçonner quelque chose, mais je n'ai rien vu. Ou plutôt je n'ai rien voulu voir, malgré la pointe de doute qui m'a assailli quand j'ai malencontreusement mis le pied jusqu'au genou dans l'immense flaque d'eau du pont de Neuilly.\r\n\r\nLe mauvais sort s’abat généralement quand on ne l’attend pas, mais il peut aussi arriver par surprise. Quoi qu'il en soit, il tombe toujours au mauvais moment. Tout avait commencé une semaine plus tôt. Ce prototype pour un client devait absolument être près à temps et j'avais mis les bouchées doubles. La pression s'accumulait tout doucement dans ma tête transformée pour l'occasion en autocuiseur vapeur, à force de réflexions stressées, de coups de téléphone paniqués, et de sorties du boulot à des heures pas possibles. En échange de quoi j'avais été convié à la réunion de présentation du prototype. Une sorte de remerciement, un gage de gratitude : ma première sortie en safari dans la nature, à la rencontre de cette espèce rare et en voie de disparition, dont on n'ose pas prononcer le nom trop haut par peur d'offenser les divinités du Grand Capitalisme, le \"Client\". En fait un cadeau empoisonné, pire qu'un cheval (ou un lapin) de Troie, un véritable éléphant de Troie, un Brontosaurus de Troie.\r\n\r\nIl faisait un temps de chiotte quand je me suis levé le matin de cette présentation. J'étais rentré tard la veille, mais satisfait, le prototype était terminé et fonctionnait. Rectificatif : semblait fonctionner. Bref, il avait neigé toute la nuit, le sol était transformé en glace sous la lumière glauque de l'aube et les pas mal assurés des passants, en attendant de se transformer en boue dans les rues Parisiennes au moment du dégel. Il fallait être à la réunion à dix heures. Mon train habituel me déposait à la gare du Nord vers huit heures quarante, ce qui me laissait encore une heure avec une bonne marge pour retrouver mon chemin dans la jungle urbaine et me rendre à la réunion, c'était plus que suffisant, je pourrai même prendre le temps de bivouaquer en suspendant mon hamac entre deux lampadaires.\r\n\r\n\"IL\" ne l'entendait pas de la même oreille, apparemment. Etais-ce le \"M\" tracé dans la neige sur le quai de la gare ? la plaque d'immatriculation \"13 MMM 75\" de la voiture qui avait faillit me renverser quand je sortais de chez moi ? Qu'est-ce qui l'avait fait venir ? Je ne sais pas. Mais le train ne venait pas, lui... J'aurais du soupçonner l'identité de son conducteur. Quinze minutes de retard, il arrivait enfin. Marrant, le conducteur avait un sourire jusqu'aux oreilles.\r\n\r\nArrivée à la gare du Nord à neuf heures, la marge que je m'étais laissé venait de fondre. Je ne devais pas trainer, mais j'étais confiant, un je ne sais quoi d'insouciance mal placée. Je m'enfournais dans le métro à la suite de tous ces gens à qui je ressemble tant.\r\n\r\nLe métro ne voulait pas avancer. Des arrêts interminables de deux minutes à chaque station, sur dix stations, et un rapide calcul mental m'a fait dire que cette fois-ci, j'allais devoir faire des pieds et des mains pour arriver à l'heure. Je devais apprendre par la suite que quelqu'un était tombé sur la voie un peu avant que je prenne le métro. Quel hasard.\r\n\r\nArrivée à la Défense (Pitié, pitié, ne me faites jamais travailler à la Défense avec tous ces gens). Dernière étape du trajet : le bus. Il me restait quinze minutes, à ce stade je pouvais encore arriver à l'heure. Je suivais d'un pas pressé les moutons que déversait la gueule du métro, c'est pour cela que je n'ai fait qu'un vague signe de main à l'homme occupé à dégeler les passerelles en étendant du sel, après qu'il m'en eu balancé une pleine poignée sur le pantalon. J'aurais dû me souvenir de son visage.\r\n\r\nL'arrêt de bus de la ligne 175 pour aller direction Suresnes au niveau du pont de Neuilly n'est pas facile à trouver. Si jamais vous devez vous y rendre un jour, sachez qu'il se trouve sous le pont. Allez savoir qui l'a mis là. C'est le seul qui n'est pas indiqué par les petites pancartes. Je ne l'ai jamais trouvé. Mais j'ai trouvé la flaque d'eau. Elle semblait m'attendre, patiemment, alors que je cherchais fébrilement cet arrêt de bus. Je descendais quelques marches de la passerelle pour arriver sur le pont de Neuilly. L'eau atteignait la hauteur de la deuxième marche de l'escalier. Elle était recouverte d'une fine couche de glace, comme pour mieux se confondre avec le macadam du trottoir. Je l'ai vu alors que j'avais déjà lancé mon pied gauche en avant. Le temps s'est arrêté dans un instant d'éternité... et j'ai compris ce qui allait arriver dans la demie-seconde suivante sans pouvoir rien y faire. Toute les vies de mon pied gauche, de ma jambe gauche, de ma chaussure gauche et de ma chaussette gauche, toutes ont défilé devant mes yeux, alors que je me contemplais impuissant en train de descendre d'un pas rapide la dernière marche de ce putain d'escalier.\r\nFLAAOUTTCH !!!\r\nMa jambe n'est pas restée bien longtemps dans l'eau, juste suffisament pour que je sois trempé et gelé jusqu'au genou, sans trouver mon arrêt de bus, avec un rendez-vous over-important auquel j'aurais déjà du être depuis 5 minutes.\r\n\r\n\r\nJ'ai finalement réussi à attraper le bon bus, après être monté dans celui qui partait en sens inverse, être descendu une station plus loin, et avoir trouvé la station qui repartait dans le bon sens. Il allait de soit que j'avais raté mon rendez-vous, mais je comptais sur mon collègue, compagnon de galère, pour commencer sans moi. A deux, on minimisait tout de même les risques. Mais un petit coup de téléphone pour le prévenir m'appris que lui aussi était en retard. \"IL\" était décidément très en forme aujourd'hui.\r\n\r\nL'adresse du client que je m'étais procuré la veille n'était pas la bonne. L'arrêt de bus auquel je suis descendu n'était donc pas le bon non plus. Après quelques mètres de hockey-sur-trottoir, je me suis rendu à l'évidence : La banque que j'avais en face de moi ne correspondait pas du tout au client chez qui je devais me rendre. Quelques passants m'ont vite appris que pas du tout monsieur, ce n'est pas ici, c'est de l'autre côté de la ville. Après le train, le métro, le bus, voici donc un bon kilomètre de course à pied sur sol gelé. Je découvrais avec bonheur le quadriathlon, sport hivernal quotidien de tous les parisiens travailleurs pressés.\r\n\r\nJe suis finalement arrivé chez mon client. 10h30, 30 minutes de retard, soit un temps de trajet total de deux heures et vingt minutes, piètre performance. Combien de temps met l'Eurostar pour faire Paris-Londres ? Ou le TGV pour faire Paris-Lyon ? ha oui, c'est bien ce que je pensais aussi.\r\n\r\n\r\n\r\nJe suis arrivé essouflé à l'accueil principal, où on m'a dit que pas du tout monsieur, ce n'est pas ici, c'est au bâtiment derrière. Lequel bâtiment était effectivement derrière, mais il est bon que je précise que, le client étant une importante société, chacun de ses bâtiments fait la taille d'un petit pâté de maisons. J'ai donc eu droit à un peu plus de course à pied. Au bâtiment derrière on m'a fait comprendre que pas du tout monsieur, ce n'est pas ici, ils sont partis au bâtiment devant. Re-course à pied jusqu'au bâtiment devant. Il portait la lettre M. 10h40, j'arrivais à la réunion.\r\n\r\nNon pas que mon retard ait perturbé en une quelconque façon le début de la présentation. J'étais juste transpirant, essouflé, la jambe gauche gelée et le pied qui faisait floc-floc, et je découvrais que j'avais un doigt en sang pour une raison inconnue, qui s'empressa d'aller tâcher de rouge la chemise blanche que j'avais mise pour l'occasion.\r\n\r\nLe numéro du badge que la réceptionniste m'avait remis à l'entrée avec un grand sourire ? \"MRFY LOS 1313\". Et son sourire avait quelque chose de bizarre, quelque chose qui semblait dire... ça ne fait que commencer.\r\n\r\nMon collègue était arrivé avec 10 minutes de retard. Quand je suis entré dans la salle, il était au téléphone, l'air préoccupé. Le serveur sur lequel se trouvait le prototype que nous devions montrer s'était arrêté tout seul, alors qu'il fonctionnait parfaitement la veille lorsque j'étais parti. Détail croustillant : sur le même ordinateur tournent cinq serveurs en même temps. La machine fonctionnait normalement. Tous les serveurs fonctionnaient normalement, sauf un, celui que nous devions montrer.\r\nNotre présentation a été une catastrophe. Rien ne fonctionnait, pour une raison que je n'arrive toujours pas à expliquer aujourd'hui, mais sans doute liée à la configuration particulière du réseau informatique. J'aurais dû me douter du nom de leur administrateur réseau.\r\nNon seulement notre démo a été une catastrophe, mais la démo de notre société partenaire, qui présentait son produit en même temps que nous, a été une réussite. O rage... même pas la joie de voir quelqu'un d'autre dans la même galère.\r\n\r\nLa réunion s'est terminée tant bien que mal, et ma chaussure gauche se réchauffait tout doucement. Le quart d'heure de course à pied dans les rues de Suresnes l'avait déjà essorée, la chaleur du bureau commençait à la sécher. Enfin, pour la partie extérieure au moins, mon pied à l'intérieur envoyant toujours des messages d'appel au secours que j'ignorais délibérément.\r\n\r\nLe retour au bureau s'est étonnement bien passé, si l'on excepte l'attente du bus au départ. Remarquez, il faut bien 20 minutes pour se remettre d'une matinée comme celle-là. Je calculais que je passerai 5 heures de ma journée d'aujourd'hui dans les transports en commun. Perdu dans ce No Man's Land où il n'y a personne et par où cependant tout le monde transite. Personne et pourtant tant de monde. Si près et pourtant si loin. Si pratique et si contraignant. Toujours en mouvement et pourtant toujours exactement pareil... Lost In Translation. \r\n\r\nNous sommes rentrés au bureau vers 15H00, le ventre, la tête, et en ce qui me concerne, les jambes, vides. Notre patron nous a gentiment demandé de monter dans son bureau avec un petit sourire. Un quart d'heure plus tard on redescendait, bien douchés avec le savon qu'il venait de nous passer. On aurait dit 2 écoliers en train de se faire engueuler par leur instituteur, sans pouvoir rien dire. Quelle était notre véritable faute ? aucune. Ce n'était pas comme si on ne s'était pas donnés à fond sur ce projet, tout ça pour récolter un quart d'heure d'engueulades (et un bon rhume), et pour perdre un client. Nous devions également apprendre pendant ce quart d'heure de bonheur, que c'était le commercial de notre société partenaire qui non seulement avait fait un debriefing à notre patron dès la fin de la réunion, mais l'avait également appelé à 10h05 pétantes, ne voyant personne de chez nous arriver. Lui, il a trouvé son rôle dans l'histoire : c'est le cafteur de la cour de récré.\r\n\r\nBordel, on n'était même pas vendredi 13... Alors quoi ? Le pied que j'avais posé par terre en premier en me levant le matin ? Une échelle ? un chat noir ? Mon karma ? Mes chakras pas assez ouverts ? Mercure dans la constellation du Taureau ? L'alignement des planètes d'Alfa du Centaure ? ... Ou bien tout simplement... \"LUI\" ? Peut-être qu'il n'avait pas eu sa baise hebdomadaire, il devait être de mauvais poil.\r\n\r\nEn fait... j'y pense seulement maintenant... Le nom de ma boîte ? il commence bien par \"M\"..." . "2004-10-26T22:10:15"^^ . "Don't Drink and Drive" . "3 spots publicitaires / clips / mini films / BDs\r\n\r\nSituation : une route déserte dans le désert américain, ambiance \"Route 66\", un trait rectiligne qui coupe le désert brûlant. Quelques cactus et arbustes sur les côtés, un panneau de signalisation et une station service tous les 500 kilomètres.\r\n\r\nPersonnages : 2 personnages, hommes, jeunes, l'un marche au bord de la route avec un énorme sac sur le dos, l'autre conduit une cadillac décapotable sur la route sus-décrite.\r\n\r\n\r\nSpot 1 : Vue d'ensemble ou de haut de la route. Vue latérale depuis un côté de la route : on voit un homme avec un gros sac à dos et une casquette marcher d'un bon pas au bord de la route (de gauche à droite). Sa silhouette se découpe contre le ciel. Vue sur l'homme depuis la route maintenant, de 3/4 face. Il porte des lunettes de soleil, et a une gourde passée à la ceinture. Un gros tuyau sort de son sac à dos. Il marche d'un pas décidé. Plan d'ensemble pour voir le personnage en entier. Il s'arrête au bord de la route, boit à sa gourde, et boit au tuyau qui sort de son sac à dos. Il pousse un soupir de contentement/rafraichissement. Il met les mains sur les hanches. Plan américain sur le haut de son corps. Il regarde à gauche de la route (derrière lui), puis à droite, en fronçant le nez et les sourcils : personne. Il pousse un soupir, réajuste son sac à dos et repart d'un pas décidé.\r\nVue de derrière lui. Le personnage s'éloigne en dépassant un panneau \"Memphis : 311 miles\". Message en surimpression sur l'écran pendant que le personnage s'éloigne : \"If you drink, don't drive\". Fade out de la scène, il ne reste plus que le message en blanc à l'écran.\r\n\r\n\r\nSpot 2 : Même vue d'ensemble que le spot 1. Un nuage de fumée apparait dans le bas de l'écran : une voiture qui roule à grande vitesse sur la route 66. Vue latérale de la route (la même que le spot 1). On voit la voiture passer de gauche à droite en laissant un gros nuage derrière elle. La voiture est une cadillac rose décapotable. Vue du conducteur depuis le siège passager : il est tête nue (chauve ?), sans lunettes, sans casquette, et garde la tête penchée en avant avec les yeux froncés pour voir la route. Il transpire à grosses gouttes et à le visage couvert de poussières. Il s'essuie le front d'un revers de main. Vue de côté de la voiture. Le conducteur se penche vers la place passeger pour ouvrir la boite à gants. Vue sur la boite à gant. On voit la main qui ouvre la boite et en ressort une bouteille d'eau. Retour à la vue de côté, mais avec un plan plus resseré. Le conducteur porte la bouteille à ses lèvres, mais rien ne coule. Il lève la tête et secoue la bouteille au dessus de lui : rien ne sort, elle est vide. Vue de derrière la voiture : le conducteur jette la bouteille par dessus son épaule et la voiture s'éloigne dans la poussière. La bouteille vient rouler au premier plan pendant que la voiture continue à s'éloigner. Message en surimpression sur l'écran : \"If you drive, don't drink\". Fade out de la scène, il ne reste plus que le message en blanc à l'écran.\r\n\r\n\r\nSpot 3 : Vue le panneau \"Memphis : 311 miles\" du spot 1. Il est sur la droite de l'écran et la route est sur la gauche. On voit passer la cadillac rose dans un nuage de poussière. Plan de dos de l'homme au sac, en train de marcher. Il sirote à son camel-bag. Plan de derrière le conducteur de la cadillac. On voit l'homme au sac à dos sur la droite de la route. La voiture le dépasse en faisant un peu de poussière. Retour sur le plan de dos de l'homme au sac : Il s'arrete avec une main devant les lunettes en attendant que la poussière retombe. On voit la cadillac s'arreter un peu plus loin. Plan de côté de la voiture : la conducteur descend et marche vers l'homme qu'il vient de doubler. Plan de côté de l'homme au sac, qui est sur la droite de l'écran. Le conducteur de la cadillac entre dans le champ par la gauche. Il s'arrete en face du marcheur. Les deux hommes se regardent le temps d'une expiration, puis le conducteur tend la paume de sa main vers le marcheur (= \"maintenant, donne\"). Celui-ci détache la gourde de sa ceinture et lui tend. Le conducteur l'ouvre et boit une bonne rasade, avant d'accrocher la gourde à sa propre ceinture. Le marcheur pose son sac sur le sol devant le conducteur. Plan reserré sur la tête du conducteur, on le voit en train de s'équiper avec les lunettes et la casquette de l'autre, puis d'enfiler sur son dos le sac. Le conducteur est équippé en marcheur. Le marcheur tend la paume de sa main vers le conducteur. Celui-ci lui donne les clés de la cadillac. Retour au plan de côté de la voiture. Le marcheur entre dans le champ par la droite, s'installe au volant et démarre. Retour sur l'ex-conducteur/nouveau marcheur : Il regarde s'éloigner la voiture. Il boit à sa gourde, la regarde avec un sourire et pousse un sourire de satisfaction. Vue de dos : on le voit partir à pied d'un bon pas. Message en surimpression sur l'écran pendant qu'il s'éloigne : \"Don't Drink AND Drive\". Fade out de la scène, il ne reste plus que le message en blanc à l'écran.\r\n\r\n" . "2004-10-26T22:10:27"^^ . "Métro" . "Le bout du couloir était noir. La lumière s’estompait peu à peu pour sombrer dans un puit opaque. Il s’arrêta et regarda par-dessus son épaule. La station d’où il venait était derrière lui, derrière le virage, en haut de l’escalier. Il aurait pu y retourner, pensa-t-il. Quelques frottements mécaniques lointains arrivaient à ses oreilles. Il détourna la tête pour regarder encore devant lui, la poitrine oppressée. Les affiches de publicités devenaient indistinctes un peu plus loin. Il respirait la poussière et la sueur de gens disparus.\r\nIl reprit sa marche et continua d’avancer, en laissant derrière lui le dernier néon allumé du couloir. Bientôt il ne distingua plus les murs de part et d’autre. Et s’il fallait bifurquer, comment le verrait-il ? Il s’arrêta de nouveau au milieu du boyau noir, pour calmer son souffle tremblant. Il ne voyait plus ses mains. Le dernier néon était loin maintenant. Il fit quelques pas maladroits vers le côté, les bras tendus en avant, jusqu’à toucher le mur ; en promenant ses mains il sentit une affiche de publicité. La présence du mur à ses côtés le rassura un peu. Il continua d’avancer en laissant ses doigts effleurer le relief : carrelage, cadre, affiche, cadre, carrelage, cadre, affiche, cadre, carrelage… Il sentit le mur se rapprocher, le couloir devait tourner. Encore quelques pas et le point du dernier néon allumé s’effaça derrière le virage. Il était au milieu du noir. Il écouta le silence un instant ; des légers tremblements, du sol, des murs, du plafond. Des craquements de temps à autre. De légères galopades furtives, sans doute des rats. Après un moment il se remit à avancer, en glissant ses pieds sur le sol irrégulier, en laissant une main contre le mur et en tendant l’autre en avant. Il essayait d’empêcher son ventre de trembler. Plus de sol sous son pied, il perd l’équilibre, bas des bras en tentant de se raccrocher à une rambarde, quelque chose, il sent des marches sous lui, sa tête cogne contre quelque chose. Le fracas sec de sa chute secoua le silence et l’obscurité.\r\n\r\nIl resta un moment allongé sans bouger, comme il était tombé, sur le ventre, la joue contre le sol dur et noir, la bouche pleine de poussière. Silence. Son cœur cognait contre le béton. Quelque chose de chaud coulait sur son front et sa tête. Il se mit à quatre pattes et porta une main à son visage en grimaçant ; il s’était fendu une arcade sourcilière en tombant. Il se remit debout en vacillant. Une de ses chevilles lui faisait mal. Le sang coulait abondamment sur sa joue et son menton, et gouttait sur le sol avec un bruit aigu. Sa tête tournait. Il sortit un mouchoir de sa poche, s’essuya la main et le visage, et le maintint contre son front pour empêcher le sang de couler. Profonde inspiration, expiration fébrile. Un courant d’air soufflait sur son visage ; il boitilla un peu dans la direction qu’il supposait être celle du mur qu’il suivait avant de tomber, l’autre bras en avant, dans l’obscurité. Le bruit de ses pas résonnait différemment, il y avait un écho, il devait être arrivé dans la station. Mais comment savoir si c’était la bonne, et la bonne direction ? Son genou cogne contre quelque chose, il bascule vers l’avant, sa main rencontre le mur, glisse et se stabilise. Il sent le papier humide et moisi d’une affiche de publicité sous sa paume. Stop. Il n’entendait plus que son souffle court et son cœur qui transperçait ses vêtements. Il devait avoir buté contre un banc, ou un siége. Il reprit son équilibre, se retourna et s’assit prudemment, dos au mur. Le mouchoir contre sa tête était plein de sang, qui commençait à couler dans son œil. La douleur à l’intérieur de son crâne montait et descendait au rythme de ses pulsations cardiaques et de sa respiration. Il gémit et ferma les yeux.\r\n\r\nLorsqu’il les rouvrit, il aperçut un point de lumière dans l’encre noire autour de lui ; minuscule, orange, tremblotant. Une lueur d’interrupteur, et il était, à en juger par la distance, de l’autre côté des rails. Il devait probablement allumer les lumières de la station. Quelque chose avait du lui masquer pendant qu’il était au pied de l’escalier, sinon il l’aurait forcément remarqué. S’il pouvait l’allumer, il saurait où il se trouvait et pourrait continuer son chemin. Sa tête tournait et le sang battait contre ses tempes. Il pouvait aussi retourner en arrière, pensa-t-il, jusqu’au dernier néon allumé. Il ne préférait pas. Le siège et le sol sous ses pieds furent agités de petites vibrations.\r\nIl fallait qu’il aille allumer cet interrupteur ; cela le réconforta d’avoir un but. Immédiatement les rouages à l’intérieur de sa tête se mirent à tourner sous la douleur lancinante. D’abord faire quelque chose pour sa tête, ensuite traverser pour atteindre l’interrupteur. Ou plutôt l’inverse. Il se tamponna l’arcade avec un coin du mouchoir encore sec, puis le remit dans sa poche. Il saignait un peu moins. Il se leva lentement. Pas question de faire demi-tour pour repasser par le couloir pensa-t-il ; autant descendre sur la voie et se hisser de l’autre côté. De cette manière il ne perdrait pas de vue la petite flamme orange tremblotante. Oui, c’était sans aucun doute un interrupteur… Il ferma de nouveau les yeux, pour oublier l’obscurité oppressante tout autour de lui, d’autant plus menaçante depuis qu’une lueur y était apparue. Des tâches dansaient derrière ses paupières.\r\n\r\nIl rouvrit les yeux. Le point de lumière réapparu. Il se mit à marcher dans sa direction, une main en avant, en glissant ses pieds sur le sol. Il s’attendait à sentir les petites aspérités rondes sous ses pieds, qui lui indiqueraient qu’il serait tout près des rails. Après quelques pas glissés, il les rencontra. Podotactyles. Il s’arrêta et tenta de détendre son estomac noué. Il ne pourrait pas aller loin s’il tremblait sans cesse. L’air rentra par ses narines, ressortit par la bouche. Tous petits pas à présent, pour arriver au bord de la fosse sans tomber. Le vide sous son pied. Il s’assit par terre, les jambes pendantes dans le vide et l’obscurité. Il pencha la tête en avant. Il réalisa qu’il ne savait pas de quelle hauteur il allait se laisser tomber. De hauteur d’homme ? ou dans un gouffre insondable, chutant pendant d’interminables minutes avant de s’écraser impuissant désarticulé sur les rails ? Dans le noir ses pensées se déformaient. Il rouvrit les yeux. Les avait-il fermé ? Il ne savait pas. Il avala sa salive et fit glisser ses mains sur le béton rugueux jusqu’au bord du quai. Une odeur de pourriture lui emplissait la bouche. Il se laissa tomber.\r\n\r\nSes pieds entrèrent en contact avec le sol inégal. Le choc remonta de sa cheville déjà tordue à sa nuque, explosa sous son arcade sourcilière fendue en étincelles de douleur qui dansèrent sous ses yeux crispés. Il grinça des dents en vacillant, et s’appuya contre le mur derrière lui. Il laissa s’évanouir la douleur et releva la tête pour apercevoir le point lumineux. Il chercha du bout du pied le rail le plus proche. Il le toucha dans un tintement sonore. Le bruit se répercuta et emplit la station, s’engouffra dans les tunnels desquels émergeaient les voies. L’écho se perdit rapidement. Que ferait-il si une rame surgissait, tous feux éteints, d’un des tunnels ? Il s’imagina tombant sur la voie, dans l’obscurité totale, hurlant dans le fracas du passage du train lui sectionnant les deux jambes. Il frissonna en fermant les yeux. Il entendait seulement des couinements indistincts des rats, dérangés dans leurs habitudes. Il enjamba prudemment le premier rail. Le ballast irrégulier sur le sol crissa sous ses semelles. Il manqua de déraper sur sa cheville tordue et laissa échapper un petit cri. Il progressa un peu, enjambant les voies métalliques. Il devait maintenant se tenir entre les deux voies. Il porta une main tremblante à sa tête couverte de poussière, de sang et de sueur. Il vit la masse grouillante des rats qui pourraient venir déchiqueter son corps percuté de plein fouet par une rame. Il tenta de chasser ses hallucinations, et toucha du bout du pied le rail de la deuxième voie. Il l’enjamba, tendit le bras en avant et frôla des doigts le mur d’en face. Il fit un grand pas pour enjamber les derniers rails, et vint se coller au béton froid. Sa présence froide lui apporta un peu de réconfort. Respiration. Le quai au-dessus de sa tête. Il y prit appui du plat des mains et fit un effort pour se hisser en crispant la mâchoire. Il se retrouva à genoux sur le bord du quai. Les petites boules sur le sol lui rentraient dans les jambes. Le feu follet orange flottait quelque part devant ses yeux. Se cheville l’élançait, et il sentait que le sang de son arcade sourcilière commençait à sécher contre sa joue. Plus rien ne le séparait de l’interrupteur, si c’en était bien un. Son chemin était tout tracé, vers cette étoile qui le guidait. Sa respiration commençait à se calmer. Il laissa ses doigts errer contre les petites aspérités poussiéreuses sur le sol, puis se remit debout, en faisant porter son poids sur son pied valide. Il mit les poings sur ses hanches , poussa un long soupir, et boita derechef en direction du point orange. Des couinements apeurés se firent entendre devant lui, suivis des bruits feutrés de la fuite des rats. Il arriva devant la lumière. Il appuya dessus de toutes ses forces.\r\nAussitôt il perçut la petite vibration bruissante d’un générateur qui se met en route. Puis un néon qu’il vit du coin de l’œil émit un flash blanc, et explosa sèchement en projetant ses débris de verre dans l’obscurité. Ils résonnèrent sur le sol. Il se retourna. Le temps de quelques inspirations tout fut de nouveau noir, il entendait seulement un léger ronronnement ; Puis tous les néons au-dessus des quais s’allumèrent à la suite, d’un bout des rampes à l’autre, dans un vacarme de crépitements. Il baissa la tête et protégea ses yeux crispés avec son avant-bras, aveuglé. La lumière crue avait fait gonfler la douleur de sa tête, comme si celle-ci voulait faire exploser les parois de son crâne de l’intérieur. Le sol trembla un instant.\r\n\r\nQuelques battements de cœur plus tard il baissa finalement le bras et ouvrit timidement les yeux en gardant la tête baissée pour s’habituer à la lumière. La première chose qu’il devina à travers ses cils fut le corps d’un homme à ses pieds. Il était mort, à en juger par l’angle anormal de son cou avec ses épaules. Dès qu’il put distinguer un peu mieux l’état du cadavre, il comprit à quoi était occupés les rats qu’il avait entendu plus tôt. Son pied touchait presque la jambe du mort. Il eu un mouvement de recul et s’appuya sur le mur derrière lui. Il aurait pu trébucher et s’étaler sur le cadavre de tout son long dans l’obscurité ; il eu un haut le cœur à cette idée, et déglutit.\r\nImmédiatement sur sa droite, contre le mur, il y avait une vieille machine, sans doute de celles qui délivraient automatiquement de la nourriture. Elle ne fonctionnait plus, à en juger par son état délabré. Elle lui avait masqué l’interrupteur tout à l’heure. L’escalier dans lequel il avait chuté était de l’autre côté des voies, au fond à droite. Les immenses affiches de publicité de la station étaient illisibles, elles se décollaient sous les moisissures et l’humidité. Le reste de la station était totalement vide, à l’exception du cadavre, de la vieille machine, et de lui-même, sans compter les rats. Le nom de la station s’étalait en face de lui en grosses lettres blanches sur fond bleu. C’était la bonne, mais cela ne le soulagea presque pas.\r\nA contre-cœur il posa à nouveau les yeux sur le cadavre. Le visage décomposé de celui-ci était tourné vers lui. Bizarrement cette vision le rasséréna quelque peu et son cœur affolé depuis longtemps se calma. C’était sans doute le fait de voir un de ses semblables. Il aurait aimé pouvoir lui parler, le saluer, partager un moment avec lui avant de repartir. Impossible de parler à un spectre…\r\nLes néons bourdonnaient doucement au-dessus des quais, à l’unisson de la douleur sous son arcade sourcilière, avec celle de sa cheville qui battait la mesure. Le sang avait coagulé contre sa joue. Maintenant faire quelque chose pour sa tête. Il déchira un lambeau de tissu en bas de sa chemise, essuya sa plaie, et se confectionna un bandage de fortune autour de la tête.\r\nIl était temps de songer à continuer. Son regard se porta doucement au-delà de l’homme mort, vers la gauche, sur le tunnel opaque dans lequel s’enfonçaient les voies. Aucune lumière dans cette bouche obscure. La peur de se retrouver de nouveau au milieu de rien déclencha en lui une poussée d’angoisse. Son cœur se remit à battre plus vite. Il poussa un soupir. Il se repoussa doucement du mur, et contourna en boitillant le corps. Il lui adressa un dernier salut silencieux. Il marcha jusqu’au fond de la station, à l’entrée du tunnel. Combien de dizaines, de centaines de kilomètres de boyaux obscurs comme celui-ci pouvaient courir sous la ville ? Il pensa à toutes les personnes en train de les parcourir, constamment, en tous sens, tout comme lui.\r\nIl s’assit dans la poussière au bord du quai, les jambes pendantes, puis se laissa doucement tomber sur les voies, en se réceptionnant sur la bonne jambe cette fois-ci. C’était plus aisé qu’au milieu de l’obscurité. Le ballast sous ses pieds et tous les murs de la station vibrèrent un instant.\r\nIl regarda par-dessus son épaule l’immense volume de la station illuminée. Puis il scruta en face de lui l’obscurité du tunnel. Il devina quelques tags sur les murs un peu plus loin, mais ensuite le tunnel s’enfonçait dans un puit d’encre noire. Il commença à avancer, contre le mur, en l’effleurant de la main. L’odeur de poussière soulevée par ses pas lui emplissait la bouche. Il cracha. Au bout de quelque temps il n’arriva plus à distinguer ses pieds ni ses mains. Il était au milieu de rien. Il s’arrêta, souffla calmement et soulagea sa cheville tordue. Il pensa à revenir en arrière, vers la lumière ; il ne préférait pas. Il reprit sa marche. Derrière lui, découpant sa silhouette, s’estompaient peu à peu les dernières lumières de la station de métro.\r\n" . "2004-11-06T12:11:28"^^ . "Éloge de la fatigue" . "Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine,\r\nQu'avec cette vie que je mène, je me ruine,\r\nQue l'on ne gagne rien à trop se prodiguer,\r\nVous me dites enfin que je suis fatigué.\r\nOui je suis fatigué, Monsieur, et je m'en flatte.\r\nJ'ai tout de fatigué, la voix, le cœur, la rate,\r\nJe m'endors épuisé, je me réveille las,\r\nMais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas.\r\nOu quand je m'en soucie, je me ridiculise.\r\nLa fatigue souvent n'est qu'une vantardise.\r\nOn n'est jamais aussi fatigué qu'on le croit !\r\nEt quand cela serait, n'en a-t-on pas le droit ?\r\nJe ne vous parle pas des sombres lassitudes,\r\nQu'on a lorsque le corps harassé d'habitude,\r\nN'a plus pour se mouvoir que de pâles raisons...\r\nLorsqu'on a fait de soi son unique horizon...\r\nLorsqu'on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre...\r\nCette fatigue-là est mauvaise à entendre;\r\nElle fait le front lourd, l’œil morne, le dos rond.\r\nEt vous donne l'aspect d'un vivant moribond...\r\nMais se sentir plier sous le poids formidable\r\nDes vies dont un beau jour on s'est fait responsable,\r\nSavoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains,\r\nSavoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain,\r\nSavoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,\r\nAider une existence à continuer sa course,\r\nEt pour cela se battre à s'en user le cœur...\r\nCette fatigue-là, Monsieur, c'est du bonheur.\r\nEt sûr qu'à chaque pas, à chaque assaut qu'on livre,\r\nOn va aider un être à vivre ou à survivre;\r\nEt sûr qu'on est le port et la route et le quai,\r\nOù prendrait-on le droit d'être trop fatigué ?\r\nCeux qui font de leur vie une belle aventure\r\nMarquant chaque victoire, en creux, sur la figure,\r\nEt quand le malheur vient y mettre un creux de plus\r\nParmi tant d'autres creux il passe inaperçu.\r\nLa fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste,\r\nC'est le prix d'une journée d'efforts et de luttes.\r\nC'est le prix d'un labeur, d'un mur ou d'un exploit,\r\nNon pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.\r\nC'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,\r\nC'est la preuve, Monsieur, qu'on marche avec la vie.\r\nQuand je rentre la nuit et que ma maison dort,\r\nJ'écoute mes sommeils, et là, je me sens fort;\r\nJe me sens tout gonflé de mon humble souffrance,\r\nEt ma fatigue alors est une récompense.\r\nEt vous me conseillez d'aller me reposer!\r\nMais si j'acceptais là, ce que vous me proposez,\r\nSi j'abandonnais à votre douce intrigue...\r\nMais je mourrais, Monsieur, tristement...\r\n\r\nde fatigue. \r\n\r\n\r\nRobert Lamoureux" . "2004-11-06T12:11:02"^^ . "Diatribe contre le buveur" . "Devise : Il n’est pas bon de s’enivrer ou de se griser avec de la boisson, de la bière forte ou légère, qu’elle soit blonde ou brune, ou des distillations.\r\n\r\nDéveloppement : le buveur est un enquiquineur patenté, un vaurien, un moins que rien même, un parasite de la société. Souvent il souille ses vêtements et profère des inconvenances, lorsqu’il a encore suffisamment de présence d’esprit pour parler distinctement. Il pue et il rote, parfois il va même jusqu’à vomir. Ses incongruités dérangent toutes les honnêtes gens jusqu’à des heures fort tardives de la nuit. Ses chansons paillardes et ses vocalises offensent les oreilles. Il émet bien souvent des conjectures obscènes à propos des femmes.\r\nLe buveur corrompt le bon fruit et le voue à la décomposition, et l’homme de bien qui souhaite savourer la bienfaisante tonicité et la loyale saveur du fruit sain en est privé et doit élever cette protestation : « Pourquoi m'as-tu dépouillé de mes fruits, ô buveur, et les as-tu condamnés à l'ignoble putréfaction ? »\r\nLe buveur se livre à des danses et des jeux stupides : il prend des postures de clown et s’avachit de façon tout à fait grotesque sur les sièges. Et lorsqu’il n’est pas accroupi au-dessus des cuvettes des lieux d’aisance, il a tendance à tomber à bras raccourcis sur les gens bien intentionnés qui voudraient lui démontrer sa folie.\r\n\r\n\r\n\r\nEt alors ?..." . "2004-12-15T22:19:27"^^ . "The Night is Mine" . "The night is mine\r\nIf only she knew\r\nIt is all mine\r\n\r\nSi seulement elle savait\r\nQu'entre deux eaux il\r\nN'y a que mon temps qui passe\r\n\r\nHere there is nothing else\r\nThan the words, me, and she\r\nIs the only thing I feel\r\n\r\nJe ne suis déjà plus ici\r\nMaintenant est déjà loin\r\nMais elle reste inexorablement\r\nFace au temps qui passe\r\n\r\nThe night is mine\r\nI say it is all mine" . "2005-01-08T16:25:30"^^ . "The Silence is Mine" . "The silence is mine\r\nAnd I am all his\r\n\r\nBruit blanc\r\nDans les transports de la raison\r\nPure vie\r\nDans l'infini de l'immobile\r\n\r\nThe silence is mine\r\nBut I own nothing\r\n\r\nAucun autre ne l'a\r\nPersonne ne le recherche\r\nCe silence est vivant\r\nLà\r\nIl est à moi comprenez-vous\r\n\r\nThe silence is mine\r\nNow I lost it\r\nForever" . "2005-01-08T16:27:41"^^ . "La Carte de Conscience" . "L'horoscope est un art étrange qui prétend arriver à donner des indications sur le déroulement futur de votre vie en fonction de votre date de naissance et des positions des planètes du système solaire dans le ciel terrien. Prenons encore cette définition glanée au hasard de pérégrinations électroniques : \r\n\r\nl'\"astrologie\" signifie \"discours sur les astres\". L'astrologie est donc une discipline qui étudie les influences que les astres sont censés exercer sur les destinées humaines et les affaires du monde.\r\n\r\nL'horoscope, c'est un peu du paranormal populaire, en quelque sorte. Les prédictions des voyants mises à la portée des lecteurs de Télé 7 jours. Du \"Mass-Medium\", quoi.\r\nAu fond, il faudrait remonter aux origines de cet art (je n'ose pas l'appeler \"science\"...) pour savoir pourquoi les premiers astrologues ont décidé de se baser sur la position des planètes pour prédire l'avenir. Des moyens de prédire l'avenir, ou de faire semblant de le prédire, il y en a des dizaines, des centaines.\r\nD'ailleurs on est en droit de se demander si des apprentis-Copernic qui scrutaient le ciel ont décidé tout à coup d'en faire un art prédicto-divinatoire, ou si au contraire ce sont des apprentis-Nostradamus en mal de nouveauté qui ont un beau jour décidé qu'il y avait dans l'observation des planètes une nouvelle clientèle dans le marché saturé de la voyance. Bref.\r\n\r\nJ'ai personnellement développé un nouveau moyen de divination que j'ai mis à disposition de mon équipe de voyants qualifiés : j'affirme que je suis capable de prédire les événements qui vous arriveront dans le futur EN FONCTION DE CE QU'IL VOUS EST DEJA ARRIVE DANS LE PASSE.\r\nApres tout, pourquoi pas ? Il y en a bien qui font tourner du marc de café ou qui jettent des petits cailloux en l'air, hé bien moi, je regarde votre CV, et paf, je sais tout ce qu'il y a à savoir sur vous pour les dix prochaines années. Remarquez au passage que cela peut également être possible sur différentes échelles temporelles (moyennant des ajustements tarifaires en conséquence) : prédictions d'une année sur l'autre, prédictions sur août en fonction de juillet, sur mardi par rapport à lundi, sur l'après-midi par rapport au matin, tout est possible.\r\nC'est une sorte de \"super-diagnostic\", vous me racontez votre vie, vous me dites ce qui va et ce qui ne va pas, vous me posez une question (une seule, pour les suivantes c'est plus cher, mais le tarif est dégressif, et 5 questions achetées, la 6eme offerte [1]), et moi je dessine votre \"carte de conscience\" ®©. La \"carte de conscience\" ®© est un artefact divinatoire paranormal supra-naturel dont les tenants et les aboutissants complets seraient trop compliqués et trop vastes pour être exposés ici, surtout à de faibles esprits comme les vôtres; l'important est que vous compreniez bien que la \"carte de conscience\" ®© me permet de combiner en un clin d'oeil votre aura psychique et votre ligne de vie pour déterminer les points de ruptures temporels dans votre continuum existentiel.\r\nEn un mot comme en cent, je peux connaitre votre avenir.\r\nCertaines mauvaises langues pourraient tenter de vous expliquer qu'il n'y a là qu'une simple corrélation entre événements passés et événements futurs, ou bien que c'est un banal profil psychologique. Pas du tout ! ne les écoutez pas ! La \"carte de conscience\" ®©, c'est beaucoup plus que cela. Bien sûr la situation et le parcours du sujet, ainsi que sa personnalité entrent en compte. Mais la \"carte de conscience\" ®© fait surtout ressortir les points cardinaux des événements de votre vie, dessinant ainsi les contours de la terra-incognita de votre futur.\r\n\r\nMais je vous sens dubitatif. Je vous propose un exemple qui ne laissera aucun doute dans votre esprit quant à la fiabilité de la méthode. C'est une sorte d'\"échantillon gratuit\" de l'immense pouvoir que recèle la \"carte de conscience\" ®© ! Répondez à la question ci-dessous, et reportez-vous un peu plus bas pour découvrir votre prédiction.\r\n

      Question :

      \r\nHier soir, vous avez mangé :\r\n
      • a- Seul.\r\n
      • b- En famille.\r\n
      • c- Chez des amis, ou avec des collègues.\r\n
      • d- Vous n'avez pas mangé.
      \r\n

      Prédictions :

      \r\nAttention, voici les prédictions de mon équipe de voyants qualifiés pour votre soirée d'aujourd'hui. Si vous avez répondu :\r\n
      • a- Vous passerez votre soirée seul(e), à moins qu'une invitation impromptue n'arrive vers le début de la soirée. Acceptez-là !\r\n
      • b- Je sens que vous passerez la soirée d'aujourd'hui comme celle d'hier : plongé dans la joie d'être avec les siens !\r\n
      • c- Ce soir vous serez moins en forme qu'hier soir, vous dinerez tranquillement chez vous. Ne perdez pas de vue les vertus réparatrices d'une bonne nuit de sommeil.\r\n
      • d- De deux choses l'une : soit vous n'avez pas mangé parce que vous êtes trop pauvre pour vous nourrir, et dans cas vous ne mangerez pas non plus ce soir; soit vous avez assez d'argent pour un bon gueuleton, et dans ce cas vous rippaillerez comme quatres cannibales ayant attaqué la pirogue de Carlos pendant sa descente de l'Amazone.
      \r\n\r\nIncroyable, non !? Je vois votre moue de désapprobation fondre comme neige au Mexique, et se transformer en sourire radieux de celui qui SAIT ! Merci la \"carte de conscience\" ®© !\r\nSi cette prédiction se révélait toutefois erronnée, je m'engage personnellement à vous rembourser intégralement l'argent que vous avez dépensé pour la lire.\r\n\r\nEnfin, vous pouvez exceptionnellement profiter de cette offre spéciale que je ne réserve d'habitude qu'à mes plus fidèles abonnés : pour toute inscription à mon service de voyance dans un délai de 15 jours, repartez gra-tui-te-ment avec votre \"carte de conscience\" ®© [2] !!!\r\n\r\n\r\n\r\n[1] : offre réservée aux 10 premiers clients.\r\n[2] : dans la limite des stocks disponibles.\r\n" . "2005-01-17T22:40:18"^^ . "Chacun sa croix" . "La croix du Christ sacrifié pour le salut des hommes\r\nLa croix de l’interdit\r\nLa croix sainte le croissant et les croisades\r\nLa croix du bûcher\r\nLa croix des doigts qui mentent\r\nLa croix de bois pour les petits chanteurs\r\nLa croix de fer\r\nLa croix de guerre\r\nLa croix de la bannière\r\nLa croix que l’on tire sur la paix\r\nLa croix rouge pour laver le sang\r\nLes croix blanches plantées dans la terre\r\nLa croix de l’inconnu\r\nLa croix que l’on multiplie\r\nLa croix anonyme d’une signature\r\nLa croix en signe que le croyant singe\r\nLa croix de Malte pour les chevaliers de l’ordre\r\nLa croix de feu pour la milice\r\nLa croix gammée pour la police\r\nLa croix que l’on emporte jusqu’en enfer\r\nLa croix de Lorraine pour les Gaullistes… et les Lorrains\r\nLa croix celte de Merlin à Dublin\r\nLa croix de Saint-Georges pour les cols rouges\r\nLa croix suisse pour les cols blancs\r\nLa croix du labeur pour les cols bleus\r\nLa croix bleue pour les soûlographes \r\nLa croix du calvaire\r\nLa croix qui cède le passage à la croisée des chemins\r\nLa croix du Sud pour les rêveurs et les marins\r\nLe crôa du corbeau qui ne croit en rien\r\n" . "2005-10-04T21:32:10"^^ . "La condition humaine" . "L'homme contemplait le vide qu'il était. Il tournait la tête de gauche et de droite, il ne voyait rien, rien d'autre que son pauvre esprit en train de chercher. Il se sentait seul. Il en avait un peu marre de chercher, voyez-vous. D'ailleurs il ne savait même pas trop bien ce qu'il cherchait. En fait il cherchait n'importe quoi, n'importe quoi qui puisse émerger de la grisaille qu'il avait devant les yeux depuis qu'il avait commencé à chercher.\r\n\r\nL'homme regardait donc autour de lui. Cela dura une éternité. Et puis tout à coup, il sentit qu'il était en train de flotter. Il se tourna sur lui-même, dans toutes les directions, se mit en position foetale, fit la planche, esseya de nager un peu. Tout était d'un gris uniforme autour de lui, alors il n'avait pas vraiment l'impression d'avancer. Il chercha un point de repère, une ombre ou une lumière, un gris un peu plus sombre ou un peu plus clair, mais il ne vit rien.\r\n\r\nL'homme était donc en train de flotter. Cela dura un long moment. Et puis tout à coup, patatra, le voilà qui tombe. Il sent qu'il tombe, voyez-vous, il n'en finit plus de tomber. Il tombe au milieu du gris, depuis là où il était en train de flotter vers le bas. Mais est-ce bien le bas, ça pourrait aussi bien être le haut, après tout, puisqu'il n'y a rien qui pourrait nous indiquer où est le haut, le bas, la droite ou la gauche. Il gesticule un peu, il crie un peu, parce qu'il faut bien qu'il montre qu'il est vivant, quand même. Que ce n'est pas une pierre qui est en train de tomber, que c'est un être humain, et qu'il risque de se faire sacrément mal quand quelque-chose - quoi que ce soit - arretera sa chute.\r\nEt en tombant il continuait de regarder autour de lui, de tourner la tête de gauche et de droite, de chercher un repère. Il ne voyait rien, il ne voyait qu'un immense gris autour de lui. Mais sa chute le rassurait d'une certaine façon, elle lui montrait qu'au moins des lois existaient, qu'il pouvait se passer quelque chose, que tout n'était pas figé. S'il y avait chute, c'est qu'il y avait mouvement, un point de départ et un point d'arrivée. Et s'il y avait un point de départ et un point d'arrivée, c'est que tout n'était pas indifférencié, qu'il allait bien arriver quelque part, dans un endroit différent et nouveau. \r\n \r\nL'homme était donc en train de tomber. Cela dura un long moment. Et puis tout à coup, au détour d'un clignement de paupière, la couleur autour de lui changea. Tout était rouge. L'instant de cligner des yeux, voyez-vous, la couleur avait changé. Même si l'implacable uniformité du rouge égalait celle du gris, il en fût extremement satisfait. Si on pouvait passer du gris au rouge, c'est qu'on pourrait passer du rouge au bleu, au vert et au jaune, et que peut-être - il n'osait pas trop l'espérer - plusieurs couleurs différentes pourraient être mélangées à l'avenir.\r\n\r\nL'homme était donc toujours en train de tomber, au milieu du rouge. Cela dura un autre long moment. Il avait cessé de crier et de gesticuler pitoyablement depuis que le rouge avait pris la place du gris. Il tombait maintenant tranquillement, sûr de lui qu'il était d'arriver quelque part au terme de sa chute. Et puis tout à coup, le noir se fit. Quelqu'un avait éteint la lumière. Il ne voyait plus le beau rouge, il voyait - ou plutôt il ne voyait pas - une obscurité totale. Il en fût content, pour deux raisons. La première était que le noir absolu dans lequel il était plongé donnait quelque consistance à la lumière diffuse et uniforme qu'il avait eu autour de lui auparavant; peut-etre même, se dit-il, pourrait-il y avoir à l'avenir plusieurs intensités de lumières différentes en même temps. La deuxième raison était que ce nouveau changement brutal indiquait bel et bien qu'il pouvait y avoir un \"avant\" et un \"après\", et qu'en conséquence le temps existait en ce lieu. Les choses pouvait donc évoluer dans le temps, et il se mit à espérer à un avenir meilleur. Les choses évoluaient autour de lui, certes de manière un peu étrange, mais cela était encourageant.\r\n\r\nL'homme était donc plongé dans l'obscurité, en train de tomber vers le bas ou vers le haut, il ne savait pas très bien. Cela dura un long moment. Quand tout à coup il en eu assez de tomber. Il voulu du changement. Il chercha donc à se raccrocher à quelque chose, à n'importe quoi pour ralentir et arrêter sa chute, il battit des mains pour trouver une quelconque prise, mais ne trouva rien. Il n'y avait que l'obscurité autour de lui, voyez-vous. Alors il se raccrocha à l'obscurité. Il s'y agrippa, s'y accrocha, et l'étreignit si fort et avec tant de volonté qu'il arrêta de tomber et se remit debout sur ses jambes. Il en fut transporté de joie, car cela montrait qu'il pouvait influencer son destin, qu'il n'était pas condamné à subir toute sa vie l'arbitraire grotesque d'un monde où l'on flotte et puis l'on tombe, et qui passe du gris au rouge et puis du rouge au noir sans aucune raison valable.\r\n\r\nL'homme s'était donc remis debout. Je lui rallumais la lumière, pour qu'il puisse me voir. Il se tourna alors vers moi, et me regarda dans les yeux. Cela dura un long moment. Je ne savais plus ce qu'il pensait, mais je lisais sur son visage à la fois un immense bonheur, une totale incompréhension, et une peur, une peur qu'il avait du mal à contrôler. La peur de celui qui a compris le pouvoir dont il a hérité, et qui ne sait pas trop quoi en faire. Il me sourit faiblement, et je lui rendis son sourire, sans faire un seul geste. Alors il commença à reculer, tout en me regardant, puis me tourna le dos, et finalement s'en alla dans le lointain. " . "2005-04-30T23:17:51"^^ . "Services" . "Journée triste. Il fait assez beau. Journée normale. Les usagers pressés se bousculent sur les trottoirs. Pourquoi tout le monde ne va pas dans le même sens, ce serait tellement plus pratique ? Les vitrines et les enseignes défilent sous les yeux, chacune marquant un impact de quelques secondes sur la rétine et dans le cerveau de chaque personne et apportant sa contribution à la mémoire collective, à la noosphère de l'humanité. Rêves. sensations.\r\nMathématiques : Comptez 1000 impacts publicitaires par personne et par semaine; multipliez par le nombre de personne; multipliez par une échelle de temps suffisamment importante pour avoir une quelconque signification sociologique; élevez à la puissance du nombre de fois où chacune de ces personne va parler d'une de ces publicités dans une conversation quelconque. Quel est le résultat ?\r\n\r\nUn livreur de journaux. Des klaxons. De la fumée. Un laveur de carreaux en train de finir de nettoyer une vitrine. Beaucoup de passants. Des camionnettes de livraisons. Un mendiant. Des gens au téléphone.\r\n\r\nL'intérieur des bureaux du Service d'Assistance Parentale était assez sombre et les bruits du monde de la rue n'y arrivaient que sous forme d'un léger brouhaha. La réceptionniste du S.A.P. regardait depuis son bureau le laveur de vitre en train de ranger son matériel. Il rentra pour lui faire signer la facture. Au revoir, bonne journée, au revoir... Elle traversa les bureaux et monta au premier apporter la facture au service comptable. En redescendant elle jeta un oeil à la machine à café. Bonjour, bonjour... Tiens, celle-là à changé de garde-robe et de coupe de cheveux pendant le week-end; et le chef de service s'est encore payé une séance d'UVs. Et elle, la réceptionniste ? Elle c'était les ongles. Elle changeait d'ongles toutes les semaines, changeait de tailles, de formes, de couleurs. Elle avait un abonnement annuel tout compris à la manucure en bas de chez elle.\r\n\r\n\"Vous Cherchez ? Nous Trouvons.\" La devise du Service Européen De Recherche d'Emploi était imprimée dans toutes les langues européennes au dos de leur brochure. A chaque fois qu'une personne était licenciée, elle recevait la brochure du S.E.D.R.E, en même temps que celle de l'Agence Pour l'Emploi, du Social Institute, et de quelques autres organismes plus ou moins spécialisés. A elle ensuite de faire appel à l'un de ces organismes pour l'aider à rechercher un nouvel emploi si elle le souhaitait. 16ème étage. Le hall du S.E.D.R.E était décoré avec goût : Chaises moelleuses, table basse design et au mur des reproductions de peintres abstraits du XXeme siècle; on devinait le travail du décorateur d'intérieur. D'ici on n'entendait pas les bruits de la rue. Air climatisé, 20 degrés, carrelage saumon, musique d'ambiance. Le hall était bondé. Plus une chaise de libre, les gens attendaient debout, l'ascenceur déversait régulièrement un nouvel arrivant déjà découragé. Faciès résignés, mines abbatues. Ils ne se faisaient pas d'illusions. Du travail ils en retrouveraient, et même assez rapidement; mais où ? et pour faire quoi ? et pour gagner combien ? et dans quelles conditions ? Est-ce qu'ils allaient vraiment avoir le choix ? Au revoir, bon courage... l'assistante du S.E.D.R.E salua d'un sourire aimable la jeune femme qui quittait son bureau aprés avoir complété l'inscription. Par la porte ouverte elle entre-aperçu la masse de gens qui attendaient dans le hall. Une vieille femme qui avait amené son chien, un couple qui attendait sur les sièges, un homme sans age avec un grand imper gris, debout les mains dans les poches près de l'ascenceur, une mère avec un enfant. Il fallait qu'elle aide tous ces gens, qu'elle les réinsère dans le réseau social, qu'ils retrouvent une place... elle aimait bien ce travail. Elle se sentait utile ici. Il fallait qu'elle passe un coup de fil avant de s'occuper de son prochain client; \r\n\r\nLe téléphone sonna sur le bureau de la réceptionniste du Service d'Assistance Parentale. La sonnerie était une sorte de remix électro-téléphonique d'un air de musique classique, peut-être le Bolero de Ravel, ou du Beethoven, enfin la réceptionniste ne savait pas trop mais elle aimait bien l'air, alors elle laissait sonner une ou deux fois. Le téléphone avait reconnu le numéro, et le dossier de la cliente se chargeait sur l'écran de l'ordinateur. Elle décrocha le \r\ncombiné d'une main aux ongles vert pomme. - Service d'Assistance Parentale, bonjour ? - Bonjour, un assistant doit venir ce soir pour mon fils, je voudrais savoir si c'était possible qu'il arrive 1 heure plus tôt ? - Ne quittez pas... La réceptionniste consulta le dossier sur son écran : Bonne cliente, pas de retard de paiement, elle prenait un assistant d'éducation pour son fils en pleine crise d'adolescence. - C'est réglé madame, il sera chez vous à 17h00. Merci beaucoup, au revoir, au revoir.\r\n\r\nLa main tripotait quelque chose dans le noir de la poche; un stylo. Il ne savait pas pourquoi, il avait mis le stylo dans la poche de son grand imper gris en sortant de chez lui pour venir au S.E.D.R.E. Il était nerveux. Il ne savait pas pourquoi il était venu ici, il n'avait pas vraiment envie qu'on l'aide à retrouver un travail... mais en même temps il sentait qu'il avait vraiment besoin d'accomplir quelque chose, de faire quelque chose de sa vie, quelque chose de grand, d'utile... Une sorte de... de projet, de... de but, de... Toutes ces pensées lui minaient l'esprit depuis trop longtemps. Même avant qu'il ne perde son ancien emploi. Pourtant il était bien payé. Mais il avait envie d'autre chose. Il vivait correctement, mais sentait confusement qu'il n'arrivait pas à se... à se réaliser, à donner du sens à tout ça. Il attendait depuis une heure, la jeune femme avant lui venait de sortir du bureau, il serait le suivant, dès que l'employée aurait raccroché son téléphone. Numéro 65 ?\r\n\r\n- Bonjour monsieur, bienvenue au S.E.D.R.E. Je vous en prie, installez-vous, vous pouvez accrocher votre imper ici... voilà. - Merci. - Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? - Je viens pour une inscription. - Très bien, vous avez amené tous les documents listés sur la brochure ?... Merci.\r\n\r\nLes bureaux de LocaCar était comme tous les prestataires de location de voiture que l'on trouvait un peu partout en périphérie des grandes villes, c'est-à-dire qu'ils tenaient à la fois du bureau de location, du hall d'exposition, du centre d'entretien/dépannage/réparation, du centre téléphonique et du parking. Le tout sur un espace le plus restreint possible, coût du loyer oblige. Intégration. Optimisation. Le responsable salua une dernière fois son client avec un sourire avant qu'il ne pousse la porte pour sortir. Il était venu changer la voiture qu'il louait depuis 1 an contre un modèle neuf. Il avait en plus signé pour un pack intégrant l'assurance, l'entretien mensuel, l'assistance dépannage 24h/24, l'assistance téléphonique, le renouvellement de véhicule tous les 6 mois, la location de sièges enfant, et la fourniture de désodorisants pour l'habitacle (3 ambiances à choisir parmi 26). Au revoir, au revoir... Le \r\nresponsable retourna à son bureau. Son client trouverait sa nouvelle voiture devant chez lui en arrivant. Le marché de la location de voiture n'était pas très compliqué. Il n'existait quasiment plus de vendeurs de voiture, sauf pour les modèles de collection ou les modèles de luxe. Tout le monde louait sa voiture : plus de soucis pour l'entretien, la revente ou l'assurance, et la garantie de pouvoir changer de véhicule instantanément selon ses envies ou son budget du moment. Le marché était énorme, les clients étaient captifs.\r\n\r\nLa main s'enfonça à nouveau dans l'obscurité de la poche de l'imper gris, et y rencontra une nouvelle fois le stylo. Il marchait sur le trottoir pour rentrer, l'entretien s'était terminé rapidement. Le S.E.D.R.E allait rechercher des postes correspondants à son profil et lui transmettre une liste de propositions qu'il pourrait consulter; après quoi il aurait un nouveau rendez-vous. Absolument merveilleux; en fait il ne trouvait pas ça vraiment... utile. A quoi servait d'avoir un travail finalement ? Il fallait qu'il passe au veti-store avant de rentrer, pour leur demander de venir reprendre les vetements sales qu'il avait pris il y a 2 semaines et de lui en rapporter des propres. A présent les bureaux se vidaient, les vitrines et les messages publicitaires voyaient passer les mêmes personnes que le matin, en sens inverse. Migration pendulaire. Mouvement perpetuel. Stase. Les gens qui marchaient sur le même trottoir que lui arrivaient tous en sens inverse; pardon, excusez-moi... Il s'engouffra avec soulagement dans la bouche du subway, et y retrouva cette douce chaleur puante si familière. La sation était spacieuse, le sol et les murs en plastique thermo-formé imitant le marbre rose. Les rampes de néons éclairaient les immenses panneaux de publicité/communication/culture qui couvraient presque entièrement les murs. Ses pensées s'égaraient alors qu'il attendait sur le quai. Il aurait pu se servir de cette journée comme d'un tremplin pour un nouveau départ... \r\nComme une transition vers quelque chose de neuf, un dépassement... au lieu de quoi il lui semblait rester prisonnier d'un monde où toutes les libertés étaient possibles, toutes les facilités offertes.\r\nLe subway n'arrivait pas. Alors il pris une décision. Il n'aurait plus besoin de sa voiture. Sa main plongea dans la poche intérieure de sa veste et en resortit son mobile. Il composa le numéro.\r\n\r\nSursaut. Le responsable de la concession LocaCar était penché sur les dernières nouvelles économiques, la tête entre les mains, quand son téléphone mobile avait vibré dans la poche de son pantalon. Il y avait peu de raisons pour lesquelles les appels remontaient jusqu'à lui. Des clients très urgents, très importants ou très mécontents. - LocaCar bonjour ? - Bonjour, je souhaiterais résilier mon abonnement. ... cet appel tombait vraisemblablement dans la catégorie des très mécontents. Plan A, phase 1. - Très bien, monsieur, c'est tout à votre honneur, mais je me permet tout de même de vous faire remarquer que nos tarifs sont les plus compétitifs sur le secteur des véhicules de tourisme, des utilitaires, et même des poids lourds. Vous ne pourrez pas trouver moins cher ! et je sais ce que je dis ! - Ecoutez, je ne cherche pas à aller chez un de vos concurrents, c'est juste que je ne vais plus avoir besoin de ma voiture. ... ça allait être encore plus facile que prévu. Plan A, phase 2. La voix du responsable se fit suave. - OK, dans ce cas je peux vous proposer ce que nous appelons notre contrat-parking. C'est tout simple : nous gardons votre véhicule ici, dans notre concession, et il reste disponible jusqu'à ce que vous en ayez de nouveau besoin. Au moment où vous le souhaitez. Il suffit de changer votre contrat, nous pouvons le faire ensemble immédiatement par téléphone. ... Le responsable sentit une hésitation à l'autre bout du fil. C'était gagné. Plan A, phase 3. Il ne dit rien pendant quelques secondes. Il entendait le client respirer dans son oreille, avec un bruit de fond qui ressemblait au subway. Il pouvait presque l'entendre réfléchir. Il oscillait sur la pointe de l'indécision, et allait basculer tout seul, gentiment, du bon côté. - ... Je veux arrêter mon abonnement, numéro 1655-V. C'est tout.\r\n\r\nIl ressortit du métro sur l'avenue, en face de son immeuble. La résiliation de son contrat de location de voiture serait effective à la fin de la semaine. Un employé viendrait la chercher. Finalement il n'était pas passé au veti-store. Il marcha jusqu'à son immeuble, composa le code d'entrée sur le cadran, pris l'ascenceur jusqu'à son palier. Il entra. Lumière, chaussures dans le meuble, imper sur le portemanteaux, veste sur une chaise. Lumière blanche, moquette grise, meubles aluminium, l'arrogance fonctionnelle de son appartement le frappa pour la première fois. Aucun meuble ne lui appartenait, bien sûr, il louait un meublé; tout avait été pensé pour lui pour y étre efficace, simple, solide. Rien n'y manquait, mais rien n'y était de trop. Pas de superflu, pas de désordre. Formes carrées, matériaux froids. Il regarda autour de lui et sentit l'énervement monter, le gagner, de ses tripes à son coeur, à sa tête. Il voulait du chaos, assez de ce cocon froid ! il voulait de la vie ! il voulait s'enfuir ! marre de cette facilité, de cette vie réglée, réglée par quelqu'un d'autre, par des autres, réglée pour lui par les autres, sans qu'il n'y puisse rien... Il n'avait rien accompli de sa vie, rien n'était à lui, il n'avait pas d'appartement, pas de voiture, pas de vêtements, pas de travail, pas d'amis... Il se sentait dépouillé, dépossédé, prisonnier. Il se regarda dans la glace du salon et se prit la tête à deux mains. Assez !!! Assez de ce miroir qui lui renvoyait une image où il ne voyait même plus un homme, où il avait l'impression de ne voir qu'un fantôme, qu'un point, qu'un point minuscule au milieu des autres, qu'un esclave ! Assez ! Son poing s'écrasa sur le miroir, explosion de milliers de bangs sonores qui réfléchirent la lumière blanche de la pièce en s'écrasant sur la moquette.\r\n\r\nPizzeria Di Marco. Dans la nuit qui était tombée l'enseigne pulsait rapidement en néons rouges et verts au dessus de l'entrée. La rangée de mobylettes de livraisons prenait la moitié de la largeur du trottoir devant la vitrine. La porte, qui avait été vitrée mais était maintenant recouverte de vieilles affichettes bariolées de propagande culturelle, vibrait au rythme de la musique Hard Hip Hop que diffusait la sono à l'intérieur. Dans l'espace qui séparait l'entrée du comptoir au fond, quelques tables graisseuses permettaient aux plus courageux de déguster sur place les pizzas vendues ici. Pour l'heure il n'y avait personne. La plupart des clients se faisaient livrer à domicile; beaucoup avaient un abonnement régulier, la même pizza livrée le même jour de la semaine à la même heure, toutes les semaines. Le patron s'affairait derrière le\r\ncomptoir. Ils étaient deux, lui qui prenait les commandes et qui cuisaient les pizzas, un employé qui les préparaient. Il n'était pas vieux, gros, le teint verdâtre et les doigts pleins de sauce tomate qu'il essuyait sur son tablier plus vraiment blanc. Il jeta un oeil sur les post-its accrochés sur le calendrier au mur derrière lui. Encore 16 à préparer pour les commandes des abonnés. He, magne-toi un peu de terminer celle-là, sinon on va être à la bourre. Le bip de la porte d'entrée sonna. Un de ses livreurs. \r\n\r\n- Putain qu'est-ce que tu foutais ? C'est quoi ton numéro ? - 26. - 26... 26... son gros doigt descendait le long des post-its sur le calendrier. T'es en retard ! Bon, tu vas me livrer ces 3 là, y'en a 2 de prêtes, et la 3ème qui finit de cuire, y'en a pour 30 secondes. Ces deux-là, elles sont à ces adresses-là, c'est assez loin, la troisième est pour l'abonné 184, il habite sur l'avenue juste derrière. - OK, ça marche - Et demerde-toi, je veux que tu sois revenu dans 20 minutes. Capito ?\r\n\r\nLe livreur sortit de la pizzeria, casque rouge sur la tête et 3 cartons à pizza sous le bras. Il les jeta dans sa mobylette de livraison, démarra, et traversa le carrefour au milieu de la fumée des voitures. Le slalom dans la circulation était devenu un automatisme, il se mit à penser à la même chose qu'à chaque fois qu'il conduisait : connard de patron, un jour il lui ferait bouffer toutes ses pizzas jusqu'à ce qu'il éclate. C'est sûr, il y avait mieux ailleurs, mais il y avait sûrement pire. Ca faisait 3 mois qu'il livrait des pizzas pour le gros, le soir, pour payer ses études, en emploi-intérim. Le problème avec ce genre de contrat c'était qu'il pouvait se terminer du jour au lendemain, pour faute minime de l'employé ou baisse d'activité; aucune garantie de stabilité, flexibilité maximale. Heureusement la pizzeria était bien située et avait sufissament d'abonnés réguliers pour assurer une activité continue. Bon, d'abord celle de l'avenue d'à-côté, ensuite il irait livrer les 2 autres. Il se gara sur le trottoir de l'avenue en face de l'entrée de l'immeuble. Abonné 184 : homme, célibataire, une quatre fromage tous les lundis soirs. Donne des pourboires de temps en temps. Il chercha le numéro de l'appartement sur le cadran de l'entrée, puis sonna.\r\n\r\nLe crissement électrique de l'interphone le tira de son hébétude. Il était debout au milieu du salon, des débris de miroir partout autour de lui, le poing droit en sang, qui gouttait sur son pantalon. ... Bon sang, c'était le livreur de pizza, on devait être lundi soir. Il commença à balayer du pied les débris qui s'étalaient pour les repousser dans un coin où le livreur ne les verrait pas. L'interphone s'impatienta en crissant à nouveau. Merde... Oui ? C'est votre pizza de la pizzeria Di Marco, Monsieur. Je vous ouvre. Le temps que le livreur monte, il alla à la salle de bain pour se passer la main sous l'eau. L'evier blanc se remplit du rouge de son sang. Il grimaça et s'enroula la main dans une serviette. Nouveau crissement, de la sonnette cette fois-ci.\r\n\r\n- Bonsoir monsieur, votre pizza 4 fromages du lundi.\r\n- Merci. Je vais chercher de quoi payer.\r\nIl avait remarqué le regard en biais du livreur vers son pantalon taché de sang. Il referma prudemment la porte pour ne pas laisser voir l'état de son séjour. Il revint et lui tendit l'argent de sa main valide.\r\n- Voilà.\r\n- Merci monsieur, voilà un dépliant avec nos offres promotionnelles de ce mois-ci. Votre carte d'abonné est bientôt remplie, vous allez bientôt avoir droit à une pizza gratuite.\r\n- Ha ok, merci.\r\nLe livreur n'avait pas pu s'empecher de regarder une nouvelle fois vers son pantalon. Il le vit hésiter.\r\n- ... heu, votre pantalon est taché, m'sieur.\r\n- Oui, je sais, c'est gentil, merci. Au revoir.\r\n- Au revoir, à bientôt.\r\n\r\nUne fois la porte refermée sur le livreur il posa la pizza sur la table du séjour et se reprit la tête à deux mains. Assez de tout ça ! pas envie de pizza une fois pas semaine ! pas envie d'un nouveau boulot ! pas envie de ne parler à d'autres gens que pour acheter ceci ou utiliser cela !\r\nIl poussa un gémissement et laissa retomber ses mains. Il avait déjà pris sa décision, pourtant il avait peur. De toutes façons à quoi bon... l'une ou l'autre issue était équivalentes, pourquoi hésiter ? Il avait déjà mis fin à l'abonnement de sa voiture, uniquement pour se donner du courage. Il s'assit devant son ordinateur et se connecta à interweb. Il ne mettrait pas longtemps à retrouver les endroits de la meta-toile qu'il avait déjà visité où les gens parlaient de suicide.\r\n\r\nLa femme de service d'UltraNet Property sortait les poubelles de la pizzeria Di Marco. La lumière blafarde du petit matin traversait à peine la couche de fumées en tous genres qui stagnait au-dessus des immeubles. A cette heure-ci il n'y avait pas encore grand monde dans les rues. Elle toussa et regarda en l'air, vers le minuscle bout de ciel visible entre les immeubles; Ca allait encore être une belle journée, sans doute comme hier. Un passant la bouscula. Pardon. Elle sortit et referma la porte de la pizzeria. Encore un appartement à faire près d'ici, puis les bureaux du Service d'Assistance Parentale, un peu plus loin.\r\n\r\nElle marcha un peu avant d'arriver devant l'entrée de l'immeuble, composa le numéro sur le cadran, et pris l'ascenseur. Ce client avait souscrit à un abonnement \"Sans Soucis\", ménage deux fois par semaine; Elle ne l'avait jamais vu, il avait laissé un double de clés de son appartement, pour ne pas être dérangé. Encore un de ces assistés ! c'que les gens peuvent être feignants, de nos jours, alors ! ils paieraient pour n'importe quoi qui peut leur faciliter la vie ! enfin...\r\nElle arriva à l'étage, voulu ouvrir la porte, mais celle-ci n'était pas fermée à clé. Bizarre... en v'là un qui n'a peur de rien ! Elle poussa légèrement sur la porte, qui s'ouvrit toute seule avec un grincement. L'intérieur était noir, les volets et les rideaux étaient tirés. Elle hésita le temps de quelques battements de coeur, puis se décida à rentrer prudemment. Hé ho, y'a quelqu'un ? silence. Le miroir du salon avait explosé, et la moquette était recouverte de bouts de verre. Mama mia ! qu'est-ce qui s'est passé ici ? La porte de la chambre du fond était fermée. Elle y alla à tâtons, et toqua doucement. Hé ho, y'a quelqu'un ? c'est la femme de ménage ! pas de réponse. Elle entrebailla doucement la porte..." . "2005-05-21T11:06:45"^^ . "La tentation de la domination" . "Je veux que tout soit beau, que tout soit à mon image.\r\nPourquoi tout n'est pas beau ?\r\nPourquoi y-a-t-il des gens laids ?\r\nTout le monde devrait me ressembler.\r\nTous, tous comme Moi.\r\nEt Moi je serai comme leur modèle.\r\nEt tout serait Uniforméménet, Intégralement et Infiniment Beau et Parfait.\r\nComme un slogan de publicité, \"Beau & Parfait, pour un Monde Meilleur\".\r\nPourquoi ne pas réaliser ce magnifique projet ?\r\nPardon ?\r\n\"diversité\" ... ?\r\n\"richesse des différences\" ... ?\r\n\"enrichissment mutuel\" ... ?\r\n\"rencontre\" ... ?\r\n\r\nBon.\r\n\r\nAlors je veux rendre le monde utile.\r\nPourquoi des choses inutiles existent-elles ?\r\nPourquoi tout n'est pas fonctionnel, rationnel, économique ?\r\nLa nature c'est la loi du plus fort, éliminons tout ce qui est faible et inutile.\r\nBrûlons les livres, déchirons les peintures, faisons-en un grand feu.\r\nLaissons dépérir les gens qui ne travaillent plus, ils ne servent à rien.\r\nPourquoi tout n'est pas carré, bien rangé ?\r\nPardon ?\r\n\"fraternité\" ... ?\r\n\"entraide\" ... ?\r\n\"société\" ... ?\r\n\"humain\" ... ?\r\n\"culture\" ... ?\r\n\r\nBon.\r\n\r\nAlors je veux que les gens m'obéissent.\r\nPourquoi tout le monde n'est-il pas à mon service ?\r\nMoi je pense, moi je réfléchis, moi j'ai raison.\r\nLes autres n'ont qu'à me suivre sans discuter.\r\nTous, et tout de suite.\r\nje suis seul à détenir la vérité, seul à pouvoir agir sur le monde.\r\nQu'ils fassent selon ma volonté, c'est pour leur bien.\r\nJe ne souhaite que leur bonheur.\r\nPourquoi ne pas faire de Moi le Roi du Monde ?\r\nPardon ?\r\n\"liberté\" ... ?\r\n\"indépendance\" ... ?\r\n\"autonomie\" ... ?\r\n\"droit\" ... ?\r\n\"respect\" ... ?\r\n\r\nBon.\r\n\r\nAlors je veux que la nature m'obéisse.\r\nPourquoi garder toutes ces espèces d'animaux inutiles ?\r\nA quoi sert une LIMACE, par exemple ?\r\nJe vous la pose, la question !\r\nPourquoi la limace ?\r\nDes animaux, il n'y a qu'à en garder deux ou trois.\r\nLa vache pour la viande et le lait, le poisson pour le vendredi, éventuellement le chien.\r\nEt les végétaux ?\r\nIl n'y a qu'à garder le chêne, et puis le blé, un peu d'herbe, la pomme de terre.\r\nTout le reste, on peut jeter, il n'y a qu'à faire un grand feu.\r\nC'est vrai, pourquoi s'encombrer ?\r\nPardon ?\r\n\"biodiversité\" ... ?\r\n\"nature\" ... ?\r\n\"vital\" ... ?\r\n\"oxygène\" ... ?\r\n\r\nBon.\r\n\r\nAlors je veux acheter le monde entier.\r\nPourquoi ne puis-je pas tout acheter ?\r\nJe veux acheter tous les objets du monde.\r\nLes terres, les mers, les cieux, tout.\r\nJ'acheterai l'amour.\r\nJ'acheterai une famille, avec des enfants.\r\nJ'acheterai du plaisir, des sensations par millions.\r\nEt j'acheterai le bonheur.\r\nJ'acheterai tous les gens, ils seront mes esclaves.\r\nQu'est-ce qui pourrait m'empecher de faire cela ?\r\nPardon ?\r\n\"tout ne s'achete pas\" ... ?\r\n\"la richesse n'est pas matérielle\" ... ?\r\n\"tout ce qui a un prix est de peu de valeur\" ... ?\r\n\r\nBon.\r\n\r\nAlors finalement, tant mieux." . "2005-06-18T16:55:24"^^ . "Drogues en -ine" . "Caféine\r\nNicotine\r\nAdrénaline\r\nCocaïne\r\nHéroïne\r\nMorphine\r\nDelphine" . "2005-10-07T12:00:47"^^ . "Evanescente" . "Sous une pluie fine de fin d’été\r\nune nuit de folle éternité\r\nj'ai goûté la douce ébriété\r\nque portait la sève de ton baiser\r\n\r\nTu t’es envolée riante et volage\r\ndans un ciel trop griffé de nuages\r\ndes poussières de toi sur mon visage\r\nle soufre de tes lèvres comme ultime mirage\r\n\r\nSous le Capricorne s’exhalent mille essences\r\nbelle prune d’éternelles romances\r\ntes pas noirs parfument mon errance\r\nquand le rhum exalte ton absence\r\n\r\nBouches créoles tendues d’épices froides\r\nle cœur par delà les océans, noyade !\r\nla mer indienne m’apparaît bien fade\r\nsans le sel de tes cheveux de jade\r\n" . "2005-10-24T21:04:45"^^ . "La condition humaine est-elle soluble dans le libéralisme ?" . "Ca pourrait être un mauvais sujet de dissertation d’un professeur de philosophie porté sur la chimie. Ca n’est en réalité qu’une interrogation à propos des fondations même du système économique et politique dans lequel nous évoluons, à propos de ses fondements, de ses axiomes.\r\n\r\nLe livre de Francis Fukuyama « La fin de l’Histoire et le dernier Homme » propose, avec une clarté et une pertinence d’analyse que je n’avais jamais rencontré, une réflexion sur le système de la démocratie libérale, réflexion qui s’appuie à la fois sur les domaines de l’économie, de la philosophie, de la politique et de l’histoire. La modeste réflexion qui suit prolonge certains concepts évoqués dans ce livre.\r\n\r\n\r\nL’environnement politique et économique qui prédomine dans les pays les plus développés en ce début de XXIème siècle, à savoir la démocratie libérale, tire ses racines les plus profondes de la méthode scientifique développée depuis le XVIème siècle (Descartes, Pascal, etc.). Fukuyama montre que l’Histoire, depuis l’établissement de cette méthode, est orientée vers un « progrès », dans le sens où il n’est pas possible de revenir en arrière en terme de connaissances scientifiques.\r\nLa méthode scientifique érige évidemment en maître la partie rationnelle de l’esprit humain, et parvient de façon naturelle à étendre le champ de cette rationalité à de plus en plus d’aspects et de domaines, en repoussant toujours plus loin les limites de la connaissance humaine. Si bien qu’aujourd’hui on pourrait parler de « ratio-libéralisme », puisque cette rationalisation est sortie du champ purement scientifique (la compréhension du monde qui nous entoure) pour s’appliquer au domaine économique, depuis la révolution industrielle. En d’autres termes, la recherche d’efficacité sous-jacente à la compétition économique est le trait d’union entre le libéralisme qui recherche un profit maximum et la rationalisation de plus en plus d’usages, dans un souci d’optimisation (je veux tirer meilleur parti de mon capital, donc je recherche l’efficacité, donc je rationalise). C’est toute la problématique du libéralisme : l’application de la raison à la satisfaction du désir de propriété.\r\n\r\nSocrate séparait l’âme humaine en trois parties : une partie désirante (les instincts, les besoins), une partie raisonnante, et une troisième partie, le thymos en grec, mais qui n’a pas de traduction appropriée, et qui correspond au désir de reconnaissance de l’homme, à sa volonté d’être reconnu par ses pairs en tant qu’individu unique. La partie sociale de l’homme en quelque sorte.\r\nHegel (et Fukuyama avec lui) pensait que le thymos est le véritable moteur de l’histoire, depuis la lutte entre maîtres et esclaves jusqu’à la notion d’égalité entre tous les hommes des démocraties occidentales actuelles, en passant par la lutte des classes.\r\nCe thymos, qui sous-tend bon nombre des actions humaines, est distinct de la partie raisonnante de l’âme, voire opposé à cette partie, puisqu’il peut amener à des comportements tout à fait irrationnels en terme d’efficacité objective, mais justifiés par un désir de reconnaissance, conscient ou inconscient.\r\nAinsi, certaines formes de thymos s’expriment dans l’éthique du travail, et participent donc au moteur du capitalisme. Fukuyama l’exprime ainsi :\r\n\r\n(…)\r\nLe libéralisme économique pur et dur – doctrine qui dit aux hommes de s’enrichir ad infinitum par l’application de la raison au problème de la satisfaction du désir personnel de propriété – suffit peut-être à expliquer le fonctionnement de la plupart des sociétés capitalistes, mais il ne saurait rendre totalement compte des plus dynamiques et des plus compétitives. Les sociétés capitalistes les plus réussies sont montées au zénith parce qu’elles ont eu une éthique du travail fondamentalement irrationnelle et « prémoderne », qui conduisait les gens à vivre ascétiquement et à accepter éventuellement une mort précoce, puisque le travail lui-même était tenu pour rédempteur. Cela suggère que, même à la fin de l’Histoire, une certaine forme de thymos irrationnel est toujours nécessaire pour maintenir en état de marche notre monde économique libéral et rationnel, au moins si nous voulons rester parmi les premières puissances économiques mondiales.\r\n(…)\r\n\r\nOn voit alors ici un curieux paradoxe : alors que « le monde libéral et rationnel » s’étend dans de plus en plus de domaines, il a besoin pour fonctionner efficacement d’un élément irrationnel de l’esprit humain. Qu’adviendrait-il si cette facette de l’esprit humain disparaissait à son tour, comme tant d’autres aspects irrationnels des sociétés (religions, coutumes, etc.) ?\r\nEn effet, le rationalisme envahissant s’étend à de nombreux domaines qui auparavant n’étaient pas soumis à cette logique, tels que le noyau familial. La famille ne peut pas continuer à exister en s’accommodant d’une logique libérale ; comment justifier tous les sacrifices nécessaires à l’éducation d’un enfant en termes de satisfaction de désir personnel ? pourquoi faire des efforts pour sauvegarder un couple pendant toute une vie si l’on raisonne de façon libérale ? Extrait :\r\n\r\n(…)\r\nNombre de problèmes de la famille américaine actuelle – forte proportion des divorces, absence d’autorité parentale, aliénation des enfants, etc. – viennent précisément du fait que la famille est vécue par ses membres selon des principes strictement libéraux : lorsque les obligations de famille dépassent les termes du contrat négocié implicitement, le contractant gêné cherche à abroger ces derniers.\r\n( …)\r\n\r\nCes relations de l’homme avec l’aspect économique de la société s’accompagnent, et c’est le thème central du livre de Fukuyama, de relations avec l’aspect politique, la démocratie. La problématique peut se résumer ainsi : comment le thymos, désir de reconnaissance et de supériorité, peut-il être satisfait dans un système politique qui reconnaît une égalité universelle entre tous les hommes ? la maigre reconnaissance de ma qualité de citoyen suffit-elle à la satisfaction de mon thymos ?\r\nFukuyama lui-même, même s’il émet de gros doutes, se garde bien de trancher de façon nette à une telle question, qui implique ni plus ni moins l’avenir de la démocratie. Nous sommes en tous cas rendus dans un tel système à l’état du dernier homme de Nietzsche, un homme sans fierté, sans honneur, sans volonté. Un homme pour lequel la qualité principale est la tolérance. Un homme sans morale. Cela signifie-t-il la fin de toutes ces choses qui font d’un homme ce qu’il est ? la disparition – ou l’amollissement – de la « condition humaine » ?\r\n\r\nIl m’apparaissait intéressant de focaliser des éléments de l’analyse de Fukuyama sur les rapports entre la démocratie libérale et la « condition humaine » ; de voir comment l’esprit contemporain était de plus en plus dominé par l’exigence du rationnel ; de voir quelles parts d’irrationnels subsistent ; de voir comment la société s’atomise de plus en plus ; de comprendre les rapports entre démocratie et condition humaine.\r\nPlus que la fin de l’Histoire, c’est la question de la fin de l’Homme lui-même que l’on peut se poser, en tous cas des éléments qui font de lui un Homme. Homme doué d’une capacité de choix moral ou simple fourmi participant à la vie de la fourmilière ?\r\n" . "2005-11-25T22:13:38"^^ . "Ô sombre compagnon" . "Ô sombre compagnon\r\nToi mon frère des recoins\r\nMon double masqué\r\nMon moi étincellant\r\n\r\nSi tout n'était que pierre\r\nAutour de moi toi seul\r\nResterais vivant\r\nSI tout n'était que mort\r\nEt dépérissement toi seul\r\nPourrais me soutenir\r\n\r\nPourtant au milieu du brouillard\r\nJe ne te reconnais pas toujours\r\nDans le flou et l'incertitude\r\nJe ne parviens pas à t'approcher\r\n\r\nDans la grande ville tu ne peux pas\r\nEtre là\r\nDans la pierre qui s'installe\r\nTu ne peux pas subsister\r\nJe t'en supplie, survis dans\r\nMon esprit\r\n\r\nAlors je creuse aux tréfonds\r\nDe mon âme pour te chercher\r\nTu es la preuve que tout\r\nN'est pas que mascarade\r\n\r\nPardonne-moi sombre frère\r\nJe veux retrouver la flamme\r\nAu milieu de la pierre et\r\nTe montrer combien je t'aime" . "2006-01-18T23:17:11"^^ . "Message de prévention contre l'entropie" . "L'entropie est un fléau terrible, dont sont chaque jour victimes plusieurs millions de personnes à travers le monde. L'entropie, appelée plus communément \"le Bordel\", peut toucher chacun de nous sans que nous y prenions garde. Des chaussettes sales qui trainent, de la vaisselle au fond de l'évier, ça y est, l'entropie est là. L'entropie, outre ses aspects les plus visibles (le bordel), prend aussi des formes malignes, comme la procrastination (le fait de toujours remettre les choses à plus tard).\r\n\r\nL'entropie peut même parfois tuer, comme ce fut le cas pour Dédé, asmathique dont la femme nous a envoyé la semaine dernière un témoignage bouleversant, racontant comment, le jour du drame, sa jeune fille de 4 ans avait caché le tube de Ventoline de Dédé sous les coussins du canapé pour - a-t-elle raconté aux enquêteurs - \"voir comment ça fait quand papa il devient vraiment tout rouge et qu'il peut plus respirer\". Oui, l'entropie tue, et ce n'est pas la famille du regretté Jimmy qui nous dira le contraire, Jimmy qui ne descendra plus jamais les escaliers avec les lacets défaits.\r\n\r\nCertains organismes, tel que le COmité MOndial COntre l'Entropie (COMOCOE), fondé en France en 1789 par un groupe de contre-révolutionnaires qui en avaient assez de voir les têtes des guillotinés tomber en dehors des paniers prévus à cet effet, et dont la devise est \"tout au carré et le monde tournera rond\", luttent activement pour défendre le droit de chacun à l'ordre et au rangement.\r\nD'autres organismes comme L'Office Mondial de Prévention de l'Entropie (LOMOPE), reconnu d'utilité publique, font du lobbying auprès des autorités politiques pour une protection accrue des personnes exposées à l'entropie passive. L'entropie passive désigne le fait pour une personne ordonnée et soigneuse d'être exposée au bordel de ceux qui l'entourent. Cette exposition prolongée au bordel d'autrui peut avoir des conséquences néfastes sur la santé à long terme, tels que le stress, le relachement dans la discipline quotidienne, et même l'apparition de l'entropie dans la vie de cette personne.\r\n\r\nDans certains pays, sous la pression du lobby anti-entropie, on s'achemine graduellement vers une interdiction totale du bordel dans les lieux publics, ce qui serait une avancée considérable d'après l'association \"Droit des Non Bordéliques\" (DONOBO). \"Rendez vous compte, s'exclame cette vieille dame membre du DONOBO, dans certains jardins publics on ne peut même plus promener son chihuahua tranquillement sans être importuné par le coin-coin nasillard d'un quelconque canard. Moi, tous ces animaux, je trouve qu'on devrait les euthanasier\". \"C'est frai, renchéri ce petit homme à la petite moustache, visiblement d'origine germanique d'après son accent, moi che connait même zertains zinémas où les chens doublent dans la file d'attente ! ya, zé le bordel ! Moi, tous ces chens, che trouve qu'on tevrait les euthanasier aussi !\".\r\nSans en arriver à des solutions aussi radicales, pour ne pas dire finales, gageons que l'interdiction totale du bordel dans les lieux publics saura satisfaire les maniaques les plus exigeants, autant grâce à son amendement sur la création de rangements dédiés aux seringues de toxicomanes laissées à l'abandon, que grâce à sa résolution sur la limitation des nuisances sonores provoquées par les palmipèdes dans les jardins publics.\r\n\r\nPour plus de renseignements sur la priorité de santé publique qu'est devenue la lutte contre l'entropie, vous pouvez vous connecter sur http://entropie.sante.gouv.fr.\r\n\r\nEnsemble, luttons contre l'entropie. Rangeons." . "2006-10-17T20:41:34"^^ . "Babylon bidonville" . "Y'a des enfants\r\net du bruit\r\ny'a un chariot qui pourrit\r\n\r\nD'anciennes carcasses\r\nde voitures\r\nune flaque d'essence et des ordures\r\n\r\nUne vieille radio\r\ntoute déréglée\r\nsur des cageots empilés\r\n\r\nTout ce taudis\r\nmoitié branlant\r\nc'est l'bidonville de maintenant\r\n\r\nTu y viendras\r\nau bord du soir\r\nsans bien comprendre ni sans bien voir\r\n\r\n\r\nY'a des regards\r\nd'hommes pas méchants\r\nun vieux qui passe en ricanant\r\n\r\nTrois belles femmes\r\ndessous leurs jupes\r\nqui te l'rendrait au centuple\r\n\r\nPas de malheur\r\njuste la misère\r\net quelques mômes qui s'roulent par terre\r\n\r\nC'est la décharge\r\nde nos vies\r\nc'est l'bidonville d'aujourd'hui\r\n\r\nTu y passeras\r\nlà par hasard\r\ntu trouveras tout plutôt bizarre\r\n\r\n\r\nY'a la fumée\r\nd'une cigarette\r\ny'a un marchand et un poête\r\n\r\nLe soleil joue\r\nsur les travers\r\ndans les couleurs dans la poussière\r\n\r\nBleus de travail\r\net vert-de-gris\r\ndes roses fanées des vies flétries\r\n\r\nMais pas de noir\r\naux alentours\r\nc'est l'bidonville de toujours\r\n\r\nTu crois peut-être\r\nque t'en es loin\r\nmais c'est tout près mais c'est demain\r\n\r\n\r\nY'a des espoirs\r\net des envies\r\ny'a tout ce qui vit tout ce qui survit\r\n\r\nLeur église elle\r\nest toute en bois\r\nses planches fières dépassent les toits\r\n\r\nLe vent au moins\r\nn'les oublie pas\r\nqu'ils soient là-haut ou ici-bas\r\n\r\nCe tas de tôles\r\nmoitié branlant\r\nc'est l'bidonville de maintenant\r\n\r\nTu t'y perdras\r\nje te le dis\r\non passe tous un jour par ici" . "2007-03-05T20:58:51"^^ . "Babylonus tourismus" . "Y'a des gens pressés sur le trottoir\r\nbeaucoup beaucoup moi je trouve ça plutôt bizarre\r\nune grande minette avec des lunettes\r\nun homme pressé avec un sac en papier\r\nplein de touristes étrangers\r\nItaliens Anglais Allemands Japonais\r\nIls portent tous des grosses lunettes\r\nrondes ou carrées, \r\nvertes ou fumées\r\net ils se promènent sur les larges trottoirs déambulant entre les échoppes des vendeurs étalés devant ce temple international de la CONsommation - oui avec ces 3 lettres initiales - que sont les Galeries Lafayette pur symbole du parisianisme.\r\nC'est amusant ils semblent tous marcher sans exception aucune à contresens de moi comme s'ils voulaient m'empêcher d'avancer, comme si, comme si, par leur attitude même ils me contredisaient, ils me contrecarraient ou tentaient de le faire.\r\nIls semblent tous se diriger vers ces portes immenses de plusieurs dizaines de mètres de hauteur qui forme l'entrée du Pavillon International du dévergondage. Ils y vont en couples \r\nguillerets ou chamailleurs,\r\npragmatiques ou rêveurs,\r\ndésabusés ou amoureux,\r\nfrigides ou langoureux,\r\nou en famille, poussant dans leurs poussettes repliables leur marmaille, leurs jumeaux, ou la grand-mère sous assistance respiratoire qui avait toujours rêver de voir Paris avant de passer l'arme du côté communiste, c'est à dire à gauche.\r\nLe trottoir est d'une largeur formidable, plusieurs dizaines de kilomètres au moins, et il est absolument noir de monde d'un bord à l'autre, les taxis déversent de nouveaux arrivant dans un flot continu qui vont s'agglutiner devant l'entrée ou vont écraser leurs nez leurs bouches leurs langues sur les impensables vitrines qui exposent au monde du dehors la publicité du monde du dedans, qui est\r\nsi beau,\r\nsi doux,\r\nsi joli,\r\net si soldé.\r\nEt tous ils continuent à marcher en cadence, à contresens de moi, tous au même pas, droite gauche, droite gauche, vers l'entrée du Temple du Rêve éveillé. Ils avancent au son du tambour accompagnant le champ des sirènes (d'alarmes à incendie) des Galeries Lafayette.\r\nEt sur leur chemin, tel des obstacles à éviter, des haies à franchir, se dressent des boutiques minuscules, micro-échoppes posées sur le trottoirs, offrant à leurs regards brillants d'envie toutes sortes de choses,\r\ndes cravates, des foulards, des peignoirs, des baignoires,\r\ndes souvenirs, des délires, des bijoux, des joujoux,\r\ndes paletots, des manteaux, des chameaux, des Legos.\r\nEt au milieu de chacune de ces petites baraques se tient un être humain, de chair et de sang, sans doute capturé alors qu'il n'était qu'un enfant pour être réduit en esclavage et condamné à passer sa vie dans ce minuscule carré entouré de marchandises, accolé au mur d'un côté et offert aux yeux de la foule de l'autre. Parfois, les gens leur jettent des cacahuètes.\r\nL'unique but et objectif de ces esclaves est de disposer et de présenter au mieux les quelques marchandises dont il ou elle a la charge afin qu'elles attirent l'oeil du passant, qu'elle l'attire seulement, inutile d'avoir d'autres arguments de vente, ils seraient bien inutiles puisque de toutes façons les gens sont pressés, ils ne peuvent pas s'arrêter longtemps de peur de se faire écraser par les suivants alors ils attrapent une cravate au vol et payent dans le même geste, et bien souvent de toutes façons ils ne parlent pas français.\r\nEt moi évidemment, j'essaie d'aller à contresens, je ne sais pas trop pourquoi, mais enfin tant qu'à marcher, autant ne pas marcher au pas, et donc je les évite,\r\nles petits, les gros, les sots,\r\nles grands, les gras, les gros,\r\nles blonds, les bons, les cons,\r\nles maniérés, les distingués, et ceux avec des grosses lunettes. Bon sang je ne sais pas ce qu'ils ont tous avec ces grosses lunettes, ça doit être la mooôôôôoode, il y en a même, des petites mamies rabougries racornies et jaunies en général, qui ont des sortes de hublots qui leur couvre tout le haut du visage, façon casque de ski intégral, mais avec marqué DIOR dessus.\r\nAttention j'arrive à un passage piéton, les voitures de parisiens passent en vrombissant devant moi, j'ai laissé plusieurs centaines de mètres derrière moi l'entrée des Galeries, prise d'assaut par les troupes del General Touristo, pour apercevoir de l'autre côté de la rue, l'entrée du Printemps, derrière des colonnades immenses style Grec antique, dont les chapiteaux soutiennent une voûte qu'on aperçoit, là haut dans les nuages. Et alors le feu est passé au rouge, je me suis engouffré sur le passage piéton, et tous, tous de l'autre côté on fait de même à contresens de moi, sur un fond de musique techno, y compris cette fille pulpeuse en robe rouge, que je ne me suis pas retourné pour regarder." . "2007-03-06T23:32:51"^^ . "Ma dame de pique" . "Rebelotte!\r\nJe ne parviens pas à me défaire de cette encombrante figure qui ferme mon jeu de son sourire espiègle. Les cartes s’abattent, les tours se suivent et se ressemblent. Chaque fois que je crois m’en être défaussée, elle réapparaît étincelante sous le talc de poussière grise, devant le valet de son coeur ou dans la pioche – mauvaise ! \r\nCette Dame est ensorcelée et je suis son roi maudit.\r\nJe suis las, je vais bien finir par laisser mon cœur sur le carreau. Seule une autre Dame pourrait la chasser de mon éventail… Une autre Dame… de trèfle, ça serait ma chance !\r\n" . "2007-09-07T23:56:47"^^ . "En haut de la grande roue" . "Devant un hôpital. Un jeune homme est assis sur un muret au soleil. Une femme âgée s'approche.\r\n\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nBonsoir Monsieur.\r\n\r\nle jeune homme\r\n\r\nBonsoir Madame.\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nVous permettez que je fume au soleil à côté de vous ?\r\n\r\nle jeune homme\r\n\r\nBien sûr, je vous en prie, il y a de la place pour deux.\r\n\r\n\r\n(silence)\r\n(la vieille femme allume sa cigarette)\r\n\r\n\r\nle jeune homme\r\n\r\nIl faut en profiter, il va bientôt se coucher.\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nIl va bientôt se coucher ? ha oui. Et vous pensez qu'il va revenir demain ?\r\n\r\nle jeune homme\r\n\r\nHmmm normalement oui; normalement oui.\r\n\r\n\r\n(silence)\r\n\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nQu'est-ce que vous contemplez comme ça, l'hôpital ?\r\n\r\nle jeune homme\r\n\r\nNon, en fait j'attends des amis.\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nHa, vous n'êtes pas en traitement ici ?\r\n\r\nle jeune homme\r\n\r\nNon, je rend visite à une amie qui vient d'accoucher.\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nHa, c'est bien ça. Qu'est-ce que c'est, une fille ou un garçon ?\r\n\r\nle jeune homme\r\n\r\nC'est un garçon.\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nCe n'est pas vous le père ?\r\n\r\nle jeune homme (riant)\r\n\r\nHa non, ce n'est pas moi le père !\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nBah, on ne peut pas être le père de tous les enfants qui naissent.\r\n\r\n\r\n(silence)\r\n\r\n\r\nle jeune homme (hésitant)\r\n\r\nEt vous, vous êtes en traitement ici ?\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nOui, mais je rentre chez moi demain, et c'est important à dire; parce que, il n'y a pas vraiment de traitement pour ce que j'ai. J'étais à l'hôpital, pour une période de transition, disons...\r\nAprès tout, ils ne peuvent pas trouver des traitements contre tout... contre la cigarette, par exemple, il n'y a pas de traitements.\r\n\r\nle jeune homme\r\n\r\nC'est vrai, et il n'y en aura surement jamais.\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nContre l'alcool non plus...\r\n\r\n\r\n(silence)\r\n(la vieille femme regarde son mégot de cigarette, éteint)\r\n\r\n\r\nla vieille femme\r\n\r\nÇa y est, j'ai fumé ma cigarette... je vais y aller. Bonne soirée à vous.\r\n\r\nle jeune homme\r\n\r\nDe même Madame, bonne soirée." . "2007-09-13T00:25:37"^^ . "Larsen" . "We passed upon the stairs\r\nWe spoke of was and when\r\nAlthough I wasn't there\r\nHe said I was his friend\r\nWhich came as a surprise\r\nI spoke into his eyes -- I thought you died alone\r\nA long long time ago\r\n\r\nOh no, not me\r\nWe never lost control\r\nYou're face to face\r\nWith the man who sold the world\r\n\r\nI laughed and shook his hand\r\nI made my way back home\r\nI searched for form and land\r\nYears and years I roamed\r\nI gazed a gazely stare\r\nWe walked a million hills -- I must have died alone\r\nA long long time ago\r\n\r\nWho knows, not me <larsen>\r\nI never lost control\r\nYou're face to face\r\nWith the man who sold the world\r\n\r\nS'il y a un seul endroit et un seul instant où je regrette de n'avoir pas été, s'il y a un seul instant et un seul endroit où j'aimerai me retrouver si j'en avais la possibilité, alors ce serait le 18 septembre 1993, au studio Sony à New York; plus précisément à une minute, à une seconde particulière de cette soirée, dans le studio MTV, pour l'enregistrement de l'album \"Unplugged in New York\" de Nirvana.\r\n\r\nCe soir-là, Nirvana, groupe à l'apogée de son ascension fuséenne, proclamé par les médias leader du mouvement grunge, mouvement qui a bien pu être, selon certains, le dernier vrai mouvement dépositaire de l'âme d'une musique qu'on appelait \"rock\", Nirvana donc, avec Kurt Cobain son chanteur, qui devait se tirer une balle dans la tête moins de 6 mois plus tard, enregistre l'album acoustique \"MTV Unplugged in New York\", en public. 14 titres uniques. L'album ne devait sortir qu'à la fin de l'année 94, après le suicide de Cobain, et se vendre à plus de 5 millions d'exemplaires rien qu'aux USA.\r\n\r\nLe premier morceau de cet enregistrement est \"About a girl\", le deuxième \"Come as you are\", le troisième \"Jesus doesn't want me for a sunbeam\". Sur cet album figurent 6 reprises, dont l'une de David Bowie, \"The man who sold the world\", écrite en 1970. C'est le quatrième morceau de l'enregistrement. Il dure quatre minutes et vingt-et-une secondes, et, coincé entre 1 minute 56 et 1 minute 57, lors du deuxième refrain, on entend un larsen, que personne parmi ceux qui ont entendu le morceau n'a pu manqué : \"Who knows ... not me ... I never lost control ...\".\r\n\r\n\r\nJ'ai du mal à dire pourquoi, mais ce larsen me fascine. Oui cette seconde, entre 1m56s et 1m57s, me fascine. Ce larsen imprévu, cet instant, cette éternité, ce moment qui concentre en lui tous les autres moments de l'histoire de Nirvana, est un vrai trou noir musical, il attire à lui tous les autres moments non seulement du concert, mais de toute l'histoire de la musique. C'est son insignifiance même qui fait son importance immense. Le temps pèse peu face à l'éternité d'un instant.\r\n\r\nLa mort de Kurt Cobain a transformé son histoire en destin, a transformé l'histoire de Nirvana en destin, a donné un destin au grunge. La mort de Kurt Cobain a donné une vie à ce larsen. S'il ne s'était pas tiré cette balle dans la tête, ce larsen n'aurait pas existé; il ne se serait tout simplement pas passé. Comme si nos actes ne trouvaient rétroactivement leur sens qu'à l'instant de notre mort. Si nous ne mourrions pas, nous ne vivrions pas. Les fleurs ne sont complètes que lorsqu'elles se fanent, disent les japonais.\r\n\r\nCe larsen continue de se faire entendre aujourd'hui, 15 ans après. Il ne s'est pas terminé, il est toujours vivant et fait résonner un son suraigu à travers le temps, à travers l'histoire, à travers les haut-parleurs de mon vieux lecteur CD, à travers mes oreilles, il siffle à travers ma mémoire. Encore, et encore, et encore, et encore.\r\n\r\nPourquoi ce larsen est-il si particulier ?\r\n
        \r\n
      • C'est un instant remarquable, dans le sens où il est unique et audible par tous; tout le monde, en écoutant le morceau, saura vous dire qu'à une minute et cinquante six secondes, il y a un larsen, et qu'il n'y en a pas deux dans le concert.\r\n
      • Cet instant a été fixé et enregistré sur un support audio et vidéo. De sorte que l'on peut, à l'infini, faire rejouer et reproduire ce moment, qui acquiert une éternité potentielle.\r\n
      • Cet instant était imprévu, il ne traversait pas dans les clous, personne ne voulait qu'il y ait ce larsen, et pourtant il a eu lieu, comme s'il vivait d'une vie indépendante et d'une volonté propre.\r\n
      • Il n'est pas reproductible à l'identique. Quand bien même Kurt l'aurait voulu, il n'aurait pas pu reproduire le même son, alors qu'il aurait sans doute pu reproduire un millier de fois à l'identique le même accord de guitare.\r\n
      • L'unicité de l'instant a été scellée au moment où Kurt Cobain a appuyé sur la détente.\r\n
      \r\n\r\nLa vie et la mort de Kurt Cobain trouvent pour moi leur justification dans ce larsen d'une seconde. Cela peut sembler extrême, mais je pense que lui-même n'aurait pas dit le contraire, lui qui a écrit dans sa lettre de suicidé \"It's better to burn out than to fade away.\" (il vaut mieux s'enflammer que décliner). Je pousse simplement le raisonnement plus loin, pour moi ce larsen c'est un feu intense qui s'allume et s'éteint en une seconde, un moment de pure vie. Quelque chose de vivant, que pas un seul album studio au monde ne pourrait produire. En dernière analyse, c'est cette tension entre un moment tout à fait unique et la possibilité de le réécouter encore et encore qui fait de ce larsen un instant éternel.\r\n\r\nCe larsen est un moment, un moment qui ne peut être ni surpassé, ni dépassé. Cobain avait compris cela. Ce soir là, ce 18 novembre, alors que tout le monde s'attendait à ce que Nirvana mette \"le gros bordel\" dans le studio pendant l'enregistrement, celui-ci se passe particulièrement bien, et en moins d'une heure, tout est dans la boite. Le dernier morceau joué par Nirvana avant qu'ils ne quittent le plateau, \"Where did you sleep last night\", a laissé entendre la plainte écorchée de la voix de Cobain criant \"My girl, my girl\". Une fois le groupe en coulisses, leur manager essaie de convaincre Kurt de jouer un dernier morceau. \"No, I can't top that last song\" répondra Cobain. Je ne peux pas surpasser ce dernier morceau. C'était un moment, un instant, il était unique, et toute tentative pour essayer de s'en rapprocher ou de le reproduire ne ferait qu'en altérer la portée." . "2007-09-29T19:31:42"^^ . "Fitter Happier" . "Fitter, happier, more productive,\r\ncomfortable,\r\nnot drinking too much,\r\nregular exercise at the gym\r\n(3 days a week),\r\ngetting on better with your associate employee contemporaries,\r\nat ease,\r\neating well\r\n(no more microwave dinners and saturated fats),\r\na patient better driver,\r\na safer car\r\n(baby smiling in back seat),\r\nsleeping well\r\n(no bad dreams),\r\nno paranoia,\r\ncareful to all animals\r\n(never washing spiders down the plughole),\r\nkeep in contact with old friends\r\n(enjoy a drink now and then),\r\nwill frequently check credit at (moral) bank (hole in the wall),\r\nfavors for favors,\r\nfond but not in love,\r\ncharity standing orders,\r\non Sundays ring road supermarket\r\n(no killing moths or putting boiling water on the ants),\r\ncar wash\r\n(also on Sundays),\r\nno longer afraid of the dark or midday shadows\r\nnothing so ridiculously teenage and desperate,\r\nnothing so childish - at a better pace,\r\nslower and more calculated,\r\nno chance of escape,\r\nnow self-employed,\r\nconcerned (but powerless),\r\nan empowered and informed member of society\r\n(pragmatism not idealism),\r\nwill not cry in public,\r\nless chance of illness,\r\ntires that grip in the wet\r\n(shot of baby strapped in back seat),\r\na good memory,\r\nstill cries at a good film,\r\nstill kisses with saliva,\r\nno longer empty and frantic like a cat tied to a stick,\r\nthat's driven into frozen winter shit\r\n(the ability to laugh at weakness),\r\ncalm,\r\nfitter,\r\nhealthier and more productive\r\na pig in a cage on antibiotics.\r\n\r\nRadiohead - OK Computer - 1997" . "2007-12-18T22:17:57"^^ . "Viva Las Vegas" . "Las Vegas c'est une citadelle stratégique sur le territoire de Satan. Las Vegas\r\nc'est le jeu, le sexe, les fesses, \r\nc'est l'argent, l'alcool, la messe,\r\ncélébrée par Elvis en personne, enfin Brendan, son sosie.\r\nC'est du luxe, du clinquant, du marrant\r\nC'est du toc, du faux, du placo.\r\n\r\nLas Vegas c'est des vieux qui crèvent la faim dans des mobil-home pourris à 15 dollars la nuit, sur la frange de la ville, à la bordure, à la frontière, là où commence le désert, juste à côté de l'aéroport, où un avion passe au-dessus des mobil-home pourris toutes les 30 secondes.\r\n\r\nLas Vegas c'est la démesure en tout, mais la démesure pour rien. La démesure pour la démesure. De grosses limousines pour vous emmener de la fausse Venise vrai centre commercial, à la fausse tour Eiffel, vrai casino, en passant par la fausse pyramide vrai parc de loisir. Les américains n'ont rien à eux. Ils n'ont rien inventé dans le patrimoine de l'humanité, ils ont tout piqué, tout reproduit. Et ils produisent des symboles qui renvoient à ces choses qui n'évoquent absolument rien pour le redneck moyen, du restaurant avec sa terrasse comme un vrai café parisien à la sauce tomate pour spaghettis avec le vrai goût comme à l'italienne.\r\n\r\nDu toc, du faux, de la façade, du carton pâte, un décor de théâtre avec rien derrière. Ou bien si, avec quelque chose derrière : l'argent, bien sûr; l'argent qui permettra aux touristes de passage pour le week-end d'aller au casino pour avoir le sentiment de faire comme tout le monde qui vont au casino pour avoir le sentiment de faire comme tout le monde. Il faut mieux avoir tort avec le foule, on se sent mieux. L'argent qui permettra aux promoteurs, après avoir construit une fausse Venise vrai centre commercial, de construire, je ne sais pas moi, une fausse muraille de chine vrai casino, un faux mur de Berlin vrai casino, une fausse base militaire vrai casino, un faux Bagdad en ruine vrai casino. Si ça se trouve ils existent déjà, pour ce que j'en sais. L'argent qui permettra à Elvis, enfin Brendan, son sosie, de s'acheter une putain de belle baraque avec jardin dans le centre ville parce qu'il continue à célébrer des mariages en 10 minutes pour 500 dollars la cérémonie. L'argent pour Jesus, l'immigré mexicain, qui distribue sur le trottoir des tracts qui te promettent de t'amener une pute en 20 minutes dans ta chambre d'hôtel, pour pouvoir nourrir sa mère et ses deux sœurs. L'argent qui permettra à Dolly, la pute promise sur les tracts de Jesus, de s'acheter sa prochaine dose.\r\nL'argent qui permettra ci, l'argent qui permettra ça. A Vegas l'argent tu en perds beaucoup ou tu en gagnes beaucoup. Mais il faut que ça circule, en circuit fermé, de façade en façade en façade, pour construire de plus belles façades, pour avoir un plus joli masque. Et c'est pas Elvis, enfin Brendan, son sosie, qui te dira le contraire.\r\n\r\n" . "2008-05-10T15:07:39"^^ . "FAQ La nef (www.lanef.com)" . "

      Une FAQ sur la Nef, à partir des documents que j'ai récupéré à une (moitié de) réunion de présentation

      \r\n

      Généralités
      \r\n> La Nef, c'est quoi ?
      \r\nLa Nef est une banque :

        \r\n
      • solidaire : c'est l'argent déposé par les épargnants ou investi par les sociétaires (voir ci-dessous) qui permet à la banque d'accorder des prêts aux porteurs de projets.
      • \r\n
      • éthique : les projets financés par la Nef doivent avoir un but écologique, social ou culturel.
      • \r\n
      • transparente : tous les ans, un\r\nrapport d'activité détaillant chaque prêt accordé est diffusé, qui\r\npermet de savoir aux épargnants où va leur argent.
      • \r\n
      \r\n

      > La Nef, c'est l'acronyme de quoi ?
      \r\nHé bah j'en sais rien...
      \r\n
      \r\n> Statutairement, qu'est-ce que la Nef a de particulier ?
      \r\nStatutairement et juridiquement, la Nef est une banque (un \"organisme d'épargne et de crédit\"), comme n'importe quelle autre banque. Par ailleurs c'est une SA à capital variable, fonctionnant en coopérative, c'est-à-dire que son capital est détenu par ses sociétaires.\r\n> C'est quoi la philosophie de la Nef ?\r\n\"L'argent comme vecteur de transformation sociale\".
      \r\n\"Placer le respect de la personne humaine au centre de tous les mécanismes économiques et financiers\".
      \r\n> OK, alors la Nef fait quoi ?
      \r\nLa Nef :
      \r\n

      \r\n
      • prête de l'argent pour des projets entreprenariaux \"éthiques\"
      • \r\n
      • prête de l'argent aux particuliers pour des projets \"écologiques\"
      • \r\n
      • propose des comptes de dépôt à terme ou des plans d'épargne pour les particuliers
      • \r\n
      • propose des comptes courants (gérés par le crédit coopératif)
      • \r\n
      \r\n

      > C'est gros ?
      \r\nNon : il y a une trentaine d'employés, et une quarantaines de correspondants bénévoles.
      \r\n> Alors il n'y a pas d'agences ?\r\nNon.
      \r\n
      \r\n> Combien de personnes sont sociétaires de la Nef ?

      \r\n18949.

      \r\n

      > Et où se trouve le siège ?
      \r\nA Lyon.

      \r\n

      \r\n

      > Mais la Nef, c'est vieux ?
      \r\nLa Nef existe depuis 1978.
      \r\n

      \r\n

      Prêts\r\n> Quelle est le montant des prêts accordés ?
      \r\nLe montant minimal d'après la brochure est 10000 euros. Dans la réalité plutôt entre 15 et 20000 euros. Le montant moyen est entre 40 et 50000 euros.\r\n\r\n
      \r\n> Quelle est la durée moyenne d'un prêt ?

      \r\nJe ne sais pas trop, beaucoup tournent autour de 60 mois, ça monte jusqu'à 120, 140 mois.
      \r\n> A qui la Nef prête-t-elle ?
      \r\nEn majorité aux sociétés ou aux entreprises individuelles (~75%), puis aux particuliers (~15%), puis aux associations (~10%)
      \r\n> Combien de prêts sont accordés ?
      \r\nEn 2007, il y a eu 315 prêts accordés.
      \r\n
      \r\n> J'ai envie de monter une agence de location de 4x4 écolos (parce qu'ils auront des pôts catalytiques), pour organiser des tours de périphérique parisien; la Nef m'accordera-t-elle un prêt ?

      \r\nLà tu rêves. Il y a un comité d'éthique qui examine chaque prêt. Le mot d'ordre est qu'elle \"exlut tout projet qui serait nuisible à l'homme\", et ils font attention aux projets qui sont justes \"peints en vert\" pour faire écolo.

      \r\n

      \r\n

      > Zut. Alors quels types de projets sont financés par exemple ?

      \r\n
        \r\n
      • culturel : \"Développement d'un lieu de vie et d'échanges en Seine-Saint-Denis\"
      • \r\n
      • écolo : \"Création d'un domaine agricole bio dans la drôme\" ou \"Développement d'une entreprise d'éco-construction dans le Jura\"
      • \r\n
      • social : \"Développement d'une association d'insertion dans les Alpes maritimes\"
      • \r\n
      \r\n

      > Ca peut être une source d'inspiration tous ces projets... y'a moyen de les contacter ?

      \r\n

      Oui, les coordonnées de tous les projets financés sont dans le bilan annuel.

      \r\n

      > Je peux demander un prêt en tant que particulier ?

      \r\n

      Oui, si c'est pour un projet écologique, comme par exemple, installation de panneaux solaires, éco-construction, etc.

      \r\n

      Epargne
      \r\n> L'argent déposé à la Nef est-il en dehors des circuits boursiers ?
      \r\nOui.
      \r\n
      \r\n> Comment ouvrir un compte de dépôt à terme, ou un compte courant ?

      \r\nIl y a un formulaire à remplir sur le site lanef.com.
      \r\n> A combien sont rémunérés les comptes de dépôt à terme ?
      \r\nSi tu laisses ton argent 2 ans (le minimum), c'est 2.5%. Si tu le laisses 10 ans (le maximum), c'est 4%. L'argent est bloqué pendant ce temps.
      \r\n> L'argent est bloqué, ça veut dire que je ne peux pas m'en servir ?
      \r\nNon, tu ne peux pas. C'est cette masse monétaire qui permet à la Nef d'accorder des prêts. Après, il y a toujours moyen de s'arranger, mais tu perds tes intérêts.
      \r\n> 2.5%, c'est quand même pas beaucoup, non ?
      \r\nNon, c'est moins que les comptes type \"livret de développement durable\" (3.5%). C'est autant qu'un plan d'épargne logement.
      \r\n> Puis-je décider comment la Nef va utiliser l'argent que je dépose en épargne ?
      \r\nOui. Tu peux orienter ton épargne plutôt vers l'écologique, plutôt vers le social, ou plutôt vers le culturel.
      \r\n> Puis-je faire don des intérêts de mon épargne à une association ?
      \r\nOui, tu peux choisir de reverser tout ou partie des intérêts de ton épargne à une association partenaire de la Nef.
      \r\n> Les produits d'épargne Nef sont-ils labellisés Finansol ?
      \r\nOui.
      \r\n> Alors j'aurai un chéquier Nef si j'ouvre un compte courant ?
      \r\nOui. Trop la frime, hein ?
      \r\n> Mais j'ai déjà un compte courant ailleurs !
      \r\nEt alors ? rien ne t'empêche d'en avoir plusieurs, dans des établissements bancaires différents.

      \r\n

      \r\n

      > Concrètement, comment je fais pour ouvrir un compte ?

      \r\n

      Tu vas sur le site www.lanef.com, tu chopes le numéro de téléphone, et tu appelles pour avoir des renseignements. Sinon tu télécharges directement le formulaire que tu renvoies.
      \r\nA l'action !
      \r\n> Comment soutenir l'action de la Nef ?
      \r\nSoit :
      \r\n1. En devenant sociétaire de la Nef, c'est-à-dire en souscrivant des parts de capital. Plus la Nef a de capital, plus elle peut accorder de prêts.
      \r\n2. En plaçant son argent à la Nef, soit :
      \r\n

      \r\n
      • sur un compte courant
      • \r\n
      • sur un compte de dépôt à terme
      • \r\n
      • sur un plan d'épargne Nef
      • \r\n
      \r\n

      Plus la Nef a d'argent déposé sur ses comptes, plus elle peut accorder de prêts.
      \r\n> Comment souscrire des parts de capital ?
      \r\nIl y a un formulaire à remplir sur le site. Chaque part vaut 30 euros, et il faut en acheter au minimum 3. Donc c'est 90 euros minimum d'investissement. Cela vous donne le droit de recevoir tous les ans le rapport d'activité de la Nef et de voter pendant l'AG.
      \r\n> Les parts de capital sont rémunérées ?
      \r\nIl y a 2 types de parts : les parts A et les parts B. Les parts A ne sont pas rémunérées. Les parts B le sont un tout petit peu (en 2007, 60 centimes par part). Pour avoir des parts B il faut avoir au minimum 5 parts A, et on ne peut pas avoir plus de parts B que de parts A.

      \r\n

      > Oui, mais qu'est-ce qui me dit que le président ne s'en met pas plein les fouilles avec ma thune ?
      \r\n

      \r\n

      Le fait qu'il soit contrôlé par un comité d'éthique indépendant. Le fait que le rapport d'activité détaille avec précision tous les comptes de la Nef.
      \r\n

      \r\n

      > Vachement intéressant tout ça. Où puis-je avoir plus d'infos ?

      \r\n

      www.lanef.com. En particulier la FAQ : http://www.lanef.com/corporate/faq.php, et le forum : http://www.lanef.com/forum/index.php. Pour devenir sociétaire c'est ici : http://www.lanef.com/lacooperative/devenir_societaire.php.
      \r\n

      " . "2008-05-23T23:05:14"^^ . "La crise en chanson" . "\"La crise par ci, la crise par là, la crise est là\" nous dit-on à longueur de journée, sur les ondes hertziennes et FM; et si elle n'est pas encore là, elle est pour bientôt, alors préparez-vous. Stockez des boites de conserves. Pour ceux - comme moi - que ce discours de crise ambiant finit par ennuyer, voilà de quoi vous changer les idées, tout en restant dans le thème : une compilation. Une compilation de quelques morceaux bien sentis regroupés autour de ce thème : la crise.\r\n\r\nParce que, il ne faut pas croire, les artistes n'ont pas attendu cette crise-là pour se mettre à la chanter, la crise; d'ailleurs si vous êtes de la génération de ceux qui ont eu 20 ans vers l'an 2000, finalement on n'a rien connu d'autre que cette crise, toujours ambiante, toujours latente, jamais bien loin, qui rôde dans l'ombre d'une courbe de CAC40 ou d'un taux de croissance, prête à vous bondir dessus au détour d'une file d'attente à l'ANPE. Finalement c'est un peu contradictoire avec ce mot de \"crise\", qui supposerait quelque chose de passager, de transitoire, et qui se met à désigner un état plus ou moins stationnaire quoique toujours fluctuant.\r\n\r\nLe discours sur la crise d'aujourd'hui a tout de même une particularité : on y parle beaucoup et presque exclusivement d'argent; quelques millions partis en fumée par faute de traders un peu trop nerveux, quelques milliards par-ci pour renflouer les banques, encore plus de milliards pour garantir les prêts, et puis encore plus de milliards partis en fumée dans les cours de bourse... alors le mot crise, en ce moment, est inséparable de son adjectif fétiche : \"financière\"; on parle de pépettes, de billets, de biftons, et puis de flouze, de dollars, de roupies, de millions... à donner le vertige au smicard qui réclame du pouvoir d'achat.\r\n\r\nEt c'est bien là le deuxième volet de la crise, et le deuxième adjectif dont la crise s'entiche : \"sociale\". Et si des thèmes comme le pouvoir d'achat, le chômage ou les conditions de travail sont indémodables depuis de nombreuses années, de nouvelles thématiques apparaissent dans le discours, qui gravitent autour de la crise : la conscience environnementale, l'hyper-consommation, les sweatshops (vous savez, les étiquettes \"made in cambodgia\"), etc. Finalement, l'idée de crise se cache derrière toutes celles-là, et on assisterait donc, comme pour beaucoup d'autres choses, à une \"globalisation de la crise\".\r\n\r\n\r\nTracklist :\r\n\r\n1. La Tordue - Les parkings (sur \"Le vent t'invite\", 2000)\r\nUne bon morceau d'intro pour se mettre tranquillement dans le bain, \"par où comment par qui / commencent les parkings / de la morale à qui / profite le prix / du silence de l’or / dans les coffres qui dort\" ?\r\n\r\n2. Bashung - Ma petite entreprise (sur \"Chatterton\", 1994)\r\nRentrons dans le vif du sujet... mais il faut surement voir derrière cette petite entreprise une métaphore plutôt sexuelle... \"Ma petite entreprise / Connaît pas la crise / Épanouie elle exhibe / Des trésors satinés / Dorés à souhait\"\r\n\r\n3. Tryo - Pour un flirt avec la crise (sur \"Mamagubida\", 1998)\r\nPas de métaphore ici, mais d'un côté \"Usée, laminée la populace se hisse\", qui \"finiras cul et chemise / Dans (s)on flirt avec la crise\", et de l'autre \"L'homme actif de nos tendres années / c'est le technocrate de son métier (...) / Qui pratiquera son art de la maitrise / Comment profiter de la crise\"... un personnage qu'on retrouvera dans un autre morceau.\r\n\r\n4. Ü - Le tango des producteurs (sur \"Après les dancings\", 2003)\r\nComment profiter de la crise ? lui, il a compris... \"Attention mesdames et messieurs, sous vos yeux ébahis, le grand retournement de veste !\"\r\n\r\n5. Les Rita Mitsouko et Doc Gyneco - Riche (sur \"Acoustiques\", 1996)\r\nEn voilà deux qui ont compris aussi comment être riche \"Est-ce que c'est chic ou simplement ordinaire / est-ce que c'est chic, d'être populaire\" ? \"si j'étais riche... si t'étais riche\"\r\n\r\n6. Chanson plus bifluorée - l'argent (sur \"Peinture à carreaux\", 2005)\r\nNous voilà presque au coeur du volet \"argent\" de la crise. \"Plus-value capital honoraires expansion / Intérêts patrimoine numéraire provisions / Y'a qu'le pognon!\"\r\n\r\n7. Noir Désir - Un homme pressé (sur \"666 667 club\", 1996)\r\nLe mythe de la crise, c'est aussi des personnages. L'homme pressé est un de ceux-là. \"les cordons de la bourse se relâchent pour moi / il n'y plus de secret je suis le roi des rois\"; des paroles qu'aurait pu prononcer Monsieur Jérôme K. au meilleur de sa forme, pour sûr !\r\n\r\n8. Vincent Malone - Antisocial (bossa nova mix) (sur \"Boudin Bar\", 2001) (reprise de Trust - Antisocial sur \"Répression\", 1980)\r\nUne petite perle, reprise nettement plus calme du morceau d'origine beaucoup plus énervé... et on glisse doucement dans le côté social de la crise... \"Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale / Tu masques ton visage en lisant ton journal / Tu marches tel un robot dans les couloirs du métro.\"\r\n\r\n9. Alain Souchon - Foule sentimentale (sur \"C'est déjà ça\", 1993)\r\nHé oui, plus c'est la crise, plus on nous pousse à consommer... franchement, il faut voir comme on nous parle... \"Aïe, on nous fait croire / Que le bonheur c'est d'avoir / De l'avoir plein nos armoires\"\r\n\r\n10. Les Têtes Raides - Patalo (sur \"Gratte Poil\", 2000)\r\nVous ne comprenez rien à ce morceau ? buvez une bière et réécoutez. toujours rien ? prenez une vodka et réécoutez. Voilà, les paroles des têtes raides, ça passe un peu mieux quand on est bourré. \"C'est nous les rois du bataillon de la finance / Alors votez pour nos partis et sans surprise / Vous y trouverez que du blanc-bec et du pognon\"\r\n\r\n11. Les Charlots - Merci patron (1971)\r\nLe patron a lui aussi sa place dans le panthéon des personnages de la crise, alors, avec les Charlots, rendons-lui hommage ! \"Quand on pense à tout l'argent / Qu'au fin de mois on vous prend / Nous avons tous un peu honte / D'être aussi près de nos comptes.\"\r\n\r\n12. Albert Préjean - La crise est finie (dans le film \"La crise est finie\", 1934)\r\nHé oui, il y a eu des temps bénis où on ne parlait pas de la crise, où on \"vivait dans l'âge d'or\". Peux-t-on l'imaginer aujourd'hui ? \"La crise est finie / La crise est finie / nous nageons dans le bonheur\"\r\n\r\nBonus Track. La chanson du dimanche - Le super pouvoir d'achat (2007)\r\nTel le superman du super-U, le consommateur investi du super-pouvoir d'achat a \"le super-pouvoir de pouvoir marcher / tout en achetant du lait UHT\". \"Donnez-moi donnez-moi / le pouvoir d'achat\"...\r\n\r\n\r\nIl me reste à vous dire de ne pas hésitez à m'envoyer toutes les références de tous les morceaux-qui-auraient-du-figurer-dans-cette-compil-et-que-c'est-une-honte-que-tu-l'as-pas-mis-t'es-trop-nul. Par exemple, il est où Renaud ? et au Québec les cowboys fringants ils ont rien à dire ? et Manu Chao ? bref.\r\n\r\nEt si vous aimez ces artistes, achetez leurs albums. Parce que l'industrie du disque, elle aussi, elle est en crise ;-)" . "2008-11-14T00:02:21"^^ . "Albert Préjean - La crise est finie (1934) - Paroles" . "On dit partout ça ne va pas\r\nLa crise par çi la crise par là\r\nOn se plaint jour et nuit\r\nOn s'lamente on s'ennuie\r\n\r\nLa crise est la cause de tout\r\nMême Crésus est sans le sou\r\nIl gagne du cent pour cent\r\nMais s'fait du mauvais sang\r\n\r\nIl existe un moyen pourtant\r\nD'être toujours content\r\nC'est de croire que tout est mieux\r\nTout délicieux, tout merveilleux\r\nEt de chanter à Dieu (1)\r\n\r\nLa crise est finie (bis)\r\nNous vivons dans l'âge d'or\r\nLa crise est finie (bis)\r\nHa crions-le bien fort\r\n\r\nOn voit les jeunes et les vieux\r\nJusqu'au pépé chanter joyeux\r\nTralalalala et répéter encore\r\nLa crise est finie (bis)\r\nNous nageons dans le bonheur\r\n\r\nOn soupire on dit autrefois\r\nOn était heureux comme des rois\r\nLa vie était pour rien\r\nEt on vivait si bien\r\n\r\nLe buretin (2) comme le rentier\r\nSe baladaient toujours à pied\r\nL'été pour prendre le frais\r\nDans l'train s'fait un peu frais\r\n\r\nMaintenant les p'tits comme les gros\r\nNe roulent qu'en auto\r\nDans les cercles les casinos\r\nL'or coule à flot\r\nRien n'est trop beau\r\nCar disons-le hoho\r\n\r\n(Refrain)\r\n\r\nLa crise est finie (bis)\r\nNous nageons dans le bonheur\r\n\r\n---\r\n(1) : ou \"Et de chanter adieu\" ?\r\n(2) : ce n'est pas dans mon petit larousse 2007, mais j'ai vraiment l'impression qu'il chante ça. Ou alors \"le bureautin\", \"le puritain\" ?" . "2009-03-09T23:59:22"^^ . "Si tout était aussi calme que la nuit" . "Si tout était aussi calme que la nuit\r\n\r\nOn serait pas là à se perdre dans cette ville pourrie\r\n\r\nOn serait sur les traces de Kerouac en Californie, en train de suivre Bouvier jusqu'au Pakistan\r\n\r\nOn serait dans des clubs de jazz new-yorkais, un peu enfumés, assis autour de minuscules tables rondes, façon cabaret, au milieu desquelles est posée une petite lampe, et le serveur nous apporterait la carte et on commanderait juste un petit dessert, pour quelques dollars. Et sur une petite scène recouverte d'une moquette rouge l'orchestre de jazz se mettrait à jouer, doucement, sous des applaudissements étouffés, un piano, une contrabasse, une batterie, et un clavier qui fait un son qui ressemble un peu à un xylophone. Ils jouent un morceau très lent, avec le batteur qui frotte sa batterie avec cette sorte de plumeau qu'ils utilisent pour jouer du jazz et qui fait \"tssshhh tssshhh\" quand il la frotte sur sa caisse. Et puis il y aurait un noir au micro, en train de chanter - parce qu'évidemment ils sont tous noirs, est-ce que les blancs peuvent vraiment jouer du bon jazz ? Il chante d'une voie profonde, grave, sensuelle, l'histoire d'une rencontre entre un \"horny black boy\" et une \"frisky white girl\", une chanson très belle et en même temps amusante, parce qu'il y a des gens qui rient à certaines de ses paroles.\r\nOn serait bien, quoi, bordel. On allumerait aussi une cigarette, et on fumerait en se laissant aller contre le dos de la chaise, en train de kiffer ce putain de morceau de jazz, assis dans cette petite salle un peu enfumée, comme à l'intérieur d'un cocon.\r\n\r\nSi tout était aussi calme que la nuit\r\n\r\nOn serait dans les bras d'une fille, dans les bras de la fille qu'on aime, mais attention pas n'importe quoi, et pas des choses dégueulasses. Non, on serait assis à l'orée d'un bois, en haut d'une petite colline, un soir d'été à la campagne, un soir d'été où il fait chaud, mais encore assez frais pour qu'on ait envie de se serrer l'un contre l'autre. On serait venu là à pied, seuls dans l'obscurité du soir, en se tenant par la main, sans trop parler. On serait montés jusqu'à l'orée du bois en haut de la petite colline depuis la maison où les autres seraient restés, peut-être à parler, peut-être à boire, peut-être à jouer aux cartes. On s'en fouterait royalement de ce qu'ils peuvent faire, on serait tous les deux, biens. Et puis il y aurait la lune, une lune presque pleine, qui serait pendue là-haut dans le ciel comme une ampoule, et qui rendrait tout un peu blafard, toute l'orée du bois, et les vêtements de la fille qu'on aime. Et puis on serait assis, silencieux, en train de regarder la vallée et la ville un peu en contrebas, la lueur des maisons où les autres seraient rester à parler, à boire ou à jouer aux cartes.\r\nOn serait bien, quoi, bordel. On ne se dirait rien, on se prendrait par la main, ou dans les bras, on s'embrasserait, on profiterait de ce moment de calme sous la lune, assis à l'orée d'un bois, et puis on redescendrait tranquillement vers la maison.\r\n\r\nSi tout était aussi calme que la nuit\r\n\r\nIl n'y aurait plus rien, plus personne, plus de bruit, plus de klaxons sous les fenêtres, plus de trains en retards, plus de bus ni de minibus, plus de scooters, plus de vélos, plus de trotinettes, plus de camions livreurs, plus de gamins qui vont à l'école, parce que la nuit... il n'y a pas d'école. La nuit il n'y a que l'orange des néons de l'éclairage public, tout est orange, les arbres sont oranges, les voitures sont oranges, les passants paumés perdus pour partir sont oranges. Il y a la lune qui passe dans le ciel, lentement, très lentement, qui marque le temps qui passe. Il y a l'éclairage de quelques fenêtres dont on est en droit de se demander ce qu'elles font encore allumées à cette heure-ci dans le grand immeuble d'en face.\r\n\r\nSi tout était aussi calme que la nuit..." . "2009-05-01T00:22:42"^^ . "L'histoire des hommes" . " Il y a bien longtemps de cela, le fils d'un roi de Perse avait été élevé avec le fils du grand Vizir et leur amitié était devenue légendaire. Lorsque le prince accéda au trône, il dit à son ami : \r\n - S'il te plaît, tandis que je vaque aux affaires du royaume, écris pour moi l'histoire des hommes et du monde, afin que j'en tire les enseignements nécessaires et que je sache de quelle manière il convient d'agir.\r\n\r\n L'ami du roi consulta les historiens les plus célèbres, les savants les plus érudits et les sages les plus respectés. Au bout de cinq ans, il se présenta fièrement au palais :\r\n - Sire, dit-il, voici trente-six volumes où se trouve relatée toute l'histoire du monde depuis la création jusqu'à votre avènement.\r\n - Trente-six volumes ! s'écria le roi, comment aurais-je le temps de les lire ? J'ai tant à faire pour administrer mon royaume et m'occuper des deux cents reines de mon palais. Je t'en prie, ami, condense ton histoire.\r\n\r\n Deux ans après, l'ami revint au palais, porteur de dix volumes. Mais le roi était en guerre contre le monarque voisin. Il fallut le rejoindre sur une montagne dans le désert, d'où il dirigeait la bataille.\r\n - Le sort de notre royaume est en train de se jouer. Où veux-tu que je prenne le temps de lire dix volumes ? Abrège encore l'histoire des hommes.\r\n\r\n Le fils du Vizir repartit et travailla trois ans à compiler un volume qui donnait une juste vision de l'essentiel. Le roi était à présent occupé à légiférer.\r\n - Tu as bien de la chance d'avoir le temps d'écrire tranquillement. Moi, pendant ce temps je dois débattre des impôts et de leur recouvrement. Apporte-moi dix fois moins de pages, j'y consacrerai ma soirée avec profit.\r\n\r\n Ainsi fut fait, deux ans plus tard. Mais lorsque l'ami revint avec soixante pages, il trouva le roi alité, agonisant des suites d'une congestion grave. L'ami lui-même n'était plus jeune; les rides sillonnaient son visage auréolé de cheveux blancs.\r\n - Alors ? murmura le roi dans son dernier souffle, l'histoire des hommes ?\r\n Son ami le regarda longuement et, comme le souverain alla expirer, il lui dit :\r\n - Ils souffrent, Seigneur." . "2009-09-26T21:51:45"^^ . "Philipos Pentaikis" . "Le nom ne trompe pas, Mr Pentaikis est grec. Il est chercheur dans un laboratoire d'informatique quelque part en Grece, peut-être à Athenes. Il est grand, avec le ventre gros de ceux qui profitent du vin et de la cuisine de leur femme. Sans connaitre son nom vous pourriez deviner son origine rien qu'aux lignes de son visage, le menton carré et proéminent, les traits droits et le teint mat-olive; il aurait pu servir de modèle à Uderzo dans une BD d'Astérix, n'avaient été ses lunettes, d'ailleurs carrées elles aussi.\r\n\r\nPhilipos Pentaikis est un arrogant et un égocentrique fini, doublé d'un machiste que trahi son ventre. Il mâche du soir au matin le même chewing-gum, qu'il fait résonner furieusement entre ses dents en tordant sa bouche d'un rictus imbécile.\r\nLorsqu'il parle - lorsqu'il daigne vous adresser la parole - ses yeux noirs vous fusillent à travers ses lunettes; s'il est agacé, il saisi en même temps le col de sa chemise mal fermée sur son maillot de corps, en se redressant légèrement, dans un geste méditerranéen qui le porte vers l'avant; s'il est énervé ou contredit, c'est des deux mains qu'il saisit sa chemise, et se redresse carrément sur sa chaise, se tourne de droite et de gauche pour savoir si tout le monde l'écoute, hausse la voix, fait claquer son chewing-gum, et ponctue sa phrase par un \"Ma\", on dirait un italien.\r\n\r\nLors des réunions de travail, il pose les pieds sur la table, appuyant les mains sur son ventre, et se redresse brusquement dès qu'il veut faire valoir son point de vue, c'est-à-dire tout le temps. Lorsqu'il marche dans la rue, il porte un pardessus noir et un chapeau noir, qui découragent ceux qui auraient pu avoir l'idée de lui adresser la parole. S'il est au restaurant, il donnera toute la mesure de son tempérament méditérranéen : décontracté sur sa chaise et dominant l'assemblée, toujours machant un chewing-gum inusable, il partira d'un grand rire franc après quelques verres de vins et une histoire salace. On peut reconnaitre à Philipos Pentaikis un certain art de vivre." . "2009-09-27T11:36:24"^^ . "Histoire de clés #2" . "Imaginez la scène, qui s'ouvre sur une musique de Benny Hill, ambiance sketch british muet et rires enregistrés; cette scène montre un type qui descend dans sa cave d'immeuble, où il entrepose quelques bonnes bouteilles de vins, pour les ripailles futures [musique de fond entrainante]; il veut s'assurer que sa cave est à la température idéale pour son vin.\r\n\r\nDonc le type sort de l'ascenseur au sous-sol, ouvre avec sa clé la porte du local des caves de l'immeuble, puis le cadenas de sa cave personnelle, et regarde le thermomètre qu'il y a placé; et là, stupeur, il s'aperçoit que sa cave, qu'il croyait être autour des 15 °C (température de vieillissement adéquate pour la bonne bouteille), est en réalité plutôt autour de 22 °C (température ne laissant que peu d'espérance de vie à son Meursault 1985). Le type fait une grimace de stupeur à la De Funès, en louchant sur le thermomètre, dans un rictus de désappointement [rires enregistrés].\r\n\r\nDare-dare, le type décide de déménager son pinard, et fourre bordeaux, bourgognes et champagnes dans des cartons [transition accélérée avec un petit jingle, vers le moment où le type ferme son dernier carton]. Ensuite, il referme sa cave et va chercher sa voiture dans le parking de l'immeuble, pour emmener son vin vers des températures plus appropriées; le parking se trouve juste à côté des caves, il suffit de sortir du local, repasser devant les ascenseurs, et ouvrir avec une clé la porte d'accès du parking. Il va donc garer sa voiture au plus près de la porte d'accès, portières et coffre grand ouverts pour y charger les caisses de vins [musique gaillarde et gros plan sur le sourire du type qui pense déjà aux ripailles futures].\r\n\r\nFissa, le type revient donc vers sa cave, repasse devant les ascenseurs, ouvre à nouveau la porte du local, puis celle de sa cave personnelle, et prends à pleines mains la première caisse de vin pour la porter à sa voiture. Il doit d'abord ressortir du local, et pour tourner le loquet de la porte qui s'est refermée derrière lui, fait d'interminables acrobaties avec sa caisse de vin, la calant sur un genou, puis contre le mur, et manquant douze fois de la faire tomber : on imagine la scène à la Mister Bean et les [rires enregistrés].\r\n\r\nLe type repasse devant les ascenseurs et arrive devant la porte d'accès du parking, qui, elle aussi, s'était refermée derrière lui; il pose son carton de vin par terre; fouille dans ses poches pour trouver ses clés; ne les trouve pas; fait volte-face; refouille et se tâte partout [rires discrets]; s'aperçoit après une demie-seconde d'hésitation qu'il a laissé toutes ses clés sur le cadenas de la cave; rebrousse chemin vers le local; se retrouve face à la porte du local qui s'est refermée derrière lui; pousse un juron muet et refait volte-face; se retâte [les rires montent]; va pour appeler l'ascenseur et s'aperçoit que pour ça, depuis le sous-sol, il lui faut aussi une clé; enfin pose lentement ses mains sur ses hanches, dans une moue réflexive et gênée à la Coluche, qui montre que cet imbécile a compris qu'il était coincé entre l'ascenseur, le parking et la cave [grosse poilade enregistrée].\r\n\r\nD'un côté donc la cave, grande ouverte sur une pile de cartons de vieux vins, avec le trousseau de clés pendu au cadenas. De l'autre le parking, avec la voiture, clés sur le contact, portières et coffre grands ouverts, telle une invitation offerte au premier larron qui passe; il ne lui manque plus que le paquet cadeau. De l'autre enfin, l'ascenseur inopérant sans clé. Entre ces trois issues condamnées, notre imbécile avec sa caisse de vin et sans son trousseau, qui se retourne dans tous les sens, et qui réalise que non seulement les clés sont sur le contact, mais que carte grise, téléphone, GPS et portefeuille sont insouciamment jetés sur le siège passager; il aurait du coller au carreau une petite affichette \"servez-vous\" [rires enregistrés inextinguibles]. Grand moment de solitude.\r\n\r\nLa fin du sketch ne dit pas si l'imbécile a été secouru par une âme charitable qui descendait au sous-sol, s'il est remonté en escaladant le conduit du vide-ordures, ou s'il continue encore d'errer entre la cave, le parking et l'ascenseur, chassant les rats et les cafards pour se nourrir, buvant du vin de tant à autre, et agressant les habitants de l'immeuble, donnant ainsi naissance à un nouveau mythe urbain, sorte de yéti des caves d'immeubles. Selon toute probabilité il a simplement pris l'escalier de service et a été sonner chez la gardienne pour qu'elle aille lui ouvrir la porte de la cave et qu'il récupère son trousseau de clés, puisque vous aurez compris que l'imbécile, c'était moi." . "2009-09-29T23:11:10"^^ . "Stig Dagerman - Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" . "Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.\r\n\r\n\r\nEn ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime.\r\n\r\nQu’ai-je alors entre mes bras ?\r\n\r\n\r\nPuisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.\r\n\r\n\r\nMais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir – aime-les tous ! Je suis ton talent – fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance – seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude – méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort – alors tranche !\r\n\r\n\r\nLe fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux périls : par les bouches avides de la gourmandise, de l’autre par l’amertume de l’avarice qui se nourrit d’elle-même. Mais je tiens à refuser de choisir entre l’orgie et l’ascèse, même si je dois pour cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n’est pas une excuse à ma vie mais exactement le contraire d’une excuse : le pardon. L’idée me vient finalement que toute consolation ne prenant pas en compte ma liberté est trompeuse, qu’elle n’est que l’image réfléchie de mon désespoir. En effet, lorsque mon désespoir me dit : Perds confiance, car chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n’est qu’une trêve entre deux jours.\r\n\r\n\r\nMais l’humanité n’a que faire d’une consolation en forme de mot d’esprit : elle a besoin d’une consolation qui illumine. Et celui qui souhaite devenir mauvais, c’est-à-dire devenir un homme qui agisse comme si toutes les actions étaient défendables, doit au moins avoir la bonté de le remarquer lorsqu’il y parvient.\r\n\r\n\r\nPersonne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le rivage et ressentir tout à coup le défi effroyable que l’éternité lance à mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n’est une consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure – et quelle misérable consolation, qui n’enrichit que les Suisses !\r\n\r\n\r\nJe peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve dans le feu, dans tous les objets pointus qui m’entourent, dans le poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l’eau, dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. Que devient alors le sentiment humain de sécurité si ce n’est une consolation pour le fait que la mort est ce qu’il y a de plus proche de la vie – et quelle misérable consolation, qui ne fait que nous rappeler ce qu’elle veut nous faire oublier !\r\n\r\n\r\nJe peux remplir toutes mes pages blanches avec les plus belles combinaisons de mots que puisse imaginer mon cerveau. Etant donné que je cherche à m’assurer que ma vie n’est pas absurde et que je ne suis pas seul sur la terre, je rassemble tous ces mots en un livre et je l’offre au monde. En retour, celui-ci me donne la richesse, la gloire et le silence. Mais que puis-je bien faire de cet argent et quel plaisir puis-je prendre à contribuer au progrès de la littérature – je ne désire que ce que je n’aurai pas : confirmation de ce que mes mots ont touché le cœur du monde. Que devient alors mon talent si ce n’est une consolation pour le fait que je suis seul – mais quelle épouvantable consolation, qui me fait simplement ressentir ma solitude cinq fois plus fort !\r\n\r\n\r\nJe peux voir la liberté incarnée dans un animal qui traverse rapidement une clairière et entendre une voix qui chuchote : Vis simplement, prends ce que tu désires et n’aie pas peur des lois ! Mais qu’est-ce que ce bon conseil si ce n’est une consolation pour le fait que la liberté n’existe pas – et quelle impitoyable consolation pour celui qui s’avise que l’être humain doit mettre des millions d’années à devenir un lézard !\r\n\r\n\r\nPour finir, je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune dans laquelle le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort !\r\n\r\n\r\nJe ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir comme le poisson dans l’eau ou l’oiseau dans le ciel. Tout ce que je possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre les fausses consolations, qui ne font qu’accroître mon impuissance et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies, qui me mènent vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire : la vraie car, à la vérité, il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l’intérieur de ses limites.\r\n\r\n\r\nMais la liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l’indépendance. On dirait que j’ai besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la consolation d’être un homme libre, et c’est certainement vrai. A la lumière de mes actes, je m’aperçois que toute ma vie semble n’avoir eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m’apporter la liberté m’apporte l’esclavage et les pierres en guise de pain.\r\n\r\n\r\nLes autres hommes ont d’autres maîtres. En ce qui me concerne, mon talent me rend esclave au point de pas oser l’employer, de peur de l’avoir perdu. De plus, je suis tellement esclave de mon nom que j’ose à peine écrire une ligne, de peur de lui nuire. Et, lorsque la dépression arrive finalement, je suis aussi son esclave. Mon plus grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige de l’oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou. Je finis par devenir l’esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, à moins que le chien, ce ne soit moi. Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine.\r\n\r\n\r\nMais, venant d’une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s’approche le miracle de la libération. Cela peut se produire sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l’heure, suscitait mon effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n’a le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s’étioler. Car si ce désir n’existe pas, qu’est-ce qui peut alors exister ?\r\n\r\n\r\nPuisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer. Personne n’a le droit d’exiger de la mer qu’elle porte tous les bateaux, ou du vent qu’il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même, personne n’a le droit d’exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n’est pas le devoir avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes, je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que l’on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.\r\n\r\n\r\nCe n’est qu’en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l’éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l’éternité ? Ma vie n’est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j’aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n’est pas l’étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n’atteint que les ouvrages avancés de ma vie.\r\n\r\n\r\nMais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.\r\n\r\n\r\nJe soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.\r\n\r\n\r\nJe peux même m’affranchir du pouvoir de la mort. Il est vrai que je ne peux me libérer de l’idée que la mort marche sur mes talons et encore moins nier sa réalité. Mais je peux réduire à néant la menace qu’elle constitue en me dispensant d’accrocher ma vie à des points d’appui aussi précaires que le temps et la gloire.\r\n\r\n\r\nPar contre, il n’est pas en mon pouvoir de rester perpétuellement tourné vers la mer et de comparer sa liberté avec la mienne. Le moment arrivera où je devrai me retourner vers la terre et faire face aux organisateurs de l’oppression dont je suis victime. Ce que je serai alors contraint de reconnaître, c’est que l’homme a donné à sa vie des formes qui, au moins en apparence, sont plus fortes que lui. Même avec ma liberté toute récente je ne puis les briser, je ne puis que soupirer sous leur poids. Par contre, parmi les exigences qui pèsent sur l’homme, je peux voir lesquelles sont absurdes et lesquelles sont inéluctables. Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C’est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l’oiseau et que l’animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden – mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?\r\n\r\n\r\nJe suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même – mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.\r\n\r\n\r\nTelle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre. " . "2009-10-25T21:15:05"^^ . "Célestin Jean-Baptiste" . "

      Célestin Jean-Baptiste, c'est Ray Charles en jogging rouge.

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      Comme Ray Charles, Célestin est noir. Il doit avoir 65 ans, et comme Ray Charles, Célestin a des cheveux bouclés crépus, grisonnants; une barbiche poivre et sel mal entretenue entoure sa bouche. Et comme Ray Charles, Célestin est aveugle. Il s'habille avec un vieux jogging rouge troué, des vieilles baskets et une pelisse bleue marine que l'on dirait sortie droit d'une poubelle qui aurait traversé le temps depuis les années 70. Il pousse devant lui sa canne blanche, et la garde entre ses jambes lorsqu'il s'assoit, en la balançant alors de droite et de gauche entre ses mains - mais prudemment, pour ne pas la faire tomber.

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      Lorsqu'il parle, ses mains ridées s'agitent, font des gestes ou tapent sur ses cuisses pour ponctuer les \"ha oui\" qu'il lance pendant la conversation. En dessous de ses lunettes noires, au milieu de ces quelques poils qui lui font office de barbiche, sa bouche de vieil homme s'ouvre sur quelques dents jaunies, de travers, ou cassées. Célestin est martiniquais, et vous le devineriez à son accent lorsqu'il vous raconte ses voyages en province et qu'il vous dit qu'il a été \"à Wouen, au Hawre, à Stwasbouw...\".

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      Il est vieux, pauvre, noir, aveugle, et pourtant Célestin semble heureux; la vie pour lui se passe sans images, mais n'empeche pas sa bouche de sourire, ni de rire. D'ailleurs Ray Charles non plus, ca ne l'empechait pas d'avoir de l'humour : à une journaliste qui venait l'interviewer dans sa loge après un concert (c'est Desproges qui raconte cette anecdote), et qui lui demande, bouleversée à la fois par tant de génie et par la mise en présence de ce handicap : \"mais comment faite-vous pour être heureux dans ce noir total ?\", Ray Charles répond \"Vous savez, il y a toujours plus malheureux que soi; tenez, moi qui vous parle, par exemple, j'aurais pu être nègre...\". Non, Célestin, ca ne l'empèche pas d'être heureux, et il acquiescera de toute sa personne si vous lui dites que le bonheur n'est qu'intérieur et ne dépend ni des richesses, ni de la santé. Il vous racontera d'ailleurs comment lui, aveugle, arrive parfois à réconforter les bien-portants.

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      Il vous racontera aussi tous ses voyages, Célestin Jean-Baptiste; vous dira qu'il a été 6 fois à Londres, 3 fois à Bruxelles, une fois au Venezuela, une fois au Luxembourg, une fois à la Dominique, 2 fois au Canada, 2 fois en Italie. Sans compter, évidemment, ni ses retours à la Martinique, ni ses voyages en province, \"à Wouen, au Hawre, à Stwasbouw...\". \"- Seul ?\" ne pourrez-vous vous empechez de lui demander; \"- Oui, oui, tout seul.\" vous répondra-t-il simplement; et de vous raconter dans quel pays on respecte plus les personnes handicapées que dans d'autres. Il ne sera pas non plus avare d'histoires sur son île, et vous racontera évidemment l'éruption de la montagne Pelée, le 7 mai 1902 (\"- ou non, plutôt le 8 mai\"), tuant tous les habitants de Saint-Pierre, sauf un seul prisonnier, Sanson, protégé par les murs de son cachot (\"- Alows, les gens l'ont appelé Dieu-donné\").

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      Célestin Jean-Baptiste semble avoir la sagesse de celui à qui la vie n'a pas souri, et l'humilité de celui qui a su en tirer de grandes leçons (et non la prétention de l'inverse). Il prend le RER parisien, seul, d'Evry à Saint-Denis, pour faire vous-ne-savez-quoi. Un vieux sac en plastique à l'épaule, et la canne blanche à la main, il acceptera volontiers de l'aide pour monter et descendre de la rame; en échange, c'est lui qui vous donnera de l'aide. De l'aide pour apprendre à être heureux.

      " . "2009-12-09T18:40:22"^^ . "Impossible de me rappeler le prénom de Gainsbourg" . "

      Il m'est revenu brutalement, le soir, sans même que j'y pense, mais, de toute cette journée, je n'avais pas pu me rappeler le prénom de Gainsbourg.

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      C'était à l'époque où un démiurge cinématophile avait décidé de le ressusciter dans un film, dont les affiches en 4x3 étalaient impudiquement dans le métro son nom en lettres grasses et rouges sur fond noir : GAINSBOURG. Son nom et seulement son nom; son prénom n'y figurait pas, en vertu sans doute d'une loi marketing selon laquelle cela aurait nuit à la bonne mémorisation par le potentiel-futur(-espérons-le) spectateur.

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      Mon emploi du temps avait justement décidé pour moi que, ce jour-là, je devais prendre le métro. Je n'étais pas bien réveillé, géné sans doute par l'incubation d'un virus de grippe, qui, quelques jours après, devait s'éclater en vacances de mes bronches jusqu'à mes sinus. En état de semi-léthargie reniflante, mon cerveau avait donc du temps disponible (qu'aucun directeur de chaine de télévision n'avait même eu besoin de fabriquer) pour capter les messages publicitaires que la RATP relaie vers les tonnes de viande qu'elle transporte chaque jour, du lit au travail puis du travail au lit. A un arrêt quelconque du métro, je levais mollement l'oeil, cherchant d'un regard vide un détail qui aurait tranché avec la désespérance du paysage sous-terrain. Je tombais alors sur les lettres grasses et rouges sur fond noir :

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                GAINSBOURG         

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      Tiens, me dis-je alors candidement, mais quel était donc son prénom, à Gainsbourg ? Je ne me doutais pas dans quels abysses de pensées cette question allait me plonger, ni quelles gigantesques fouilles archéologiques elle allait induire dans ma mémoire défaillante, tout le jour durant.

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      D'abord, l'étonnement. Après les quelques secondes pendant lesquelles je balayais à grand coup de projecteur mnémonique les zones superficielles de ma mémoire, je ne pu qu'être surpris face à ce constat : impossible de me rappeler du prénom de Gainsbourg. Merde alors. A la place, un blanc. Je visualisais très bien, avant son nom, la position de quelque chose, qui devait être là mais qui pour moi n'y était plus, comme si on me l'avait arraché, comme si ma mémoire était déchirée. Je remplaçais ce vide par un espace blanc sur ma page mentale :         Gainsbourg, ou par un \"hmm\" dans la version parlée : Hmmmmm Gainsbourg.

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      Ensuite, bien sûr, je suis parti à la recherche de son prénom. Je mobilisais d'abord des souvenirs. Je n'ai jamais été connaisseur de Gainsbourg (sinon cette amnésie momentanée n'aurait jamais eu lieu), mais je me rappelle avec beaucoup de clarté le moment de sa mort en 91 : j'étais en voiture, avec mes parents et mon frère; une BX la voiture, d'ailleurs; j'étais assis derrière le siège conducteur, pas assez plongé dans mes jeux de gamin pour ne pas prêter une oreille à l'autoradio qui a annoncé la nouvelle pendant le flash de midi.

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      A ce moment précis de ma vie, la clarté du souvenir le prouvait de façon formelle, j'avais du entendre le prénom de Gainsbourg... J'essayais donc de répéter pour moi les phrases que les journalistes n'avaient pas pu ne pas prononcer alors : \"Nous venons d'apprendre le décès de hmmmmm Gainsbourg\", \"_____ Gainsbourg est donc mort d'une crise cardiaque à l'âge de 63 ans\". Rien, ça ne venait pas. Ou alors le lancement d'un disque par un animateur : \"Restez avec nous, après la pub, on écoute Didier Barbelavie et         Gainsbourg !\". Toujours pas. A la télé peut-être, en essayant d'imaginer la tête enfarinée d'un présentateur de JT - qui était-ce à l'époque, Mourousi, PPDA ? - en train d'annoncer la nouvelle : \"______ Gainsbourg est décédé aujourd'hui\". Non plus. Et la fameuse scène du billet de 500 balles qui brulait aux trois quarts ne m'aidait pas beaucoup.

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      Non, non, je n'arrivais pas à mettre la langue sur ce putain de bordel de vache de prénom à la con. J'étais un rien frustré.

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      Tout le long de la journée je lui inventais des prénoms, des tas de prénoms, que j'essayais successivement en les accolant à son nom, comme on essaie des chapeaux dans un magasin, en se regardant dans la glace. Jacques Gainsbourg - trop strict. Henri Gainsbourg - beurk. Michel Gainsbourg - sonne faux. Patrick Gainsbourg - ringard. Edouard Gainsbourg - trop vieux. Je divaguais un instant dans un crochet par les prénoms anglais : John Gainsbourg - marrant. Martin Gainsbourg (prononcé à l'anglaise, \"Marteen\") - très joli, j'aimais beaucoup. William Gainsbourg - très shakespearien. Kevin Gainsbourg - pour un jeune de 12 ans, à la rigueur. Oliver Gainsbourg - me faisait penser à un joueur de foot. Je revenais aux prénoms français : Marc Gainsbourg - colle pas. Matthias Gainsbourg - me dit rien. Christophe Gainsbourg - non. Charles Gainsbourg - ... je m'arretais un instant sur Charles... Charles Gainsbourg... celui-là avait quelque chose qui semblait retenir mon attention; je me disais que c'était peut-être la proximité avec le prénom de sa fille - qui par ailleurs ne s'était pas enfui de ma tête, lui. Mais enfin il n'aurait pas appelé sa fille Charlotte si lui-même s'appelait Charles... mais quand même, le... rythme était bon, le... phrasé semblait correspondre, la façon de... mâcher le mot me plaisait... Charles Gainsbourg. Je me repassais des annonces radios fictives, tentais de visualiser des pochettes d'albums estampillées \"Charles Gainsbourg\". La sonorité passait bien, mais ça ne faisait pas ni tilter mon flipper, ni m'écrier Eureka! avec soulagement; je restais frustré... Ca ne devait pas être ça.

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      Plus tard j'essayais de me prendre moi-même par surprise. Se surprendre soi-même est difficile, mais qui ne tente rien n'a rien, et puis, si son prénom était parti alors que je ne m'y attendais pas, il pouvait très bien revenir tout aussi brutalement pendant que j'avais le dos de la mémoire tourné; peut-être se sentait-il observé et peut-être aurait-il profité d'un moment d'inattention du projecteur de mes idées qui le cherchait partout pour venir se remettre à sa place, feignant l'innocence, regardant ses pieds, faisant celui qui n'avait rien vu. Je fermais donc les yeux et laissais mes pensées divaguer sur d'autres sujets qui ne manquaient pas de venir m'embuer l'esprit de leur mille petites volutes de fumée. Je me détendais et faisais celui qui n'a pas de problèmes - d'ailleurs pour les autres autour de moi, je n'en avais pas, nul n'avait cure de mon trouble, tout intérieur. Et soudain PAF!, je repensais à Gainsbourg, brusquement, pour voir si son prénom était revenu...? Non, il n'était pas là. Je réitérais l'expérience plusieurs fois, sans succès.

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      Je commençais à être si désorienté par ce trou de mémoire que je me pris à croire que Gainsbourg n'avait pas eu de prénom. Ma certitude de tout à l'heure, qu'il en eut nécessairement un, s'effilochait. Je renonçais à essayer de m'adapter à la réalité, jugeant qu'il était plus commode que la réalité s'adapte à mes représentations. Je n'arrivais pas à lui trouver un prénom ? hé bien, c'est qu'il n'en avait pas ! Gainsbourg, ca devait être son nom de scène. Tout le monde l'appelait juste \"Gainsbourg\", tout court. Indéniablement un tas de phrases dans mes souvenirs venaient confirmer cette hypothèse, \"Gainsbourg ceci... Gainsbourg cela\", on n'employait jamais de prénom. Oui mais cela n'expliquait pas alors le sentiment de perte que je ressentais : j'avais perdu un mot ! il était parti, il avait fugué de mon esprit, et à la place, je sentais un vide.

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      Je m'avouais presque vaincu, mais, le soir arrivant, je tentais une dernière approche, en abordant ce vide sous un angle systématique. Je scannais mentalement toutes les lettres de l'alphabet, de A à Z, et pour chacune j'essayais de savoir si elle était la première de ce fameux mot manquant. L'un d'elle, forcément, devait être la bonne lettre, et me rapprocher un peu de l'heureux Eureka!... Peine perdue, aucune d'elle ne me fit frémir ni ne mit ma mémoire en marche.

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      -- Epilogue --

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      Serge est revenu, bien sûr. Complètement à l'improviste, alors que je n'y pensais plus; j'ai ouvert la porte de sa chambre dans la soirée, et il était là, en train de jouer sur son lit. J'ai été surpris, autant que quand j'avais découvert sa brusque disparition. Il m'a regardé d'un sourire malicieux, l'air de dire \"je t'ai manqué, hein ?!\". Tu m'étonnes, espèce de sale mot-me ! ne me refait jamais une fugue pareille !

      " . "2010-01-24T22:24:29"^^ . "2849900214" . "Petit traité sur l'immensité du monde" . "Je me disais que quelqu'un qui a traversé à pied, pendant huit mois, le continent asiatique du Nord au Sud, de la Sibérie septentrionale à Calcutta, ne pouvait pas être complétement inintéressant. Je ne m'étais pas trompé, Sylvain Tesson n'est pas inintéressant. Voilà un petit livre où l'on peut venir puiser la sagesse du voyageur, du poète, de celui à qui rien d'autre n'importe que de marcher, et pour qui les préocuppations de l'esprit se résument à la nourriture et au bivouac. \r\nForcément, quand on marche, on a l'esprit plus libre. Et alors on recommence à faire attention aux \"vraies choses\", au sens du monde autour de soi, à la nature. On redécouvre le sens du mot \"vivre\". On se reconnecte avec soi-même.\r\n\r\nJe ne m'imaginais pas que quelqu'un qui a marché seul dans tous les coins du continent Eurasien avait une telle dent contre le reste de l'humanité. Certes, on peut \"considérer l'humanité comme une erreur\", comme le propose Roger-Pol Droit dans ses 101 expériences de philosophie quotidienne, mais ce n'est pas une raison pour partir vivre seul dans les bois, comme l'écrit Sylvain Tesson. Si je partage son point de vue sur l'humanité, le renoncement à vivre parmi mes contemporains me paraît par contre un peu orgueilleux.\r\n\r\nEncore que, je ne peux pas dire que l'idée ne soit pas séduisante..." . "2005-06-25T00:00:00"^^ . "2749500788" . "Bernard Maris : Antimanuel d'économie, Tome 1 : les fourmis" . "« On comprend mieux le monde à travers l’économie », titrait une publicité pour les Echos. La photo montrait un “manifestant” au torse nu lançant un projectile sur les forces de l’ordre. Sur la trajectoire du fumigène, les fils de pub avait habilement superposé la hausse des surfaces cultivées de plantes transgéniques au cours des dernières années...\r\nLes militants anti-OGM auront sûrement apprécié l’amalgame. Il n’empêche que le quotidien des marchés ne s’y trompait pas. Il est certain qu’on comprend mieux le monde à travers l’économie. C’est même incontournable.\r\n\r\nQuestion : comment se mettre à l’économie sans forcément se lancer dans un master en sciences économiques, et tout en échappant à la lecture du quotidien sus-nommé ?\r\nRéponse : en lisant l’Antimanuel d’économie !\r\n\r\nBernard Maris est économiste et auteur de nombreux ouvrages économiques, ou même de romans, il est aussi l’Oncle Bernard de la page économique de Charlie Hebdo, et il a publié en 2003 le truculent Antimanuel d’économie. \r\nDerrière ce titre alléchant, on se régale et on apprend beaucoup. Cela pourrait s’appeler « l’économie pour les nuls », tant le propos est clair et ludique – même s’il reste technique et argumenté. Résolument keynésien, Bernard Maris passe en revue les grands thèmes qui composent la science économique : les marchés, la concurrence, la mondialisation et le commerce international, la bourse, l’argent, le partage des richesses, la croissance…\r\n\r\nL’Antimanuel commence sur une remise en question de l’économie en tant que science. Contrairement à ce qu’on tend nous faire croire, nul ne peut prévoir ce qui va se passer. Tout au plus est-on capable d’expliquer a posteriori pourquoi on s’est trompé. Effectivement, en matière d’économie, on est bien en peine de pouvoir tester tant les conjectures sont complexes et évolutives. Tout n’est donc que suppositions, prédictions souvent hasardeuses. L’auteur démontre par ailleurs l’absence de fondements de la plupart des lois économiques de référence.\r\nLe phénomène moutonesque joue un rôle prépondérant dans le façonnement d’une pensée unique. Les « experts » utilisent les mêmes sources, se référencent mutuellement, faisant naître ainsi une idéologie formatée. Ceci s’applique particulièrement à la bourse où le phénomène de prophétie autoréalisatrice est prépondérant. Je fais ce que tu fais, et tu le fais parce que tu sais que je pense que tu vas le faire... Ainsi naissent et meurent les tendances, gonflent et crèvent les bulles spéculatives comme celle la nouvelle économie en 2000. L’économiste Keynes disait à ce propos : « Il vaut mieux avoir tort avec la foule, que raison contre elle »...\r\nL’auteur fustige également le principe d’efficacité présenté comme une fin en soi (« Oubliez ce que vous faites, pourvu que vous le fassiez efficacement. »), et le mythe de la loi du marché (« C’est pas la théorie qui est fausse, c’est la réalité »). Il prouve l’inefficacité de la concurrence au regard de la coopération (à l’aide du fameux dilemme du prisonnier, un classique en sciences humaines).\r\nIl nous parle évidemment de la mondialisation des échanges internationaux qu’il considère avant tout comme « un moment de sabordage de l’Etat-nation, dans sa fonction de protection des plus faibles, ceux qui ne vivent que de leur travail ».\r\nOn étudie bien sûr le cas Enron, la faillite la plus scandaleuse de l’histoire du capitalisme (quelques milliards de dollars de retraites partis en fumée, et 5000 emplois supprimés). La cupidité des actionnaires est dénoncée, quand ils exigent une hausse de 15% de rendement pour une entreprise qui croît habituellement de 3-4% (quand tout va bien). Que fait-elle alors ? Elle licencie pour voir son titre monter en bourse, comme l’a fait Michelin, alors même que les profits augmentent. A cela s’ajoute la schizophrénie du travailleur-actionnaire : celui qui exigeant une hausse du rendement de ses actions pousse à son propre licenciement ! De même, on peut évoquer la schizophrénie du travailleur-consommateur : Pour que le consommateur puisse bénéficier de hauts standards de consommation (en particulier des bas prix), on délocalise la production et le travailleur se retrouve au chômage. Ou comment scier la branche sur laquelle on est assis...\r\nLe calcul de la croissance est remis en question : cela correspond en effet à la hausse du PIB, lequel ne prend en compte que les échanges marchands (et peu importe qu’ils soient productifs, destructifs ou polluants). Le don, le troc, la culture, les activités bénévoles (comme le nettoyage des plages souillées par le naufrage de l’Erika), ou même les impacts de l’éducation ou de la santé ne sont pas pris en compte car non mesurables économiquement (non rentables pour utiliser la terminologie libérale), alors même qu’ils constituent la véritable richesse de la société. « Tout ce qui a un prix n’a pas de valeur », disait Nietzsche... A l’heure où l’on détruit peu à peu notre écosystème, où les acquis sociaux sont démantelés, il faut s’interroger sur ce qui fait réellement la richesse d’une nation ! L’Antimanuel parle de développement durable, et aussi de décroissance soutenable (ce qui signifie non pas miser sur une croissance négative, mais s’éloigner du référent quantitatif qu’est le PIB pour lui substituer du qualitatif). De toute façon, la croissance ne peut être infinie dans un environnement fini. La Terre est par ailleurs notre seule et unique richesse véritable ; seule la Nature est productive : après tout le travail, le commerce, l’industrie ne créent rien.\r\n\r\nBernard Maris finit par quelques propositions alternatives et une éloge de la gratuité. Les SEL, Systèmes d’Echange Locaux, sont des associations (320 en France, regroupant 30000 personnes), possédant leur propre monnaie et mettant des biens et des services en commun, sans possibilité d’accumulation de capital et donc de spéculation, et limitant le gaspillage et le manque. La crise en Argentine a fortement développé ce genre d’alternative et favorisé le retour du troc.\r\nOn suggère également une allocation universelle (ou revenu minimum universel), qui affranchirait les citoyens des contraintes du marché du travail, et permettrait le développement d’activités bénévoles, artistiques, culturelles et familiales. Enfin, il faut abandonner la concurrence au profit de la gratuité et de la solidarité, réels moteurs de la croissance, de l’invention et de la richesse ; et de même, remettre en question notre approche de la propriété. Les logiciels libres sont l’exemple parfait de l’efficacité supérieure du travail communautaire sur le brevet (à tel point que le groupe IBM a choisi de travailler sur Linux plutôt que Windows !).\r\n\r\nAu delà d’une critique acerbe du libéralisme (et même du capitalisme), l’Antimanuel questionne le projet de société de l’homo-economicus. Et il le fait à l’appui de nombreuses citations et textes d’économistes, mais aussi de philosophes et d’écrivains les plus divers (Montesquieu, Maupassant, Orwell, Houellebecq...)\r\n\r\nUn livre à lire à tout prix pour qui veut mieux comprendre l’économie, et continuer de rêver à un monde meilleur !\r\n" . "2005-06-26T11:51:24"^^ . "2842917413" . "Michel Onfray - Antimanuel de philosophie" . "2005-06-26T11:52:52"^^ . "2738112188" . "101 expériences de philosophie quotidienne" . "2005-06-26T19:46:02"^^ . "207036822X" . "George Orwell - 1984" . "2005-07-08T09:10:00"^^ . "2070309185" . "Globalia" . "Globalia, c'est une sorte de \"1984\" remis au goût du jour. Ca aurait pu s'intituler \"2984\". La société \"Globalienne\" n'est pas une déviance du totalitarisme communiste, mais une déviance de la démocratie libérale. Les émissions à la gloire des victoires de Big Brother sont remplacées par des spots de publicité. Et l'ennemi numéro 1 ne s'appelle plus Goldstein, mais Terrorisme. Les parallèles que l'on peut faire entre les deux textes sont d'ailleurs nombreux, et le roman de Jean-Chritophe Rufin contient de claires références à celui d'Orwell, qui vont du petit clin d'oeil (l'écran de télé que l'on ne peut pas éteindre mais dont on peut seulement baisser le son), aux idées de fond (abolition de l'Histoire dans une société éternellement figée).\r\n\r\nInutile de dire que je n'ai pas lu ce livre avec l'esprit somnolent du vancancier loirsirophile, mais avec les yeux de celui qui cherche le fond des choses. En fait j'ai enchainé cette lecture directement après celle de \"1984\" - c'est vous dire sous quel angle je l'ai abordé. Alors je ne m'étendrai pas sur le roman lui-même, ni sur son histoire - pour ça, vous avez vos propres yeux pour le lire. Il suffit de dire que j'ai été un peu déçu par l'histoire, dans l'ensemble assez conventionnelle (un comble pour un roman qui s'attache à montrer le conventionnalisme de pensée de la société qu'il décrit), quoique bien menée.\r\n\r\nTout comme à la lecture de \"1984\", comment ne pas faire à la lecture de Globalia le parallèle avec la société d'aujourd'hui - 2005 ? Il est presque trop évident pour qui a les yeux un peu ouverts. Pour aller au-delà de cette comparaison facile (voir à ce propos ce texte de Chomsky traduit en français [1], à l'époque la comparaison était faite entre \"1984\" et la guerre du Vietnâm, mais il suffira au lecteur de remplacer le mot \"Vietnâm\" par le pays en guerre de son choix, au hasard \"Irak\"), une fois ce parallèle fait, que reste-t-il ? \r\nIl reste une ôde à l'esprit critique, à la volonté de se forger soi-même une opinion sans avaler n'importe quel spot de propagande. Il reste une terrible force d'attraction vers la liberté - de penser ou d'agir, même si elle n'est pas parée des atours de la société du confort. Il reste la leçon de ne jamais oublier ce que l'Histoire nous a appris - elle se répète sans cesse. Il reste une envie d'agir pour ne pas que la fiction de Globalia devienne un jour une réalité.\r\n\r\n[1] : http://christophe.deleuze.free.fr/D/1984.html" . "2005-07-23T16:08:54"^^ . "2742755357" . "Le temps de l'antipub - L'emprise de la publicité et ceux qui la combattent" . "2005-07-31T20:55:13"^^ . "2070421147" . "Maurice Dantec - Le théatre des opérations" . "Je viens de rouvrir \"Le théâtre des opérations\", afin d'aller y déterrer un passage que je croyais me souvenir d'y avoir lu, passage que je ne trouvais d'ailleurs pas, et ce sont alors toutes les pages feuilletées de l'ouvrage qui m'ont sauté proprement à la figure. Et je relis par hasard ce passage :\r\n\r\n\"Le seule petit problème de la \"société de l'information\", c'est qu'on y véhicule quatre-vingt-dix pour cent de minables stupidités et neuf pour cent plus quelques décimales de gros mensonges. De la fraction réduite qui reste, il convient encore d'ôter les vérités plates ou déjà mortes, et vous verrez qu'il ne subsiste plus grand-chose comme espace de probabilité où une quelconque métaphysique puisse s'élaborer. Nous dirons tout bonnement que la société de l'information est la masse des mensonges autour de laquelle une nouvelle métaphysique critique se devra d'orbiter, en vue d'en dérégler les marées et les équinoxes, d'en transformer toute l'économie, afin de préparer l'émergence d'une nouvelle vérité.\"\r\n\r\nEt je mesure alors l'influence qu'à eu ce livre sur mes actions passées." . "2005-08-23T23:29:06"^^ . "2070360288" . "Voyage au bout de la nuit" . "2005-09-02T22:25:30"^^ . "2226158529" . "Maurice Dantec - Cosmos Incorporated" . "2005-09-02T22:26:12"^^ . "2020146304" . "Oliver Sacks - L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau" . "\"Je suis en train de lire un livre vraiment intéressant\". Voilà bien une phrase on ne peut plus narrative, il n'a rien de conceptuel, de schématique, d'abstrait là-dedans.\r\nCe livre s'intitule \"L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau\", il raconte au travers de courtes histoires les vies d'hommes et de femmes atteints de graves troubles neurologiques, avec tout ce que cela peut comporter de tragique, d'humanité, et de réflexions sur la vie et sur nous-mêmes. Comment ne pas s'interroger sur ses propres relations avec le monde lorsqu'on lit les histoires de ces personnes déstabilisées, \"déprogrammées\" - et qui bien souvent ne s'en rendent même pas compte ?\r\nL'une de ces petites histoires est celle de Rebecca, une arriérée mentale. 60 de QI. Incapable de lire, d'écrire, de compter, bref de se représenter et de se construire des \"schémas\", des généralisations, des concepts. Et pourtant Rebecca a d'autres talents, elle apparaît sereine et en pleine communion avec le monde face au printemps qui arrive, ses mouvements se coordonnent comme par enchantement lorsqu'elle danse ou qu'elle travaille en musique, et personne ne pourrait dire qu'elle a une quelconque déficience mentale en la voyant jouer un rôle au théatre.\r\nRebecca ne comprend pas le \"conceptuel\", mais elle est ancrée dans le \"concret\" et le \"symbolique\". Cela l'empêche-t-il de vivre une vie heureuse ? Dans la mesure où elle n'est pas systématiquement mise en face de ses déficiences par des tests incessants qui la rabaissent et où de toutes façons elle sait qu'elle n'arrivera à rien, et dans la mesure où au contraire elle est encouragée dans ce qu'elle sait faire le mieux, dans le concret, alors elle doit pouvoir être heureuse.\r\n\r\nEt cela amène à réfléchir sur soi. Il y a certains domaines - particulièrement l'informatique - où l'on est constamment amené à conceptualiser et à modéliser les choses. On définit des modèles, des schémas. On s'ancre dans le concept, tout comme Rebecca est ancrée dans le concret. Et où est la musique dans tout cela ? où est le printemps ? où est le théatre ? nulle-part, il n'y a de vie dans tous ces schémas, ce n'est que concepts et abstractions sans fin. Et parfois je pense que c'est d'un ennui et d'une inutilité à mourir.\r\nEt pourquoi avoir pensé en premier au mot \"Unsymbolic\" pour donner un titre à un site web ? \"anti-symbolique\", \"anti-concret\", j'aurais tout aussi bien pu penser à \"hyper-abstract\" ou \"ultra-concept\", le résultat aurait été le même. On reproduit toujours les mêmes schémas, ceux que l'on connaît, il est trop difficile de s'en détacher. Si difficile. Mais pas impossible.\r\n\r\nNietzsche a écrit (en substance), que tous les schémas, les calculs, et la mécanique du monde ne pourraient jamais arriver à traduire, ou à schématiser ce que l'on ressent en écoutant par exemple un morceau de musique. Le morceau de musique ne se réduit pas aux statistiques et aux calculs que l'on peut faire sur lui. La musique est émotion, ressenti, elle est vécue de manière personnelle, et chaque écoute du même morceau est différente et apporte quelque chose de différent. La transcription d'un morceau de musique sur une feuille de papier n'en fait pas quelque chose d'abstrait, mais sert uniquement à ce que la musique soit reproduite en un autre temps et un autre lieu. Je suis profondément d'accord avec lui. Il est certaines choses qui ne peuvent pas être conceptualisées. Toute les abstractions et tous les schémas du monde n'aideront pas l'homme à s'ancrer plus dans le réel - c'est même le contraire - et à ressentir la vie plus intensément. Tous les schémas du monde ne le rendront pas plus heureux." . "2005-09-10T18:03:45"^^ . "2080812904" . "La fin de l'Histoire et le dernier Homme" . "Extrait :\r\n\r\n\"Revenir à Hegel est important aussi parce que cela nous fournit un cadre pour essayer de voir si l'on peut s'attendre à ce que le processus historique humain continue indéfiniment, ou si nous avons en fait atteint la \"fin de l'Histoire\". Comme point de départ de cette analyse, acceptons la thèse hégéliano-marxiste selon laquelle l'histoire passée a procédé dialectiquement, par un système de contradictions surmontées, laissant de côté pour l'instant la question du fondement - idéal ou matériel ? - de la dialectique : une certaine forme d'organisation sociopolitique s'installe dans une partie du monde, mais contient une contradiction interne qui conduit avec le temps à sa propre ruine et à une organisation plus efficace. Le problème de la fin de l'Histoire peut alors être défini en ces termes : existe-t-il dans notre ordre social démocratique des \"contradictions\" qui puissent nous conduire à penser que le processus historique va continuer et produire un nouvel ordre plus élevé ? Nous pourrons identifier une \"contradiction\" si nous discernons une source de mécontentement social suffisamment radicale pour provoquer en fin de compte la chute des sociétés démocratiques libérales - du \"système\", selon le jargon des années 1960 - dans leur ensemble. Il ne suffit pas de relever les \"problèmes\" actuels des démocraties libérales, tels que déficits budgétaires, inflation, crimes, drogue, etc., même s'ils sont graves. Un \"problème\" ne saurait devenir une \"contradiction\" que s'il est assez grave pour ne pas pouvoir être résolu dans le cadre du système, et entame du même coup la légitimité de celui-ci, de sorte qu'il s'effondre de lui-même. Par exemple, l'appauvrissement constant du prolétariat dans les sociétés capitalistes, selon Marx, n'était pas simplement un \"problème\", mais bien une \"contradiction\", parce qu'il devait conduire à une situation révolutionnaire qui jetterait à bas la structure entière de la société capitaliste pour la remplacer par une autre entièrement nouvelle. Inversement, on peut avancer que l'Histoire est parvenue à une fin si la forme présente d'organisation sociale et politique est entièrement satisfaisante pour l'homme dans ses caractéristiques les plus essentielles.\"" . "2005-10-10T21:31:03"^^ . "http://perso.wanadoo.fr/matthieuvanniel/" . "Portfolio de Matthieu" . "2005-11-23T23:31:29"^^ . "B000071451" . "Bowling for Columbine" . "2005-11-30T01:06:43"^^ . "2070415732" . "Fahrenheit 451" . "2006-01-02T16:09:25"^^ . "2718606045" . "Jean Baudrillard - Power Inferno" . "2006-01-07T23:19:20"^^ . "http://www.humains-associes.org/No6/HA.No6.Baudrillard.1.html" . "Entretien avec Jean Baudrillard" . "Baudrillard présente avec ses mots à lui le même concept de fin de l'Histoire que Fukuyama." . "2006-01-07T23:32:55"^^ . "http://www.flickr.com/photos/mvanniel" . "Chez --vaN--" . "2006-02-19T22:53:38"^^ . "http://hftaficionados.free.fr/grenier/nha/bonus_zine13.pdf" . "Nietzsche Hubert Alles" . "Un texte de Laurent Van Elslande sur la relation étroite entre la philosophie Nietzschéenne et la musique Thiefainéenne." . "2006-03-16T21:42:37"^^ . "B000AP1LQ2" . "Scandale Mélancolique" . "2006-03-16T21:48:42"^^ . "2910170632" . "Jean Baudrillard - À l'ombre du millénaire ou le suspens de l'an 2000" . "2006-05-28T16:49:49"^^ . "2706110449" . "Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens" . "2006-06-29T14:19:31"^^ . "2070324516" . "Humain, trop humain" . "2006-06-29T14:22:35"^^ . "2253059498" . "Umberto Eco - Le pendule de Foucault" . "2006-08-08T00:44:44"^^ . "2253033138" . "Umberto Eco - Le nom de la rose" . "2006-08-08T00:47:17"^^ . "2709627140" . "80 hommes pour changer le monde" . "http://20six.fr/karnets/art/1281552/80_hommes_pour_changer_le_monde\r\n\r\nLe projet de Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux est original. Ces deux jeunes diplômés d’école de commerce ont entrepris de faire le tour du monde afin de rencontrer 80 entrepreneurs innovants dans différents domaines. Toutes les initiatives recensées ont un point commun : elles s’articulent autour de démarches de développement durable* (un vrai développement durable – pas à la sauce Carrefour ou Total pour ne citer que les moins crédibles). À noter que la plupart des initiatives présentées dans ce livre sont des entreprises – rentables s’il vous plaît.\r\nLes domaines sont très variés puisqu’ils touchent à l’agriculture, la protection de l’environnement, l’écologie industrielle, les énergies renouvelables, l’architecture, le commerce équitable, la micro-finance, la responsabilité sociale, la santé, l’urbanisme…\r\nPour mieux mettre l’eau à la bouche, j’ai retenu tout particulièrement quelques cas :\r\n– Une entreprise belge qui a réussi à développer des détergents et produits d’entretien efficaces de faible impacte sur l’environnement\r\n– Un parc industriel danois dont les entreprises aux activités très diverses sont organisées de manière à réutiliser mutuellement leurs déchets comme matière entrante et à recycler l’énergie et les eaux rejetées\r\n– Un fabricant chimique allemand propose de louer les produits chimiques pour éviter le gaspillage et améliorer la sécurité dans le domaine\r\n– Des projets d’écotourisme au Népal ou au Brésil qui impliquent les autochtones en leur offrant une activité et une source de revenu\r\n– Un économiste Bengali qui a fondé un modèle de banque qui prête aux pauvres tout en assurant un taux de remboursement égale aux banques classiques, permettant ainsi le développement de nombres de micro-projets\r\n– Un fermier japonais qui a réintroduit le canard dans les rizières car celui-ci mange les mauvaises herbes et détruit les insectes parasites sans abimer riz – ce qui lui permet en outre de produire du canard !\r\n– Un entrepreneur américain qui a fondé un réseau d’entrepreneurs sociaux pour permettre le développement de nombreux projets à travers le monde (dont certains sont présentés dans le livre)\r\n– Un architecte américain qui conçoit des bâtiments produisant plus d’énergie qu’ils n’en consomment et recyclant l’eau par un dispositif 100% naturel\r\n– Un biologiste américain qui développe et commercialise des plastiques à base de… bactéries ! (Ça, c’est pour la fin du pétrole – et c’est bientôt, camarades je vous le rappelle !)\r\n– Un informaticien brésilien qui a fondé une structure éducative – elle a déjà permis à plus de 600 000 jeunes des bidonvilles à travers le monde de se former à l’informatique et à internet\r\n– Un menuisier anglais qui développe et commercialise des outils simples et adaptés à l’agriculture au Kenya et en Tanzanie, améliorant ainsi les conditions de travail et le rendement de milliers de paysans africains\r\n– …\r\n\r\nLa plupart de ces initiatives méritent largement d’être diffusées, transférées, adaptées ; et toutes sont des sources potentielles de créativité et d’émulation pour les entrepreneurs d’aujourd’hui et de demain.\r\n\r\nPour autant, il ne s’agit pas de tomber dans une euphorie naïve.\r\nSi des avancées sont perceptibles et encourageantes, on imagine mal toutes les entreprises adopter un comportement éthique et responsable ; et ce n’est certainement pas l’innovation technologique qui suffira à résoudre les maux dont souffre la planète.\r\nComme le souligne David Green, un des entrepreneurs présentés dans le livre : « Le souci est que ces sociétés sont dessinées pour maximiser le retour sur investissement et que même avec de la bonne volonté, elles sont très limitées car elles doivent satisfaire leurs actionnaires, je leur propose de prendre l'autre pilule...»\r\nMais justement, “l’autre pilule”, tout le monde n’est pas prêt à l’avaler ! Quant à ceux qui la prennent, ils ne font bien souvent que la sucer.\r\nLe patron des ciments Lafarge nous apprend par exemple que le groupe s’est engagé à réduire sa consommation d’énergie de 20% sur 20 ans... (Le ciment est une industrie parmi les plus polluantes – il faut savoir que lors de la fabrication du ciment, les ¾ de son poids sont rejetés en CO2.) Je veux bien croire en la bonne foi de ce capitaine d’industrie quand il dit se préoccuper très sérieusement de la question environnementale. En revanche quand il prétend que l’énergie consommée lors de la fabrication du ciment – et donc des habitations – est ensuite compensée par les économies de chauffage grâce au bon isolant que constitue le béton… cela frise l’imposture !\r\nD’autant que c’est justement ce type de grands groupes liés à la construction qui font par ailleurs un lobying intense afin d’empêcher autant que possible les particuliers de construire des habitats plus écologiques (architecture bioclimatique par exemple), ou encore l’utilisation de matériaux ou de technologies nouvelles. Et on retrouve ce conservatisme dans les domaines de l’énergie, des transports, du traitement de l’eau et des déchets…\r\nCe sont ceux-là mêmes qui prétendent s’engager dans une démarche de développement durable – et ne se privent pas pour le communiquer à tour d’antennes – qui sapent les alternatives les plus pertinentes.\r\n\r\nPar ailleurs, si la critique de l’approche soixante-huitarde est bienvenue dans le livre, on dénote l’absence de questionnement sur la société de consommation ou le modèle productiviste ; les auteurs semblent d’ailleurs s’en accommoder en misant sur l’innovation technologique et la responsabilisation des entreprises…\r\n\r\nL’enthousiasme débordant des deux auteurs est donc à modérer.\r\n\r\nMalgré ces limites, ce livre doit être lu et diffusé.\r\nIl a le grand mérite de rompre avec le fatalisme, et rappelle l’imagination au travail à défaut du pouvoir ; il donne une bouffée d’espoir à une génération désabusée par le sentiment d’impuissance face à la crise écologique et l’accroissement des inégalités. On réalise aussi – si besoin était – que les initiatives privées et citoyennes constituent un levier efficace pour changer un peu le monde, voire même influer sur les choix politiques.\r\nLa plupart de ces portraits sont ceux d’hommes et femmes engagés qui ont fait le choix d’entreprendre, de passer à l’action et parfois de se battre afin de donner corps à leurs rêves ou leurs idéaux. Ces portraits pourraient tout simplement être les nôtres.\r\n\r\n\r\n\r\nLe projet a un site, avec quelques portraits en ligne, l’introduction et le premier chapitre du livre à télécharger, et les carnets de voyage de Sylvain et Mathieu : http://www.80hommes.com/\r\n\r\n* Dans sa définition la plus basique, le développement durable est un développement qui soit socialement équitable, écologiquement soutenable et économiquement viable.\r\nReste à définir la notion de développement et s’entendre sur les critères à appliquer…" . "2006-08-09T05:32:58"^^ . "B000056FW4" . "Troublemakers - Doubt and convictions" . "2006-08-12T16:35:03"^^ . "2711304612" . "La vérité est-elle scientifique ?" . "2006-10-02T22:17:07"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas" . "Pictures from Babylon Zoo" . "2006-10-07T00:38:16"^^ . "http://www.unabstract.net" . "Me, myself and I" . "2006-10-10T23:47:03"^^ . "2020251574" . "Italo Calvino - Si par une nuit d'hiver un voyageur" . "2006-10-10T23:49:08"^^ . "http://www.philippe-muray.com" . "Philippe Muray" . "2006-10-22T12:17:52"^^ . "2020016109" . "Italo Calvino - Les villes invisibles" . "2006-10-25T23:13:09"^^ . "2226173412" . "Maurice Dantec - Grande Jonction" . "2006-10-25T23:15:11"^^ . "2253060941" . "Umberto Eco - le signe" . "\"\r\n(...)\r\nLes résultats du néopositivisme ont été féconds dans le domaine des sciences exactes mais ont été décevants (voire dangereux) dans celui des sciences humaines. Subdiviser avec autant de rigueur les activités sémiotiques en discours assertifs et émotifs, en affirmations vérifiables et pseudo-affirmations, en discours de communication et discours de pure expression, a abouti à ce qu'on privilégiât toujours le premier pôle de toutes ces oppositions. C'est de cette manière que l'usage de signes totalement univoques finit par apparaître comme le seul instrument de communication légitime; usage pourtant exceptionnel dans la vie de tous les jours et plutôt réservé au monde clos des laboratoires. Du même coup se voyaient discrédités le discours quotidien, celui de la politique, de l'affectivité, de la persuasion, de l'opinion, tous modes de communication qui ne peuvent être mesurés à l'aune des paramètres rigoureux de la vérification scientifique.\r\n\"" . "2006-11-22T23:34:49"^^ . "2070366146" . "Jorge Luis Borges - Fictions" . "(...)\r\nLa voix de Fune continuait à parler, du fond de l'obscurité.\r\nIl me dit que vers 1886, il avait imaginé un système original de numération, et qu'en très peu de jours, il avait dépassé le nombre vingt-quatre mille. Il ne l'avait pas écrit, car ce qu'il avait pensé une seule fois ne pouvait plus s'effacer de sa mémoire. Il fut d'abord, je crois, conduit à cette recherche par le mécontentement que lui procura le fait que les Trente-Trois Orientaux [qui furent à l'origine de la création de l'Uruguay, N.d.T] exigeaint deux signes et deux mots, au lieu d'un seul mot et d'un seul signe. Il appliqua ensuite ce principe extravagant aux autres nombres. Au lieu de sept mille treize, il disait (par exemple), Maxime Perez; au lieu de sept mille quatorze, le chemin de fer. d'autres nombres étaient Luis Melian Lafinur, Olimar, soufre, le bât, la baleine, le gaz, la chaudière, Napoléon, Augustin de Vedia. Au lien de cinq cents il disait neuf. Chaque mot avait un signe particulier, une sorte de marque; les derniers étaient très compliqués... J'essayai de lui expliquer que cette rhapsodie de mots décousus était précisément le contraire d'un système de numération. Je lui dis que dire 365 c'était dire trois centaines, six dizaines, cinq unités : analyse qui n'existe pas dans les nombres Le nègre Timothée ou couverture de chair. Funes ne me comprit pas ou ne voulu pas me comprendre." . "2006-12-02T09:19:19"^^ . "2070378403" . "Kafka - Le procès" . "2006-12-12T22:41:53"^^ . "2253147923" . "Umberto Eco - Comment voyager avec un saumon" . "Extrait...\r\n\r\n\r\nLa pensée de Benar el-Falouz\r\n\r\nBenar el-Falouz (Bora Bora 1818-Baden Baden 1919) est le fondateur de l'école tautologique dont les principes fondamentaux sont définis dans l'oeuvre Je dis ce que je dis : l'Être est l'Être, la Vie est la Vie, l'Amour est l'Amour, Ce qui plaît plaît, Qui peut peut et le Néant Anéantit. Le Maître se montrait notoirement inflexible et sévère (d'aucuns disent dogmatique) envers ses disciples déviationnistes. Benar el-Falouz soutenait une version rigidement substantialiste de sa pensée, selon laquelle dire \"la femme est la femme\" représente une vérité totalement incontestable, tandis qu'affirmer, à l'instar de certains, \"la femme est femme\" impliquait une dangeureuse dégénérescence accidentelle (avec des nuances de relativisme sceptique). On se souvient en effet du cas du fidèle disciple Gourou Gourou qui, après avoir soutenu que \"les affaires sont à faire\", s'était enfui avec la caisse de la communauté.\r\nBenar el-Falouz avait accusé le coup avec stoïcisme. Toutefois, cet événement avait marqué le début de sa fin car, ainsi que le disent certains doxographes, il avait laissé échapper un \"qui s'y frotte s'y pique\" qui, de toute évidence, contredisait les principes essentiels de sa logique.\r\n\r\nD'un tel événement (que la littérature nomma le Tournant ou la Benar el-Falouz-Kehre) ne pouvait que naître, par un renversement dialectique interne, l'école hétérologique, dont le fondateur fut le professeur Janein Schwarzenweiss, né à Bergthal en 1881, auteur de deux petites sommes hétérologiques parues sous les titres de Je est un autre et Le futur antérieur. Schwarzenweiss soutenait - nos lecteurs l'auront sans doute deviné - que l'Être est le Néant, le Devenir reste, l'Esprit est Matière, la Matière est Esprit, la Conscience est Inconscience, le Mouvement est Immobile, jusqu'à l'énonciation du fameux Principe Ultime : \"la philosophie finit avec les Présocratiques\". Cette école n'a pas manqué de subir des déviations économistes (\"le bon marché coûte cher\"), sans oublier de rappeler sa filiation d'une école hétéropragmatique (\"Partir c'est mourir un peu, Qui ne dit mot consent, le Mieux est l'ennemi du Bien\" : où l'on n'est pas sans voir, avertissait Schwarzenweiss, l'ombre menaçante de Benar el-Falouz).\r\nL'école hétérologique accusait les tautologistes de n'avoir inspiré que des oeuvres d'un maigre intérêt artistique comme Tora Tora, New York New York, Nono Nanette et Que sera sera. Les hétérologistes se glorifiaient de l'influence qu'ils auraient exercée sur des chefs-d'oeuvre tels que Guerre et Paix, Le Rouge et le Noir, Litte big man, Pauvre petite fille riche. A quoi les disciples de Benar el-Falouz rétorquaient que ces oeuvres n'avaient rien d'hétérologiques, car elles se fondaient non sur l'opposition mais sur la connexion logique, et ils affirmaient qu'à ce compte-là, les hétérologues auraient aussi pu revendiquer des droits sur le whisky Black and White.\r\n\r\nQuand, dans la revue Alfa-Omega, les hétérologistes avaient voulu s'approprier le fameux \"Être ou ne pas être\", les tautologistes s'étaient gaussés (et non sans fondement), en arguant qu'à la base du monologue shakespearien, il y avait le principe de Benar el-Falouz selon lequel \"soit l'être est l'être, soit le non-être est le non-être\". \"Cher Hamlet, c'est l'un ou l'autre\", avait observé, sarcastique, le grand tautologue Jean Jean-Jean, pour conclure, en citant l'un des plus limpides aphorismes du Maître : \"Trop c'est Trop\".\r\nMais, à gâtifier dans ces débats d'école, les deux filons s'étaient épuisés, balayés par ce qu'il convenait de nommer la Pensée Désarticulée. partant de l'affirmation apparemment obscure que \"Chat échaudé craint le diable par la queue\", les disciples du nouveau courant fondaient sa légitimité sur les paradoxes connus de l'implication matérielle selon laquelle \"Si je suis mon chat alors mon chat n'est pas moi\" est une proposition vraie dans tout monde possible." . "2006-12-16T00:31:32"^^ . "207041437X" . "Kafka - La métamorphose" . "2006-12-19T22:18:56"^^ . "274272821X" . "Dostoïevski - Le joueur" . "2007-01-20T14:13:01"^^ . "2253150266" . "Umberto Eco - Kant et l'ornithorynque" . "2007-03-08T21:09:09"^^ . "http://carnetsdameriquedusud.zeblog.com/" . "Carnets d'amérique du Sud" . "Pendant que certains travaillent et ont une vie normale/banale, d'autres ont la chance de faire ni plus ni moins que le tour de l'Amérique du Sud... et en plus ils ont le culot de raconter ça sur un blog ! je vous jure..." . "2007-03-12T00:06:47"^^ . "http://mondeca.wordpress.com" . "Leçon de choses" . "2007-03-16T23:06:29"^^ . "2070323498" . "Jean Baudrillard - La société de consommation" . "Je serai direct.\r\n\r\nA ceux qui se posent des questions sur le fonctionnement de notre société;\r\nsur la logique, les mécanismes, les problèmes posés par la société de consommation.\r\nA ceux qui veulent comprendre - comprendre vraiment - les fondements de ce système, ses enjeux, les mutations profondes qu'il induit dans les comportements et les valeurs;\r\nA ceux qui aimeraient sortir de ce système et qui ont conscience que pour en sortir, il faut être capable d'en comprendre toutes les perversités;\r\n\r\nA tous ceux-là, et à tous les autres : lisez ce livre." . "2007-05-16T22:10:34"^^ . "http://www.xxxprod.com/" . "XXX prod. ©" . "Conçu pour produire de la pollution visuelle" . "2007-05-19T02:34:22"^^ . "2070342263" . "Alain Damasio - La Horde du Contrevent" . "2007-06-01T23:38:27"^^ . "2264039744" . "Robert Edouard - Traité d'injurologie" . "Robert Edouard propose dans son traité d'injurologie une typologie des injures (un \"répertoire analogique des injures françaises\" comme il le nomme), donc je recopie la structure ici :\r\n\r\n
      \r\n*** Premier Tombereau - L'homme ***\r\n\r\nI Injures anatomiques\r\n\r\na/ anales et intestinales\r\n	- Anus\r\n	- Excrétions\r\n	- Exhalaisons\r\n	- Fesses\r\n	- Ventre\r\n	\r\nb/ génito urinaires\r\n  - Appareil sexuel féminin\r\n  - Appareil sexuel masculin\r\n  - Voies urinaires\r\n  \r\nc/ céphalo-rhino-ophtalmologiques\r\n  - Crâne\r\n  - Nez\r\n  - Oeil\r\n  - Visage\r\n  \r\nII Apparence physique\r\n\r\na/ aspect général\r\n	- Grand\r\n	- Petit\r\n	- Gros\r\n	- Maigre\r\n	- Soigné\r\n	- Négligé\r\n	- Beau\r\n	- Laid\r\n	- Contrefait\r\n	\r\nb/ au-dessous de 25 ans\r\n	- Naïf\r\n	- Insolent\r\n	\r\nc/ de 25 ans à 35 ans : pas d'injures spécifiques\r\n\r\nd/ au-dessus de 35 ans\r\n	- démodé\r\n	- sénescent\r\n	\r\nIII Maladies et infirmités\r\n	\r\na/ Troubles de la virilité\r\n  - Déficient\r\n  - Impuissant\r\n  \r\nb/ Affections diverses\r\n\r\nIV Tares psychiques\r\n\r\na/ Aliénation mentale\r\n  - Dément précoce\r\n  - Dément sénile\r\n  \r\nb/ Atrophie des facultés intellectuelles\r\n  - Abruti\r\n  - Idiot congénital\r\n  \r\n \r\n \r\n*** Deuxième Tombereau - La Nature ***\r\n\r\nI Injures zoologiques\r\n\r\na/ vertébrés\r\n  - Mammifères\r\n  	. Rongeurs\r\n  	. Edentés et Insectivores\r\n  	. Carnassiers\r\n  	. Pachydermes\r\n  	. Ruminants\r\n  	. Cétacés\r\n  	. Marsupiaux\r\n  	. Monotrèmes\r\n  - Oiseaux\r\n    . Rapaces\r\n    . Passereaux\r\n    . Grimpeurs\r\n    . Gallinacés\r\n    . Colombins\r\n    . Echassiers\r\n    . Palmipèdes\r\n  - Reptiles\r\n    . Sauriens\r\n    . Ophidiens\r\n  - Batraciens\r\n  - Poissons\r\n  \r\nb/ Invertébrés\r\n	- Insectes\r\n	  . Colléoptères\r\n	  . Diptères\r\n	  . Hémiptères\r\n	  . Orthoptères\r\n	  . Hyménoptères\r\n	- Arachnides\r\n	- Myriapodes\r\n	- Crustacés\r\n	- Annélides\r\n	- Mollusques\r\n	- Protozoaires\r\n	\r\nc/ Faune antédiluvienne\r\n  - Dinosauriens et ancêtres des espèces actuelles\r\n  - Préhominidés\r\n  \r\nd/ Faune mythique\r\n  - Monstres antiques\r\n  - Génies et démons du Moyen Age\r\n  \r\n\r\nII Injures végétales\r\n  - Arbres\r\n  - Graines\r\n  - Herbes\r\n  - Fleurs\r\n  - Fruits et primeurs\r\n  \r\nIII Injures minérales\r\n  - Combustibles\r\n  - Métaux\r\n  - Roches\r\n  - Pierres précieuses\r\n  - Sels\r\n  \r\nIV Injures Liquides\r\n\r\nV Injures Gazeuses\r\n\r\n\r\n*** Troisième Tombereau : La Société ***\r\n\r\nI Injures familiales\r\n  - Ascendants\r\n  - Descendants\r\n  - Alliés et collatéraux\r\n  \r\nII Injures nobiliaires\r\n  - Roi\r\n  - Reine\r\n  - Duc\r\n  - Titres divers\r\n  \r\nIII Injures gastronomiques\r\n  - Potages\r\n  - Hors-d'oeuvre\r\n  - Entrées et plats garnis\r\n  - Légumes\r\n  - Salades\r\n  - Fromages\r\n  - Desserts et entremets\r\n  - Epices, fines herbes et condiments divers\r\n  - Confiseries\r\n  \r\nIV Injures agricoles\r\n  - Les hommes\r\n  - Le matériel\r\n  - Les locaux\r\n  - Les produits de la terre\r\n  - Les produits de l'élevage\r\n  - Les produits résiduels\r\n  \r\nV Injures ménagères\r\n  - Articles de cuisine\r\n  - Linge de maison\r\n  - Objets de toilette\r\n  - Produits d'entretien\r\n  - Outillage\r\n  - Meubles et literie\r\n  \r\nVI Injures nominatives\r\n  - Dames\r\n  - Messieurs\r\n  - Messieurs-Dames\r\n  \r\nVII Injures religieuses\r\n  - Ciel et salut\r\n  - Enfer et damnation\r\n  \r\nVIII Injures professionnelles\r\n  - Alimentation\r\n  - Ameublement\r\n  - Bâtiment et travaux publics\r\n  - Cuirs et peaux\r\n  - Sidérurgie\r\n  - Vêtement\r\n  - Agriculture\r\n  - Eaux et forêts\r\n  - Services publics\r\n  - Médecine et pharmacie\r\n  - Spectacle\r\n  - Personnel de maison\r\n  - Artisanat divers\r\n  - Secteur tertiaire\r\n    . Culte\r\n    . Hotellerie\r\n    . Divers\r\n    \r\n    \r\n*** Quatrième Tombereau : Les moeurs et la morale publique ***\r\n\r\nI les péchés capitaux\r\n  - L'orgueil\r\n  - L'envie\r\n  - L'avarice\r\n  - La luxure\r\n  - La gourmandise\r\n  - La colère\r\n  - La paresse\r\n  \r\nII Injures stigmatisant\r\n  - La bêtise et la crédulité\r\n  - La brutalité et la violence\r\n  - Le bluff et le bavardage\r\n  - La faiblesse et l'indigence\r\n  - La grossièreté et la trivialité\r\n  - L'indiscrétion et l'importunité\r\n  - L'impudicité et la dépravation\r\n  - L'altérité sexuelle et le sexisme\r\n  - L'impulsivité\r\n  - La malpropreté\r\n  - La tromperie et le mensonge\r\n  - Le vol et la malhonnêteté\r\n  - La vertu ostentatoire\r\n  - La bassesse\r\n\r\n*** Annexe : Principales locutions injurieuses de forme classique ***\r\n
      " . "2007-06-14T22:58:01"^^ . "2749506298" . "Bernard Maris : Antimanuel d'économie, Tome 2 : les cigales" . "2007-09-02T20:23:57"^^ . "2266022504" . "Primo Levi - si c'est un homme" . "2007-09-02T20:27:10"^^ . "2070322882" . "Albert Camus - Le mythe de Sisyphe" . "2007-09-02T20:30:04"^^ . "B0006ZRX86" . "Arcade Fire : Funeral" . "Ca faisait longtemps que je n'avais pas pleuré en écoutant un album." . "2007-09-07T21:52:26"^^ . "B000000OU2" . "Nirvana : MTV Unplugged in New York" . "2007-09-29T19:40:36"^^ . "2253071803" . "John Brunner - Tous a Zanzibar" . "2007-09-30T22:14:50"^^ . "2266128566" . "Aldous Huxley - Le meilleur des mondes" . "2007-10-02T23:21:29"^^ . "2070364771" . "Albert Camus : Les justes" . "2007-10-14T22:58:49"^^ . "202023811X" . "Gabriel Garcia Marquez - Cent ans de solitude" . "2007-10-21T21:46:53"^^ . "9782070362844" . "Franz Kafka - Le chateau" . "2007-12-15T15:32:01"^^ . "2070375161" . "Georges Orwell - La ferme des animaux" . "2007-12-15T15:33:17"^^ . "2253153931" . "Hermann Hesse - Le jeu des perles de verre" . "(...)\r\nil avait fait le tour des possibilités que sa charge lui donnait de déployer ses forces, et il en était arrivé au point où de grandes natures abandonnent la voie de la tradition et du conformisme docile et où, confiantes dans des puissances suprêmes qui n'ont point de nom, elles doivent se hasarder dans des voies nouvelles que nul n'a encore tracées ni connues et en assumer les risques.\r\n(...)" . "2008-02-06T18:40:11"^^ . "2012792111" . "Jacques Ellul - Le bluff technologique" . "\"Aujourd'hui, nous sommes passés à l'âge technicien, le discours sur la rationalité n'est plus tout à fait le même. Il n'est plus question de lutter contre l'irrationnel religieux, ni contre les excès de nature : il a pour but de projeter la puissance de l'homme sur l'univers entier, sur toutes les cultures, sur la nature entière, et cela grâce à la machine d'abord, et, maintenant, glorieusement, par l'ensemble des techniques, en manifestant que cette puissance, cette domination sur l'irrationnel, cette soumission au rationnel sont l'exaucement de l'être même de l'homme. Il est très remarquable en effet que la projection du rationnel sur l'univers se retourne ensuite vers l'homme : puisque le système technicien est rationnel, l'homme à son tour doit être rationnel. On est parti d'une conviction philosophique sur l'essence de l'homme, et l'on revient à lui avec un commandement éthique d'identification à l'univers qu'il a créé. D'où l'innombrable cohorte des anormaux, des marginaux, des débiles, des inadaptés, qu'il faut bien arriver à mettre au niveau de rationalité de notre monde, ou bien mettre à l'écart, entretenus par la société, mais sans qu'ils aient rien à faire, surtout pas s'en mêler.\"" . "2008-04-01T20:58:46"^^ . "2070326861" . "Raoul Vaneigem - Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations" . "2008-07-05T23:15:09"^^ . "2754000631" . "Le Yoga pour les nuls" . "2008-07-05T23:17:27"^^ . "2070394433" . "Guy Debord - La société du spectacle" . "2008-07-05T23:20:06"^^ . "222889401X" . "Nicolas Bouvier, L'usage du monde" . "2008-08-31T21:18:44"^^ . "207020989X" . "Aragon - Traité du style" . "2008-10-30T22:40:17"^^ . "2070296660" . "Jorge Luis Borges - L'aleph" . "(...)\r\nJe tournai au coin de la rue; l'angle obscur m'indiqua, de loin, que le bistrot était déjà fermé. Dans la rue Belgrano je pris un taxi. Ne pouvant dormir, possédé, presque heureux, je me disais qu'il n'y a rien de moins matériel que l'argent, puisque toute monnaie (disons par exemple une pièce de vingt centimes) est, rigoureusement, un répertoire de futures possibilités. L'argent est abstrait, répétais-je, l'argent est du temps à venir. Ce peut être un après-midi dans la banlieue, ce peut être de la musique de Brahms, des cartes, un jeu d'échecs, du café, les paroles d'Epictète qui enseignent le mépris de l'or; c'est un Protée plus versatile que celui de l'île de Pharos. C'est du temps imprévisible, temps de Bergson, non temps dur de l'Islam ou du Portique. Les déterministes nient qu'il y ait au monde un seul fait possible, id est un fait qui a pu se produire; une pièce de monnaie symbolise notre libre arbitre. (Je ne soupçonnais pas que ces \"pensées\" étaient un artifice contre le Zahir et une première forme de son influence démoniaque.) Je dormis après de tenaces méditations, mais je rêvai que j'étais les pièces que gardait un griffon.\r\n(...)" . "2008-10-30T22:42:20"^^ . "2091834599" . "René Descartes : méditations métaphysiques" . "\"Je suppose donc que toutes les choses que je vois sont fausses ; je me persuade que rien n'a jamais été de tout ce que ma mémoire remplie de mensonges me représente ; je pense n'avoir aucun sens ; je crois que le corps, la figure, l'étendue, le mouvement et le lieu ne sont que des fictions de mon esprit. Qu'est-ce donc qui pourra être estimé véritable ? Peut-être rien autre chose, sinon qu'il n'y a rien au monde de certain.\"\r\n\r\n---\r\n\r\nJe recommande la lecture des méditations à tout informaticien qui se respecte, et à tout technicien en général : c'est un métier où la pratique du doute méthodique doit devenir une habitude, et l'absence de doute une quasi-faute professionnelle.\r\n" . "2009-01-30T21:45:05"^^ . "2755500301" . "Jean-Baptiste Botul : La métaphysique du mou" . "La question métaphysique par excellence, \"pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?\", ne pose-t-elle pas en ses termes même un problème en se réduisant à deux composantes, l'être ou le néant, posées comme a priori mutuellement exclusives ? Ne faudrait-il pas succomber à l' \"alors-quoitisme\" Botulien lorsqu'il déclare : \"L'être ou le Néant... ou alors quoi ?\"" . "2009-01-30T21:53:39"^^ . "2749501490" . "Bernard Maris : Petits principes de langue de bois économique" . "La présentation de l'économie par son côté scientifique, dont on jugerait aujourd'hui trop facilement qu'il va de soi, ne devra jamais cesser d'être dénoncer. Le positivisme qui prétend arriver à expliquer tout, et à tout prévoir, se masque sous une réthorique de façade, que la crise ambiante à beau jeu de relayer à longueur de JT ou d'émissions prétenduemment... économiques." . "2009-01-30T22:01:33"^^ . "2070373630" . "Raymond Queneau : Exercices de style" . "Banlieue\r\n\r\nWouah j'étais en galère, ca faisait trois plombes que j'attendais le bus, et quand y s'est pointé la vérité il était plein à craquer, j'ai cru que je pourrais même pas monter, quoi ! En plus y'a un contrôleur là, y vient me prendre le chou pour une histoire de ticson, alors que je peux te jurer que je l'avais payer mon billet !\r\n\r\nAprès y'a l'autre keumé là, trop zarbi, avec un cou loooong comme aç, j'te jure, et un chapeau qu't'aurais dit un chapeau de clown, y commence à se prendre la tête avec le keumé à côté de lui, en lui disant \"ouais, tu m'marches sur les pompes chaque fois qu'y a quelqu'un qui descend !\". Et tu voyais il était trop mal à l'aise le type, quoi, et direct il a été s'assoeir sur une place libre avant que l'autre il lui réponde. Y m'aurais dit ça à moi, direct je lui aurais coller une, tu vois !\r\n\r\nEt le pire, c'est que deux heures après, hé bah je repassais près de Saint-Lazare, et je revois le même keumé cheulou, avec un pote à lui qui lui disait un truc sur son zonblou, ça se voyait qu'y voulaient faire les gosses beaux !" . "2009-01-30T22:02:54"^^ . "2080674722" . "Michel Houellebecq : Les particules élémentaires" . "2009-01-30T22:21:19"^^ . "2070386538" . "Eugène Ionesco : La cantatrice chauve" . "2009-01-30T22:25:12"^^ . "2081217848" . "Bernard Stiegler : Réenchanter le monde - La valeur esprit contre le populisme industriel" . "N'est-il pas curieux, n'est-ce pas absolument révoltant, de s'apercevoir qu'au fond une partie proprement énorme de l'énergie dépensée par l'espèce humaine se trouve avoir pour but d'abrutir ou de tirer vers le bas ses contemporains ?\r\n\r\nEssayons-nous à la constitution d'une \"liste noire de métiers abrutissants\", dont la visée est plus ou moins clairement de porter nuisance à l'humanité entière :\r\n
        \r\n
      • publicitaire et tous les métiers de la publicité
      • \r\n
      • fabricant de télévision et tous les métiers de la télévision
      • \r\n
      • pornographe et tous les métiers du sexe
      • \r\n
      • fabricant de tabac et d'alcool et tous les métiers associés
      • \r\n
      • footballeur professionnel et tous les métiers du football en général, en tant qu'il est un sport de masse; et en particulier commentateur sportif
      • \r\n
      • restaurateur de fast-food, ou vendeur de junk-food
      • \r\n
      " . "2009-01-30T22:30:53"^^ . "2070283860" . "Jean Baudrillard - Le système des objets" . "2009-03-01T23:46:00"^^ . "2020374293" . "Jostein Gaarder - Le mystère de la patience" . "2009-03-01T23:48:49"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/268846488" . "Why, oh why, didn't I take the blue pill ?" . "2009-03-22T09:56:36"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3375467502" . "Cerveau" . "Le nombre de neurones dans le cerveau humain atteindrait plutôt les 100 milliards, ils ont vu un peu petit..." . "2004-11-04T22:11:58"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3374651257" . "Shadok" . "2004-11-04T23:11:28"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3374650891" . "Samuel Beckett" . "2004-11-04T23:11:10"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3375467172" . "Points de suspension" . "2004-11-18T22:03:59"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3375467554" . "Point d'exclamation" . "2004-11-18T22:14:00"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3374651077" . "Point d'interrogation" . "En fait le point d'interrogation c'est un peu un point d'exclamation fatigué, qui serait comme courbé en avant sous le point des questionnements qu'il symbolise; ainsi il passerait de l'affirmation exaltée et virile du monde à un doute plus introspectif, plus retourné sur soi..." . "2004-11-18T22:16:19"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3375467598" . "Guillemets" . "2004-11-18T22:17:00"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3375467398" . "Apostrophe" . "2004-11-18T22:17:33"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3374651293" . "Virgule" . "2004-11-18T22:18:10"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3375467326" . "Les 4 royaumes" . "Vous pouvez voir la version agrandie de la carte ici.\r\nVoici un projet de carte que j'ai dessinée à mes heures perdues d'adolescent... carte d'un royaume imaginaire... j'imaginais le territoire pendant que je dessinais la carte... \r\nDessiner une carte c'est imaginer tout un monde, c'est parfois oublier que \"la carte n'est pas le territoire\", que le mot n'est pas la chose, que le signifiant n'est pas le signifié..." . "2004-12-15T22:22:26"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/31719493" . "Albaron" . "2005-08-07T15:35:57"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/33603386" . "Tournette" . "Où : La Tournette, près d'Annecy (2352 m) \r\n\r\nOu comment faire 1000 mètres de dénivelé dans la journée, après une soirée en boite et 4 heures de sommeil. Ou comment provoquer le hasard.\r\n\r\nC'est vrai, on ne peut pas dire qu'on soit partis dans des conditions optimales... on ne connaissait pas la montée, on avait juste récupéré une carte du coin, et on avait à peine sommeillé 4 heures après une soirée en boite la veille...\r\nLe brouillard était bien épais quand on s'est levé, mais on avait un peu envie de provoquer le hasard, et on se disait qu'on allait peut-être passer au-dessus en montant... En tout cas on espérait au minimum ne pas avoir de pluie.\r\nOn est arrivé la-bas à 10h30, et juste en se garant sur le parking, les nuages se sont dégagés d'un coup l'espace de quelques secondes pour nous permettre de voir une partie de la montagne au-dessus de nous. Bon signe ! Le soleil laissait une trace circulaire claire derrière le rideau de nuages mouvants, il n'était pas très loin...\r\nLa montée s'est fait en plusieurs parties : d'abord, du parking jusqu'au col de l'Aulp - vrai départ de la rando - , puis du col de l'Aulp jusqu'au refuge de Blonay-Dufour, du refuge jusqu'aux premières difficultés techniques, et puis la dernière partie vers le sommet.\r\nIl faisait vraiment froid, et le brouillard ne voulait pas se lever malgré le signe encourageant du début... Les herbes et les buissons étaient recouverts de givre. La pente jusqu'au refuge monte vraiment raide et est bien physique, et on avait du mal à faire fonctionner les jambes. Le refuge est situé sur un replas de la montagne, surplombé par une falaise, et en surplombant une autre. Le refuge était fermé, et le ciel était toujours bouché à l'horizon, mais le brouillard était un peu moins dense. Normalement on aurait du avoir une belle vue sur le lac d'Annecy depuis le refuge, mais on ne voyait guere que le parking en contrebas.\r\nNous avons continué la montée jusqu'à un petit col, le froid et le vent se faisaient plus mordants, mais nous ont laissé entrevoir un piton rocheux émergeant de la brume, sorte de vision \"phantasmatique\"... C'est depuis ce col que nous avons pu voir l'autre côté de la Tournette, vers le Mont-Blanc, qui était frappé par quelques rayons de soleil... toujours bon signe, même si du côté où nous progressions le ciel était toujours aussi bouché. Je ne sentais plus mes doigts avec le vent.\r\nLa dernière partie de l'ascension a été la plus technique - chaînes et échelles - mais rien d'insurmontable. Le brouillard laissait toujours entrevoir quelques apparitions fugaces.\r\nNous avons enfin trouvé le soleil, il se cachait au sommet ! Depuis le sommet de la Tournette, ce gros rocher qu'on appelle \"le fauteuil\", la vue était superbe sur le Mont Blanc, les nuages jouaient et s'éfillochaient sur les roches dans un vent qui devait faire descendre la température aux alentours de -10 degrés... la thermos de café était la bienvenue...\r\nLe vrai bonheur et la vrai récompense a été la descente. Le ciel s'est enfin dégagé du côté d'Annecy, et nous avons pu profiter pendant plusieurs longues pauses des jeux de lumière du soleil avec les nuages, de la danse des nuages avec la montagne, et de la lumière déclinante du blanc au jaune au orange au rose au rouge au gris au noir." . "2005-08-24T22:32:08"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/2164095900" . "Fumer... ça fait quoi déjà ?" . "Fumer tue. \r\n\r\nC'est sûrement vrai. Lorsqu'on fume, on met sa santé en danger. Alors l'Etat vous le dit, parce qu'il faut que ca rentre, bordel ! Et l'Etat ne fait pas dans la finesse niveau graphique, ça non, l'Etat n'a pas le coup de crayon d'un Picasso ni les idées d'un Starck, et il n'a pas que ça à faire l'Etat, alors il fait brutal, noir, et puis blanc, avec une grosse police Arial bien grasse, et un gros cadre d'un bon demi-centimètre pour que même le fumeur le plus abruti par les drogues douces puisse saisir le message.\r\nEt l'Etat nous dit, fumer c'est maaaââââl. Il nous dit fumer ce n'est pas biiiieeeen. Il nous éduque. Comme des enfants. Ou comme des débiles légers. En somme il nous protège contre nous-même. Et eu égard à notre liberté individuelle, cela pose quelque problème. Alors s'il ne peut arriver à culpabiliser le fumeur vis-à-vis de lui-même, il va le faire culpabiliser vis-à-vis des autres et inventer le tabagisme passif. Je n'ai pas les chiffres, mais il semblerait que les dangers du tabagisme passifs ne soient pas systématiquement prouvés - par les études indépendantes cela va de soi. Pardon, qui a prononcé le mot \"propagande\" ?\r\n\r\nEt la propagande, elle frappe fort. Elle frappe avec 2 mots et un malheureux cadre noir. Tous les designers et les créatifs peuvent aller se rhabiller au vestiaire, le match est fini, et ce n'est pas la subtilité graphique qui l'a emporté. Art vs. Communication. A ma gauche, la créativité, l'esthétique, l'art. A ma droite, la communication, l'information brute, le message binaire. Communication vainqueur par KO.\r\n\r\nAlors, l'Etat veux communiquer ? Il veut nous transmettre un message ? Bien. Alors approprions-le nous, injectons-lui de l'esthétique et de la créativité - au niveau du contenu ou au niveau du graphisme -, occupons cet espace, pour qu'il ne soit plus qu'un simple message brut, mais quelque chose de plus subtil, de l'ââââaaââaââart en quelque sorte." . "2005-08-24T23:01:11"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3375467742" . "La pub transmet le SIDA" . "Ou encore... :\r\n
        \r\n
      • Puber tue.\r\n
      • La pub ça schtroumph énormément\r\n
      " . "2005-08-24T23:20:19"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/40057357" . "Babylon control-tower" . "Noeud de convergence de tous les moyens de transport physiques humains : véhicules à moteur, personnels, auto, moto, en commun, bus, professionnels, camions; Le rail, métro, RER, TGV, marchandises; L'air, les avions, gros transporteurs ou jets privés.\r\nTout cela embrassé depuis un même point de vue, depuis un mirador de surveillance unique, la tour de contrôle centrale de Babylon-airport.\r\n\r\nChercher le sens caché et la métaphysique de tout cela. Se placer tant au niveau philosophique qu'au niveau opérationnel sur le même noeud de convergence, le même super-échangeur de toutes les influences du monde extérieur, non pour toutes les intégrer, mais pour mieux les prendre à contre-pied, mieux les dépasser, et mieux INVENTER quelque chose d'UNIQUE, quelque chose qui ne ressemble à rien de connu, une maxi lampe-torche conceptuelle capable d'éclairer les coins d'ombre de l'espace à N dimensions ainsi délimité.\r\n\r\nInventer sa liberté, en somme." . "2005-09-04T12:56:23"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/49438519" . "Barbelé" . "2005-10-04T22:16:51"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/95061896" . "Comment entr'apercevoir la Matrice ?" . "La Matrice... elle est là, tout autour de nous... \r\n\r\n... c'est ta dernière chance... tu prends la pilule bleue, tu oublies tout ce que je viens de te raconter, et jamais tu ne la verras...\r\n\r\nTes yeux seront fermés à jamais. Ils ne verront que ce qu'on veut bien leur donner à voir. Fausseté, mensonge et demie-vérité. Ils ne sauront pas voir la beauté là où elle réside. Dans le fugace, l'incertain, le chaotique. Ils resteront attirés par les illusions que ce monde sait si bien fabriquer. Les choses calculées, programmées, faciles.\r\n\r\nLa Matrice... elle régit le monde qui nous entoure...\r\n\r\n...ou alors tu prends la pilule rouge, et ta quête pour la voir pourra commencer...\r\n\r\nEt tes yeux s'ouvriront. Et tu partiras en quête de chimères. La chimère de la vérité, la chimère de l'amour, la chimère de la beauté. Et rarement il te sera donné de voir la Matrice qui pourtant t'entoure. Pourtant, en regardant attentivement certain reflets, tu pourras deviner sa présence, comme un quadrillage mouvant, occupant tout l'espace, le ciel et les bâtiments qui t'entourent, et se superposant à ta vision dans le reflet. Et alors tu sauras que tu as vu la Matrice... A moins que... à moins que ce ne soit le fond du bassin ?" . "2006-02-06T23:14:55"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/81100660" . "Babylon spotlight" . "Le trait de feu lumineux balayait le ciel noir de la ville.\r\n\r\nPhare incandescent, il essayait d'attirer à lui toutes les âmes citadines errantes.\r\n\r\nL'oeil de Big Brother scrutait le ciel, sondait les esprits, tentait de savoir quelles étaient les pensées, les envies, les désirs secrets qu'ils contenaient.\r\n\r\nDans un brouillard de champignon atomique, il n'en finissait plus de tourner, de tourner encore, fascinant et hypnotisant tous ceux regroupés à son pied.\r\n\r\nIl surveillait son territoire, sa cité, ses esclaves, il scrutait, encore et encore, voyant tout, débusquant un à un tous ceux qui oseraient encore se défier de sa puissance." . "2006-02-06T23:31:18"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/95328159" . "Babylon pyramid" . "Le touriste qui perd ses pas dans le centre de Babylone finira immanquablement par arriver à la Pyramide de Verre.\r\n\r\nVestige des temps oubliés, relief d'un ancien roi mégalomane et d'un architecte fou, elle dresse ses facettes de verre au centre exact de la ville. Au détour d'une petite rue, le touriste débouchera sur la large allée lumineuse au bout de laquelle, dans le lointain, se dresse la pyramide à quatre côtés. En approchant, peu à peu, il distinguera les bassins et les fontaines qui entourent la pointe de verre. Puis, arrivé à proximité, il distinguera les détails de la cour environnante : les pavés irréguliers, les vieilles statues, les maigres buissons. Et il pourra prendre la mesure de l'édifice qui domine la cour du haut de ses 40 mètres.\r\n\r\nEt c'est en voyant tomber la nuit et s'illuminer de l'intérieur la Pyramide de Verre que le touriste se sentira enveloppé dans le mystère de ce lieu. Aux heures noires, la pyramide projette sur la cour alentour une lumière incandescente, et illumine les vieilles statues, les maigres buissons, les pavés irréguliers. Elle projette son reflet dans l'eau des bassins dont les fontaines se sont tues. Et alors pèse sur l'endroit un sombre silence.\r\n\r\nEt c'est en se rendant compte qu'il est seul, absolument seul au pied de l'immense pyramide, que le touriste perdu se posera des questions sur ce lieu singulier. Peut-être se sentira-t-il trop oppressé par le silence lugubre pour rester plus longtemps. Peut-être s'enhardira-t-il à regarder à travers les plaques de verre ce que peut bien receler l'intérieur du bâtiment, pour ne rien découvrir, seulement un espèce d'épais brouillard lumineux; il ne distinguera même pas la source de la lumière. Ou alors il longera les quatres côtés en quête d'une quelconque entrée, pour n'en trouver absolument aucune, et pas un seul défaut dans l'agencement des plaques translucides. Sans doute ira-t-il poser des questions aux habitants des quartiers alentour, pour s'entendre répondre, par des demies-phrases et des allusions voilées, que la Pyramide de Verre est le tombeau d'un ancien roi, que son architecte est mort dans la démence après en avoir conçu les plans, et que personne aujourd'hui ne la fréquente la nuit venue. Quant à la lumière qui irradie de l'intérieur, comment savoir, à moins d'avoir le courage d'y entrer..." . "2006-02-06T23:35:55"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/103147960" . "Le signe du M" . "2006-02-22T22:11:29"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/210647496" . "Quizz Musical Visuel" . "L'industrie lourde de la musique produit parfois des choses originales. Qui ne s'écoutent pas. Par exemple cette image, qui sort du marketing de chez Virgin Digital pour la promo de leur nouveau site du même nom. Dans l'image se cachent des groupes de musiques. Saurez-vous tous les retrouver ? (L'image taille réelle est accessible ici)\r\n\r\nQuelques noms pour vous mettre sur la voie :
        \r\n
      • blur\r\n
      • gorillaz\r\n
      • rolling stones\r\n
      • queen\r\n
      • smashing pumpkins\r\n
      • ...\r\n
      " . "2006-08-09T20:52:10"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/652843180" . "Evolution ?" . "Pris depuis le site thecorporation.com." . "2007-06-28T23:15:14"^^ . "1844137872" . "Banksy - Wall and Pieces" . "2009-04-25T17:18:17"^^ . "2070321630" . "Rainer-Maria Rilke : Lettres à un jeune poète" . "2009-04-25T17:32:04"^^ . "2070374610" . "Jorge Luis Borges - Le livre de sable" . "\"J'arrivai à Londres au début de l'hiver 1902; je me rappelle la caresse de la neige, que je n'avais jamais vu et dont je goûtai le charme. J'avais pu par bonheur éviter de voyager avec Eguren. Je trouvai à me loger dans une modeste pension derrière le British Museum, dont je fréquentais la bibliothèque matin et soir en quête d'un langage qui fut digne du Congrès du Monde. Je ne négligeai pas les langues universelles; j'abordai l'espéranto - que le Calendrier sentimental donne pour \"équitable, simple et économique\" - et le volapük, qui veut exploiter toutes les possibilités linguistiques, en déclinant les verbes et en conjuguant les substantifs. Je pesai les arguments pour ou contre la résurrection du latin, dont nous trainons la nostalgie depuis des siècles. Je m'attardai même dans l'étude du langage analytique de John Wilkins, où le sens de chaque mot se trouve dans les lettres qui le composent. Ce fut sous la haute coupole de la salle de lecture que je rencontrai Béatrice.\"" . "2009-05-08T12:42:21"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535975892/" . "Carte des revenus" . "2009-05-16T14:36:44"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535158317" . "Carte du taux de chômage" . "2009-05-16T14:37:40"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535158259" . "Carte du coût du logement" . "2009-05-16T14:38:09"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535158181" . "Carte des aires urbaines" . "2009-05-16T14:38:35"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535975584" . "Carte du vieillissement de la population" . "2009-05-16T14:39:08"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535157905" . "Carte de l'évolution démographique de la population" . "2009-05-16T14:39:37"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535975526" . "Cartes de l'influence des aires urbaines" . "2009-05-16T14:39:55"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535975464" . "Carte du résultat au référendum sur la constitutio neuropéenne de 2005" . "2009-05-16T14:40:16"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535975394" . "Carte du résultat au 2ème tour de l'élection présidentielle de 2007" . "2009-05-16T14:40:38"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535157731" . "Carte des massifs forestiers" . "2009-05-16T14:41:03"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535975298" . "Carte des climats" . "2009-05-16T14:41:27"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535157595" . "Carte de france physique" . "2009-05-16T14:41:57"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535157541" . "Carte des gelées et vents" . "2009-05-16T14:42:15"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535975150" . "Carte de l'ensoleillement" . "2009-05-16T14:42:36"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535157453" . "Carte des réseaux fluviaux, aériens et TGV" . "2009-05-16T14:42:54"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535974964" . "Carte du réseau autoroutier et ferroviaire" . "2009-05-16T14:43:14"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535157237" . "Carte de l'UNESCO" . "2009-05-16T14:43:32"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535157149" . "Carte des vignobles" . "2009-05-16T14:43:52"^^ . "http://www.flickr.com/photos/thomasthomas/3535974772" . "Carte des activités agricoles" . "2009-05-16T14:44:15"^^ . "2020125269" . "Marc Augé : Non Lieux" . "2009-08-12T10:14:44"^^ . "2012790380" . "Marc Augé : Un ethnologue dans le métro" . "2009-08-12T10:15:53"^^ . "2020363763" . "John Irving : Le monde selon Garp" . "2009-08-12T10:17:05"^^ . "2914717210" . "JP Oliva, S Courgey : La conception bioclimatique..." . "...Des maisons économes et confortables en neuf et en réhabilitation" . "2009-08-12T10:19:16"^^ . "2707156094" . "F. Aubenas, M. Benasayag : Résister, c'est créer" . "2009-08-12T11:39:00"^^ . "2841113957" . "Matthieu Ricard : l'art de la méditation" . "2009-09-25T22:16:07"^^ . "226614460X" . "Matthieu Ricard : plaidoyer pour le bonheur" . "Si vous ne deviez lire qu'un seul livre de philosophie, ou qu'un seul livre sur le bonheur, ou qu'un seul livre sur le bouddhisme, ou qu'un seul livre de Matthieu Ricard, lisez celui-là." . "2009-09-25T22:20:44"^^ . "2757811614" . "Cormac McCarthy : La Route" . "2009-11-06T16:59:12"^^ . "2253943487" . "Pierre Hadot - La philosophie comme manière de vivre" . "2009-11-06T17:00:25"^^ . "2037300085" . "Dictionnaire de l'informatique 1986" . "

      Extrait d'une petite perle :

      \r\n

      Bureautique n. f. (ang. office automation). Application de l'informatique aux travaux du bureau, afin, notamment, de traiter les messages formels et les textes d'une manière automatisée.(...)

      \r\n

      Aucune technologie n'est a priori exclue de la bureautique. Une solution bureautique à un problème de traitement de l'information pourra faire appel aussi bien à des moyens informatiques, petits ou grands, qu'à la micrographie, au traitement de textes, à la télécopie ou au vidéodisque; de plus en plus, c'est une combinaison de ces moyens qu'il faudra mettre en œuvre, sans aucune exclusive. (...)

      \r\n

      La bureautique présente dès aujourd'hui (note : en 1986) un extraordinaire potentiel de moyens permettant aux entreprises, et surtout aux salariés qui y travaillent, de changer le contenu, la nature et la forme de leurs activités. rares, très rares, sont les entreprises qui ont pris conscience des mutations qui vont se produire. Peut-on imaginer ce que sera le bureau de demain, dans vingt ou trente ans (note : entre 2006 et 2016) ? les entreprises qui seront alors bien engagés dans la voie bureautique auront sans doute les caractéristiques suivantes :

      \r\n
        \r\n
      • un terminal sera à la disposition de chaque salarié, du président-directeur-général au plus jeune employé; (sic)
      • \r\n
      • une partie significative des travaux sera réalisée à domicile, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit;
      • \r\n
      • le papier aura perdu son rôle de principal support de l'information au profit des mémoires électroniques;
      • \r\n
      • un ensemble de moyens de communication (audio, vidéoconférences,...) permettra non de supprimer, mais de limiter le temps passé en réunions et en déplacements liés à ces réunions.
      • \r\n
      \r\n

      De tels changements ne se feront pas en quelques jours, mais l'on peut penser que la révolution bureautique des années 1980 aura, tant sur le plan de la vie des entreprises que sur celui des industriels fournisseurs, un impact aussi considérable que celui de la révolution informatique des années 1960-1970.

      " . "2009-12-04T09:43:07"^^ . "2070224074" . "Luigi Pirandello : Un, personne, et cent mille" . "2009-12-20T18:13:10"^^ . "2742778527" . "Pierre RABHI - Manifeste pour la Terre et l'Humanisme" . "

      Eléments de lecture partials et partiels :

      \r\n

      I. L'Homme fait partie de la Nature mais n'en est pas le maître

      \r\n
        \r\n
      • \"La planète ne nous appartient pas\";
      • \r\n
      • \"L'Homme fait partie de la Nature mais n'en est pas le maitre\";
      • \r\n
      • \"L'Univers ne va pas s'adapter à l'Homme, c'est l'inverse qui doit se produire\";
      • \r\n
      • L'Homme doit être dans la nature, et non pas contre la Nature; (p 64)
      • \r\n
      • Si l'Homme doit se trouver une place dans l'Univers, alors ce pourrait être celle d'une \"semence de conscience dont l'Univers a besoin pour être conscient de lui-même (gardons-nous  d'en tirer une quelconque suffisance)\";
      • \r\n
      \r\n

      II. L'écologie comme une vision unitaire de la Nature

      \r\n
        \r\n
      • \"L'écologie n'est pas un paramètre de la réalité, elle est la réalité\";
      • \r\n
      • \"Tout est dans tout et rien n'est séparé de rien\". (p 55)
      • \r\n
      • C'est l'esprit de l'Homme qui a une vision fragmentaire du réel, et qui lui impose une fragmentation : nations, croyances, idéologies, etc... (p 80)
      • \r\n
      • La Raison de l'Homme est forcément fragmentaire, et s'oppose à \"uné réalité de nature unitaire\" (p 47)
      • \r\n
      • Conséquence de cette unité de la Nature : il n'y a pas de dualisme entre les hommes (toi contre moi), mais une unité; aujourd'hui \"la dualité est quasiment considérée comme le fondement du vivre ensemble\" (p 87), alors qu'une vision opposée (nous sommes tous semblables, tous des consciences, nous faisons tous partie de la même Nature) est possible;
      • \r\n
      \r\n

      III. Un sentiment du sacré face à la Nature

      \r\n

      On sent chez Pierre Rabhi un respect de la Nature qui touche presque au mystique.

      \r\n
        \r\n
      • \"... une organisation si bien élaborée qu'elle ne peut être l'effet du hasard\" (p 42)
      • \r\n
      • Il faut \"réenchanter le monde\" et \"réhabiliter l'enchantement perdu\" pour \"échapper à l'incarcération de l'esprit\" (p 58)
      • \r\n
      • Par opposition à ce sentiment du sacré, Pierre Rabhi dit, à propos de la naissance de l'ère industrielle, que \"la foi en la Raison comme principe libérateur venait de naître\"; cela demande à être explicité; la Raison nous libère-t-elle ou aide-t-elle à nous libérer ? en quoi la révolution industrielle était-elle une \"foi en la Raison comme principe libérateur\" ?
      • \r\n
      \r\n

      IV. Une critique radicale de la modernité

      \r\n

      A partir de ces constats, Pierre Rabhi nous invite à \"remettre de la cohérence dans notre vie\", pour \"mettre plus de cohérence dans cette société\" (p88) :

      \r\n
        \r\n
      • L'idée maitresse - qui a guidé ses expériences au Sahel - est celle d'un retour de l'autonomie des communautés et des personnes, et en particulier de l'autonomie alimentaire;
      • \r\n
      • Cette autonomie implique de \"relocaliser les cycles production > transformation > distribution > consommation\"; elle permet également de \"sortir de la dictature économique\" (p 68);
      • \r\n
      • Le modèle actuel, basé sur le développement (y compris sur le \"développement durable\") n'est pas possible, il faut changer radicalement de paradigme; de simples ajustements du système actuels ne suffiront pas (p 88);
      • \r\n
      • Cette notion de communautés autonomes s'accompagne d'une idée de \"sobriété volontaire et heureuse\" (p 90), \"qui est en même temps une gageure éthique, politique, écologique et stratégique\" : \r\n
          \r\n
        • \"Elle est éthique parce qu'elle contribue à une répartition plus équitable des biens légitimes\";
        • \r\n
        • \"Elle est politique parce qu'elle instaure une organisation sociale fondée sur un labeur et une créativité humaine au service de la nécessité et non pour accumuler des biens capitalisables à merci\"
        • \r\n
        • \"Elle est écologique parce qu'elle contribue à épargner les ressources naturelles en réduisant les prélèvements\";
        • \r\n
        • \"Elle est stratégique parce qu'elle annule le 'toujours plus' sur lequel se fondent les dictatures économiques et marchandes\";
        • \r\n
        \r\n
      • \r\n
      \r\n

      Il en va de la survie de l'espèce humaine.

      " . "2010-01-09T13:25:03"^^ . "De l'exigence de sens" . "Comment capturer une oeuvre d'art dans une photographie ?" . "Il est difficile de dire ce qu'est une \"bonne\" photographie. Je pense qu'une \"bonne\" photo est une photo qui nous \"parle\", une photo qui produit du sens pour nous. Comme une photo arrive-t-elle à produire du sens ? Comment peut-elle passer de ce qu'elle est, simple bout de papier (ou fichier informatique), à ce qu'elle représente ? Comment peut-elle se faire oublier pour ne plus évoquer que le lieu, l'instant, ou le personnage qu'elle saisit ?\r\n\r\nPour cela il faut qu'il y ait sur cette photo une présence, que ce soit une présence humaine, avec un personnage, une présence esthétique, avec des lignes particulières, une présence atmosphérique, avec des couleurs ou des textures particulières, ou encore une présence disons \"concrète\", lorsqu'on photographie un bâtiment ou un élément d'architecture (le bâtiment \"parle\" de lui-même, de par sa seule présence imposante).\r\n\r\nPar exemple je vais au Louvre pour faire de la photo. Je peux photographier le bâtiment de l'extérieur, les lignes de la grande pyramide, attendre la nuit pour avoir une atmosphère particulière, attendre les touristes qui passent, etc... Mais est-ce que je peux photographier une oeuvre d'art exposée dans le musée ? est-ce que je peux photographier une antiquité, une statue, une peinture ? Je pense que non. Le petit bout de pierre derrière sa vitrine ne peux me parler que si j'ai son contexte, que si je connais son histoire, que si quelqu'un me l'explique, que si je m'y intéresse. Ou alors il faut que l'oeuvre parle par elle-même, en elle-même, en tant qu'objet, sans avoir besoin d'aucun contexte, ce qui est impossible pour une antiquité, par exemple.\r\n\r\nL'intérêt de la photo si elle représente une oeuvre d'art se situe forcément en dehors de l'oeuvre qu'elle représente. Il est dans l'angle de vue, dans la lumière, dans la composition, dans le regard des personnes qui la regarde, mais la photo ne peux pas rendre compte du sens de l'oeuvre elle-même. L'oeuvre renvoie déjà à quelque chose pour avoir un intérêt, elle renvoie à des hommes, à des objets, à des sensations, etc... La photo doit également renvoyer à certaines choses pour trouver son sens. Donc, à moins d'en faire une copie exacte, il n'est pas possible qu'une photo qui a pour sujet une oeuvre d'art puisse renvoyer aux mêmes choses que celle-ci." . "2004-11-06T11:11:08"^^ . "De la facilité de nommer sur Internet" . "Internet a été un formidable créateur de NOMS. Le réseau des réseau rentre parfaitement dans la logique du capitalisme en ce sens qu'il créé des objets. Des objets avec des noms, très facilement, puisqu'il n'y a rien à construire, rien à manufacturer, juste une machine et ses 10 petits doigts pour taper sur un clavier.\r\n\r\nEt l'homme s'en réjouit car il a une tendance naturelle à vouloir nommer et catégoriser les choses qui l'entourent. Cela est bien plus facile maintenant.\r\n\r\nDes noms, des objets, des identités, des marques. Des concepts (et des concepts marketing) clairement définis. Il n'y a pas de place au flou là-dedans, ne vous y trompez pas. Le hasard n'a pas sa place sur Internet. C'est carré. N'oubliez pas que l'ordinateur esr là pour standardiser, numéroter, classer, réduire toutes choses à des identifiants, des \"ID\", et ce n'est pas parce qu'Internet nous fait l'impression d'un immense bordel que ça va changer; bien au contraire... Internet est la glue qui manquait pour que la standardisation soit partagée et devienne globale, mondiale, et non plus locale. Les identifiants peuvent maintenant être partagés et être les mêmes partout, les applications informatique peuvent communiquer facilement. Une sorte de standardisation des standardisations en quelque sorte...\r\n\r\nBienvenue dans un monde d'abstraction partagée, de néant universel. Des concepts qui représentent des abstractions qui parlent de documents qui font référence à des vraies choses. Internet a atteint le seuil critique du système ou de l'économie qui s'auto-alimente, et s'auto-référence. C'est un monde parallèle en puissance, car il est désormais indépendant de la réalité." . "2004-11-07T20:08:10"^^ . "Plutôt 'Journal de Mickey', 'MCM' ou 'Elle' ?" . "L'éxécutif, le législatif, le juridique. Les 3 piliers de l'état. La presse, le 4ème pouvoir. Les grandes entreprises, 5ème pouvoir. On est en droit de se demander si le 5ème n'a pas supplanté les 3 premiers en terme d'influence sur les vies au jour le jour de nombreuses personnes, et si le 4ème remplit toujours son rôle d'observateur indépendant vis-à-vis des autres, surtout lorsque l'on sait que certains groupes \"poids lourds\" de l'industrie combinent influences politiques, volonté économique et industrielle, et communication de masse, comme c'est la cas du groupe Lagardère Media.\r\nVous ne vous rendez peut-être pas compte du nombre de marques, des livres aux chaînes de télévision en passant par les magazines, que possède le groupe Lagardère. La plaquette 2004 du groupe, présentant les résultats de l'année 2003, est à ce titre assez édifiante. Petit tour d'horizon..." . "Les livres\r\nHachette Livre, filiale à 100% de Lagardère Media, est numéro 1 de l'édition en France, 6ème éditeur mondial. Ses activités regroupent la littérature générale (1943 éditions en 2003) mais aussi les publications de manuels scolaires (1125 nouveautés en 2003).\r\nVous bouquinez un \"Livre de Poche\", vous consultez un dictionnaire \"Larousse\", vous ouvrez une encyclopédie \"Tout l'Univers\", vous lisez un roman de chez \"Grasset\", \"Harlequin\", \"Fayard\", \"Stock\" ou \"Le Masque\", vous achetez Lagardère.\r\n\r\nLa presse\r\nHachette Filipacchi Médias (HFM), c'est 245 magazines dans le monde (plus gros groupe de presse magazine au monde), soit 1 milliard de magazines vendus par an, et 130000 pages de pub.\r\nVous n'avez plus l'âge pour \"le journal de Mickey\" ? vous êtes plutôt people, genre \"Entrevue\", \"Paris Match\" ou \"Ohla!\" ? plutôt programmes télé, \"Télé 7 jours\" ? plutôt parisien branchouille, genre \"Zurban\", \"Pariscope\", \"Nova\" ou \"Premiere\" ? plutôt presse féminine, \"Isa\", \"25 ans\", \"Jeune & Jolie\", \"Parents\", \"Elle\" - et toutes ses déclinaisons ? plutôt presse régionale, \"Nice Matin\", \"La Provence\" ? plutôt belles bagnoles \"Auto Moto\" ? Tout ça, c'est du Lagardère. Et je vous passe la presse étrangère.\r\nLe dernier né du groupe est \"Public\", un magazine people qui présente également \"une sélection des programmes de télévision en cohérence étroite avec son lectorat\"; traduisez : \"qui oriente les lecteurs/trices vers les chaînes de télévision et les programmes du groupe\".\r\n\r\nLa distribution\r\nLes livres et les magazines, il faut bien les acheter quelque part... chez \"Virgin Mégastore\" (des lieux \"de découverte et d'échange\" d'après le groupe...) ou chez \"Relay\" si vous voyagez beaucoup, par exemple... toujours et encore Lagardère. C'est beau, une enterprise qui a \"pour mission de favoriser l'accès de tous à la diversité des idées et des cultures\"; traduisez : \"nous voulons vendre tout à tout le monde\".\r\n\r\nL'audiovisuel\r\nVous allumez votre télé ? vous avez sans doute \"CanalSatellite\", dont Lagardère détient 34% ? vous regardez \"Match TV\" ou \"MCM\" et toutes ses chaînes, sites web, et journaux dérivées, toutes 100% Lagardère ? Vos enfants regardent \"Canal J\" ou \"Tiji\" ? Vous êtes plutôt radio, \"Europe 1\", \"Europe 2\", \"RFM\" ? Bien, vous restez chez Lagardère.\r\nLes grandes chaînes hertziennes, peut-être ? non, vraiment, Lagardère est partout, mais ici en tant que producteur de contenu et non plus comme diffuseur. Les marques ne vous diraient rien, mais vous êtes bien tombé au moins une fois sur un épisode de \"Julie Lescaut\", \"Joséphine Ange Gardien\" sur TF1, une édition de \"Ripostes\" ou \"C dans l'Air\" sur France 5, ou \"20h10 pétantes\" sur Canal+. Lagardère Médias ne cache d'ailleurs pas ses ambitions d'\"acquisition d'une chaîne de télévision française hertzienne\" pour compléter son offre...\r\n\r\nEt alors ?\r\nEt alors, ça me fait une belle jambe, vous me direz. Quelle est le danger ? Le premier danger - qui n'en est pas un, mais qui est une réalité - est d'abord que le consommateur est pris dans un espace clos sans même s'en rendre compte : il écoute la radio Lagardère qui lui fait de la pub pour un livre Lagardère, il achète un magazine télé Lagardère dans une boutique Lagardère qui l'oriente sur des chaînes Lagardère qui font de la pub pour les boutiques et des radios Lagardère. La boucle est bouclée. Face à ce système la personne n'a plus de choix réel. La culture n'est plus quelque chose qu'elle choisit, et vers laquelle elle va dans une démarche active, mais bel et bien quelque chose qui lui est imposé, et qui lui arrive, dans une non-démarche passive.\r\nL'autre danger c'est celui d'un pouvoir de communication immense, énorme, vers des millions de gens. Imaginez qu'Arnaud Lagardère veuille faire passer un message, n'importe lequel, je ne sais pas moi, un message politique, économique ou idéologique, à des millions de gens...\r\nLe troisième danger est un manque de transparence. Les gens ne savent pas qu'un seul et même groupe est derrière les deux magazines entre lesquels ils hésitent dans la boutique avant de prendre le RER. Le savoir n'influencerait sans doute pas leur choix, mais leur permettrait au moins de lire avec plus de recul, et de comprendre pourquoi, à la mort de Jean-Luc Lagardère, tous les journaux français avait souligné dans leurs gros titres \"la disparition d'un valeureux capitaine de l'industrie française\"...\r\n\r\nSource : plaquette de Lagardère Media, réalisée par la Direction des Relations Humaines et de la Communication du groupe, en juillet 2004.\r\n\r\nPlus d'infos à propos du groupe Lagardère sur Université Tangente" . "2004-11-24T20:56:26"^^ . "Acte de naissance" . "Parce qu'il faut bien commencer par quelque part...\r\nPourquoi donc ne pas commencer par là ?" . "- \"Félicitations Monsieur, c'est, comment dire...\"\r\n- \"Quoi, un garçon ? une fille ?\"\r\n- \"Non, monsieur, c'est... un site web.\"\r\nHe bien voilà, un site internet de plus sur la toile mondiale !\r\n\r\nUn~abstract.net ne contient pas de mécanisme de navigation/classification/recherche classique. Ici le hasard est maître. Ne cherchez pas quelque chose de précis ici. Laissez-vous emporter... n'essayez pas d'avoir le contrôle... ce truc est vivant...\r\n\r\nUn~abstract.net est un site personnel et n'a aucune vocation commerciale, ne vend rien, ne fait de la pub pour rien, ne contient ni MP3 à télécharger, ni photos pornos. Il n'a aucun but sinon celui d'exister.\r\nLe contenu de Un~abstract.net est libre de droits, tant que vous le citez explicitement comme source.\r\n\r\nVos commentaires, remarques et participations seront grandement appréciées. Utilisez donc le lien \"Donner un avis\" !\r\n\r\nCe site est en conformité - autant que possible - avec les standards du W3C :\r\n
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      L'intégralité de ce site - base de données, php, xhtml, css - a été codé à la main. Aucun outil d'aide au développement n'a été utilisé. Un~abstract.net est garanti 100% naturel !\r\n\r\n\"Coded" . "2004-11-28T23:19:22"^^ . "Quoi de neuf dans l'oeuf ?" . "Tout le monde laisse une trace... tout le monde veut laisser une trace... les touristes qui gravent leurs noms sur les murs des monuments. Les constructeurs de cathédrales qui emmurent une femme lors de la construction pour donner une âme au bâtiment. les constructeurs de site web qui tiennent un journal des changements de leur site..." . "

      05/12/2004 : Le site est en ligne et fonctionne !
      \r\n
      13/12/2004 : Modification des CSS pour une compatibilité avec Firefox
      \r\n
      22/12/2004 : Bugfixing et meilleure compatibilité avec Firefox.
      \r\n
      08/01/2005 : Gestion des utilisateurs/créateurs.
      \r\n
      09/01/2005 : Ajout d'un flux de syndication RSS. L'URL RSS unabstract.net est : http://www.unabstract.net/rss.php
      \r\n
      17/05/2005 : Ajout de la fonction de recherche en XmlHttpRequest. Cliquez sur un mot pour rechercher tous les articles contenant ce mot.
      \r\n
      25/06/2005 : Ajout des pages \"medias\" (livres, cd, internet...), avec une connection aux API d'amazon pour la récupération des informations de chaque item.
      \r\n
      01/10/2005 : Finalisation de la gestion multi-utilisateur et accueil d'un nouveau collaborateur au sein de la multinationale un~abstract.net
      \r\n
      21/11/2005 : Le groupe un~abstract.net est fier d'apporter son partenariat avec une petite société qui monte, en intégrant ses API : Google. Les API de Google permettent de récupérer les métadonnées des sites référencés dans un~abstract.net.
      \r\n
      05/12/2005 : Encore une fois, notre multinationale est fière d'aider un petit nouveau, en intégrant ses API : il s'agit de Yahoo. Les API de Yahoo fournissent les mots-clés automatiques de chaque page.
      \r\n
      21/02/2006 : Notre équipe de designers a travaillé d'arrache-pied (d'ailleurs il y en a qui se sont arrachés les pieds) pour vous offrir un relifting du site.
      \r\n
      03/03/2006 : Notre équipe technique s'est arraché les cheveux (un peu comme avec l'équipe de designers, mais pour les cheveux, pas pour les pieds) pour améliorer les recherches dans un~abstract : désormais, lorsque vous cliquez sur un mot, la recherche ne tient pas compte des conjugaisons des verbes, des singuliers/pluriels, ou des masculin/féminin.
      \r\n
      12/08/2006 : Les designers s'étaient déjà arraché un pied, voilà qu'ils s'en sont arraché un deuxième pour améliorer l'ergonomie générale du site.
      \r\n
      19/12/2006 : Toute notre équipe de concepteurs a vendu son âme au diable en échange de son aide pour arriver à mettre en place une navigation alphabétique dans les pages du site. Et le département design n'est pas en reste, puisqu'ils vous ont concocté un nouveau design RedRouge !
      \r\n
      19/05/2007 : encore plus d'utilisation du xmlhttprequest pour un chargement des pages plus rapide. Image des auteurs sur flickr.
      " . "2004-12-05T21:39:28"^^ . "Get misunderstood" . "Entendu sur l'album \"Doubts & Convictions\" des Troublemakers. C'est une réplique d'un film de Truffaut. Comprenez ce que vous voulez..." . "- Personne ne sait ce qu'il se passe aujourd'hui parce que personne ne veut qu'il se passe quelque chose. En réalité on ne sait jamais ce qui se passe on sait simplement ce qu'on veut qu'il se passe. C'est comme ça que les choses arrivent.\r\nEn 17, Lénine et ses camarades ne disaient pas \"nous allons faire la révolution parce que nous voulons la révolution\". C'est : \"toutes les conditions de la révolution sont réunies, la révolution est inéluctable\". Ils ont fait la révolution qui n'aurait jamais eu lieu s'ils ne l'avaient pas faite et qu'ils n'auraient pas faite s'ils n'avaient pas pensé qu'elle était inéluctable uniquement parce qu'ils la voulaient. Chaque fois que quelque chose a bougé dans ce monde ça a toujours été pour le pire. Voila pourquoi personne ne bouge, personne n'ose provoquer l'avenir. Faudrait être fou pour provoquer l'avenir. Faudrait être fou pour risquer provoquer un nouveau 19, un nouveau 14, un nouveau 37...\r\n\r\n- Alors il ne se passe jamais plus rien.\r\n\r\n- Si, parce qu'il y aura toujours des fous et des cons pour les suivre et des sages pour ne rien faire." . "2004-12-03T12:42:51"^^ . "De la Seconde Guerre Mondiale" . "Doit-on vivre avec le poids de l'héritage de son passé ?" . "Je ne peux pas croire que le monde entier ait été soulevé par des guerres totales par 2 fois dans ce siècle et soit encore sans cesse agité de soubresauts pour qu'on en arrive là. Est-ce qu'on ne porte pas en nous cette immense, cette écrasante RESPONSABILITE de faire quelque chose de nos vies, de ne pas laisser perdre cet inestimable trésor de liberté qui nous a été légué à un prix que l'on n'imagine même pas. Sous peine de crever de honte de n'avoir pas assez vécu.\r\nD'où peut-être cette frénésie de faire, to achieve, faire pour faire, et bouger pour bouger. Est-ce que la Seconde Guerre Mondiale n'a donc servi à rien ? Est-ce qu'elle n'avait pas un but ? est-ce qu'elle s'est perdue en route ? ou bien est-ce que tout ceci n'est qu'illusion ? futilité ? Est-ce qu'elle était au creux de la vague de l'histoire, preuve éclatante de non-sens, ou bien est-ce qu'elle était à la pointe de la vague, recouverte d'écume, se lançant à la force de la marée à l'assaut d'un rivage du futur ?\r\nNon, j'ai du mal à croire que cela n'ait servi à rien. Je ne peux pas vivre avec cette idée... le puis-je ? est-ce que ce n'est pas cette idée qui est au fondement de toutes les autres, de la responsabilité, de l'engagement, du courage moral, du sens ? ou bien est-ce qu'au contraire elle étouffe toutes ces idées, elles les domine de toute sa souveraine hauteur, les empechant de s'exprimer ? Toute les autres choses semblent bien futiles à côté..." . "2004-12-13T22:55:54"^^ . "Mc Food Angel" . "Et vous pensiez que ce monde ne recelait plus aucune beauté ?" . "Ce soir j'ai aperçu un ange. En fait j'ai même eu le loisir et le plaisir de l'observer pendant un peu plus que le temps d'un simple regard.\r\n\r\nElle irradiait, elle rayonnait, elle était douce et souriait calmement. Elle était blonde, les cheveux de paille, le visage piqueté de tâches de rousseur, de la couleur de la terre battue des chemins dans les champs, sous un soleil d'été dans des yeux bleus azur. Elle était visiblement enceinte de quelques mois, mais elle ne devait guerre avoir plus de 20 ans. Et elle était serveuse dans un fast-food.\r\n\r\nHé oui, cet ange, serveuse dans un fast-food parisien crasseux, stressé et surchauffé. Le fast-food n'avait pas été très fast cette fois-ci, et j'aurais bien voulu qu'il aille encore un peu moins vite pour avoir le temps de réfléchir et de comprendre comment cet ange avait pu échouer ici jusqu'à travailler tard le soir dans ce symbole du monde standardisé, alors qu'elle attendait un enfant.\r\nPendant plusieurs minutes, le temps que j'attende mes deux pitoyables burgers, je ne vous ment pas, je n'ai pas pu détacher mon regard d'elle. Je trouve qu'il n'y a rien de plus beau qu'une femme qui attends un enfant. Elle ne criait pas, elle semblait murmurer, et tout le monde l'écoutait; elle ne faisait pas la gueule, elle souriait, et tout le monde lui souriait; elle ne courrait pas, elle faisait comme glisser, et personne ne la bousculait. Elle travaillait avec calme, ilôt de tranquilité au milieu de l'atmosphère de stress et de friture.\r\n\r\nCette jeune femme, cet ange, avait-t-elle choisi de travailler dans ce fast-food alors qu'elle était enceinte ? si elle avait eu le choix entre ce travail et un autre ... ? était-elle à sa place ? de toute évidence non.\r\nQuant à savoir les concours de circonstances et la succession d'événements qui l'ont amené à se retrouver de l'autre côté du comptoir, alors que je l'aurais plutôt imaginé du mien, voire plutôt dans un restaurant digne de ce nom, c'est une autre question...\r\n" . "2004-12-15T21:46:30"^^ . "La loi de la sélection naturelle appliquée aux idées" . "L'autre jour, j'étais en plein repassage, et au moment de passer un coup de fer sur une de mes chemises, je me suis demandé pourquoi cette chemise, ce bout de tissu, était coupé de cette façon, pourquoi il était taillé comme ça, pourquoi il y a une petite poche sur le côté gauche de la poitrine et pas sur le côté droit, pourquoi il y a une rangée de boutons devant et au milieu, plutôt que sur le côté, pourquoi il y a un col attaché par des boutons... En bref je me demandais ce qui avait bien pu amener les chemises à avoir une forme de chemise. Quel pouvait bien avoir été le cheminement et les transformations successives de ce vêtement au fil du temps... ?\r\nSi l'on prend la question du point de vue d'un \"anthropologue vestimentaire\" spécialisé dans l'histoire de la chemise à travers les âges, on trouvera tout un tas de raisons sociologiques, environnementales, et industrielles, qui ont fait que la chemise a acquis une forme de chemise. Et je ne crois pas (encore que je ne sois pas anthropologue vestimentaire) que l'on trouve dans l'histoire un moment précis où quelqu'un - ou quelques uns - se soit dit \"tiens, maintenant une chemise ce sera comme ça.\"\r\nHé bien, pour les idées, et notamment les idées politiques, je pense que c'est pareil." . "Pourquoi vit-on aujourd'hui dans un système capitaliste/néo-libéral ? est-ce parce que quelqu'un - ou quelques uns - l'a voulu ? Non, je pense tout simplement que c'est parce que ce système est globalement le mieux adapté au monde actuel. Les systèmes qui ne sont pas - ou qui ne sont plus - adaptés finissent par mourir ou par muter en quelque chose de nouveau ou d'hybride. N'allons pas chercher d'exemple plus loin qu'il n'est nécessaire et regardons à l'est de Berlin pour nous en convaincre. Le communisme russe n'était pas adapté. Le communisme chinois a muté.\r\n\r\nLes groupes et mouvements alter-mondialistes d'aujourd'hui veulent provoquer une mutation dans le système. Ils n'y arriveront pas; enfin, ce n'est pas eux qui provoqueront cette mutation directement. Ils n'en seront qu'un des facteurs déclencheurs, mais les systèmes politiques ne bougeront et ne changeront que pour s'adapter à un nouvel environnement. Une fois l'environnement radicalement modifié, et une fois atteinte un seuil critique de changement atteint, le mouvement est inévitable.\r\n\r\nCertains pourraient objecter que cette idée porte atteinte à la notion de liberté de l'individu; ils pourraient refuser de se voir pris comme simple composante d'un système régit par les simples lois de l'évolution, et de l'adaption au monde extérieur. Mais pourquoi l'homme se permettrait-il d'édifier une telle loi pour régir l'évolution des êtres vivants, tout en ayant la vanité de croire que lui et tout le système dans lequel il évolue n'y est pas soumis ?\r\n\r\nLa démocratie, la bourse, la liberté d'entreprendre, etc. font que le \"système\" est très flexible. Trop flexible, même, et plus assez humain. Mais c'est ce qui fait sa force. Rester le même tout en sachant constamment s'adapter. Changer sans changer. Une sorte de meta-système ou de meta-société en sorte, une société d'où pourrait émerger facilement et spontanément de nouvelles formes d'organisation et de systèmes." . "2004-12-22T21:48:53"^^ . "Révolution [Extrait de Deleuze]" . "Gilles Deleuze, filmé dans l'Abécédaire, texte pris dans \"Guérilla Kit\" de Morjane Baba (copyright 2003, Morjane Baba).\r\n\r\nOn sent ici la tension tragique pour celui qui est face à son destin, qui sait ce qu'il doit faire, mais qui en même temps en connaît l'issue..." . "Toutes les révolutions foirent. Tout le monde le sait. Et on fait semblant de le redécouvrir. Il faut être un peu débile. Alors là-dessus, tout le monde s'engouffre, et c'est le révisionnisme actuel : il y a Furet qui découvre que la Révolution Française, ce n'était pas si bien que ça. Très bien. D'accord. Elle a foiré aussi. La Révolution Française a donné Napoléon (on fait des découvertes qui au moins ne sont pas très émouvantes par leur nouveauté). La révolution anglaise a donnée Cromwell... La révolution américaine a donné quoi ? Pire. Elle a donné je ne sais qui. Elle a donné Reagan.\r\nQue les révolutions échouent, que les révolutions tournent mal, ça n'a jamais empêché les gens, ni fait que les gens ne deviennent pas révolutionnaires.\r\nOn mélange deux choses absolument différentes [...].\r\nC'est la confusion du devenir et de l'histoire [...].\r\nLes historiens nous parlent de l'avenir de la révolution, ou de l'avenir des révolutions. Mais ce n'est pas du tout ça la question. Il peuvent toujours revenir aussi haut qu'ils veulent pour montrer que si l'avenir a été mauvais, c'est que le mauvais était déjà là dès le début, mais le problème concret, c'est pourquoi et comment les gens deviennent révolutionnaires [...].\r\nL'affaire des hommes, dans les situations de tyrannie, d'oppression, c'est effectivement de devenir révolutionnaires. Parce qu'il n'y a pas d'autre chose à faire.\r\nQuand on nous dit après ça \"Ha ! Mais ça tourne mal tout ça...\", on ne parle pas de la même chose. C'est comme si on parlait deux langues absolument différentes. L'avenir de l'histoire et le devenir actuel des gens, ce n'est pas la même chose." . "2005-01-08T21:40:15"^^ . "Vous téléchargerez bien un morceau de fromage ?" . "Est-ce que vous n'avez pas parfois l'impression que la publicité s'essoufle à force de vouloir vendre à tout prix ? Que tout ce marketing n'a plus aucun sens ?\r\n\r\nOu la démonstration que regarder par-dessus l'épaule des gens peut vous faire apprendre beaucoup sur le monde dans lequel vous vivez.\r\n" . "J'étais dans un train. Peu importe pour où; je n'avais ni particulièrement choisi, ni particulièrement envie de me trouver là, j'y étais par obligation professionnelle, et je n'étais visiblement pas le seul, le wagon était plein de messieurs en costumes, avec cravates roses, pardessus noirs, téléphones et ordinateurs. Des B.M (à prononcer \"Bi-Em\"). Business Man.\r\n\r\nCe n'est pas bien de regarder par-dessus l'épaule des gens. C'est ce qu'on vous apprend. Mais regarder par-dessus l'épaule des gens, ça permet d'apprendre tellement de choses, ça permet de capturer des instants que les autres croient n'avoir que pour eux seuls, ça permet de deviner leurs pensées secrètes, ça permet de savoir qui ils sont vraiment. Moi je vous dis : soyez curieux, regardez par-dessus les épaules. Si vous aviez regardé par-dessus la mienne pendant ce voyage, vous auriez pu voir un livre, et vous auriez pu voir un cahier sur lequel je notais des mots énigmatiques, à conserver pour être déchiffrés plus tard. Phlegmon. Controuvée. Néantisé.\r\nEt moi je regardais à mon tour par-dessus l'épaule du B.M assis de l'autre côté de la rangée, un siège devant moi, qui avait ouvert son ordinateur devant lui. Il peaufinait une présentation sur la future campagne promotionnelle d'une entreprise - que nous appellerons l'entreprise Z pour ne pas lui porter préjudice, car là n'est pas le propos - dont l'activité principale est de produire des fromages, commercialisés sous différentes marques. Il devait faire partie de l'agence de comm' qui avait vendu, ou tentait de vendre, la campagne de pub à l'entreprise Z. J'eu une pensée fugace pour Beigbeder.\r\nLa campagne promotionnelle vantée était ciblée sur les enfants. Le B.M avait segmenté ce marché en 3 tranches d'âges : les 0-7 ans, les 8-12 ans, et les 13-15 ans. La campagne promotionnelle allait être basée sur des objets-cadeaux, des minis-jouets, offerts gratuitement aux enfants dans les paquets des fromages, ou sans doute disponibles par la Poste contre 8 points-collections + 3.55 euros de frais de port, dans un délai de 6 semaines dans la limite des stocks disponibles. Vous voyez ce que je veux dire.\r\nUn écran en particulier détaillait les idées fortes qui allaient sous-tendre la campagne pour chaque tranche d'âge : \"Le fromage à apprendre\" pour les 0-7 ans, \"Le fromage à jouer\" pour les 8-12 ans, et enfin, pour les 13-15 ans, \"Le fromage à télécharger\".\r\n\r\n... Ici il faut que je précise que je n'invente rien, et que je n'ai pas de problèmes de vue : il y avait bien marqué sur l'écran de l'ordinateur du B.M \"Le fromage à télécharger\".\r\n\r\nPour attaquer ce marché des 13-15 ans, dans le respect de cette grande idée du \"fromage à télécharger\", l'entreprise Z allait donc devoir insérer dans ses boites de fromages des minis-CD ROM, contenants jeux, histoires, et autres \"ateliers ludiques\".\r\nLes 8-13 ans étaient visiblement le \"coeur de cible\" de la campagne, la tranche où pourraient \"s'exprimer le plus la complémentarité des marques du groupe\". Pour eux, des \"clips\", sortes de smileys (émôticones pour les académiciens), têtes rondes, jaunes et expressives, sans doute à attacher un peu partout comme leur nom l'indique. Le clip qui trônait en gros sur l'écran de l'ordinateur avait la bouche ouverte dans un ovale parfait, avec des yeux en spirales, comme s'il venait de se prendre un crochet du droit dans le nez, ou qu'il s'appretait à vomir tout le fromage qu'il venait de s'empiffrer.\r\nJe passerai rapidement sur le \"partenariat fort du groupe avec la WWF\" pour les 0-7 ans, pour lequel le B.M avait apposé au-dessus du logo au panda son slogan : \"découvre les animaux en danger !\", qu'il changea peu après en : \"découvre la nature !\", parce que merde, on ne fait pas de pub sur le dos des animaux en danger, la maison à une éthique, quand même.\r\n\r\nTout ça pour dire quoi ?\r\n\r\n1) J'adore le fromage, et je n'ai rien contre l'entreprise Z. \r\n\r\n2) J'ai du mal à me mettre à la place des personnes qui montent ce genre de campagnes et qui doivent en arriver à écrire ces trucs; j'ai du mal à comprendre ce B.M. Comment garder son intégrité dans un milieu comme celui-là, sans se commettre dans de la prostitution ?\r\n\r\n3) Le marketing emprunte beaucoup de son vocabulaire à la guerre. Et il n'y a rien d'étonnant à cela, c'est une compétition permanente. Toutes les guerres finissent toujours par arriver à des absurdités, des situations qui seraient risibles si leurs issues n'étaient pas tragiques. Ici, je trouve qu'on arrive un peu à la même idée : continuer à se \"battre\" pour ne pas mourir, mais sans que le combat ait encore vraiment un sens. On a oublié pourquoi on a commencé la guerre, il faut juste gagner ou mourir, c'est tout. Retour à l'état animal. Perte de sens. Glissement sémantique. Fromage à télécharger." . "2005-01-22T20:12:04"^^ . "Décoder une oeuvre d'art moderne" . "Il faut forcément un décodeur pour comprendre une oeuvre d'art, comme pour les chaines de télévision cryptées. Si vous êtes devant une oeuvre d'art, et que vous ne connaissez ni l'artiste, ni le contexte de l'oeuvre (contexte social, économique, artistique, etc.), bref si vous n'avez pas un minimum de culture artistique, c'est comme si vous regardiez canal + sans décodeur : vous voyez flou, ou même vous ne voyez rien. Sans ce décodeur, on peut passer devant des tableaux, des sculptures, des dessins, des maquettes ou des montages sans rien en comprendre et les considérer comme de simples objets, au même titre qu'une fourchette ou une chaise.\r\nC'est ce qu'explique très bien Michel Onfray dans son \"antimanuel de philosophie\", en montrant bien comment Marcel Duchamp, en 1917, a révolutionné le champ des arts en présentant à un concours artistique une simple pissotière semblable à des milliers d'autres, à la seule différence qu'elle était signée sous un pseudonyme (un \"ready-made\"). Duchamp fait ainsi passer le monde de l'art de la question du Beau (la belle représentation du monde) à la question du Sens (pourquoi l'artiste a-t-il voulu faire cela ? qu'est-ce que cela symbolise ?).\r\n\r\nAvec l'art moderne, c'est comme si l'art s'était décalé d'un niveau, qu'il était passé du niveau terre-à-terre de la représentation à celui des idées et des concepts. Mais finalement, dans la mesure où on pourrait dire qu'une oeuvre d'art doit pouvoir susciter une émotion pour celui qui l'appréhende, les arts \"classiques\", les arts \"abstraits\" et les arts \"modernes\" remplissent ce but, simplement les trois ne passent pas par les mêmes chemins. Les arts que j'appelle ici classiques capturent l'esthétique de la réalité; les arts abstraits capturent l'esthétique de l'imagination; les arts modernes capturent l'esthétique du concept.\r\nEn restant au niveau de la réprésentation de la réalité, les arts classiques sont finalement plus \"faciles\" à appréhender (au premier abord) dans la mesure où le point commun entre le créateur de l'oeuvre et son spectateur est justement cette réalité commune à tous qui est cherchée à être représentée plus ou moins fidelement. Les arts abstraits, quant à eux, trouvent ce point commun au niveau de l'imaginaire et de la pure esthétique; mais les arts modernes trouvent leurs points de rencontre entre artiste et spectateur au niveau du conceptuel, d'où un besoin pour le spectateur de faire un cheminement intellectuel actif pour arriver à saisir un peu du sens de l'oeuvre qu'il appréhende : l'artiste a fait la moitié du chemin en présentant son oeuvre, c'est ensuite au spectateur de faire l'autre moitié du chemin en cherchant un sens (pas forcément LE sens, mais un sens) à cette oeuvre.\r\n\r\nC'est en cela qu'une oeuvre d'art est peut-être plus \"intéressante\" à regarder, dans la mesure où le sens de l'oeuvre n'est pas donné tout de suite, et où il appartient au regardeur d'aller vers ce sens. Mais encore une fois un minimum de connaissances sont nécessaires pour obtenir quelques \"clés\" permettant de mieux comprendre l'oeuvre. Et c'est pour cela que je déteste voir des oeuvres \"Sans Titre\" car le titre est toujours la première des clés pour la compréhension.\r\n\r\nEt la photo dans tout ça ? La photo est par essence une tentative de représentation esthétique de la réalité, c'est l'art figuratif par excellence. Une photo ne peut pas représenter autre chose que la réalité - si on fait comme si Photoshop n'existait pas. L'intérêt d'une photographie réside donc dans sa façon de représenter la réalité : composition, lumière, cadrage, noir et blanc ou couleur, etc.\r\nLa photo serait un art \"anti-abstrait\" et \"anti-moderne\" par excellence. Il n'y pas de Sens particulier à tirer d'une photographie : elle représente ce qui est, point." . "2005-02-06T00:00:00"^^ . "Espérance de vie" . "Bientôt immortels ?" . "L'espérance de vie vient encore d'augmenter de 10 mois en 2 ans, parait-il.\r\nA ce compte-là, un jour, quand l'espérance de vie augmentera plus vite que le temps qui passe (quand elle augmentera de 13 mois en 1 an, par exemple), alors on sera devenus immortels !" . "2005-03-24T19:53:23"^^ . "Du processus de création d'une oeuvre d'art" . "Finalement, quel est le sens d'une oeuvre d'art (moderne) ? Il faut forcément avoir un décodeur pour pouvoir appréhender correctement une oeuvre d'art, et en dégager le sens. Ce décodeur est essentiellement constitué par des informations sur le processus de création lui-même : quand, par qui, comment, dans quel contexte, avec quelles idées, quelles inspirations ? la réponse à ces questions donne des pistes pour le \"pourquoi\" ?" . "Dans certains cas - pas dans toutes les oeuvres, essentiellement dans celles qui nécessitent une interprétation active du spectateur - c'est donc finalement le process de création lui-même qui s'expose au travers de l'oeuvre. L'oeuvre dévoile le processus qui a amené à sa création en même temps qu'elle le cache; comme un language, avec sa syntaxe et sa grammaire particulière, le tableau parle, et il parle de la façon dont il a été créé. Est-ce à dire que ce que l'artiste souhaite montrer c'est le processus de création plutôt que l'oeuvre ? non, justement, l'artiste veut montrer l'oeuvre pour forcer le spectateur à réfléchir à son sens, en somme aux idées que l'artiste a voulu y faire passer, à la réalité, à l'imaginaire, ou aux concepts qui la sous-tendent et à la rencontre desquels le spectateur doit aller pour dégager le sens de l'oeuvre.\r\n\r\n\r\nAlors au fond, pourquoi ne pas exposer/montrer une oeuvre en exposant/montrant à côté tout le processus de création ? une sorte d'explicitation, de verbalisation du cheminement intellectuel ayant abouti à l'oeuvre finale. Enregistrements de conversation, textes de réflexion, croquis, enregistrements vidéos, plannings, carnets de bord, essais, ratés... exposer avec l'oeuvre tout ce qui a permis de la réaliser. Est-ce que l'oeuvre perdrait tout son sens ? ou est-ce qu'elle y gagnerait en puissance évocatrice ?\r\nCe serait une sorte de présentation d'un fragment de réalité et non plus de l'oeuvre elle-même, ce fragment de réalité qui a abouti à l'oeuvre. Ce que l'on expose, ce n'est plus l'oeuvre, c'est la réalité. Du \"Real-Art\", de l'\"Art Réalité\" comme il y a de la \"Real-TV\", la \"Télé-Réalité\".\r\n\r\n\r\nEst-ce que ce n'est pas justement ce qui est en train de se passer en ce moment dans le monde numérique ? voyez les bonus et les making-of des DVD... lisez les blogs, les journaux de réflexion, qui ne font quelques fois rien d'autre que retracer l'histoire de leur propre création et de la simple vie de leurs auteurs... Les historiques de mise à jour des sites web... Ce sont des bouts de réalité qu'on présente aux gens, et plus des oeuvres d'art. De plus en plus on présente la façon dont a été pensée une oeuvre, en essayant d'en réhausser l'intérêt pour plaire au consommateur/spectateur. L'oeuvre se raconte elle-même." . "2005-02-08T00:34:56"^^ . "(Disclaimer)" . "Nous nions tout en bloc !" . "
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      " . "2005-02-08T23:22:06"^^ . "Carte du site" . "Le plan de ce site, vraiment ?" . "Et vous croyez vraiment que je vais vous aidez à vous y retrouver ? Non, non, non, vous êtes perdus, vous ne savez pas où aller, vous errez au hasard, et c'est tant mieux ! C'est exactement ce que je veux.\r\n\r\nDonc vous n'aurez pas de carte. Pas de plan. Pas de programme. Pas de planning. Pas de route toute tracée. Vous ne saurez pas en un coup d'oeil tout ce que contient ce site. Il n'y a que lui qui sait. Et encore. Il peut y avoir des pages bien cachées, là, tout au fond, que personne n'a jamais vu.\r\n\r\nLaissez-vous portez. Naviguez de droite et de gauche. Rebondissez sur une page au hasard. Lisez. Regardez. Ou ne lisez pas. Revenez en arrière. Après tout, est-ce que ce n'est pas ce que l'on fait dans la vie, papillonner au gré des opportunités et des rencontres ?... Ici c'est pareil. \r\n\r\nVous vous croyiez libres de choisir ce que vous alliez voir, ce que vous alliez lire ? Dans des classements et des tiroirs bien rangés ? Non, non, non. Je retourne le miroir. J'injecte de la vie dans l'ordinateur. Maintenant c'est vous qui vous laissez porter et c'est le site qui commande, qui est autonome, qui est vivant." . "2005-02-11T23:44:28"^^ . "Du souvenir et des sensations" . "Prenez un lieu dans lequel vous avez passé une bonne partie de votre vie. La maison dans laquelle vous avez passé votre enfance, votre ancienne université, ou votre ancien travail.\r\nPrenez le souvenir que vous avez de ce lieu. Attention le souvenir ne doit pas être trop lointain pour être encore vivace, mais suffisamment pour s'être déjà un peu altéré.\r\n\r\nConfrontez la réalité avec le souvenir.\r\n\r\nSecouez bien." . "Me sens comme un extra-terrestre qui débarquerait sur terre, et qui trouverait en descendant les marches de sa soucoupe volante un paysage et une terre exactement identiques à ceux d'où il vient. Tout lui paraît familier, il connait tout, il a toutes ses habitudes, tous ses repères.\r\nMe sens comme un poisson qu'on aurait brusquement relancé dans son aquarium après l'avoir sorti trop longtemps de l'eau, son eau, sa place. Trop longtemps qu'il n'arrive plus à respirer, qu'il étouffe, il a besoin de retrouver un bocal, de nager en rond, de reconnaitre des lieux familiers...\r\n\r\nPourtant, est-ce que tout est pareil que dans mon souvenir ? Ho non... les souvenirs et la mémoire se déforment, ils doivent être ravivés, re-confrontés de temps en temps à la réalité pour ne pas sombrer dans le fantasme. On se dit \"Zut\", je ne pensais pas que c'était comme ça, et \"Mince\", ça a drôlement changé... \r\nMême si la réalité a évoluée indépendemment de notre souvenir, le changement dans son essence suppose une continuité, le fait que certaines choses changent implique forcément que d'autres restent les mêmes. C'est ce qui fait que nous sommes capables de faire le lien entre la réalité et notre souvenir.\r\nEt même si des différences existent entre mémoire et réalité, lequel des deux est plus \"vrai\", qu'est-ce qui fait le plus de \"sens\", qu'est-ce qui est le plus \"tangible\" pour moi ? Evidemment, le souvenir est plus vrai. C'est lui qui devient mon référentiel une fois que la réalité s'est effacé, une fois qu'elle n'est plus accessible par les sens. Si donc je devais faire une description de ce que je sais d'une chose que je n'ai pas vu depuis longtemps, je le ferai évidemment conformément à mon souvenir. Cette description pourrait se révéler fausse dans le sens où elle ne serait pas conforme à la réalité telle qu'elle est au moment où je parle, mais je l'aurait faite en toute bonne foi.\r\nAlors lorsqu'on confronte des années après le souvenir à la réalité dont il est issu, on est un peu pris de panique. On voit bien, on ne peut pas faire autrement, que cette partie du monde avec laquelle on vivait depuis longtemps, qui nous accompagnait, qui avait fait sa route avec nous, n'est qu'une mystification, un rideau de fumée, que ça n'est PAS la réalité (que ça ne l'a jamais été ?). Alors c'est une pierre de notre édifice intérieur en perpétuelle construction qui se détache et qui s'écrase dans la boue.\r\n\r\nLa réalité évolue et les souvenirs s'altèrent. Que se passe-t-il quand on combine les deux ? une impression bizarre de ne plus très bien savoir si les changements que l'on remarque sont dûs à une altération des souvenirs ou une évolution de la réalité... s'en suit un moment de doute terrible (\"What is the Matrix ?\"), que l'on peut essayer de supporter en s'entrainant à distinguer pour chaque changement que l'on remarque si il est dû \"à nous\" ou \"au monde extérieur\". Moment totalement transcendental où la réalité vient directement \"mettre à jour\" le souvenir, presque comme si ce processus se déroulait en dehors de nous, comme si le souvenir avait sa vie propre..." . "2005-03-24T21:37:10"^^ . "Services - réflexion" . "Une idée vient de me frapper en retravaillant sur ce texte \"Services\", que j'avais mis de côté depuis longtemps." . "Si on pousse le paradigme de la société de service à son maximum, un peu comme j'ai essayé de le faire, et si on imagine une société où TOUT n'est que service, location, temporaire, jour-le-jour, on en arrive à ce constat : les gens ne possèdent plus rien, ni bien matériel, ni travail fixe, ni liberté individuelle, prisonniers qu'ils sont de cette société à choix multiples. \"Vous êtes libres, libres d'avoir le choix\". Libres de choisir entre la société A et la société B. Libre de prendre le métro ou votre voiture. Une société où les gens ne possèdent rien, et où tout est collectivisé, ça ne vous rappelle rien ?... Moi ça me rappelle le communisme. Le parallèle est sans doute un peu facile, je vous l'accorde. Mais l'idée est frappante.\r\nSauf qu'ici, ce ce n'est pas l'Etat qui assure la gestion des outils et des biens collectifs, mais des sociétés privées. Une sorte de 1984 remixé, remasterisé à la sauce ultra-libérale. Dieu, que ce livre semble d'actualité... bientôt une suite, \"2084\" ?\r\n\r\nUne société de services maximalisée comme celle-ci est bien le signe que la marchandisation s'insinue dans les moindres recoins de notre vie, que chaque geste, chaque fonction vitale ou chaque objet, représente un gain marchand potentiel. Que le moindre rapport humain, que le moindre rapport social, est vu sous l'angle d'une relation marchande rationnalisable et rationnalisée. Et là encore, on retombe sur la même idée : je me trompe sans doute, mes connaissances en la matière étant singulièrement limitées, mais qu'est-ce que le communisme au sens économique sinon la rationnalisation à l'échelle d'un état du travail, des moyens de production, des biens marchands ?\r\nSauf que le communisme est une démarche qui s'est déroulée dans les faits \"top-down\", imposée par l'état, alors que cette société de services arrive à un résultat similaire par une approche \"bottom-up\", petit à petit, progressivement...\r\n\r\nA creuser, et surtout à suivre..." . "2005-05-21T11:46:30"^^ . "Fin de soirée difficile" . "Il est des moments qui marquent pour la vie. Chercher des toilettes alors qu'on est au bord de la \"rupture\" est un de ceux-là.\r\n\r\nEt à ceux qui penseront que je donne dans le scato et dans l'affreusement banal, je dirai qu'ils ont un peu raison, mais que voulez-vous, c'est tellement bon à raconter..." . "J'avais pourtant été aux toilettes en sortant du restaurant, juste avant de payer l'addition. C'était un petit restaurant dans le 17eme(1), avec une cuisine du Sud-Ouest, un petit repère de bonheur; de la cuisine simple et efficace, une petite table au fond d'un caveau voûté, une serveuse adorable, trois amis dont cette jolie fille aux yeux dangeureusement bleus assise en face de moi... le repas parfait.\r\n\r\nDonc, déjà à cet instant, debout en train d'uriner, devant la cuvette des WC de ce petit resto, j'avais senti repasser une partie de la bouteille de vin (un Bergerac), qui avait accompagné le repas... J'avais comme un sentiment d'oppression dans le bas du ventre, même avec la vessie vidée, le genre de sentiment dont on ne sait pas trop d'où il vient mais qui vous fait dire que \"va falloir que j'y retourne dans pas longtemps\"...\r\n\r\nLa soirée s'était poursuivie dans un café, près de Pigalle, aprés une petite marche digestive depuis le restaurant, marche que j'avais mis à profit pour faire plus intime connaissance avec les yeux bleus et leur charmante propriétaire, pendant que le reste de notre quatuor faisait de même de son côté, en marchant quelques pas devant nous.\r\n\r\nPeut-être était-ce le cocktail que j'avais commandé dans ce café ? peut-être était-ce les verres d'eau que j'avais bu à la fin du repas pour faire passer les 200% de cacao du chocolat basque que j'avais commandé en dessert ? Une accélération soudaine de mon métabolisme ? Je ne le saurai jamais...\r\n\r\nNous sommes finalement sortis du café, et je pense que c'est là que j'ai commis l'erreur. Je ne suis pas allé aux toilettes avant de partir. J'aurais du, comme au restaurant. Vous savez ce que c'est, dans ces cas-là, on ne veux pas faire attendre les autres, on se dit peu importe, ça peut bien attendre... et puis je voulais profiter au maximum de la présence des yeux bleux, sans gâcher mon temps à aller aux toilettes...\r\n\r\nJe suis rentré jusqu'à la Gare du Nord depuis Pigalle à pied, en abandonnant sur le chemin à Barbes mes amis et les yeux bleus. Et c'est en leur disant au revoir, en me retrouvant seul, que toute la réalité de ma situation m'est douloureusement apparue. Mon train ne partait de la Gare du Nord que dans 1 heure. Il mettait 45 minutes pour arriver jusque dans le trou de banlieue perdu dans lequel j'habitais à l'époque. Disons 2 heures au total avant d'avoir accès à des toilettes. Et ma vessie était prête à éclater.\r\n\r\nOK, il s'agissait donc de ne pas craquer sous la pression. Mon plan d'action était le suivant : d'abord, trouver des toilettes à la Gare du Nord. Si je n'en trouvais pas, aller à la Gare de l'Est. Si je n'en trouvais pas, trouver des toilettes publiques. Si je n'en trouvais pas, trouver un café encore ouvert. Si je n'en trouvais pas... non, non, il ne fallait mieux pas y penser, j'allais forcément en trouver.\r\n\r\nLes toilettes de la Gare du Nord étaient fermées. Les toilettes de la Gare de l'Est je ne les ai pas trouvées. Marcher commençait à devenir pénible... Je suis tout de même sorti chercher des toilettes publiques.\r\n\r\nLes premières toilettes publiques que j'ai trouvées étaient sur le boulevard Magenta. Je m'approchais prudemment de la bête, ignorant que j'étais des rituels nécessaires à son utilisation correcte. Je n'avais en effet jamais été contraint d'utiliser ces choses-là jusqu'ici... mais là franchement c'était too much. Donc je m'approchais de la bête, de front, la tête haute, prêt à encaisser les regards des rares passants égarés à cette heure de la nuit et qui ne manqueraient pas de se foutre de moi en me voyant en train d'enfiler des pièces dans la fente en me balançant d'une jambe sur l'autre. Donc, et pour la troisième fois, je m'approchais de la bête. Et je lu les instructions : 40 centimes, accepte les pièces de 20 centimes, de 10 centimes, et de 5 centimes. Chouette, je me dis dans un premier temps, je pensais que c'était plus cher (de toutes façons à cet instant j'aurais été près à payer 10 euros l'entrée), et j'avais déjà préparé une pièce de 2 euros que je remis dans mon portefeuille, en y cherchant les quelques menues pièces de monnaie qui ne manqueraient pas de s'y trouver et qui me permettraient d'assouvir rapidement le besoin irréprésible duquel j'étais l'objet.\r\n\r\nJe brandis une pièce de 20 centimes. Bon déjà la moitié de fait. Je continuais de chercher. 10 centimes. Bon, encore un petit effort... 5 centimes. Bon, plus que 5, allez dépèche, magne-toi, fouille sous les papiers, et trouve encore 5 centimes, allez, allez...\r\n\r\nEvidemment je ne les avais pas, ces derniers 5 centimes. Ni dans mon portefeuille, ni dans mes poches que j'ai retournées, ni dans mon sac, ni nulle part.\r\n\r\nMoment de grande solitude.\r\n\r\nLes spécialistes médicaux de la chose ont une jolie expression qu'ils appellent \"le syndrome de la clé dans la serrure\". Le fait de rentrer chez vous et de tourner la clé dans la serrure alors qu'une terrible envie vous tiraille la vessie accentue celle-ci par simple phénomène psychologique (et peut même aller, pour certaines personnes déréglées, jusqu'à \"l'accident\"). Hé bien c'est exactement ce qui venait de m'arriver, l'imminence d'un soulagement annoncé avait accentué la pression. Je m'évertuais par tous les moyens à la faire redescendre et à éloigner le sentiment de frustration pénible qui me gagnait, moi, planté comme un con au milieu du trottoir avec mes 35 centimes dans la main.\r\n\r\nAvant de m'éloigner, je jetais tout de même un dernier regard aux toilettes, pour remarquer que celles-ci n'étaient de toutes façons en service que jusqu'à 22 heures. Ouf, l'honneur était sauve.\r\n\r\nLes secondes toilettes que je trouvais étais hors-service. Les troisièmes étaient réservées aux handicapés, il fallait une carte magnétique. Je me surpris à maudire toutes les personnes en chaise roulante.\r\n\r\nJ'avais tourné pendant 45 minutes, et à cette heure-ci les cafés étaient fermés.\r\n\r\nEt je détestais voir des parisiens pisser dans la rue, ce n'était pas pour faire comme eux. Je pense vraiment que c'est un héritage du temps où les parisiens jettaient leurs ordures et leurs pots de chambre par les fenêtres. Un passage du livre écolo \"Comment chier dans les bois\" que j'avais lu peu de temps avant me revint en mémoire, qui disait en substance que s'il peu parfois être un petit peu difficile de trouver le coin approprié pour faire ses besoins lorsqu'on se balade dans la nature, lorsqu'on marche en banlieue ou même en ville, c'est carrément impossible. Je venais d'en faire la douloureuse expérience...\r\n\r\nJ'ai pris mon train, et j'ai donc attendu encore 45 longues minutes avant de pouvoir tourner la clé dans la serrure...\r\n\r\n(1) : \"Chez Teuf\", courez-y !" . "2005-05-21T19:08:04"^^ . "Navigation à vue" . "Laissez-vous porter !" . "Ici donc, pas de plan, pas de carte. No map. Pas d'indices. Faites donc l'expérience de cette liberté qui consiste à n'en avoir aucune... Certes, vous êtes libres de naviguer à l'intérieur de ce site, mais pas n'importe comment.\r\n\r\nD'abord, vous pouvez demander une page au hasard. Simple, efficace, sans détours. Mais un peu monotone à force.\r\n\r\nEnsuite vous pouvez naviguer d'une page à l'autre, lorsque celles-ci sont reliées entre elles. Si elles sont reliées, c'est qu'elles ont un point commun et qu'elles parlent de la même \"chose\".\r\n\r\nEt puis, tel le petit poucet semant ses cailloux blancs au milieu des arbres de jenesaisplusquelle forêt, vous pouvez toujours retourner sur vos pas, le chemin de toutes les pages que vous avez emprunté vous étant gracieusement indiqué (et vous ne payez aucun supplément de prix).\r\n\r\nEt enfin, merveille de la technique, poussée du paradigme navigationnel à son paroxysme, d'où que vous soyez, si un mot dans un texte vous attire, vous saute au yeux, et que vous aimeriez connaître toutes les pages du site qui contiennent ce mot, rien de plus simple : cliquez dessus. Une liste de résultats s'affichera, depuis laquelle vous n'aurez plus qu'à choisir le titre de l'article qui vous séduit le plus. Encore mieux qu'un Wiki. Je devrais faire breveter le truc, tiens.\r\nTenez, par exemple essayer de cliquer sur ce mot : PHILOSOPHIE. Alors, vous voyez ? étonnant, non ?" . "2005-05-21T19:37:03"^^ . "Divagation Constitutionnelle" . "Désolé, je devais bien résoudre le dilemne oui/non d'une façon ou d'une autre, hé bien il s'est résolu de manière plutôt métaphysique, puisque le texte, les faits, et les arguments des uns et des autres ne me permettaient pas de juger...\r\n\r\nBon, et il faut que je précise tout de même, pour être honnête : Le Traité, je ne l'ai pas lu." . "Voilà qu'on me demande mon avis sur une constitution pour l'europe. Non, non, non, sur un \"Projet de Traité établissant une Constitution pour l'Europe\"; voilà, avec des majuscules à tous les mots, pour qu'on sente bien la solennité du moment. Solennité qui n'en rend que la décision plus difficile. On aurait presque l'impression de pouvoir influencer le destin du monde, wahou, ça donne le frisson.\r\nQuant à moi, à propos de cette Constitution, j'ai clairement fait mon choix, dès le départ. J'ai pris une position qui n'est pas facile à tenir, mais je me suis battu. Je suis resté en accord avec mes principes et mes convictions. Je suis resté ferme sur mes arguments. Et j'ai été fidèle à ma seule certitude, celle qui me suis depuis plusieurs années maintenant : je suis dans le doute.\r\nJ'ai choisi de ne pas choisir. En tous cas de choisir le plus tard possible. Le plaisir de la connaissance et du spectacle du débat politique sont trop grands pour les sacrifier dans un choix trop prompt. Le côté pervers de cette position, c'est qu'évidemment, plus on amasse de l'information, plus on écoute les arguments des Ouitistes ou des Nonistes, moins il est facile de faire un choix au final. L'idée de ne pas aller voter me répugne. L'idée de voter blanc ne refléterait pas tout à fait ma démarche, puisque ma position spectatrice était tout de même destinée au final à suivre et participer au débat à ma manière, et pas à dire que la question m'était indifférente. En fait je me demande à l'heure qu'il est si je ne vais pas jouer mon bulletin à Pile ou Face.\r\n\r\nL'image des camps de concentration de la Seconde Guerre Mondiale m'obsède. Je ne m'imagine pas pouvoir mettre un Non dans une urne européenne après ce qu'il s'est passé il y a 50 ans. L'idée de l'Europe est trop belle. L'ultra-libéralisme et la marchandisation croissante des rapports humains, la misère sociale dans laquelle se trouve \"beaucoup de gens\" aujourd'hui, m'obsèdent tout autant. Je ne m'imagine pas mettre un Oui dans une urne ultra-libérale. La théorie libérale est trop moche.\r\nVoilà le dilemne dans lequel je me trouve. Alors voyons ce qu'il en sera après avoir rédigé ces quelques lignes. Passons les idées au shaker et secouons, on verra bien si le dilemne arrivera à se dépasser tout seul.\r\n\r\n\r\nLa constitution Américaine commence par ces mots : \"We the people...\". La constitution française de 1958 commence par ces mots : \"Le peuple français...\". La constitution européenne commence par ces mots : \"Nous, sa majesté le roi des belges...\", suivi de la nomenclature des 24 autres chefs d'Etats européens classés par ordre alphabétique. (voir Dantec ici. J'aime bien, c'est un autre point de vue.) Pour une constitution, c'est effectivement moyen. Remarquez, en France, on consulte le peuple, c'est déjà ça.\r\nMais cette consultation du peuple a-t-elle vraiment un sens, d'ailleurs ? car, ne rêvons pas, si le peuple Français, dans son orgueil, votait non à la Constitution, le traité ne serait pas renégocié. La procédure de ratification prévoit que si au moins 20 des 25 pays ont dit Oui à la Constitution, c'est le Conseil de l'Europe, qui se réunit fin 2006, qui en discutera et en débattra. Maintenant allez savoir ce qu'il se diront... Au mieux, le traité sera re-soumis à l'approbation des Français un peu plus tard, quand il seront mieux lunés, sans qu'il ait changé d'une virgule (ce qui s'est passé pour l'Irlande précédemment). Au pire, il sera ratifié par l'Assemblée Nationale, nos institutions ne nous obligeant nullement à un tel referendum.\r\nC'est donc un faux choix. De toutes façons la Constitution passera, aujourd'hui ou un peu plus tard - c'est ce que je crois. Mais en attendant il s'agit tout de même de se faire une idée et de chosir en fonction de ses convictions, ou de s'en forger une...\r\n\r\nAlors cette Constitution est-elle trop libérale ? dans la mesure où elle ne fait que reprendre les traités existants, on pourrait dire que non, ou qu'en tout cas elle n'avance pas plus dans ce sens que ce qui existe aujourd'hui. Seulement, c'est une Constitution au sens juridique du terme (enfin si elle joue le même rôle que le texte du même nom dans notre pays - est-ce certain ?), à savoir qu'elle sera \"l'âme\" de toutes les lois découlant d'elle, leur Matrice, en quelque sorte; ce qui n'etaient auparavant que de simples accords internationaux deviennent constitutionnels... c'est un sacré changement de statut, je trouve.\r\nChaque volet économique d'une politique devrait avoir son volet social. La partie sociale de la Constitution se réduit à peau de chagrin. Seulement, est-ce le rôle de l'Europe que de faire du social ? cela ne reste-t-il pas du domaine national - pour l'instant ? Je ne crois pas qu'aucun pays de l'Europe ait envie de voir s'externaliser vers l'Europe ses politiques de Santé, de Justice, d'Intégration, etc... Il est certainement plus facile de dire dans un texte qui s'appliquera à 25 pays \"vous ne devez pas\", ou \"il ne doit pas y avoir\" (d'entrave à la concurrence), plutôt que \"il doit obligatoirement y avoir\" (un salaire minimum égal à X% du PIB par habitant, ou 1 hopital pour X mille habitants). En d'autres termes je ne trouve pas choquant qu'un texte qui se préoccupe à la base de libre-circulation inter-état n'impose pas de normes sociales à ces mêmes états. Les compensations sociales sont encore ici à inventer.\r\n\r\nEvitons de voter non pour de mauvaises raisons : je balaye d'un revers de main l'argument de la hausse des délocalisations à cause de la Constitution. Il semble agité aujourd'hui comme l'argument de l'insécurité avant l'élection présidentielle de 2002. Il y a déjà des délocalisations aujourd'hui, la Constitution ne les fera pas augmenter. J'en profite pour balayer de l'autre main l'argument qui dit que l'on paiera plus d'impôts pour intégrer les nouveaux pays (de l'Est). C'est sans doute vrai, mais d'une part l'économie est un échange, et l'Europe a justement pour vocation de placer ses membres dans une relation gagnant-gagant : ce qui est bon pour toi est ou sera bon pour moi (voir l'exemple de l'Espagne ou de l'Irlande). Et d'autre part, payer des impôts est une belle chose; qu'ils servent à quelque chose d'utile; aider plus pauvre que soi est utile. Il ne faut pas se dire anti-libéral et refuser de payer un peu plus d'impôts.\r\n\r\nY aurait-il de mauvaises raisons de voter oui ? Dire peut-être que le texte est trop liberal, mais que tant pis, on verra bien, on changera la constitution plus tard, votons oui maintenant, on avisera après... ne rêvons pas...\r\n\r\nUn petit mot sur les institutions : un peu plus de pouvoir au parlement, des pétitions à 1 millions de signatures, une entité juridique européenne, tout cela m'a l'air très bien.\r\n\r\nLes droits fondamentaux : très bien, tout le monde à droit à la vie, on sera content de l'apprendre (cela ne met d'ailleurs pas en danger le droit d'avortement). Mais la charte est juridiquement inutilisable, et ne fait que s'ajouter à la longue liste de belles déclarations d'intentions que l'humanité à produit jusqu'ici dans son infini narcissisme, et qui ne seront suivi d'aucun effet.\r\n\r\nBien, petit bilan : on a réussi à écarter quelques arguments fallacieux pour le non, c'est déjà ça, on y voit un peu plus clair. Surprise, ce qui se dégagerait de tout cela serait finalement, aussi timide qu'il soit, un oui... Reste finalement la question majeure : le libéralisme... Impossible de s'en défaire comme ça. Ha oui, et aussi, je l'oubliais celui-là, le métaphysicien de service : \"We, the people...\" vs. \"Nous, sa majesté le roi des...\", qui nous dit, grosso-modo, qu'on est dans la Matrice, que quel que soit le bulletin qu'on glisse dans l'urne, on y restera, mais que si c'est un bulletin Non, au moins, on se sera déterminé en tant qu'homme pensant.\r\n\r\nEt là, finalement, presque au terme du voyage, on arrive à l'essentiel, le coeur, le diamant 24 carat : ce qui est important, ce n'est pas de voter oui ou non, ce n'est pas de dire oui ou non à une idéologie ou une vision du monde particulière, c'est la façon dont ce choix nous façonne. Dommage que je n'arrive pas mieux à mettre en mots cette idée, qui tient d'alleurs plus de la sensation. Comme toujours, comme à chaque fois, à chaque choix, c'est le processus qui a compté, plus que le résultat. Je peux très bien dire oui, un oui qui me détermine comme un homme pensant et agissant, plutôt qu'un mouton. Grosso-modo, la question du libéralisme, je l'élude, je la contourne. Je ne lui réponds pas, pas tout de suite, pas comme ça. Je me la garde pour plus tard.\r\nJe dis que je vote oui, non pour rester dans la matrice, mais au contraire pour essayer d'en sortir, pour penser un niveau au-dessus. Et je ne me dilue pas dans la masse de l'Europe, au contraire, je continue à essayer de surnager pour mon indépendance intellectuelle. Et je continuerai à arracher les affiches de pub dans le métro.\r\n\r\nEt devinez quoi, je viens de jouer à pile ou face. Pile c'est oui, face c'est non.\r\n\r\npile." . "2005-05-27T00:46:14"^^ . "La revanche du culturel sur l'économique" . "Hooooooooooooo Fuuuuuuuuuck.\r\nC'est un cri du coeur. Croyez-le, je ne jure que quand je me sens bien ou content. Je ne veux offenser personne. Mais c'était histoire de marquer le coup." . "Voilà donc qu'Unabstract.net s'enrichi de pages \"medias\", des pages sur des livres, des pages sur des disques, des pages sur des DVDs, etc. C'est bien. C'est d'autant mieux que c'est fait à partir des données d'Amazon; c'est à dire que les informations sur chaque page d'un livre ou d'un disque sur Unabstract.net proviennent du site web Amazon.fr. Elles ne proviennent pas d'Unabstract.net - sauf le mini-texte qui accompagne chaque page, bien sûr.\r\n\r\nEt voilà une parfaite illustration du glissement en train de s'opérer sous nos yeux : ce sont des entités privées et économiques qui nous fournissent de l'information, de la donnée, de la connaissance. Le même service aurait pu être proposé par un organisme public, type BNF ou SACEM, parce qu'après tout la culture n'est pas une marchandise. Elle doit être accessible à tous, par tous, pour tous, partout. Comme l'air que l'on respire. Alors se baser sur une entité privée pour de la fourniture de données culturelles, cela pose problème.\r\n\r\nCar ne vous y trompez pas : Amazon n'a pas mis en place ce service par pur altruisme. C'est du business, un business dont la règle est : \"Utilise mon catalogue pour promouvoir les produits que je vends, et en échange tu touches une commission sur les ventes\".\r\nEt tout le monde a marché. Tous les petits webmasters avides d'argents et de réussite se sont mis à monter des \"franchises\" Amazon, des sites dont tout le contenu vient d'Amazon, où toutes les commandes vont à Amazon, et où tout le pognon va à Amazon - moins les quelques misérables miettes que le site à nom de forêt vierge veut bien laisser derrière lui pour prix de sa contamination marchande de la toile mondiale. Amazon est un agent bactériologique marchand à fort taux de reproduction et de transmission.\r\n\r\nEt cette prolifération marchande a des conséquences aussi bien sur la toile que dans les esprits. Voyez-vous, pour utiliser ce service, il faut s'enregistrer comme \"partenaire\" auprès d'Amazon (autant dire \"charognard\" ou \"ramasse-miette\"). Cela permet de comptabiliser qui a vendu quoi pour combien. J'ai récupéré plusieurs scripts d'exemples d'appels à ce service Amazon, pour les réutiliser ou m'en inspirer. Je pourrais vous en citer au moins deux qui contiennent le numéro partenaire de leur programmeur : cela veut dire que chaque appel à Amazon fait en utilisant ces scripts fait gagner de l'argent à celui qui a écrit le script - et pas à celui qui a écrit le site qui se sert du script. Ils se croient les plus forts du monde, les petits malins (je sais ce qu'ils ressentent pour avoir moi-même pratiquer la chose par le passé). Amazon gagne de l'argent en contaminant les sites internet; ces scribouillards essaient de gagner de l'argent en contaminant les utilisateurs du service Amazon. On a l'impression d'assister à une sorte de chaîne alimentaire, de pyramide de la prédation libérale.\r\n\r\nAlors retournons le système. Ou plutôt revenons-en à la culture qui se cache derrière l'économie - car il ne faut pas oublier qu'un livre a du SENS avant d'avoir un PRIX ou que le but de la musique est de créer de l'EMOTION et pas de la VALEUR AJOUTEE. Amazon me donne accès à son catalogue. Amazon a envie que je l'utilise pour générer du profit. Hé bien ici, on va simplement se servir du catalogue, mais dans un simple but informatif, et pas marchand. Ainsi on rompt le cercle vicieux de la prédation économique. Ainsi le livre ou le disque redevient ce qu'il est, ce qu'il devrait toujours être : un sens, une émotion, un objet culturel, et il n'est plus un objet marchand. C'est la (petite) revanche du culturel sur l'économique.\r\n\r\nUn dernier mot : la mise à disposition par Amazon de l'intégralité de son catalogue de vente pourrait avoir de quoi surprendre. On pourrait se dire que ces informations sont quelque peu \"sensibles\". Je pense qu'il n'en est rien : le vrai métier d'Amazon n'est pas (ou n'est plus depuis longtemps) de vendre des livres ou des DVDs; le vrai métier d'Amazon est de faire du \"user profiling\", d'enregistrer toutes les informations possibles sur les utilisateurs de leur site, qu'ils soient acheteurs ou internautes de passage, de manière à les orienter vers des produits susceptibles de les intéresser, ou à les fidéliser. C'est là qu'est leur \"savoir-faire\".\r\n\r\nBienvenue dans la culture.com." . "2005-06-26T00:20:42"^^ . "Journal 1" . "Tutti va bene. Tout va bien. Tout va TRES bien." . "Tout allait bien, en fin de compte. Ses jours étaient aussi vides que ses nuits, une grande traversée à tâtons d'heures toutes semblables et que l'on oubliait sitôt finie. Les journées étaient comme des minutes, les semaines comme des heures. Tic, Tac. Le temps filait, son fil se déroulait au rythme infernal de Babylone - c'est-à-dire qu'en réalité, il ne se déroulait pas, son passage était si rapide et tout était toujours si totalement nouveau que finalement rien ne changeait et que le monde était comme immobile. Le monde autour de lui semblait immobile tellement il s'y passait de choses, mais son temps à lui, le temps de ses pensées, le temps de son mal-être, de ses maladies, celui-là passait et encore bien lentement il le sentait.\r\n\r\nBabylone autour de lui grouillait de gens tout aussi perdus et hagards, grouillait de lumières qui bougeaient, se délectait de sa propre obésité, de ses bourrelets d'immeubles de banlieue, de ses artères bouchées de cholestérol, de ses gros doigts adipeux mus par une volonté impérialiste d'autosatisfaction qui voulait faire croire que oui, décidément tout allait bien et que toi aussi tu devais aller bien. Face à Babylone tout devait aller bien forcément. Il n'y avait pas d'alternative. Surtout à 25 ans, tout allait décidément totalement forcément bien.\r\nIl avait endurci son cœur, il l'avait transformé en pierre, en petit caillou tout dur, en minuscule grain de sable qu'il avait alors lancé dans la grande bétonneuse où l'on mélange le ciment de la société de demain. Il s'était mis un cerveau à la place du cœur, un cerveau qui réfléchit, qui cogite, duquel le seul résultat sûr auquel on pouvait s'attendre était sa constance dans le calcul, partout, tout le temps, en toutes circonstances. Il s'était atrophié son cœur à force qu'il n'avait plus à l'utiliser dans aucune situation de la vie. Que le cerveau, tout le temps, jamais le cœur, jamais les tripes. Ses discussions étaient toutes soit professionnelles soit alimentaires, des causes et des conséquences, des résultats, des choix, des droits et des devoirs, il fallait beaucoup réfléchir, peu vouloir.\r\nIl avait un joli petit cœur en pierre, et tout allait très bien.\r\nIl vivait seul, seul le matin, seul le soir, solitaire au milieu de la capitale des solitaires. Il aurait dû faire sur son téléphone le 0 800 BITE SEXE lui répétait la même dame à la radio, sur les affiches, à la télévision, sur les prospectus. Il aurait dû car vraiment, vraiment, personne n'était seul à Babylone; pourtant elle continuait, la dame, jour après jour, à chuchoter le même message avec des soupirs érotiques comme c'était pas permis.\r\n\r\nBien sûr il y a avait les drogues, les vices, les illusions. Tout pour faire croire que l'on existait vraiment et que la vie ne se résumait pas à une suite ininterrompue de jours et de nuits tous identiquement semblables à l'infini, ceux passés comme ceux à venir.\r\nLes drogues et les vices ça lui faisait penser que décidément tout allait bien, que ça ne servait à rien d'aller voir ailleurs, qu'il avait toute la vie dont il avait rêvé. Le plus sordide était qu'il se demandait même s'il n'avait pas effectivement rêvé cette vie-là.\r\nLes illusions elles lui montraient une autre Babylone, ailleurs, mieux. Plus belle, où il rencontreraient sa femme, voyagerait, aurait des enfants, verrait sa famille, aurait des amis, serait riche. Elles dansaient au fond de son esprit les illusions, revenaient une par une sur le devant de la scène pour bien se faire admirer et puis repartaient se cacher.\r\nTutti va bene. Tout allait très bien." . "2005-08-23T23:16:36"^^ . "Mode d'emploi de Un~abstract.net" . "Factuel. Concret. Objectif. As easy as 1,2,3. Un classique mode d'emploi. Instructions d'utilisation de Un~abstract.net en 8 feuillets et 12 langues. Avec schémas explicatifs." . "
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      • Vous pouvez consulter les étapes précédentes de votre parcours et revenir sur vos pas si vous le souhaitez.\r\n
      \r\nBon voyage..." . "2005-09-10T14:49:28"^^ . "Journal 2 - Amour" . "Déclenchement du mode de pensée automatique. Lyrisme à plein tube; envolées Wagneriennes modernes et sauvages sur des paroles de Shakespeare qui tournent en boucle toute la journée, réellement entendues ou simplement imaginées, constamment ressassées.\r\nSon image ne me quitte plus. Elle est là le matin lorsque j'ouvre les yeux, devant moi, elle est avec moi le soir quand je souffle la bougie, elle me suit la journée durant, et me poursuit jusque dans mes rêves. Qu'ai-je donc bien pû lui faire pour qu'elle me tourmente ainsi... ?\r\nC'est une véritable pensée cancéreuse, elle me phagocyte l'intellect. Elle se répand, dans les moindres gestes de la vie, dans les moindres pensées, elle est en arrière-plan, là quelque part, distillant sa couleur rose partout. C'est tellement beau.\r\nC'est un piège. Une véritable tourmente. Un pur aphrodisiaque. Quelque chose qui vous rend si heureux et en même temps si triste. Rien ne peut rendre compte de cette sensation, seuls les poêtes pourraient - peut-être - s'en approcher, les mots plats ne servent à rien. C'est de l'amour.\r\nLa méthode scientifique moderne ni aucun autre artefact de la raison ne pourra jamais arriver à expliquer ce sentiment. Il ne faut pas perdre cela de vue, alors que nous évoluons dans un monde où elle se targue de pouvoir tout englober par ses théorèmes.\r\n\"L'Amour ? physiologiquement parlant, on arrive exactement au même avec une tablette de chocolat.\" (*) Voilà bien une parole du Diable de la raison, qui cherche à mesurer, à calculer un tel sentiment. Comment mettre sur le même plan le monde physique et le monde émotionnel ?... Bienvenue dans un monde où la raison est maître.\r\n\r\n(*) : Le Diable joué par Al Pacino dans le film \"L'avocat du Diable\"" . "2005-09-22T23:16:01"^^ . "La récupération des concepts révolutionnaires dans la publicité" . "Viens de lire un article sur la récupération des idées révolutionnaires par les publicitaires. Pourquoi ces idées font-elles vendre ? pourquoi notre envie de révolution, notre envie de tout péter, ferait-elle avancer le système ? En quoi cela peut-il expliquer le recul du politique sur l'économique ?" . "Quels sont les moteurs du capitalisme ? Quels mécanismes de l'esprit humain font tourner l'économie d'aujourd'hui ? Il y en a sans doute plusieurs, aux frontières floues. Et c'est bien sûr la consommation, l'argent dépensé par les consommateurs qui est le carburant principal du 4x4 capitaliste.\r\nAlors qu'est-ce qui nous pousse à consommer, vous, moi ? il y a bien sûr les besoins \"naturels\" qui forment la base de la pyramide des besoins, se nourrir, se loger. Mais c'est sans doute le besoin de se différencier de ses voisins qui nous pousse à accumuler un tas d'objets inutiles. Besoin de différenciation, d'affirmation de soi dans l'unicité, sentiment d'appartenance à des groupes sociaux particuliers et étiquettés. \"Think different, think...\". \"Bienvenue dans un nouveau monde, le vôtre\". C'est la classique \"capillarité\" des besoins, du haut en base de la pyramide sociale : d'abord quelques \"happy few\", puis les bourgeois bobos, puis le peuple; et une fois le peuple servi, les bobos doivent trouver une nouvelle façon de se différencier; toujours plus loin la roue tourne (mais vers où ?).\r\nD'où la récupération incessante des idées révolutionnaires par les pubards pour vendre toujours plus. Personne ne vends mieux que le Che. Rien ne vends mieux que Mai 68. Parce que cela exalte l'illusion de liberté, de différence. Parce que, ironiquement, c'est l'envie de révolution qui entretient le système actuel.\r\n\r\n\"C'est l'envie d'être tous différents qui est le moteur de l'économique. Mais il serait temps de vouloir être tous semblables pour faire avancer le politique.\"\r\n\r\nEn effet, si l'envie d'être différents nous pousse à acheter, c'est l'envie de trouver un but commun, de vivre ensemble, qui nous pousse à participer au débat politique.\r\nEt c'est cette envie de différenciation sociale sur tous les plans, sans arrêts, toujours plus loin, qui fait que l'économique s'infiltre de plus en plus dans tous les aspects de nos vies - au détriment du politique ? Il faut toujours trouver quelque chose de nouveau grâce auquel le besoin de différence sera satisfait.\r\nAlors il faut prendre garde de ne pas choisir le bulletin que l'on met dans l'urne sur les mêmes critères que ceux avec lesquels on consomme dans la vie de tous les jours, et de ne pas laisser ces mêmes critères devenir les seules bases des choix de nos vies. " . "2005-10-04T21:40:54"^^ . "Ne craquez pas sous la pression" . "Incroyable la négativité de tous les mots qui dérivent du mot \"pression\"; voici une liste par ordre croissant de \"sens négatif\" du mot. Attention cette liste comporte un intrus, Saurez-vous le dénicher ?\r\n
        \r\n
      1. im - pression\r\n
      2. dé - pression\r\n
      3. sup - pression\r\n
      4. op - pression\r\n
      5. ré - pression\r\n
      6. bière pression\r\n
      " . "2005-12-10T15:29:49"^^ . "Créa - Sutra" . "Sachez, mesdames, qu'il ne faut pas dire :\r\n\r\n\"la sagacité m'habite\"\r\n\r\nDe même que l'on ne dit pas :\r\n\r\n\"Je suis pénétrée par l'inspiration\"\r\n\r\nMais bel et bien :\r\n\r\n\"J'ai le feu au Q.I.\"" . "2005-12-15T23:27:09"^^ . "Questionnaire" . "Questionnaire du service Américain des douanes pour l'entrée sur le territoire américain." . "Etes-vous concerné par les restrictions suivantes ?\r\n\r\nEtes-vous atteint de maladie contagieuse, de troubles mentaux ou physiques ? faites-vous usage de stupéfiants ? êtes-vous toxicomane ?\r\n\r\nOui / Non\r\n\r\nAvez-vous été arreté ou condamné pour un délit ou un crime réprouvé par la morale publique, ou enfreint la loi en matière de substances contrôlées ? avez-vous été arreté ou condamné à une peine totale d'emprisonnement de 5 ans ou plus pour deux délits ou plus ? avez-vous été impliqué dans le trafic de substances contrôlées ? demandez-vous l'entrée aux Etats-Unis dans l'intention de vous livrer à des activités criminelles ou immorales ?\r\n\r\nOui / Non\r\n\r\nAvez-vous été impliqué, ou êtes-vous maintenant impliqué dans des activités d'espionnage, de sabotage, de terrorisme, de génocide ou, entre 1933 et 1945, avez-vous participé en aucune facon a des persécutions perpetrées au nom de l'allemagne nazie ou de ses alliés ?\r\n\r\nOui / Non\r\n\r\nAvez-vous l'intention de chercher du travail au Etats-Unis ? avez-vous été refoulé ou expulsé des Etats-Unis ? avez-vous été reconduit a la frontière des Etats-Unis ? avez-vous obtenu ou cherché à obtenir un visa ou l'admission aux Etats-Unis par voie de fraude ou de fausses déclarations ?\r\n\r\nOui / Non\r\n\r\nAvez-vous retenu, volontairement ou par la force, un enfant dont le droit de garde avait été confié à un ressortissant americain, ou avez-vous empeché ledit ressortissant d'exercer son droit de garde ?\r\n\r\nOui / Non\r\n\r\nL'octroi d'un visa ou l'admission aux Etats-Unis vous a-t-il déjà été refusé ? est-ce qu'un visa d'entrée aux Etats-Unis qui vous avait été octroyé a été annulé ? en cas de réponse affirmative, quand ? où ?\r\n\r\nOui / Non\r\n\r\nAvez-vous déjà demandé à être exoneré de poursuites judiciaires en échange de votre témoignage ?\r\n\r\nOui / Non\r\n\r\n\r\n\r\nATTENTION : si vous avez répondu \"Oui\" à une ou plusieurs de ces questions, veuillez contacter l'ambassade des Etats-Unis AVANT d'entreprendre votre voyage. Il est possible que l'entrée aux Etats-Unis vous soit refusée." . "2006-01-22T02:33:10"^^ . "Impressions USA" . "C'est d'abord des odeurs. Les fumets de saucisses des marchands de hot-dogs dans la rue, le cuir des intérieurs de taxi qui passent la fenêtre ouverte, la poussière des journaux dans leurs distributeurs. Et une impression plus profonde, plus subtile, un je-ne-sais-quoi dans le fond de l'air, une fraicheur ou une vivacité, peut-être le vent, le bleu du ciel différent, le coucher de soleil pas pareil. Comme si la nature disait, sous le béton de la ville : \"je suis encore là\".\r\n\r\nEt il y a les sons qui tournoient tout autour de vous, le bruit des sirènes de police ou d'ambulance dans les rues du centre ville, des klaxons, le psshhtt-clac d'une canette de soda que quelqu'un ouvre, les mêmes mots que l'on entend sans arrêt, like, whatever, ho my god, les talons d'une jeune femme qui claquent sur le béton du trottoir.\r\n\r\nEt puis, dès que l'on mange, des goûts, celui de la cannelle sucrée, du beurre de cacahuète, du café insipide, du fromage industriel, ou du sandwich d'un food-truck sale mangé sur le pouce, comme d'habitude.\r\n\r\nIl y a aussi des impressions visuelles. La verticalité vertigineuse des buildings de métal et de verre qui, acollés les uns aux autres, vous encerclent et vous toisent du haut de leurs centaines de mètres. L'horizontalité morne de la banlieue immense, où, elles aussi acollées les unes aux autres, les maisons toutes identiques s'étirent sans discontinuer sur la plaine. L'impression que tout est plus grand, aussi; on le raconte, et c'est vrai. Comme s'il y avait un problème d'échelle dans tout ce que l'on voit. Des rues plus larges, de grosses voitures, des halls de gare tout en marbre et en colonnades, des drapeaux immenses flottant très haut, de grands lits, de hauts bureaux. Il n'y a rien de petit, ici.\r\n\r\nEt toujours, la face cachée. Les ordures jetées, les ruelles sombres où personne ne va, les quartiers à l'abandon, les gens pauvres, les zones insalubres. Mais qui s'en soucie ?\r\n\r\nEnsuite il y a les gens, avec leur caractère et leur culture. Trop difficile à résumer. Blancs et noirs et jaunes et arabes, serviables, you're welcome, commerçants, can I help you, polis, nice to meet you, patriotes, fiers, sans complexes, avec le sens de la communauté. Pour moi ils se ressemblent tous beaucoup, toujours les mêmes expressions dans le langage, les mêmes habitudes, les mêmes envies, le même but dans la vie. Comme si on parvenait ici à la quintessence même de la culture mondiale uniformisée, à ses racines, à son coeur." . "2006-01-25T03:50:16"^^ . "Salut à toi" . "Salut à toi - Les Béruriers Noirs" . "Salut à toi ô mon frère\r\nSalut à toi peuple khmer\r\nSalut à toi l'Algérien\r\nSalut à toi le Tunisien\r\nSalut à toi Bangladesh\r\nSalut à toi peuple grec\r\nSalut à toi petit Indien\r\nSalut à toi punk iranien\r\n\r\nSalut à toi rebelle afghan\r\nSalut à toi le dissident\r\nSalut à toi le Chilien\r\nSalut à toi le p'tit Malien\r\nSalut à toi le Mohican\r\nSalut à toi peuple gitan\r\nSalut à toi l'Ethiopien\r\nSalut à toi le tchadien\r\n\r\nSalut à vous les Partisans\r\nSalut à toi \"cholie all'mante\"\r\nSalut à toi le Vietnamien\r\nSalut à toi le Cambodgien\r\nSalut à toi le Japonais\r\nSalut à toi l'Thaïlandais\r\nSalut à toi le Laotien\r\nSalut à toi le Coréen\r\n\r\nSalut à toi le Polonais\r\nSalut à toi l'Irlandais\r\nSalut à toi l'Européen\r\nSalut à toi le Mongolien\r\nSalut à toi le Hollandais\r\nSalut à toi le Portugais\r\nSalut à toi le Mexicain\r\nSalut à toi le marocain\r\n\r\nSalut à toi le Libanais\r\nSalut à toi l'Pakinstanais\r\nSalut à toi le Philippin\r\nSalut à toi l'Jamaïcan\r\nSalut à toi le Guyanais\r\nSalut à toi le Togolais\r\nSalut à toi le Guinéen\r\nSalut à toi le Guadeloupéen\r\n\r\nSalut à toi le Congolais\r\nSalut à toi le Sénégalais\r\nSalut à toi l'Afro-cubain\r\nSalut à toi l'Porto-ricain\r\nSalut à toi la Haute Volta\r\nSalut à toi le Nigéria\r\nSalut à toi le Gaboni\r\nSalut à toi le vieux chtimi\r\n\r\nSalut à toi Che Guevara\r\nSalut aux comités d'soldats\r\nSalut à tous les hommes libres\r\nSalut à tous les apatrides\r\nSalut à toi la Bertaga\r\nSalut aussi à la Banda\r\nSalut à toi punk anarchiste\r\nSalut à toi skin communiste\r\n\r\nSalut à toi le Libéria\r\nSalut à toi le Sri Lanka\r\nSalut à toi le sandiniste\r\nSalut à toi l'unijambiste\r\nSalut l'mouv'ment des Jeunes Arabes\r\nSalut à toi Guatemala\r\nSalut l'P4 du contingent\r\nSalut à toi le Shotokan\r\n\r\nSalut à toi peuple Kanak\r\nSalut à toi l'tchécoslovaque\r\nSalut à tous les p'tits dragons\r\nSalut à toi qui est keupon\r\nSalut à toi jeune Malgache\r\nSalut à toi le peuple basque\r\nSalut à toi qu'est au violon\r\nSalut à toi et mort aux cons\r\n\r\nSalut à toi le Yougoslave\r\nSalut à toi le voyou slave\r\nSalut à toi le Salvador\r\nSalut à toi le Molodoï\r\nSalut à toi le Chinois\r\nSalut à toi le Zaïrois\r\nSalut à toi l'Espagnol\r\nSalut à toi le Ravachol\r\n\r\nSalut à toi le Hongrois\r\nSalut à toi l'iroquois\r\nSalut aussi à tous les gosses\r\nDes îles Maudites jusqu'à l'Ecosse\r\nSalut à vous tous les zazous\r\nSalut à la jeune garde rouge\r\nSalut à toi le peuple corse\r\nSalut aux filles du Crazy Horse\r\n\r\nSalut à toi la vache qui rit\r\nSalut à Laurel et Hardy\r\nSalut à toi peuple nomade\r\nSalut à tous les \"camawades\"\r\nSalut à toutes les mères qui gueulent\r\nSalut aussi à Yul Brunner\r\nSalut à toi l'handicapé\r\nSalut Jeunesse du monde entier\r\n\r\nSalut à toi le dromadaire\r\nSalut à toi Tonton Albert\r\nSalut à toi qu'est à la masse\r\nSalut aussi à Fantomas\r\nSalut à toi Roger des près\r\nSalut à toi l'endimanché\r\nSalut à tous les paysans\r\nSalut aussi à Rantanplan" . "2006-02-03T22:06:30"^^ . "Une économie ne fera jamais une société" . "Extrait d'une Interview de Régis Debray dans le Nouvel Observateur du 9 février 2006." . "Nous avons nos religions séculières, et quand elles dépérissent, c'est le collectif qui se défait. Connaissez-vous une société historique sans sacralité ? Sans un englobant, un intouchable, un inaliénable ? Pour nous, l'ancien sacré religieux est désacralisé, nos sacrilèges et nos interdits ont à voir avec Auswitch, l'enfance, l'égalité des hommes. Qui les bafoue, même en paroles, commet un blasphème social. Il est out. Le sacré est tout ce qui ne nous appartient pas, ce dont nul ne peut disposer pour son propre compte. Les hommes ne partagent que ce qui les dépasse. C'est pourquoi une économie ne fera jamais une société." . "2006-02-17T22:29:24"^^ . "L'oeuvre d'art par delà le bien et le mal" . "Extrait du texte de Laurent van Elslande, \"Nietzsche Hubert Alles\"" . "L'oeuvre d'art est en effet « par-delà le bien et le mal », le vrai et le faux, le juste et l'injuste, le convenable et l'inconvenant. Qui dira d'une musique qu'elle est « vraie » ou « fausse », d'une statue qu'elle est « morale » ou « immorale » ? La science, qui prétend comprendre le monde en plaquant sur lui une grille mathématique ou en l'instrumentalisant dans la technique, porte un égal intérêt à toutes choses. L'art non. Il choisit, il trie dans le réel, il omet délibérément certaines choses et en accentue certaines autres de façon aussi arbitraire qu'indiscutable : comment un peintre pourrait-il justifier qu'il trouve « intéressante » une lumière... mais qui pourrait lui contester le droit de le faire ? Tout discours se prétendant vrai (donc y compris celui-ci...) est de l'ordre de la re-présentation du monde, alors que l'art est de l'ordre de la création. La science, l'histoire et tous les discours conceptuels se soumettent au « réel », l'art, lui, invente des mondes. La connaissance procède par concepts (le concept d'homme, d'arbre, d'animal, etc.), or le concept est ce qui est commun à tous les objets d'une catégorie donnée et désigne donc ce qui a perdu tout caractère individuel. Dès lors, il n'est plus qu'une ombre, une coquille vide, un schéma, un nom. Or l'art refuse ce qui est commun, car cela rend commun, c'est à dire triste, terne, fade et sans vie. L'art est d'essence foncièrement individuelle, d'une part à cause de la démarche strictement personnelle de l'artiste, d'autre part à cause du fait qu'il révèle la nature profonde d'une réalité individuelle (d'un objet, d'une personne, etc.) par la traduction qu'il en donne. N'y a-t-il pas infiniment plus de « vérité » sur l'amour dans une seule chanson de Brel que dans tous les livres sur les hormones ? Nietzsche écrit : « L'histoire et les sciences de la nature furent nécessaires contre le Moyen-Age : le savoir contre la croyance. Contre le savoir, dirigeons maintenant l'art retour à la vie ! »" . "2006-03-16T21:53:13"^^ . "Babylone, lieu de la réalité exacerbée" . "La Ville-monde / Ville-monstre est le catalyseur de toutes les réalités du système, concentrées en un même point. Tous les aspects de la réalité s'y trouvent réunis, compressés et densifiés, augmentant leur \"degré de réalité\", c'est-à-dire leur impact sur les individus." . "La Ville est le lieu de la construction, de l'architecture, le façonnage par l'homme de la nature à son image. On y rationalise l'espace verticalement; elle est aussi le point de rencontre de tous les moyens de transport, le centre névralgique de tous les axes de communication, depuis son centre jusqu'à la lointaine périphérie. On y rationalise l'espace horizontalement.\r\nLa Ville ne dort jamais, ne s'arrête jamais, palpite sans discontinuer. Il faut optimiser ses trajets, y avoir moult activités sociales, ne pas se reposer, ne pas y rester sans rien faire. On y rationalise le temps.\r\nLa Ville est le centre du profit, il faut y faire de l'argent pour vivre. Il faut y maximiser le bénéfice à tous prix, limiter les coûts, augmenter les ventes. On y rationalise le travail.\r\nLa Ville est le lieu de vie de nombreuses personnes qui se croisent, s'entrecroisent, s'apprécient mais le plus souvent se supportent ou se détestent, et qui doivent bien vivre ensemble. Il faut, pour y évoluer, s'accomoder de la présence continuelle d'autrui et accepter de n'être jamais seul. Le tissu social s'y densifie.\r\nBabylone-ville est un centre de culture, elle est le lieu de naissance des tendances et des modes qui se propageront ensuite dans le reste du monde. C'est un chaudron bouillonnant d'idées, c'est le réceptacle crasseux de ce que certains appellent l'art.\r\nLa Ville est un centre de pouvoir, politique et économique. Des décisions y sont prises qui impacteront le monde-dans-la-ville et le monde-hors-de-la-ville. La ville est une forme super-évoluée de structure sociale humaine. C'est le symbole de l'hominisation galopante.\r\n\r\nTous ces aspects de la société existent bien entendu en dehors de la Ville, et ce n'est pas elle qui les a créé. La Ville, en les exacerbant, en les faisant s'entrechoquer, ne fait que les rendre beaucoup plus réels, au détriment de l'espace vital de l'individu : espace physique, espace mental, espace de liberté, espace créatif." . "2006-03-18T00:39:20"^^ . "Money for nothing" . "L'argent est quelque chose de très concret dans nos vies actuelles.\r\nIl prend une place de plus en plus importante, il fait partie de nos préoccupations quotidiennes majeures. Nous le gardons dans nos portes-monnaie ou portefeuilles, dans nos poches ou dans nos vestes, au plus près de notre coeur. Nous l'utilisons régulièrement.\r\n\r\nPourtant l'argent est également chargé d'une valeur symbolique extrèmement puissante. Il est le symbole de la réussite sociale. Qui en possède beaucoup est instantanément respecté. Qui est possède peu est exclu. Pourquoi ? parce que c'est un symbole. Sa portée symbolique est immense, tout comme celle d'une belle voiture.\r\n\r\nEt aujourd'hui l'argent se virtualise de plus en plus. virements de compte à compte, cours d'actions virtuels, chacun doit se faire pour lui-même une représentation mentale de l'argent qu'il possède. Il est presque impossible d'avoir aujourd'hui devant soi la totalité de l'argent que l'on possède sous forme de tas de billets (pas pour tous le monde, malheureusement). D'où la naissance de fantasmagories personnelles - mais partagées par tous - sur l'argent que l'on possède. Combien ai-je d'argent ? sous ce \"combien\", au delà d'une série de chiffres, se trouve une notion de comparaison : combien par rapport à mon voisin ? plus ou moins ? se trouve aussi un notion d'évaluation sociale : encore combien pour m'acheter cette voiture ? sous ce combien se cache aussi le quoi : que fais-je de mon argent ? l'entasserai-je sur des comptes dormants ou le dilapiderai-je à tous les vents ? de là une image sociale qui se construit.\r\nToutes ces fantasmagories contribuent à construire un imaginaire partagé autour de l'argent." . "2006-04-21T23:34:39"^^ . "Les temps" . "Il y a plusieurs temps. En tous cas plusieurs échelles de temps. La liste n'est pas complète, il faudrait y réfléchir un peu pour trouver à quoi correspondent les petites échelles." . "10 milliards d'années : temps astronomique\r\n1 milliard d'années : temps géologique\r\n100 millions d'années : temps biologique\r\n10 millions d'années : temps primatologique\r\n1 milllion d'années : temps paleontologique\r\n100 000 ans : temps anthropologique\r\n10 000 ans : temps archéologique\r\n1000 ans : temps historique\r\n100 ans : temps culturel\r\n10 ans : temps personnel\r\n1 an : \r\n1 mois :\r\n1 jour :\r\n1 heure :\r\n1 minute :\r\n1 seconde :\r\n1 milliseconde :" . "2006-06-29T14:17:25"^^ . "Coupe du monde 2006" . "Il faut mieux être onze et tristes que Trezeguet." . "2006-07-12T14:54:23"^^ . "Journal 3" . "On mets des mots\r\nSur le silence\r\nPour être sûrs\r\nD'avoir raison..." . "Arrivée au coeur du bunker de béton, en plein travaux. Roissy, Terminal 1. Cathédrale ronde pour messes des masses aéroportées. Centre névralgique des connexions France-France, France-Monde, Monde-Monde.\r\n\r\nAutant surfer sur ce sentiment de liberté pendant qu'il existe encore. No limits. No rules. Le monde est à moi, je peux voyager sur toutes les lignes aériennes de la planète, rien à craindre, je vais partout. Il suffit d'un passeport. Un passeport, c'est plus important qu'un homme, a dit Bertolt Brecht. Un homme, on peut le concevoir à la va-vite, un peu n'importe où, sans trop réfléchir. Alors qu'un passeport, ça prend du temps, c'est officiel. L'homme n'est que le véhicule physique du passeport, bien planqué au fond de la poche de son veston, près du coeur.\r\n\r\nDepuis hier, alors que je sais que je pars, que moi je suis - un peu plus - libre, je sens que quelque chose ne va pas chez elle. Elle, suffisamment proche de moi pour que je n'y soit pas indifférent, suffisamment éloignée pour que toujours on puisse se demander où est la frontière entre nous. Pas question de stupides sentiments romantiques ici, sans doute un problème personnel qui la mine. Je n'ai pas de certitude, mais je me doute. Quelque chose qui ne peut vous arriver qu'une fois dans votre vie. Et moi je ne peux, je ne sais rien dire. Je n'ai rien su dire.\r\n\r\n---\r\n\r\nIls ont fait évacuer la Cathédrale Notre-Dame-Des-Avions. Alerte à la bombe, bagage suspect, reculez s'il-vous-plait, et puis sortez du terminal, tout le monde. Dehors, la Grand-Messe est momentanément interrompue, veuillez nous excuser pour la gène occasionnée.\r\n\r\nComment se fait-il que je n'ai pas pu écrire depuis des mois ? Rien, pas une ligne. Parce que j'avais du perdre la liberté, je ne sais pas où je l'avais rangé, et hier elle m'a sauté au visage, comme un diable au bout d'un ressort, je l'ai reçu sur le nez, et elle m'a dit : merde. Tout à fait, ça peut paraitre surprenant, mais que voulez-vous, c'est la liberté, par nature, elle fait ce qu'elle veut, elle est un peu facétieuse.\r\n\r\nHier, j'ai hésité à aller lui parler. Je n'ai pensé qu'à ça pendant la journée, pendant qu'une partie de mon autre cerveau - le gauche, le rationnel, le logique - ne pensait qu'à aujourd'hui, au travail, à l'organisation. Les deux pensées s'enroulaient l'une sur l'autre, comme si elles étaient complémentaires, comme un brin d'ADN. Tantôt l'envie de partir et de réussir, l'instant d'après ce malaise qui ne sait même pas dire son nom, et qui ne sait même pas s'il est une réalité ou un phantasme de l'esprit - ce qui revient finalement au même. L'explicite vs. le caché; vie publique vs. vie privée; profesionnel vs. personnel. Cerveau droit ou gauche, homme ou femme, oui ou non. L'envie d'aller lui parler face à l'humilité de ne pas me mêler de ce qui ne me regarde pas. C'est peut-être ça qui a fait resurgir la liberté.\r\n\r\n---\r\n\r\nEt puis ils ont fait à nouveau rentrer tous les fidèles dans la Cathédrale-Aux-Milles-Transports, l'incident devait être clos, probablement. Tout le monde s'est engouffré à l'intérieur dans une folkloresque confusion, pour à nouveau se remettre à faire la queue au comptoir d'enregistrement - qui un peu devant la place qu'il occupait avant de sortir (les chanceux), qui un peut derrière (les mécontents). Et tous, nous nous sommes remis à prier le Dieu Ailé de nous accorder une place au ciel.\r\n\r\nLe monde a la longueur d'une queue de souris. Aujourd'hui, on peut voyager sans lever les fesses de son moelleux fauteuil de bureau. Réserver un billet d'avion, un trajet en bus, un hôtel, un deuxième billet d'avion, imprimer le plan d'une ville, le plan d'une autre, contacter quelqu'un qui peut vous héberger. Alors forcément, le monde parait tout de suite plus proche. A portée de l'index droit, plus exactement. No limits, à part celle psychologique de votre carte de crédit. Bonjour le sentiment infini d'orgeuil. La créativité peut-elle se passer de ce monstrueux ego ?\r\n\r\nEvidemment, maintenant, je trouve un tas de justifications objectives pour ne pas avoir été lui parler hier. Sont-elles bonnes ou mauvaises, nous ne le savons pas. Toujours est-il que je ne l'ai pas fait, et qu'il est maintenant trop tard. Immense tragique minuscule de la vie quotidienne. Pour elle, c'est à n'en pas douter une période particulière, difficile, et pour moi presque un jour comme un autre. Et pourtant, c'est devenu un jour spécial pour moi aussi. Il y a des moments où je regretterai presque mon empathie.\r\n\r\n---\r\n\r\nNous avons gagné notre place parmi les élus qui vont pouvoir accéder au Septième Ciel. C'était facile, il suffisait de faire la queue et de payer son billet. Et nous avons pu pénétrer dans le ventre du Dieu Ailé. Qui a d'ailleurs eu une panne d'instruments de navigation avant le Grand Décollage dans les airs. Même lui est faillible, c'est rassurant.\r\n\r\nPourquoi choisir de faire un voyage de 12 heures en bus, plutôt que de le faire en 4 heures d'avion ? La raison objective et socialement avouable est que, sur ce trajet, la route est 4 fois moins onéreuse que les Voies du Ciel. Mais le trajet m'est offert. Alors ? pour expérimenter le sentiment de sa propre liberté ? pour voir du pays ? pour l'aventure ? pour avoir le temps de lire et d'écrire ? pour tout cela à la fois ? Pour prolonger la mystique du voyage. Nous ne verrons pas forcément des choses agréables, au moins expérimenterons-nous des choses nouvelles, disait Voltaire. On a plus de chances de voir des choses nouvelles à travers la fenêtre du bus qu'assis dans un avion - même si on est à côté du hublot.\r\n\r\nCertaines situations doivent se passer de mots, j'en suis persuadé et c'est ce que je me répète depuis hier. Qu'elles doivent se passer de mots sur le moment, une journée, soit, mais rester ensuite dans l'impossibilité de parler, et devoir partir... elle, le voyage, la musique en boucles hypnotiques qui répète à longueur de refrains \"on pleure pas, parce qu'un train s'en va, on reste là sur le quai, on attends\", puis elle, encore, puis le travail, le voyage, la musique encore, qui chante \"exodus\" et \"is this love ?\"...\r\n\r\n\"On mets des mots / sur le silence / pour être sûrs / d'avoir raison\"..." . "2006-08-07T19:40:29"^^ . "Légende" . "Mais qu'est-ce que ça veut dire ces petits icônes ?" . " : Citation\r\n : Texte\r\n : Journal\r\n : Image\r\n : Media\r\n : Groupe" . "2006-08-11T10:37:46"^^ . "Déterminisme et aléatoire" . "Extrait de \"La vérité dans la science de l'Homme\", P. Vendryès in \"la Vérité est-elle scientifique ?\"" . "Il y a longtemps que le hasard et le déterminisme s'opposent. Mais les triomphes du déterminisme ont relégué l'aléatoire au niveau des mythes primitifs que la Science se devait de refuser.\r\nEt pourtant, une raison solide justifie l'utilisation de l'aléatoire par la physiologie théorique. Au XIXe siècle, A. Cournot a insisté, plus encore que d'autres penseurs, sur le fait que le hasard résulte de la rencontre de séries causales indépendantes les unes des autres. On peut généraliser cette remarque en attribuant une valeur de principe à cet énoncé : entre deux objets les relations sont aléatoires lorsqu'ils sont indépendants l'un de l'autre et déterministes lorsqu'ils sont en dépendance l'un de l'autre. Le fait que la condition naturelle de l'aléatoire soit l'indépendance et celle du déterminisme la dépendance augmente la valeur scientifique des notions de dépendance et d'indépendance. Et, puisque l'autonomie c'est de l'indépendance acquise, il est rigoureusement logique que la physiologie se serve de l'aléatoire pour se rendre intelligible à elle-même et ne se serve plus de la mathématique déterminante comme seule système de référence théorique.\r\nil faut donc réhabiliter l'aléatoire. Et, pour cela, il faut s'avancer sur le terrain solide de l'expérience.\r\nLe déterminisme et l'aléatoire sont deux notions relationnelles qui se réalisent sous la forme de processus temporels. Pour opposer rigoureusement le déterminisme et l'aléatoire, il suffit de décrire, d'après l'expérience, ces deux processus.\r\n\r\n1/ le processus déterministe\r\n\r\nComme exemple expérimental, on peut prendre la chute libre d'un corps sur la terre, qui a fait l'objet de l'une des toutes premières lois naturelles, déterministes, celle de Galilée. Du point de départ au point d'arrivée le corps décrit une ligne droite, la verticale. Deux points distants peuvent être reliés par une, et une seule, ligne droite, même s'ils peuvent être reliés par une infinité de lignes courbes. Donc, le processus déterministe se réalise d'une, et d'une seule, manière.\r\nCette unicité de réalisation a deux conséquences : le processus déterministe est prévisible et, en principe, il est réversible.\r\nDonc, l'unicité, la prévisibilité et la réversibilité sont trois caractères du processus déterministe parfait.\r\n\r\n2/ le processus aléatoire\r\n\r\nComme exemple expérimental, on peut prendre un coup de dé. Cet object sert à réaliser des processus aléatoires. D'ailleurs, le mot aléatoire vient du latin : alea, jeu de dé; et le mot hasard est un mot arabe qui signifie aussi : jeu de dé.\r\nL'expérience montre qu'on coup de dé se réalise en deux phases :\r\nPendant la première, le joueur doit faire un choix entre les 6 faces du dé. Il y a donc six cas simultanément possibles. Cette multiplicité de cas possibles rend le processus imprévisible.\r\nAu cours de la seconde phase, l'une quelconque des faces du dé gagnera, à l'exception de toutes les aurtres. Cette exclusion des cas qui n'ont pas été réalisés rend le processus irréversible.\r\nDonc, la multiplicité, l'imprévisibilité et l'irréversibilité sont trois caractères du processus aléatoire parfait." . "2006-10-02T22:16:21"^^ . "Le ridicule nous rend plus fort" . "Le ridicule ne tue pas. Et ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ! le ridicule nous rend donc plus fort !" . "2006-10-04T23:57:55"^^ . "Web Services Yahoo!" . "Présentation\r\nYahoo (acronyme de Yet Another Hierarchical Officious Oracle), créé par 2 étudiants de Stanford aux Etats-Unis en 1994, est un portail regroupant une offre variée de services (messagerie, finance, groupe, actualité, etc.), et accessoirement l'un des sites les plus visité au monde (d'après les statistiques d'Alexa). A l'origine Yahoo était un annuaire de site web, mais se retrouve aujourd'hui bien au-delà de cette vocation initiale.\r\n\r\nDescription des services web\r\nLe coeur des services web de Yahoo! est le service web de recherche. Autour de celui-ci gravitent des services annexes (\"marketing search\", \"local\", \"messenger\", etc.), et les services des différents sites progressivement rachetés par Yahoo! (flickr, del.ico.us, webjay, etc.)\r\nLes services web Yahoo! sont gratuits, avec une limite d'utilisation journalière. L'utilisation de ces webservices est réservé à des fins non-commerciales et nécessite de s'enregistrer auprès de Yahoo!. Tous les services web Yahoo! se font par appels d'URLs en REST, pas en SOAP. La FAQ de ces webservices est consultatble à http://developer.yahoo.com/faq/, et vous pouvez trouver plus d'informations sur les implementations en PHP à http://developer.yahoo.com/php/.\r\n\r\nLa librairie PHP qui va bien\r\nJe n'ai pas utilisé de librairie particulière pour Yahoo!, simplement les méthodes standard PHP curl_* et dom_*.\r\n\r\nUtilisation dans Un~abstract.net\r\nUn service web de Yahoo! utilisé dans Un~abstract.net est celui d'extraction de termes. Vous lui donnez un texte, et il vous renvoie les mots \"significatifs\" de ce texte. Je n'ose pas les appeler des \"mots-clés\", leur pertinence étant parfois très limitée, mais l'idée est là : un service web de text-mining gratuit.\r\n\r\nUn autre service web à creuser serait celui de statistiques sur les pages web (http://developer.yahoo.com/search/siteexplorer/)\r\n\r\nExemple de code\r\nLes appels aux services web yahoo! se font depuis la classe YahooConnection. Celle-ci construit l'URL à appeler, la récupère avec curl, puis parse le XML et navigue dans le DOM pour récupérer l'information.\r\n\r\nUn exemple de résultat XML de ce service web est disponible depuis la page du service (citée plus haut).\r\n\r\nLiens\r\nYahoo!, la société, l'historique : http://fr.docs.yahoo.com/info/\r\nWeb services : http://developer.yahoo.com" . "2006-10-05T23:59:19"^^ . "Web Services Google" . "Présentation\r\nVraiment, vous avez besoin que je vous présente Google ? Google, à l'origine moteur de recherche qui a perçé grâce à sa simplicité et son classement des résultats original (PageRank), est - tout comme Yahoo! - en train de se diversifier dans de nombreux secteurs (messagerie, maps, desktop, etc.). Le but étant évidemment d'afficher des publicités ciblées et contextualisées par rapport au contenu de la page consultée grâce à leur mécanisme de publicité AdWord.\r\n\r\nDescription des services web\r\nGoogle présente plusieurs services web, dont le principal est le service de recherche. Celui-ci est en SOAP, est destiné à des utilisations non-commerciales, et est limité à 1000 requêtes par jour. Il necessite un enregistrement aupres de Google pour obtenir une clé d'accès.\r\nD'autres services web Google existent, pour Google Maps et AdWord notamment, ainsi que des bibliothèques de programmation pour google desktop, la google toolbar, le KML (format d'échange des fichiers google map), etc.\r\n\r\nLa librairie PHP qui va bien\r\nJe suis reparti du fichier google-api.php\r\n\r\nUtilisation dans Un~abstract.net\r\nC'est le service de recherche qui est utilisé dans Un~abstract.net. Celui-ci donne accès aux fonctionnalités de :\r\n
        \r\n
      • recherche (non, sans déconner ?)\r\n
      • cache (consulter les pages gardées en cache par Google)\r\n
      • spelling (suggestion pour une chaine de caractère mal orthografier)\r\n
      \r\nLa fonctionnalité de recherche permet de se servir de tous les opérateurs de recherche Google, dont :\r\n
        \r\n
      • site:www.unabstract.net pour restreindre la recherche à un domaine\r\n
      • daterange:2452122-2452234 pour restreindre la recherche aux documents publiés dans une certaine plage de dates\r\n
      • filetype:doc pour restreindre la recherche à un type de document particulier\r\n
      • info:www.unabstract.net pour obtenir des informations sur une page\r\n
      • link:www.unabstract.net pour obtenir les pages qui ont des liens vers une page particulière\r\n
      • related:www.unabstract.net pour obtenir des pages similaires à une page\r\n
      \r\n\r\nC'est l'opérateur \"info\" qui est utilisé dans Un~abstract.net. A partir d'une URL, on construit simplement une requete \"info:\", que l'on donne au webservice, et qui nous ramene son titre, sa description, et sa taille, ainsi que sa catégorie ODP (Open Directory Project) si présente.\r\nExemple sur cette page.\r\n\r\nOn pourrait aussi imaginer d'implémenter un correcteur orthographique à partir de la fonction de spelling.\r\n\r\nExemple de code\r\nLa classe google-api.php citée plus haut a été reprise telle quelle. Les appels à cette classe se font depuis la classe GoogleConnection, qui garde l'identifiant de connexion google, construit l'URL du webservice, et retourne l'URL, le titre et la description de la page.\r\n\r\nLiens\r\nGoogle, la société : http://www.google.fr/intl/fr/corporate/\r\nGoogle, les API et services web : http://code.google.com\r\nService web de recherche : http://code.google.com/apis/soapsearch/index.html\r\n" . "2006-10-06T23:19:53"^^ . "Web Services Amazon" . "Présentation\r\nAmazon.com, fondé en 1995 par Jeff Bezos dans son garage, comme le veut la tradition, a ouvert son site francais le 31 aout 2000. Amazon est le plus gros \"bookstore\" en ligne, vendant livres, CDs et DVDs. Cependant le coeur de métier d'Amazon n'est pas tant d'arriver à vendre des livres sur Internet, mais bel et bien d'arriver à CIBLER les livres qu'il vous vend, en fonction des autres produits achetés, des derniers articles consultés, etc. Le coeur de métier d'Amazon est le profiling de client.\r\n\r\nDescription des services web\r\nLes services web Amazon (AWS pour reprendre leur acronyme) permettent non seulement d'accéder à leur catalogue de produits, mais également de se servir du mécanisme de panier et de paiement en ligne, de façon à pouvoir reconstruire un nouveau site d'e-commerce permettant à un internaute de faire marcher le business d'Amazon sans même le savoir - étant bien entendu que le créateur du nouveau site ne joue le rôle que d'un intermédiaire et ne touche qu'une commission sur la vente (10% maximum).\r\nD'autre part, AWS propose des fonctionnalités autour d'Alexa, le moteur de recherche et de statistiques de fréquentation racheté par Amazon : liens entrant et sortant, nombre de hits d'un site, classement, etc.\r\nAutre services : simple storage, simple queue et elastic compute cloud, permettant en résumé de profiter pour une modique somme de la puissance des serveurs d'Amazon pour ses propres applications.\r\nAmazon remporte également la palme du service web le plus original : Amazon Mechanical Turk. Je vous laisse découvrir...\r\nTous ces webservices sont payants, sauf celui d'accès au catalogue qui est gratuit (puisqu'il permet en définitive d'augmenter les ventes d'Amazon), mais demande de s'enregistrer au préalable.\r\n\r\nLa librairie PHP qui va bien\r\nIl y a une librairie qui traine et qui est gratuite tant que les ventes mensuelles réalisées grâce à elle ne dépassent pas 50$.\r\nD'autre part Amazon propose des exemples de code PHP à télécharger ici. Je suis pour ma part reparti de la classe amazon_class.php qui s'inspire des tutoriaux d'Amazon.\r\n\r\nUtilisation dans Un~abstract.net\r\nC'est le service (gratuit) d'accès au catalogue pour un item particulier qui est utilisé dans Un~abstract.net. A partir de la référence d'un item, on obtient ainsi plusieurs informations : titre, nom de l'auteur ou de l'artiste, date de sortie, label ou éditeur, image, etc...\r\nLa catalogue Amazon, comme tout libraire qui si respecte, se base sur l'ISBN (International Standard Book Number) qui est cette référence inscrite au dos ou à l'intérieur de n'importe quel livre publié (tenez, prenez donc ce livre qui traine sur votre bureau, et cherchez son ISBN). Amazon a étendu cette référence avec l'ASIN (Amazon Standard Identification Number) pour les autres produits (CD, DVD, etc.) Cette référence est donnée sur les fiches produits d'Amazon.\r\nToutes les informations dans Un~abstract.net sur les livres ou les CDs sont donc fournies par Amazon.\r\n\r\nExemple de code\r\nLes appels au webservice se font dans la classe Amazon_WebService.\r\nCes appels sont à leur tour englobés dans la classe AmazonConnection, qui construit l'URL à appeler à partir de l'ASIN, et gère un cache pour chaque item.\r\nUn exemple de XML résultat peut être vu ici.\r\n\r\nLiens complémentaires\r\nAmazon.com, la société : http://phx.corporate-ir.net/phoenix.zhtml?c=176060&p=irol-mediaKit\r\nAmazon, les web services : http://aws.amazon.com\r\nPour tester : http://awszone.com\r\nLe mécanisme de parsing d'un flux XML en PHP : http://www.php.net/manual/fr/function.xml-set-object.php\r\nPour rechercher l'ISBN d'un livre à partir de son titre ou autre caractéristique : http://isbndb.com/" . "2006-10-10T22:48:44"^^ . "Homo Festivus (extrait de Philippe Muray)" . "Extrait de \"Le portatif\", récupéré sur le site de Philippe Muray." . "HOMO FESTIVUS\r\n\r\nC’est une allégorie, un mannequin théorique. Il est l’ombre conceptuelle portée par les masses festives mises en jeu dans On ferme.\r\n\r\nC’est l’homme de la fin de l’Histoire, qui ne nie plus rien hormis la fin de l’Histoire. Cette contradiction se retrouve exprimée, en tout ou partie, chez certains personnages d’On ferme. L’homme qui ne nie plus n’a plus d’avenir. Il n’est plus le temps historique (Hegel). Homo festivus est pleinement satisfait par le nouveau monde homogène, mais, pour se donner l’illusion d’avoir encore un avenir, l’instinct de conservation lui souffle de garder auprès de lui un ennemi, un opposant absolu qui, parce qu’il s’oppose à lui absolument, lui permet de se croire lui-même vivant. Cet opposant (en France le Front national, Le Pen ; plus généralement le néo-fascisme, le racisme, etc.), c’est lui qui empêche Homo festivus de n’être plus que pure animalité en accord avec le donné.\r\n\r\nTant qu’il n’y avait pas identité entre monde et homme, il y avait Histoire. L’identité d’Homo festivus et du monde hyperfestif révèle la fin de l’Histoire. Cette identité supprime le désir qui avait fait l’Histoire. Cette fin n’est le nouveau commencement de rien. Les négateurs de la fin de l’Histoire sont ceux qui ont aussi le plus fait pour qu’elle s’arrête, en combattant la négation qui est la possibilité de sa perpétuation. L’individu qui clame que l’Histoire n’est pas finie tout en luttant contre les résidus de barbarie qui la faisaient exister est un personnage comique de notre temps.\r\n\r\nAprès la fin finale du conflit maître-esclave, plus loin que la réalisation de la reconnaissance mutuelle, dans la situation d’égalité absolue de la fin de l’Histoire, l’Histoire continue sous forme de farce avec le pathos de la lutte pour la reconnaissance. La fiction de la lutte pour la reconnaissance est maintenue. Elle produit une sorte de néo-chant épique dérisoire.\r\n\r\nLe post-humain est quelqu’un qui se croit libéré des dettes que ses ancêtres pouvaient avoir envers le passé et qui file sur ses rollers à travers un réel dont la réalité ressemble à du carton-pâte (parc d’abstractions). Il est désinhibé à mort, il fait la fête, mais il ne rit pas parce qu’il est plus ou moins retombé en enfance et que le rire suppose un fond d’incertitude dont l’enfant a horreur.\r\n " . "2006-10-22T12:14:41"^^ . "Le goût des filles" . "Paroles de la chanson \"le goût des filles\", des Wriggles" . "Elle a bon goût\r\nLa bouche des filles\r\nElle est pleine de joues\r\nDe dents et de papilles\r\nOn s'enroule dans leur palais\r\nElles ont bon goût les filles et leur baisers\r\n\r\nElle a bon goût\r\nLa peau des filles\r\nDe l'épaule au genou\r\nDes genoux aux chevilles\r\nOn croque dans la chair de leurs fesses\r\nElles ont bon goût les filles et leurs caresses\r\n\r\nIl a bon goût\r\nLe coeur des filles\r\nMalgré le flou\r\nQui souvent le maquille\r\nOn s'y love dans du velours\r\nElles ont bon goût les filles et leur amour\r\n\r\nElle a pas de goût\r\nL'absence des filles\r\nTous ces soirs où\r\nSeul on se deshabille\r\nOù seul on cherche en vain entre les draps\r\nA retrouver le goût des filles qui n'y sont pas" . "2006-11-14T00:27:06"^^ . "Chaque jour, les médias accomplissent la création du monde" . "Je recopie ci-dessous dans son intégralité (et sans l'accord de son auteur), un texte de Pierre Jourde, lu dans Philosophie Magazine n°3 (aout-septembre 2006). Pierre Jourde est auteur de La littérature sans estomac, Petit déjeuner chez Tyrannie ou Festins secrets.\r\nLe propos sur la fabrication d'un événement de toutes pièces par les médias formalise à merveille certaines de mes impressions sur la publicité. Par contre son exemple (Le film Da Vinci Code), n'est pas forcément bien choisi, puisque, après le buzz créé par le livre, on s'attendait forcément à ce que son adaptation au cinéma soit un \"événement\", au sens que c'était quelque chose d'attendu par nombre de gens. Donc, en dehors des médias et de la publicité, la prédisposition favorable du public lui-même a fait de ce film un événement. Mais sans rentrer dans de la sociologie du 7ème art, le propos reste très pertinent, très bien écrit et articulé." . "Le public croit bêtement que l'événement tient à la nature des choses. Le public croit bêtement qu'il y a une réalité, qu'elle se constitue de faits et que le journalisme consiste à parler de ces faits.\r\nA l'occasion de la sortie au Festival de Cannes du Da Vinci Code, une grande station de radio publique consacre une chronique à ce film. Cette station aurait pu consacrer une chronique à n'importe quel autre des nombreux films présentés au festival. Pourquoi Da Vinci Code ? Le journaliste commence son article en qualifiant Da Vinci Code de film événement. Le choix est ipso facto justifié, il procède d'une nécessité : un bon journaliste se doit de couvrir l'événement. Il ne peut pas ne pas parlé de Da Vinci Code, puisque c'est un événement.\r\nMais qu'est-ce qui fait de ce film un événement ? s'agit-il de ses qualités intrinsèques ? Révolutionne-t-il l'esthétique du cinéma ? Développe-t-il une vision du monde originale ? Là n'est pas la question. Le film a fait rire les spectateurs du festival par sa bêtise grandiloquente, ce que relève le journaliste même qui qualifie ce film d'événement.\r\n\r\nUn événement, aujourd'hui, serait plutôt d'ordre quantitatif. Un événement est un gros fait : beaucoup de morts, beaucoup de spectateurs. Mais un film qui n'est pas sorti peut difficilement avoir eu des spectateurs.\r\nSi le caractère événementiel d'un produit culturel ne lui est pas nécessairement conféré ni par ses qualités ni par l'abondance de son public, il ne reste qu'une solution : l'événementiel préexiste à l'objet. Da Vinci Code est un événement parce qu'on a décidé à l'avance qu'il en serait un. Cela ressemble aux desseins de la Providence : de toute éternité, il était prévu que Da Vinci Code serait un événement conformément à son essence.\r\nCette nécessité ontologique a un nom : publicité. Ce sont l'argent dépensé pour lancer un film, le nombre de bandes-annonces et d'interviews promotionnelles qui font l'événement. Avant la sortie d'un film, les affiches peuvent sans problème mentionner : \"le film événement\". Le journaliste de la radio ne fait que se conformer à ce que proclame le lancement.\r\nL'événement a cessé de tenir au fait, il est événement parce qu'on le dit. Il réside tout entier dans le discours. Discours toujours performatif : au moment où l'on dit que le fait est un événement, il le devient. Nous arrivons donc à cette définition : un événement est ce qui est déclaré tel par les médias. Ce qui implique trois corollaires :\r\n
        \r\n
      1. publicité et journalisme sont une seule et même chose et s'engendrent l'un l'autre comme ils engendrent l'événement. S'il avait utilisé une logique désuète, le journaliste de cette émission radiophonique aurait dit que la fonction du service public d'information était de rendre compte des événements fabriqués par la publicité plutôt que des autres, mais il se serait agi d'une tautologie, puisqu'il n'y a pas d'autre événement possible. Le journaliste a donc parlé avec exactitude.\r\n
      2. Il n'est plus besoin de réalité ni de public. Toute la réalité est constituée par le discours journalistico-publicitaire.\r\n
      3. Le rapport au réel et le discours s'inverse. Ce n'est pas le réel qui est censé fonder le discours, suivant une conception obsolète de la vérité. Ce qui reste de réalité n'a pour fonction que de vérifier ce qui a été décrété réel par ce discours. Lorsqu'on décidé qu'un film est un événement, il le devient au sens concret du terme. Il aura des spectateurs. Pour le bête public, qui croit encore au réel, le journaliste avait raison : les faits confirment son discours. Le public vit dans ce qu'on lui a dit être la réalité. Ainsi, chaque jour, les médias accomplissent continûment la création du monde.\r\n
      " . "2006-11-27T21:53:36"^^ . "Ne laissez pas les autres schtroumpfer à votre place : SCHTROUMPFEZ." . "Les schtroumpfs aussi votent et font de la politique. Ils font des discours, aussi, comme en témoigne cet extrait (tiré sans doute de l'album \"Schtroumpfissime\", mais je n'ai pas pu vérifier).\r\nEn même temps je ne peux pas m'empêcher de me faire la remarque facile que les discours de nos politiques - les vrais - ressemblent tous au prototype ci-dessous, et en même temps je m'imaginerai bien un de nos apprenti-président glisser un ou deux \"schtroumpf\" dans un discours, en guise de \"mot subliminal\", juste pour voir si quelqu'un remarque..." . "Demain, vous schtroumpferez aux urnes pour schtroumpfer celui qui sera votre schtroumpf ! Et à qui allez-vous schtroumpfer votre voix ? A un quelconque Schtroumpf qui ne schtroumpf pas plus loin que le bout de son schtroumpf ? Non ! Il vous faut un Schtroumpf fort sur qui vous puissiez schtroumpfer ! Et je suis ce Schtroumpf ! Certains - que je ne schtroumpferai pas ici - schtroumpferont que je ne schtroumpfe que les honneurs ! ce n'est pas schtroumpf ! C'est votre schtroumpf à tous que je veux et je me schtroumpferai jusqu'à la schtroumpf s'il le faut pour que la schtroumpf règne dans nos schtroumpfs ! Et ce que je schtroumpf, je schtroumpferai, voilà ma devise ! C'est pourquoi tous ensemble, la schtroumpf dans la schtroumpf, vous voterez pour moi ! Vive le pays Schtroumpf !" . "2007-02-25T12:12:55"^^ . "Métaphore émotionnelle" . "Les mots sont vraiment des outils passionants. Ils nous aident à décrire le monde qui nous entoure. Ils nous permettent d'agir sur lui. Grâce à eux nous percevons, nous conceptualisons, nous abstrayons, puis en retour nous communiquons, nous modifions le monde extérieur. Les mots nous rendent incroyablement puissants et sûrs de nous, maîtres de notre environnement, et - pourquoi ne pas le croire - acteurs de notre destin.\r\n\r\nMais le mot n'est pas la chose, la carte n'est pas le territoire, et les mots peinent à rendre compte du monde, de l'Etre tel qu'il est vraiment. Le langage est pauvre, il est impossible de nommer par un nom chaque occurrence de chaque chose que nous avons sous les yeux, c'est pourquoi le langage fait des généralisations, et utilise des concepts génériques de chaises, de voitures ou d'arbres, plutôt que cette chaise (sur laquelle je suis assis, distincte de toutes les autres chaises), cette voiture (immatriculée 1234 WW 51), ou cet arbre (sous lequel j'avais l'habitude d'aller m'asseoir quand j'étais plus jeune).\r\nLe langage est également contraint de s'accomoder des lignes de forces de la réalité, qui font que même si j'aurais du mal à définir avec précision ce que j'appelle \"un chien\", je sais bien que je ne peux pas accoupler un chien avec un chat. Il y a donc une justification physique pour le mot \"chien\". Les mots ne sont pas libres, on ne peut pas dire n'importe quoi.\r\nC'est pourquoi pour rendre compte de la réalité du monde, pour faire toucher et saisir sa vraie réalité, d'ordre physique, abstrait ou émotionnel, seule la métaphore à un réel pouvoir. Parce qu'elle peut s'introduire dans les interstices laissés libres par les conceptualisations, et qu'elle saute allégrement les lignes de démarcations de la réalité. La métaphore est hors-concours en quelque sorte, elle n'évolue pas sur le même plan que le reste du langage. Seul le poête, en ne parlant pas du monde, est capable d'en faire saisir quelque chose de vrai. Quel putain de paradoxe.\r\n\r\nParce que des métaphores, il m'en faut un bon paquet pour arriver à faire sentir le magma d'émotions qui a jailli en moi l'autre soir, pendant cette soirée. Eruption émotionnelle - voire émotive. Coulée de lave dans la vallée des larmes. Nuage de cendres sur ton cerveau, la tour de contrôle ne répond plus. Nous perdons de l'altitude, accrochez vos ceintures, \"please return your seatbacks to their full upright and locked position\". Ou plutôt, non, tu en prends de l'altitude, quelques milliers de pieds au-dessus de ce monde de boue, transporté par la nouvelle qu'on vient de t'annoncer en pleine face, qui te fait porter un regard différent sur ta vie, sur LA vie en générale, la tienne et celle des autres, sur la mort, sur TA mort en particulier, sur l'amour. Dans les veines du bras droit on injecte une bonne dose de réalité dans ton monde autiste, une dose bien forte, sans te prévenir, sans préliminaires, pendant que dans les veines du bras gauche tu prends un shot de rêve, d'improbable, d'overdose de bonheur à venir. Et en même temps, tu bois un verre.\r\n\r\nParce que c'est à ce moment là, je crois, que j'ai demandé à boire quelque chose de fort.\r\n\r\nJ'avais pris un ascenceur émotionnel pour monter vers le cinquantième étage; j'étais arrivé à destination, le coeur et l'estomac tous les deux au bord des lèvres; La porte de l'ascenceur s'est ouverte, et j'étais prêt à en sortir sur les genoux. On ne m'a pas laissé descendre. Tu viens de recevoir une sacrée nouvelle en plein dans la joue droite, maintenant tourne la tête et prépare-toi à en encaisser une deuxième sur la joue gauche. Blaaam Uppercut Crochet : deuxième nouvelle, toute aussi réelle que la première. La porte de l'ascenceur se referme, avec toi toujours dedans, et il repart en montée comme une fusée, direction l'étage n°110, sur le rooftop de la Tour métaphorique. Les autres sont restés en bas, ou bien apparemment ils ont pris l'escalier. Toi tu trembles, à 350 km/h sur l'autoroute, parce que là tout s'est accéléré d'un seul coup, tu viens de prendre 10 g dans la nuque, avec l'impression de laisser derrière toi pas mal de choses de ta vie d'avant.\r\n\r\nC'est à ce moment là, je crois, que j'ai demandé à boire quelque chose d'encore plus fort.\r\n\r\nAu fond, peut-être ne suis-je pas monté jusqu'à l'étage 110, mais beaucoup moins haut; simplement j'ai dû partir du niveau de sous-sol -15. Du parking souterrain. De là où il fait noir et où on ne se sent jamais très bien. J'y étais garé avec ma vieille caisse (une Peugeot) et j'attendais tranquillement que la vie passe me prendre dans son Audi TT (parce que ma voiture ne démarre pas bien). En fait, ce n'est pas la vie qui est passé me prendre, pendant cette soirée, mais 2 couples d'amis, qui m'ont chacun leur tour emmené faire un essai en Renault F1, avant de me redéposer gentiment ici, là où il fait noir et où on ne se sent pas très bien. Dans une Renault F1, ça va vite, on sent le vent dans ses cheveux, il y a de place pour plus que deux, mais - je crois - ce n'est pas toujours facile à conduire.\r\n\r\nIl n'y a que des métaphores qui peuvent transmettre pauvrement les émotions de cette soirée. Mais je crois qu'elles resteront toujours impuissantes à les expliquer, à chercher les fondements de leur pourquoi. Impossible de démêler la pelote d'expérience que forme une personne pour essayer d'en saisir la complexité. Au fond, en a-t-on vraiment besoin ?\r\n\r\nJe ne sais pas, mais en rentrant chez moi ce soir là, si je me rapelle bien, j'ai repris quelque chose de très, très fort." . "2007-03-16T19:09:12"^^ . "Une communication facilitée au détriment de la qualité ?" . "Intéressant comme, au fur et à mesure des évolutions technologiques, les moyens de communication interpersonnels sont facilités; intéressant de voir également comment chacun de ces sauts technologiques dégrade la qualité de la communication, dans le sens où ils compliquent l'échange\r\n
        \r\n
      • Parole, en face-à-face, pour le plaisir de communiquer (avec l'échange comme but en soit)\r\n
      • Parole dans l'échange marchand, dans un cadre commercial (l'échange comme support à un objectif sous-entendu)\r\n
      • Lettres - qui sont restés longtemps le seul moyen de communiquer à distance\r\n
      • Téléphone - avec lequel apparait la difficulté de communiquer en temps réel tout en n'ayant pas son interlocuteur devant soi\r\n
      • Téléphone portable - avec lequel apparait la possibilité de joindre un correspondant qui n'est pas en situation de parler correctement (sans parler des difficultés techniques liés au réseau de téléphone...)\r\n
      • SMS - avec lequel apparait la limitation des messages en taille\r\n
      • e-mails - Pour la première fois, la communication n'est matérialisée par rien de tangible : ni voix, ni lettre, ni même le nom réel du correspondant (car souvent remplacé par un pseudo); de plus, l'échange ne se fait pas en temps réel; ce qui rend ce moyen de communication extrêmement froid. Avec les emails apparaissent de façon éclatante les problèmes de mauvaises interprétation d'un message, d'une émotion ou de l'état d'esprit du correspondant.\r\n
      • Chat - Le chat à l'avantage sur l'email d'être en temps réel - ce qui peut limiter les risques de mauvaises interprétations; cependant, ceux-ci existent toujours, du fait de la combinaison du mode \"temps réel\" avec le support écrit, qui limite assez fortement les possibilités de nuancer un jugement, ou d'expliquer un point de vue.\r\n
      " . "2007-09-02T20:20:30"^^ . "Paléofutur" . "Etude archéologico-documentaire des futurs qui n'ont jamais été : utopies, imaginations, anticipations, etc." . "2007-11-15T08:47:19"^^ . "Lecteur, prend tes responsabilités" . "Ce qui est important, ce n'est pas ce qui est écrit, c'est ce qui est lu.\r\n\r\nRien de ce qui est écrit n'a d'importance tant que cela n'est pas lu.\r\n\r\nCe qui est important, ce n'est pas ce que j'écris en ce moment précis, c'est ce que vous lisez à ce moment précis.\r\n\r\nLe vrai moment important, au fond, dans cet acte dual qui est celui de l'écriture, n'est pas l'instant de l'écriture, mais bien celui de la lecture, car c'est dans ce moment que l'acte d'écriture prend tout son sens, atteint son objectif, remplit sa finalité. Ce qui est écrit n'a aucune importance; ce qui est important, c'est ce qui est lu.\r\n\r\nComme cela fait disparaitre la peur d'écrire ! comme cela anéantit la responsabilité de celui qui écrit, pour la reporter sur celui qui lit ! Paradoxalement, on pourrait donc dire que le lecteur est responsable de ce qu'il lit. L'écrivain, lui, n'y est pour rien." . "2008-01-04T22:44:20"^^ . "Musique, équilibre, justesse et sens du monde." . "\"Quand le monde est en paix, que toutes choses sont en repos et suivent toutes leurs supérieures dans leurs métamorphoses, il est possible de bien faire de la musique. Quand les désirs et les passions ne sont pas engagés sur des voies fausses, il est possible de perfectionner la musique. La musique parfaite a une cause. Elle naît de l'équilibre. L'équilibre naît de la justesse, et la justesse du sens du monde. Aussi ne peut-on parler musique qu'avec des gens qui ont compris le sens du monde.\"\r\n(Hermann Hesse - le jeu des perles de verre)\r\n\r\nSans doute est-ce la même chose pour l'écriture." . "2008-01-05T20:37:17"^^ . "Transladuction aumatotique" . "Si vous êtes français et que vous avez l'occasion d'utiliser l'intranet d'une grande université anglaise dont je tairais le nom par charité chrétienne, voici le message de bienvenue que vous recevrez :" . "Merci de la signature dedans.\r\nCliquetez ici pour continuer de passer en revue l'enchainement.\r\nPour noter hors du système revenez svp to cette page et notation dehors." . "2008-01-15T11:19:32"^^ . "Et l'éclair au café" . "La tarte est au citron ce que le croissant est aux amandes." . "2008-04-01T20:57:19"^^ . "Mode de vie" . "Il y a deux façons d'arriver à l'abondance : augmenter la production ou diminuer sa consommation.\r\n\r\n(je cherche encore la citation exacte)." . "2008-05-11T14:57:17"^^ . "Surréalité" . "Le monde professionnel est parfois d'une dure réalité; disons plutôt qu'il fait prendre conscience de ce que peut parfois être la réalité." . "Ce sont des petits riens, des pas-grand-chose, des détails, des trucs insignifiants, et pourtant cela finit par structurer la vision que je me fais de la façon dont les choses peuvent se passer. Comme pendant cette réunion.\r\n\r\nUne réunion pour un projet insignifiant (par son contenu, pas par son montant - par leur montant aucun projet n'est insignifiant; c'est bien là le drame de la dictature de la quantité sur la qualité, sur l'éthique), dans une ville insignifiante, dans des bureaux insignifiants, avec des gens insignifiants. Quand je dis insignifiant, je le pense et je l'entends au sens strict du terme, c'est-à-dire que rien de tout cela ne signifiait rien pour moi.\r\n\r\nLe projet, c'est pour une structure étatique, en tous cas qui dépend de l'état; quand vous pénétrez dans ce monde, c'est un autre espace-temps; vous passez la porte des bureaux, et là le temps se ralentit, tout va plus lentement : le projet avance plus lentement, les gens travaillent plus lentement, ils parlent, ils marchent, ils vivent plus lentement; après tout si ça se trouve ils sont normaux et c'est moi qui suis speed, allez savoir.\r\n\r\nLa ville c'est une extension de la Pieuvre, un tentacule de Babylone, un appendice sans intérêt de la mégalopolis; c'est une ville de banlieue. Il n'y a même pas le métro, à peine le RER, vous vous rendez-compte ? comprenez-moi bien : je ne suis pas parisien, loin de là, mais ma religion sur ce point est faite : tant qu'à habiter et travailler dans cette ville contre son gré (en tout cas sans l'avoir réellement choisi), autant habiter en plein dedans, en son coeur. Faire des compromis en allant en banlieue, c'est un choix de perdant : vous ne sortez pas des inconvénients et vous n'avez aucun avantage substantiel supplémentaire. Vous êtes dans un no-man's land plein de gens, alors que vous pourriez être soit dans un no-man's land sans personne à la campagne ou dans un too-many-men's land qui ne dort jamais. Vous êtes dans une ville insignifiante.\r\n\r\nLes bureaux, je ne sais pas pourquoi, m'ont fait penser à la Russie communiste. Grands, sombres, oppressants, avec du mobilier des années 70, et où ne pouvait pas rentrer sans autorisation. \r\n\r\nLe contenu de la réunion était lui à pleurer d'ennui. J'avais l'impression d'un dialogue de sourd entre nous qui ne cernions pas tout à fait leurs besoins, et eux qui ne comprenaient pas tout à fait notre approche. Et puis, vous comprenez, qui dit \"état\" dit \"cloisonnement\"; chacun dans son coin, chacun sa responsabilité, la moitié des personnes présentes ne savait pas de quoi il retournait avant la réunion, et pour répondre à la moitié de nos questions il fallait contacter trois autres types du service d'à côté qui avaient l'information manquante.\r\nJ'ai fugacement repensé à Jacques Ellul quand je me suis aperçu qu'une des seules certitudes qu'ils avaient était leur environnement technique.\r\n\r\n\r\nCe n'est pas du surréalisme, moi j'appelle ça de la \"surréalité\", quand la réalité, dans ce qu'elle a de plus concret, dépasse sa propre absurdité." . "2008-05-24T17:30:23"^^ . "homo homini lupus" . "Le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, a dit Marx. Le communisme, c'est le contraire (c'est Henri Jeanson qui a rajouté ça).\r\n\r\nCe qui me fait penser que ces deux doctrines se battent sur la variable de la force de travail de l'homme. Alors si elles se battent pour si peu, pourquoi ne pas tout simplement supprimer cette variable de la force de travail, ou la transformer en autre chose ? ou la réduire ?" . "2008-09-21T23:20:11"^^ . "Rasoir d'Occam" . "Dans un travail de conception/spécification logiciel, le principe du rasoir d'Occam est souvent d'un bon usage, et je m'aperçois a posteriori que je l'ai utilisé plusieurs fois sans m'en rendre compte." . "Le principe peut s'énoncer de ces façons :\r\n
        \r\n
      • pluralitas non est ponenda sine necessitate (\"les multiples ne doivent pas être utilisé sans nécessité\"), qui est la citation originale de Guillaume d'Occam.
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      • \"Il ne faut pas multiplier les explications et les causes sans qu'on en ait une stricte nécessité\", qui est une citation tiré du nom de la rose.
      • \r\n
      • Il ne faut pas utiliser de nouvelles hypothèses tant que celles déjà énoncées suffisent
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      • La simplicité est la sophistication suprême. (Léonard de Vinci)
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      • Dans quelque domaine que ce soit, la perfection est enfin atteinte non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter mais lorsqu'il n'y a plus rien à enlever. (Saint-Exupery)
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      " . "2008-09-27T13:37:08"^^ . "Darkroom experience" . "L'excitation post-sexuelle tend mes veines de l'intérieur et fait fuir le sommeil. La chambre noire extérieure est un terrain de jeu de privations sensorielles. Ma peau est la frontière tendue entre ces deux mondes; à l'intérieur, des millions de picotements en trois dimensions, de micro étincelles qui éclatent sans discontinuer dans un feu d'artifice aux dimensions transcendentales; à l'extérieur, rien. le noir total et quelques lumières électroniques qui clignotent brièvement. J'ai gardé mes bouchons d'oreilles, le tapotement des touches du clavier me parvient comme un lointain bruit de télégraphique. L'écran noir dans la pièce noire luit d'une légère phosphorescence, éclairant juste ce qu'il faut mes mains qui s'agitent sur les touches, corrigent, reviennent en arrière, effacent.\r\n\r\n\r\nFlashback.\r\nFraicheur d'un long soir d'été\r\nSolitude quand tu nous tiens\r\nLa pluie s'est arrêté\r\nLe silence est là\r\nPas un silence passif, mais un silence qui veut dire quelque chose, un silence qui veut dire que les gens normaux sont à table ou en train de regarder le divertissement du samedi soir, un silence qui veut dire que je suis seul parce que je l'ai voulu, que je suis seul parce que je suis différent. C'est un silence actif. C'est un silence qui parle. C'est un écrin pour quelques petits bruits.\r\n\r\nC'est un écrin pour des rires d'enfants qui joue dans une cour. C'est un piédestal pour le bruit du vent dans les arbres. C'est une cachette secrète, rien que pour vous, une cachette pour le bruit de l'eau d'une fontaine qui coule dans un jardin. C'est votre secret, c'est votre silence. Il ne tient qu'à vous de briser le secret comme on brise le silence, en prenant la parole, en prononcant un son.\r\n\r\nAlors je m'arrête et j'écoute. Le silence. J'écoute le silence, le silence qui me dis \"tu es là maintenant\", tu es là maintenant puisque le silence se donne à toi comme une expérience sensorielle, tu es là parce que tu ES le silence.\r\n\r\nAlors que maintenant que la lumière blafardo-phosphorescente de l'écran LCD de l'ordinateur éclaire mes mains qui s'agitent, le silence est différent. Je subis le silence. Le silence est construit. Le silence est artificiel. Je ne suis plus le silence, je n'ai pas voulu ce silence-là, j'aurais préféré le silence des rêves, le silence de l'oreiller, mais il se refuse à moi.\r\n\r\n\r\nFlashback.\r\nNuages éffilochés rosacés du soleil couchant d'un soir d'été après la pluie. Fraicheur tiédeur qui se mèlent. Cris des oiseaux, rumeur d'un train qui passe au lointain, derrière les collines, chantier d'une maison abandonnée à l'état de murs de briques brutes où nichent quelques mésanges et où prospèrent les mauvaises herbes.\r\nSilence et solitude. Je n'ai croisé personne.\r\n\r\nCe soir non plus je ne croiserai personne dans la pièce noire, dans la darkRoom0.8, ici on ne croise personne, c'est la matrice, celle qui abolit les distances, qui ne les raccourcit pas, qui les abolit purement et simplement, pour mettre n'importe quoi dans le voisinage immédiat de n'importe qui. Ici on ne _croise_ pas les gens, pas de hasard dans la boite noire, on _choisit_ de rencontrer les gens ou de ne pas les rencontrer, de communiquer ou de ne pas communiquer. Bienvenue dans un monde duquel la seule forme constance que l'on soit en droit d'attendre, c'est la constance dans le calcul.\r\n\r\nEndOfCommunication - Over" . "2008-10-30T22:18:56"^^ . "J'ai cru qu'écrire c'était être vide en face d'un monde plein." . "J'ai eu cette fausse impression - et je l'ai toujours, qu'écrire c'était être vide et laisser le monde entrer en soi. C'était certainement dû à une angoisse, l'angoisse devant l'immensité de ce monde qui va rentrer en moi lorsque je vais l'écrire, l'angoisse de n'être pas à la hauteur, l'angoisse de mal faire.\r\n\r\nJ'ai cru qu'écrire c'était être vide en face d'un monde plein.\r\n\r\nAlors que c'est exactement l'inverse.\r\n\r\nEcrire c'est être plein en face d'un monde vide.\r\n\r\nEcrire ce n'est pas être un récepteur pour le monde extérieur, c'est être un émetteur vers ce monde.\r\nCar le monde est vide, il n'est rien, il n'existe pas. A partir de ce postulat, aucune angoisse possible. Si le monde n'existe pas, il n'est pas possible de ne pas être à la hauteur.\r\n\r\nParce que le monde, on le créé.\r\n\r\nLe monde c'est une surface noire et neutre légèrement brillante sur lequel on aligne des lettres vertes phosphorescentes." . "2008-10-30T22:38:40"^^ . "Sommes-nous des grenouilles ?" . "Paroles de la chanson \"Sommes-nous des grenouilles ?\" de Chanson Plus Bifluorée." . "L'eau n'est bonne sur la terre\r\nQue pour les fleurs d'en parterre\r\nLes oignons et les poireaux\r\nLes navets et les citrouilles...\r\n\r\nPourquoi boirions-nous de l'eau ?\r\nSommes-nous des grenouilles\r\nSommes-nous des grenouilles dans l'eau\r\nSommes-nous des grenouilles\r\nEt pourquoi quoi\r\nEt pourquoi quoi\r\nEt pourquoi quoi\r\nQuoi quoi quoi quoi quoi quoi\r\nPourquoi boirions-nous de l'eau\r\nSommes-nous des grenouilles\r\n\r\nFâcheux donneur de tisanes\r\nMèdecin tu n'es qu'un âne\r\nTu mériterais bourreau\r\nQue chacun te chantapouille...\r\n\r\nPourquoi boirions-nous de l'eau ?\r\nSommes-nous des grenouilles...\r\n\r\nDieu des mers ton vaste empire\r\nN'a pour nous rien qu'on admire\r\nIl vaut mieux un noir caveau\r\nQue le trône où tu patouilles...\r\n\r\nPourquoi boirions-nous de l'eau ?\r\nSommes-nous des grenouilles...\r\n\r\nJeune mâle à fleur de l'âge\r\nPour augmenter ton courage\r\nTu n'boiras pas dans un seau\r\nMais au tonneau qui gargouille\r\n\r\nPourquoi boirions-nous de l'eau ?\r\nSommes-nous des grenouilles...\r\n\r\nVieil arbre déchet morose\r\nCrois-nous puise à forte dose\r\nLa goutte dans un tonneau\r\nDu bon vin çà vous dérouille...\r\n\r\nPourquoi boirions-nous de l'eau ?\r\nSommes-nous des grenouilles...\r\n\r\nVous tous qui prêtez l'oreille\r\nRetenez ce bon conseil\r\nEt ne buvez jamais d'eau\r\nUn bon vin ça ravigouille...\r\n\r\nPourquoi boirions-nous de l'eau ?\r\nSommes-nous des grenouilles..." . "2009-01-21T23:22:29"^^ . "Recette de la prison" . "Fuir Babylone ?" . "Pour faire une prison efficace, chauffez-la, mettez-y des coussins et de la musique, et surtout... laissez la porte grande ouverte." . "2009-01-30T21:38:59"^^ . "Il faut arrêter de croire que le travail rend heureux" . "Extrait d'un article d'Alain de Botton dans \"philosophie magazine\" de février 2008 (reproduit sans permission).\r\n\r\nC'est vrai, ce n'est qu'en arrêtant de projeter dans le travail un sens et un objectif qu'il n'a pas que nous pourrons nous défaire des névroses qui lui sont liées." . "(...)\r\nSans doute Marx fut-il un piètre historien, idéalisant de manière déconcertante le passé préindustriel et fustigeant indûment la bourgeoisie, mais ses théories gardent une valeur en ce qu'elles saisissent et dramatisent un degré de conflit irréductible entre employeur et employés. Toute organisation commerciale tente de réunir des matières premières, de la main-d'oeuvre et des machines au prix le plus bas possible pour fabriquer un produit qu'elle puisse vendre au prix le plus élevé. D'un point de vue économique, il n'y a aucune différence entre les éléments de cette équation. Ce sont tous des marchandises que l'organisation rationnelle va essayer de se procurer à bon marché et de manipuler efficacement dans sa quête de profit. Chose troublante, il existe pourtant entre le \"travail\" et les autres éléments une différence que l'économie traditionnelle n'a pas le moyen de représenter ou de prendre en considération, mais qui n'en est pas moins inéluctablement présente dans le monde : le fait que le travail procure de la peine et du plaisir. Quand les chaînes de production coûtent trop cher, on peut les fermer sans qu'elles pleurent l'injustice apparente de leur sort. Une entreprise peut abandonner le charbon pour le gaz naturel sans que la source d'énergie négligée ne se jette du haut d'une falaise. En revanche, la main-d'oeuvre est habituée à réagir avec émotion aux velléités de réduire son prix ou sa présence. Elle sanglote aux toilettes, boit pour apaiser ses craintes de ne pas être à la hauteur et peut être tentée de choisir la mort plutôt qu'un licenciement.\r\n\r\nCes réactions émotionnelles attirent notre attention sur deux impératifs, peut-être contradictoires, qui coexistent sur les lieux de travail : un impératif économique, qui impose que la première tâche d'une entreprise est de réaliser du profit. Et un impératif humain qui nourrit la soif de sécurité financière des employés, leur soif de respect, de stabilité au travail et même, les bons jours, d'amusement. Les deux impératifs peuvent certes coexister durablement sans friction apparente, mais ce qui rend l'angoisse lancinante dans la vie de tous les travailleurs tributaires de leur salaire, c'est la conscience que, dans tout choix sérieux entre les deux, c'est l'impératif économique qui doit l'emporter : ainsi le veut la logique même du système commercial.\r\n\r\nSans doute les conflits du travail et du capital ne sont-ils plus aussi aigus, du moins dans le monde développé, qu'au temps de Marx. Malgré l'amélioration des conditions de travail et de la législation en la matière, les travailleurs demeurent fondamentalement les outils d'un processus dans lequel leur bonheur ou leur bien-être économique est nécessairement accessoire. Quelles que soient la camaraderie qui peut s'instaurer entre employeur et employés, la bonne volonté des travailleurs et leur ancienneté, ils ne peuvent chasser de leur pensée la certitude, angoissante, que leur statut n'est pas garanti, qu'ils demeurent dépendants de leurs résultats mais aussi de la santé économique de leurs organisations; qu'ils sont donc un moyen au service du profit, et jamais, comme ils pourraient y aspirer suprêmement en leur for intérieur, des fins en soi.\r\n\r\nTout cela est bien triste, mais beaucoup moins que de s'aveugler devant la réalité et de nourrir des attentes démesurées à l'égard de notre travail. Des siècles durant, la ferme conviction de la nécessaire misère de l'existence a été un des atouts les plus importants de l'humanité, un rempart contre l'amertume, une défense contre les espoirs ruinés... et nous voici pourtant cruellement minés par les espérances que nourrit la vision du monde moderne. Peut-être devrions-nous tempérer notre tristesse, quand nous arrivons à la fin des vacances, en nous souvenant de ceci : le travail est souvent plus supportable quand nous n'attendons pas de lui qu'il nous procure, outre de l'argent, du bonheur." . "2009-03-11T22:12:21"^^ . "Monopsone" . "Le monopsone est le contraire du monopole : c'est un marché caractérisé par la présence d'un acheteur unique et d'une multitude de vendeurs. Autant dire une situation assez rare." . "2009-03-21T20:27:26"^^ . "L'aliénation chez Marx" . "Extrait de l'article \"Marx contre-attaque\", du Monde Diplomatique, décembre 2008" . "(...)\r\nCe que le capitalisme a d'indéfendable sous le rapport moral, par-delà tout comportement individuel, c'est son principe même : l'activité humaine qui créé les richesses y a le statut de marchandise, et y est donc traitée non comme fin en soi, mais comme simple moyen. Pas besoin d'avoir lu Kant pour voir là la source permanente d'amoralité du système.\r\n\r\nSi l'on veut vraiment moraliser la vie économique, il faut s'en prendre vraiment à ce qui la dé-moralise. Cela passe certes - plaisante redécouverte de maint libéral - par la reconstruction de régulations étatiques. Mais faire fond à cette fin sur l'Etat sarkozyste du bouclier fiscal pour les riches et de la privatisation de La Poste dépasse les bornes de la naïveté - ou de l'hypocrisie. Dès lors que l'on prétend s'attaquer à la question de la régulation, il est impératif d'en revenir aux rapports sociaux fondamentaux - et ici, de nouveau, Marx nous offre une analyse d'incontournable actualité : celle de l'aliénation.\r\n\r\nDans son sens premier, élaboré en des textes de jeunesse célèbres, le concept désigne cette malédiction qui contraint le salarié du capital à ne produire la richesse pour autrui qu'en produisant son propre dénuement matériel et moral : il doit perdre sa vie pour la gagner. La multiforme inhumanité dont en masse sont victimes les salariés d'aujourd'hui, de l'explosion des pathologies du travail à celle des licenciements boursiers en passant par celle des bas salaires, illustre très cruellement la pertinence que conserve pareille analyse.\r\n\r\nMais, dans ses travaux de maturité, Marx donne à l'aliénation un sens bien plus vaste encore : le capital reproduisant sans cesse la radicale séparation entre moyen de production et producteur - usines, bureaux, laboratoires ne sont pas à ceux qui y travaillent -, leurs activités productives et cognitives, non collectivement maitrisées à la base, sont livrées à l'anarchie du système de la concurrence, où elles se convertissent en incontrôlables processus technologiques, économiques, politiques, idéologiques, gigantesques forces aveugles qui les subjuguent et les écrasent.\r\n\r\nLes hommes ne font pas leur histoire, c'est leur histoire qui les fait. La crise financière illustre de terrifiante façon cette aliénation-là\r\n(...)" . "2009-03-21T22:25:42"^^ . "L'intelligence du sensible" . "Il doit y avoir une forme d'intelligence des émotions, du sensible, du sensuel, a forciori du sexuel; par oppostion à l'intelligence exclusivement rationnelle.\r\nLà où l'intelligence du rationnel relie entre elles des idées, l'intelligence du sensible doit relier entre elles des sensations; là ou l'une permet (et est même admise comme) la faculté d'adaptation à des situations, l'autre doit permettre la faculté d'adaptation à des émotions (par définition incontrôlables); et doit sans doute permettre la transformation de ces émotions - qui nous emportent, comme la colère, le désir - en sensations, maitrisables, communicables.\r\n\r\nParce que l'idée, par nature, c'est un point fixe autour duquel peut se développer un raisonnement; je peux prendre le temps de développer ce raisonnement sur une longue période autour de cette idée, je peux également partager cette idée avec d'autres; la sensation par contre, est fugitive et personnelle. Comment alors développer une intelligence des sensations ?\r\n\r\nLe sensuel, le corporel, est souvent dégradé dans notre monde fondé sur la rationnalité, sur le calcul. Peut-il être réhabilité ? (le doit-il ?) en quoi le \"culte du corps\" (corps de femmes parfaits, athlètes body-buildés) que nous promeut le mass-media planétaire unique à travers la publicitié est-il le contraire de l'intelligence du corps, de l'intelligence de _son_ corps ? parce qu'il nous est imposé de l'extérieur; parce qu'il nous impose des normes; parce que finalement, avoir l'intelligence du corporel, du sensuel, ce serait savoir ce qui est bon pour mon corps, en même temps que rechercher, qu'examiner sans cesse, qu'apprivoiser, que conquérir, que s'enrichir de domaines de sensations inconnus jusqu'alors, en les reliant à des sensations déjà connues." . "2009-04-30T23:33:44"^^ . "Y a-t-il de l'orge dans le sucre d'orge ?" . "Car c'est une question d'une importance capitale en tant de crise." . "D'où vient ce nom, que l'on est en droit de trouver un peu étrange tout de même, de \"sucre d'orge\", que l'on utilise sans y penser pour se référer à cette confiserie sucrée, souvent recourbée à une extrémité et de couleur rouge et blanche ?\r\n\r\nEn tous cas ce n'est pas son aspect qui évoque l'orge, ou alors il faut qu'on m'explique.\r\nSon gout peut-être ? moi je ne sais pas quel gout a une poignée de grains d'orge, alors de là à dire que le gout du sucre d'orge ressemble à celui de l'orge, il y a quelques kilomètres.\r\n\r\nNon, il y aurait une autre explication linguistique que je trouve beaucoup plus amusante, et que je livre ici :\r\n\r\nLorsque le sucre fut ramené des Amériques (en betterave et en canne), les Français, toujours inventifs quand il s'agit des papilles et du ventre, ne trouvèrent pas meilleure idée que de le cuire pour en faire du caramel. La confiserie se répand dans toute l'Europe, et les Anglais, jamais les derniers pour apprécier les subtilités culinaires qui les dépassent, l'apprécient furieusement. Cependant que les Français, toujours en retard en matière de protection de l'innovation, laisse tomber cette confiserie en désuétude dans leur propre pays.\r\n\r\nQuelques années plus tard, un voyageur Français se rendant en Angleterre découvre la confiserie, et demande comment elle s'appelle : c'est du \"sugar brulé\" lui répond-on, car les Anglais avait adopté le mot français, avec un accent évidemment, puisque les Anglais, toujours isolés sur leur ile, n'ont jamais pu correctement maitriser l'accent pourtant si chantant de l'hexagone. Le voyageur, se faisant répéter le mot, croit entendre \"sugar barley\", et se précipitant derechef sur un dictionnaire anglais-français pour y chercher le sens de \"barley\", y trouve sa traduction française : \"orge\".\r\n\r\nLe sucre d'orge était né, d'un mot qui avait traversé la Manche dans un sens, du français à l'anglais, puis l'avait retraversé dans l'autre, de l'anglais au français." . "2009-05-04T23:06:26"^^ . "... And where is the information we have lost in data ?" . "And where is the data we have lost in Google ?" . "The Eagle soars in the summit of Heaven,\r\nThe Hunter with his dogs pursues his circuit.\r\n\r\nO perpetual revolution of configured stars,\r\n\r\nO perpetual recurrence of determined seasons,\r\n\r\nO world of spring and autumn, birth and dying\r\n\r\nThe endless cycle of idea and action,\r\nEndless invention, endless experiment,\r\nBrings knowledge of motion, but not of stillness;\r\nKnowledge of speech, but not of silence;\r\nKnowledge of words, and ignorance of the Word.\r\nAll our knowledge brings us nearer to our ignorance,\r\nAll our ignorance brings us nearer to death,\r\nBut nearness to death no nearer to God.\r\nWhere is the Life we have lost in living?\r\nWhere is the wisdom we have lost in knowledge?\r\nWhere is the knowledge we have lost in information?\r\nThe cycles of Heaven in twenty centuries\r\nBring us farther from God and nearer to the Dust.\r\n\r\nT. S. Eliot (1888-1965),\r\nThe Rock (1934)" . "2009-09-25T11:01:07"^^ . "Cerveau" . "Le nombre de neurones dans le cerveau humain atteindrait plutôt les 100 milliards, ils ont vu un peu petit..." . "img/brain.jpg" . "2004-11-04T22:11:58"^^ . "Shadok" . "img/shadock.jpg" . "2004-11-04T23:11:28"^^ . "Samuel Beckett" . "img/beckett.jpg" . "2004-11-04T23:11:10"^^ . "Points de suspension" . "img/3_points.jpg" . "2004-11-18T22:03:59"^^ . "Point d'exclamation" . "img/exclamation.jpg" . "2004-11-18T22:14:00"^^ . "Point d'interrogation" . "img/interrogation.jpg" . "2004-11-18T22:16:19"^^ . "Guillemets" . "img/guillemets.jpg" . "2004-11-18T22:17:00"^^ . "Apostrophe" . "img/apostrophe.jpg" . "2004-11-18T22:17:33"^^ . "Virgule" . "img/virgule.jpg" . "2004-11-18T22:18:10"^^ . "Les 4 royaumes" . "Vous pouvez voir la version agrandie de la carte ici.\r\nVoici un projet de carte que j'ai dessinée à mes heures perdues d'adolescent... carte d'un royaume imaginaire... j'imaginais le territoire pendant que je dessinais la carte... \r\nDessiner une carte c'est imaginer tout un monde, c'est parfois oublier que \"la carte n'est pas le territoire\", que le mot n'est pas la chose, que le signifiant n'est pas le signifié..." . "img/4_royaumes_small.jpg" . "2004-12-15T22:22:26"^^ . "Albaron" . "http://photos23.flickr.com/31719493_003fe4b06e.jpg" . "2005-08-07T15:35:57"^^ . "Tournette" . "Où : La Tournette, près d'Annecy (2352 m) \r\n\r\nOu comment faire 1000 mètres de dénivelé dans la journée, après une soirée en boite et 4 heures de sommeil. Ou comment provoquer le hasard.\r\n\r\nC'est vrai, on ne peut pas dire qu'on soit partis dans des conditions optimales... on ne connaissait pas la montée, on avait juste récupéré une carte du coin, et on avait à peine sommeillé 4 heures après une soirée en boite la veille...\r\nLe brouillard était bien épais quand on s'est levé, mais on avait un peu envie de provoquer le hasard, et on se disait qu'on allait peut-être passer au-dessus en montant... En tout cas on espérait au minimum ne pas avoir de pluie.\r\nOn est arrivé la-bas à 10h30, et juste en se garant sur le parking, les nuages se sont dégagés d'un coup l'espace de quelques secondes pour nous permettre de voir une partie de la montagne au-dessus de nous. Bon signe ! Le soleil laissait une trace circulaire claire derrière le rideau de nuages mouvants, il n'était pas très loin...\r\nLa montée s'est fait en plusieurs parties : d'abord, du parking jusqu'au col de l'Aulp - vrai départ de la rando - , puis du col de l'Aulp jusqu'au refuge de Blonay-Dufour, du refuge jusqu'aux premières difficultés techniques, et puis la dernière partie vers le sommet.\r\nIl faisait vraiment froid, et le brouillard ne voulait pas se lever malgré le signe encourageant du début... Les herbes et les buissons étaient recouverts de givre. La pente jusqu'au refuge monte vraiment raide et est bien physique, et on avait du mal à faire fonctionner les jambes. Le refuge est situé sur un replas de la montagne, surplombé par une falaise, et en surplombant une autre. Le refuge était fermé, et le ciel était toujours bouché à l'horizon, mais le brouillard était un peu moins dense. Normalement on aurait du avoir une belle vue sur le lac d'Annecy depuis le refuge, mais on ne voyait guere que le parking en contrebas.\r\nNous avons continué la montée jusqu'à un petit col, le froid et le vent se faisaient plus mordants, mais nous ont laissé entrevoir un piton rocheux émergeant de la brume, sorte de vision \"phantasmatique\"... C'est depuis ce col que nous avons pu voir l'autre côté de la Tournette, vers le Mont-Blanc, qui était frappé par quelques rayons de soleil... toujours bon signe, même si du côté où nous progressions le ciel était toujours aussi bouché. Je ne sentais plus mes doigts avec le vent.\r\nLa dernière partie de l'ascension a été la plus technique - chaînes et échelles - mais rien d'insurmontable. Le brouillard laissait toujours entrevoir quelques apparitions fugaces.\r\nNous avons enfin trouvé le soleil, il se cachait au sommet ! Depuis le sommet de la Tournette, ce gros rocher qu'on appelle \"le fauteuil\", la vue était superbe sur le Mont Blanc, les nuages jouaient et s'éfillochaient sur les roches dans un vent qui devait faire descendre la température aux alentours de -10 degrés... la thermos de café était la bienvenue...\r\nLe vrai bonheur et la vrai récompense a été la descente. Le ciel s'est enfin dégagé du côté d'Annecy, et nous avons pu profiter pendant plusieurs longues pauses des jeux de lumière du soleil avec les nuages, de la danse des nuages avec la montagne, et de la lumière déclinante du blanc au jaune au orange au rose au rouge au gris au noir." . "http://photos22.flickr.com/33603386_805bec524d.jpg" . "2005-08-24T22:32:08"^^ . "Fumer... ça fait quoi déjà ?" . "Fumer tue. \r\n\r\nC'est sûrement vrai. Lorsqu'on fume, on met sa santé en danger. Alors l'Etat vous le dit, parce qu'il faut que ca rentre, bordel ! Et l'Etat ne fait pas dans la finesse niveau graphique, ça non, l'Etat n'a pas le coup de crayon d'un Picasso ni les idées d'un Starck, et il n'a pas que ça à faire l'Etat, alors il fait brutal, noir, et puis blanc, avec une grosse police Arial bien grasse, et un gros cadre d'un bon demi-centimètre pour que même le fumeur le plus abruti par les drogues douces puisse saisir le message.\r\nEt l'Etat nous dit, fumer c'est maaaââââl. Il nous dit fumer ce n'est pas biiiieeeen. Il nous éduque. Comme des enfants. Ou comme des débiles légers. En somme il nous protège contre nous-même. Et eu égard à notre liberté individuelle, cela pose quelque problème. Alors s'il ne peut arriver à culpabiliser le fumeur vis-à-vis de lui-même, il va le faire culpabiliser vis-à-vis des autres et inventer le tabagisme passif. Je n'ai pas les chiffres, mais il semblerait que les dangers du tabagisme passifs ne soient pas systématiquement prouvés - par les études indépendantes cela va de soi. Pardon, qui a prononcé le mot \"propagande\" ?\r\n\r\nEt la propagande, elle frappe fort. Elle frappe avec 2 mots et un malheureux cadre noir. Tous les designers et les créatifs peuvent aller se rhabiller au vestiaire, le match est fini, et ce n'est pas la subtilité graphique qui l'a emporté. Art vs. Communication. A ma gauche, la créativité, l'esthétique, l'art. A ma droite, la communication, l'information brute, le message binaire. Communication vainqueur par KO.\r\n\r\nAlors, l'Etat veux communiquer ? Il veut nous transmettre un message ? Bien. Alors approprions-le nous, injectons-lui de l'esthétique et de la créativité - au niveau du contenu ou au niveau du graphisme -, occupons cet espace, pour qu'il ne soit plus qu'un simple message brut, mais quelque chose de plus subtil, de l'ââââaaââaââart en quelque sorte." . "img/planche_fumer_tue_web.jpg" . "2005-08-24T23:01:11"^^ . "La pub transmet le SIDA" . "Ou encore... :\r\n
        \r\n
      • Puber tue.\r\n
      • La pub ça schtroumph énormément\r\n
      " . "img/planche_pub_tue_web.jpg" . "2005-08-24T23:20:19"^^ . "Babylon control-tower" . "Noeud de convergence de tous les moyens de transport physiques humains : véhicules à moteur, personnels, auto, moto, en commun, bus, professionnels, camions; Le rail, métro, RER, TGV, marchandises; L'air, les avions, gros transporteurs ou jets privés.\r\nTout cela embrassé depuis un même point de vue, depuis un mirador de surveillance unique, la tour de contrôle centrale de Babylon-airport.\r\n\r\nChercher le sens caché et la métaphysique de tout cela. Se placer tant au niveau philosophique qu'au niveau opérationnel sur le même noeud de convergence, le même super-échangeur de toutes les influences du monde extérieur, non pour toutes les intégrer, mais pour mieux les prendre à contre-pied, mieux les dépasser, et mieux INVENTER quelque chose d'UNIQUE, quelque chose qui ne ressemble à rien de connu, une maxi lampe-torche conceptuelle capable d'éclairer les coins d'ombre de l'espace à N dimensions ainsi délimité.\r\n\r\nInventer sa liberté, en somme." . "http://static.flickr.com/28/40057357_5be12005b0.jpg" . "2005-09-04T12:56:23"^^ . "Barbelé" . "http://static.flickr.com/26/49438519_2849b06a6b.jpg" . "2005-10-04T22:16:51"^^ . "Comment entr'apercevoir la Matrice ?" . "La Matrice... elle est là, tout autour de nous... \r\n\r\n... c'est ta dernière chance... tu prends la pilule bleue, tu oublies tout ce que je viens de te raconter, et jamais tu ne la verras...\r\n\r\nTes yeux seront fermés à jamais. Ils ne verront que ce qu'on veut bien leur donner à voir. Fausseté, mensonge et demie-vérité. Ils ne sauront pas voir la beauté là où elle réside. Dans le fugace, l'incertain, le chaotique. Ils resteront attirés par les illusions que ce monde sait si bien fabriquer. Les choses calculées, programmées, faciles.\r\n\r\nLa Matrice... elle régit le monde qui nous entoure...\r\n\r\n...ou alors tu prends la pilule rouge, et ta quête pour la voir pourra commencer...\r\n\r\nEt tes yeux s'ouvriront. Et tu partiras en quête de chimères. La chimère de la vérité, la chimère de l'amour, la chimère de la beauté. Et rarement il te sera donné de voir la Matrice qui pourtant t'entoure. Pourtant, en regardant attentivement certain reflets, tu pourras deviner sa présence, comme un quadrillage mouvant, occupant tout l'espace, le ciel et les bâtiments qui t'entourent, et se superposant à ta vision dans le reflet. Et alors tu sauras que tu as vu la Matrice... A moins que... à moins que ce ne soit le fond du bassin ?" . "http://static.flickr.com/42/95061896_d6b53e4d82.jpg" . "2006-02-06T23:14:55"^^ . "Babylon spotlight" . "Le trait de feu lumineux balayait le ciel noir de la ville.\r\n\r\nPhare incandescent, il essayait d'attirer à lui toutes les âmes citadines errantes.\r\n\r\nL'oeil de Big Brother scrutait le ciel, sondait les esprits, tentait de savoir quelles étaient les pensées, les envies, les désirs secrets qu'ils contenaient.\r\n\r\nDans un brouillard de champignon atomique, il n'en finissait plus de tourner, de tourner encore, fascinant et hypnotisant tous ceux regroupés à son pied.\r\n\r\nIl surveillait son territoire, sa cité, ses esclaves, il scrutait, encore et encore, voyant tout, débusquant un à un tous ceux qui oseraient encore se défier de sa puissance." . "http://static.flickr.com/38/81100660_94000dc48d.jpg" . "2006-02-06T23:31:18"^^ . "Babylon pyramid" . "Le touriste qui perd ses pas dans le centre de Babylone finira immanquablement par arriver à la Pyramide de Verre.\r\n\r\nVestige des temps oubliés, relief d'un ancien roi mégalomane et d'un architecte fou, elle dresse ses facettes de verre au centre exact de la ville. Au détour d'une petite rue, le touriste débouchera sur la large allée lumineuse au bout de laquelle, dans le lointain, se dresse la pyramide à quatre côtés. En approchant, peu à peu, il distinguera les bassins et les fontaines qui entourent la pointe de verre. Puis, arrivé à proximité, il distinguera les détails de la cour environnante : les pavés irréguliers, les vieilles statues, les maigres buissons. Et il pourra prendre la mesure de l'édifice qui domine la cour du haut de ses 40 mètres.\r\n\r\nEt c'est en voyant tomber la nuit et s'illuminer de l'intérieur la Pyramide de Verre que le touriste se sentira enveloppé dans le mystère de ce lieu. Aux heures noires, la pyramide projette sur la cour alentour une lumière incandescente, et illumine les vieilles statues, les maigres buissons, les pavés irréguliers. Elle projette son reflet dans l'eau des bassins dont les fontaines se sont tues. Et alors pèse sur l'endroit un sombre silence.\r\n\r\nEt c'est en se rendant compte qu'il est seul, absolument seul au pied de l'immense pyramide, que le touriste perdu se posera des questions sur ce lieu singulier. Peut-être se sentira-t-il trop oppressé par le silence lugubre pour rester plus longtemps. Peut-être s'enhardira-t-il à regarder à travers les plaques de verre ce que peut bien receler l'intérieur du bâtiment, pour ne rien découvrir, seulement un espèce d'épais brouillard lumineux; il ne distinguera même pas la source de la lumière. Ou alors il longera les quatres côtés en quête d'une quelconque entrée, pour n'en trouver absolument aucune, et pas un seul défaut dans l'agencement des plaques translucides. Sans doute ira-t-il poser des questions aux habitants des quartiers alentour, pour s'entendre répondre, par des demies-phrases et des allusions voilées, que la Pyramide de Verre est le tombeau d'un ancien roi, que son architecte est mort dans la démence après en avoir conçu les plans, et que personne aujourd'hui ne la fréquente la nuit venue. Quant à la lumière qui irradie de l'intérieur, comment savoir, à moins d'avoir le courage d'y entrer..." . "http://static.flickr.com/38/95328159_f65dd5f64c.jpg" . "2006-02-06T23:35:55"^^ . "Le signe du M" . "http://static.flickr.com/40/103147960_982e36832a.jpg" . "2006-02-22T22:11:29"^^ . "Quizz Musical Visuel" . "L'industrie lourde de la musique produit parfois des choses originales. Qui ne s'écoutent pas. Par exemple cette image, qui sort du marketing de chez Virgin Digital pour la promo de leur nouveau site du même nom. Dans l'image se cachent des groupes de musiques. Saurez-vous tous les retrouver ? (L'image taille réelle est accessible ici)\r\n\r\nQuelques noms pour vous mettre sur la voie :
        \r\n
      • blur\r\n
      • gorillaz\r\n
      • rolling stones\r\n
      • queen\r\n
      • smashing pumpkins\r\n
      • ...\r\n
      " . "http://static.flickr.com/70/210647496_f4732b0a7d.jpg" . "2006-08-09T20:52:10"^^ . "Evolution ?" . "Pris depuis le site thecorporation.com." . "http://farm2.static.flickr.com/1281/652843180_4f7512aa85_o.jpg" . "2007-06-28T23:15:14"^^ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .